Guido Guidi

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Guido Guidi
Reduction of shoulder dislocation (after a drawing attributed to Primaticcio).jpg

Réduction d'une luxation de l'épaule dans Chirurgia è graeco in latinum conuersa […], 1544, p. 490[1]

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Guido Guidi est un médecin italien de la Renaissance, né à Florence le [2],[3], mort à Pise le [4],[5],[6]. Il est connu également sous son nom latinisé de Vidus Vidius et a été connu en français sous le nom de Guy Vide[7],[8]. Il a été premier médecin du roi François Ier et le premier des lecteurs royaux en médecine[9] au Collège royal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa mère, Costanza Bigordi, est la fille du peintre Domenico Ghirlandaio. Son père est médecin[10].

Il est dans la trentaine, médecin reconnu, quand le cardinal Niccolò Ridolfi attire son attention sur une collection de manuscrits grecs illustrés (IXe ou Xe siècle) dus à un médecin du nom de Nicetas ; les originaux des illustrations (montrant par exemple le traitement de luxations) remontent aux premiers siècles de l'ère chrétienne[11],[12].

Invité par François Ier (qui connaissait Ridolfi et Luigi Alamanni, un autre ami de Guidi), il devient en 1542 le premier lecteur de médecine[9] du Collège royal (l'actuel Collège de France) à Paris. Le roi le prend sous sa protection, en fait son médecin ordinaire[13], l'enrichit et lui donne d'amples moyens pour réaliser ses ouvrages. Son enseignement est populaire et les autres professeurs permettent à leurs élèves de compter les cours de Vidius comme heures d'étude[14].

Guidi retourne en Italie à la mort de François Ier en 1547 ; son successeur comme lecteur est Jacques Dubois (Jacobus Sylvius), que François Ier avait privé de sa promotion en favorisant Guidi[15]. Guidi pour sa part obtient une chaire à l'université de Pise (il a comme élève Andrea Cesalpino[10]) et devient le médecin personnel de Cosme Ier de Médicis[16]. C'est aussi en Italie qu'il reçoit les ordres ; il exerce à la fois la médecine et le sacerdoce.

Il meurt à soixante ans, en 1569, en demandant à son neveu de publier son grand œuvre.

Dans son autobiographie, son ami Benvenuto Cellini témoigne non seulement de la science de Guidi et mais aussi de ses grandes qualités personnelles[17].

Contributions[modifier | modifier le code]

Image tirée de Chirurgia è graeco in latinum conversa : Vido Vidio florentino interprete, 1544, p. 495

Chirurgia[modifier | modifier le code]

Guidi publie en 1544 à Paris (il est alors au service de François Ier[5]), sous le titre de Chirurgia è Græco in Latinum conuersa…, une compilation avec commentaires de différents traités d'Hippocrate, Galien et Oribase traduits par lui en latin ; on a mentionné Rosso Fiorentino, Le Primatice et Francesco Salviati comme illustrateurs[18], mais l'attribution à Salviati est la plus probable[19],[20],[21]. Certaines des gravures sont des gravures originales[22]. La qualité de cette édition suscite encore aujourd'hui l'admiration[23]. Cette œuvre paraît un an après De humani corporis fabrica de Vésale, et les deux ouvrages ont joué un rôle important dans le renouveau de l'iconographie anatomique[10].

Autres ouvrages[modifier | modifier le code]

Nous lui devons de plus De anatome corporis humani, un traité d'anatomie en sept livres, composé vers 1560 et publié à titre posthume en 1611 à Venise chez Giunta. On y trouve la description d'un amphithéâtre d'anatomie en bois, de forme octogonale, mais qui n'a probablement jamais existé[5].

Si le passage de l'Ars medicinalis sur la greffe du nez lui est bien dû, Guidi a parlé de cette opération une trentaine d'années avant celui qu'elle a rendu célèbre, Gaspare Tagliacozzi[24].

Sigismond Jaccoud écrit : « Guidi Guido (Vidus Vidius), médecin de Florence (Ars univ. medicinae, t. II, chap. VI, 1596), est un des premiers qui l'aient désignée [la varicelle] avec un peu de précision par ces sortes de « vésicules pleines d'eau, brillantes comme du cristal, qui n'offrent point de gravité »[25]. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres originales[modifier | modifier le code]

  • De febribus, Florence, 1585 (Numérisation de Gallica)
    Le neveu de Vidius dut faire paraître ce traité, qui est en sept livres, afin de prendre de court quelqu'un qui s'apprêtait, pour servir sa propre réputation, à publier un ouvrage semblable d'après des notes de cours de Guidi[4].
  • Ars medicinalis (Numérisation de la Bibliothèque nationale d'Autriche) — L'édition de 1611 contient De anatome corporis humani libri VII (L'anatomie du corps humain, en sept livres), qui présente entre autres la méthode de trachéotomie de Guidi[26]. (Numérisation de BIUSanté).
    Le volume 2 parut en 1596[27], les volumes 1 et 3 en 1611[28]. L'édition en ligne à laquelle nous faisons un lien est de 1626.

Traductions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Éponymie[modifier | modifier le code]

Tableau du contenu de Chirurgia[modifier | modifier le code]

Auteur Titre français Titre latin Commentateur Pages
Hippocrate Des ulcères De ulceribus Guidi 1–46
Hippocrate Des fistules De fistulas Guidi 47–60
Hippocrate Des plaies de la tête De vulneribus capitis Guidi 61–130
Hippocrate Des fractures De fracturis Galien 1 : 131
2 : 155
3 : 188
Hippocrate Des articles
(c'est-à-dire des articulations[30])
De articulis Galien 1 : 215
2 : 256
3 : 272
4 : 316
Hippocrate De l'officine du chirurgien De officina medici Galien 1 : 343
2 : 365
3 : 389
Galien Des bandes
(c'est-à-dire des bandages)
De fasciis 415–466
Oribase Des lacqs De laqueis 467–476
Oribase Des machines & engins De machinamentis 477–534

Le titre français est pris de l'édition de 1634, le latin de celle de 1544. Les commentaires de Galien sont divisés en sections. Les pages sont celles de l'édition latine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source chez Gallica. Nous tirons la légende de Peltier, p. 28.
  2. L'an 1509 de notre calendrier ; mais, à Florence, à ce moment, l'année commençait en mars et en février on était toujours en 1508 : Brockbank 1956, p. 269.
  3. Fiche de la Bibliothèque nationale de France.
  4. a et b Brockbank 1956, p. 288.
  5. a, b et c Rafael Mandressi, Le Regard de l'anatomiste. Dissections et invention du corps en Occident, Paris, Éditions du Seuil, 2003 (ISBN 978-2020540995).
  6. Ne pas confondre Vidus Vidius, dont nous traitons ici, et Vidus Vidius junior.
  7. Fiche de worldcat.org.
  8. « Vidus Vidius » est une traduction à partir de l'italien ; « Guy Vide » est une retraduction à partir du latin.
  9. a et b Jacqueline Vons, Le médecin, les institutions, le roi. Médecine et politique aux XVIeXVIIe siècles, Cour de France.fr, 2012, p. 10 de la pagination originale.
  10. a, b et c Preti 2004.
  11. Brockbank 1956, p. 270.
  12. Peltier 1990, p. 241 : « The scamnum, or fracture table, of Hippocrates ».
  13. Il était de service actif un trimestre par an : Preti 2004.
  14. Brockbank 1956, p. 273.
  15. Brockbank 1956, p. 272.
  16. Michael Hirst, Francesco Salviati ou la Bella Maniera, CAT. 133 et 134.
  17. Cellini parle de lui comme « mio fidelissimo amico messer Guido Guidi » : La vita di Benvenuto di Maestro Giovanni Cellini fiorentino, scritta, per lui medesimo, livre II, chap. LVI, Florence, 1558. Autres mentions de Guidi dans cette autobiographie : livre II, chap. XXIV ; livre II, chap. XXXVII ; livre II, chap. CII.
  18. Brockbank 1956, à la page 277, cite un artiste anonyme qui dit que les machines du traité d'Oribase ont été reconstruites pour en faire une illustration plus fidèle.
  19. Kellett 1958.
  20. Ärzte und ihre Interpreten : Medizinische Fachtexte der Antike als Forschungsgegenstand der Klassischen Philologie, Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften — Walter de Gruyter, 2006, p. 68.
  21. Preti 2004 : « l'attribution des illustrations, par H. Omont, à Primatice a été réfutée de manière convaincante par Hirst ». Il s'agit de l'ouvrage de Henri Omont, Collection de chirurgiens grecs avec dessins attribués au Primatice, Paris, Berthaud, 1908.
  22. Brockbank 1956, p. 278.
  23. Jeremy Norman, Guido Guidi issues a spectacular book of Renaissance surgery and graphic arts (1545).
  24. Brockbank 1956, p. 290.
  25. Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, vol. 38, p. 227. Jaccoud fait sans doute référence à un texte qui se trouve en ligne dans la numérisation de la Bayerische Staatsbibliothek.
  26. P. 171, fig. 36.
  27. Numérisation de l'édition de 1596.
  28. Pour une analyse plus détaillée du contenu, voir : Brockbank 1956, p. 289.
  29. Sur Google Maps.
  30. Ce sens d'article est dans le dictionnaire de Furetière.

Liens externes[modifier | modifier le code]