Guerre de Saint-Sardos

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Guerre de Saint-Sardos
Informations générales
Date juillet - septembre 1324
Lieu Aquitaine
Casus belli Volonté de Charles IV d'assurer sa suprématie en Aquitaine.
Issue Victoire française
Belligérants
Blason pays fr FranceAncien.svg Royaume de France Royal Arms of England.svg Royaume d'Angleterre
Commandants
Blason pays fr FranceAncien.svg Charles IV
Blason comte fr Valois.svg Charles de Valois
Blason de Foix-Béarn.svg Gaston II de Foix-Béarn
Royal Arms of England.svg Édouard II
Arms of Edmund of Woodstock, 1st Earl of Kent.svg Edmond de Woodstock
CoA Hugh le Despenser (elder).svg Hugues le Despenser
Forces en présence
7 000 hommes inconnues

La guerre de Saint-Sardos a opposé la France et l'Angleterre en 1324. Elle se solda par une nette défaite anglaise et par la victoire du roi de France Charles IV. La victoire des Français à cette occasion servit de prétexte pour la guerre de Cent Ans.

Causes de la guerre[modifier | modifier le code]

Sous le règne de Philippe le Bel, la monarchie française acquit un pouvoir plus important qu'auparavant. À ce titre, les rois de France considéraient les ducs d'Aquitaine, qui étaient aussi rois d'Angleterre, comme leurs vassaux. Les Plantagenêts, qui auraient voulu garantir la possession de leurs terres gasconnes, virent d'un mauvais œil la baisse de leur juridiction sur leurs territoires français.

Les relations entre la France de Charles IV le Bel et l'Angleterre d'Édouard II sont d'abord très cordiales. En 1323, Charles de Valois propose au roi d'Angleterre de marier sa fille Marie avec le prince héritier Édouard de Windsor. Charles envoie une ambassade à Londres qui se montre si complaisante avec Édouard II qu'elle accepte de le suivre lors d'une campagne contre les Écossais, et finit par tomber entre les mains de ceux-ci. Édouard reporte sa décision lorsque son ancien opposant Roger Mortimer s'évade de la tour de Londres pour venir se réfugier en France.

Le le roi d'Angleterre envoie une ambassade auprès de Charles IV et du comte de Valois[1]. Il réclame la livraison de Mortimer mais le roi de France refuse. L'Anglais décide alors de prétexter un degré de parenté trop élevé pour annuler le mariage entre son fils et Marie de Valois[2]. Quant au roi de France, il rappelle à Édouard qu'il n'a toujours pas prêté hommage pour son duché de Guyenne.

On en est là lorsque la situation s'envenime franchement au printemps 1324 avec l'affaire de la bastide de Saint-Sardos. Ce village agenais se trouve alors dans une situation complexe. Bien que situé sur les terres du duché de Guyenne, donc du roi d'Angleterre, il appartient au prieur de Sarlat, dépendant du roi de France. Le sire de Montpezat, seigneur gascon donc vassal d'Édouard, construit sur le site une bastide, mais le Parlement de Paris proclame que celle-ci se trouve sur les terres du Royaume de France. Montpezat réplique en chassant les soldats français qui se sont installés dans la place et fait pendre l'officier royal qui les commandait. Furieux, Charles IV demande réparation au roi d'Angleterre et le somme de lui prêter hommage. Comme le Plantagenêt tergiverse, la guerre devient inévitable. Jean XXII demande au comte de Valois de s'entremettre afin de maintenir la paix, sans résultat. La guerre éclate en juillet 1324.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le roi confie à Charles de Valois la tête d'une forte expédition chargée de mettre au pas la Gascogne. L'oncle du roi combat aux côtés des plus hauts princes du royaume: Philippe d'Évreux, Robert d'Artois, Louis de Clermont, le vieux connétable Gaucher de Châtillon, Miles de Noyers et enfin son propre fils Charles. Pour lui faire face, le roi d'Angleterre a dépêché son frère Edmond de Kent[1]. Nommé lieutenant général du roi, Valois s'avance vers le sud. Il est à Dourdan le , à Cahors le 8 août. Il exige la reddition d'Agen qui obtempère le 15 août. Il s'empare ensuite de Pont-Sainte-Marie et d'autres bourgs mais échoue devant Saint-Sever et Puymirol.

Finalement, l'ost arrive devant La Réole le 25 août et met le siège devant la puissante forteresse. C'est à cette occasion qu'est utilisée pour la première fois l'artillerie à poudre en Europe. Au début du siège, les Anglais effectuent une sortie qui coûte notamment la vie au comte de Boulogne. Après les avoir péniblement refoulés, Charles de Valois bloque la ville et l'encercle d'engins de siège et d'artillerie. Ce siège meurtrier dure cinq semaines avant qu'Edmond de Kent ne consente à se rendre. Le frère du roi d'Angleterre signe une trêve le 22 septembre. La ville est rendue le lendemain et des otages sont livrés aux Français. Édouard II a jusqu'à Noël pour signer cette trêve qui court jusqu'aux octaves de Pâques 1325.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Ces conditions sont jugées bien douces à Paris, d'autant plus que Valois a laissé Kent en liberté, le faisant même escorter jusqu'à Bordeaux par son fils Charles[3]. L'expédition est cependant une réussite, puisque les Anglais ne possèdent plus alors en Gascogne que quelques places de faible importance. Valois renforce la forteresse de La Réole et y installe une garnison, tout en faisant raser le château de Montpezat dont le sire, responsable de la guerre, a eu la bonne idée de mourir peu avant. Le , il est de retour à Paris.

Isabelle guide son fils aîné Édouard de Windsor lors de l'hommage rendu à Charles le Bel.

Édouard II ne s'en tient cependant pas pour dit et accuse Charles de Valois de l'avoir attaqué à l'improviste. Devant la mauvaise volonté du Plantagenêt, Charles IV convoque son oncle à Bergerac pour reprendre la campagne le 1er mai suivant[4]. Finalement, le roi d'Angleterre se montre conciliant et envoie son épouse Isabelle négocier la paix en France. Bien que la reine fasse scandale lors de son séjour en affichant ouvertement sa liaison avec Mortimer, les négociations se poursuivent tant bien que mal. Édouard propose une nouvelle alliance au comte de Valois. Cette fois, il offre en mariage sa fille Jeanne à Louis de Valois, dernier fils de Charles.

Cette union ne se concrétise pas, mais la paix entre la France et l'Angleterre est signée en mai 1325. La Guyenne est restituée à Édouard II, mais les officiers du duché seront désormais nommés par le roi de France. Édouard de Windsor, titré duc d'Aquitaine par son père, se rend en France pour prêter hommage à Charles IV. L'arrivée dans le royaume du jeune duc va favoriser la future expédition organisée par la reine Isabelle et Mortimer pour renverser Édouard II.

Article détaillé : Invasion de l'Angleterre (1326).

Tous deux convinrent de déposer Édouard et de se débarrasser de la famille Despenser, favorie du roi. À l'automne 1326, la reine revint en Angleterre avec une petite armée de mercenaires ; l’armée royale fit rapidement défection. Isabelle déposa Édouard, devint régente au nom de son fils, le futur Édouard III.

Finalement, Charles IV décida lors d'un nouveau traité en 1327 de ne pas confisquer l'Aquitaine et laissa aux Anglais la plupart de leurs possessions dans le sud. Il garda cependant l'Agenais. Un des motifs de la guerre de Cent Ans fut la volonté des Anglais de recouvrer les territoires pris par le roi de France à l'occasion de la guerre de Saint-Sardos.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Joseph Petit, op. cit., p. 208
  2. Le comte de Chester, futur Édouard III, est un cousin relativement proche de Marie de Valois. Il est en effet le fils d'Isabelle de France, fille de Philippe le Bel et donc nièce de Charles de Valois.
  3. Joseph Petit, op. cit., p. 215
  4. Joseph Petit, op. cit., p. 217

Liens externes[modifier | modifier le code]