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Gerace

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Gerace
Gerace
Noms
Nom calabrais Jeraci
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Drapeau de la région de Calabre Calabre 
Ville métropolitaine Reggio de Calabre  
Maire Rudi Lizzi
Code postal 89040
Code ISTAT 080036
Préfixe tél. 0964
Démographie
Population 2 275 hab.[1] (2026)
Densité 78 hab./km2
Géographie
Coordonnées 38° 16′ 00″ nord, 16° 13′ 00″ est
Altitude 500 m
Superficie 2 900 ha = 29 km2 [2]
Divers
Saint patron Saint Antoine de Gerace
Fête patronale 23 août
Localisation
Localisation de Gerace
Localisation dans la ville métropolitaine de Reggio de Calabre.
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Gerace
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Gerace
Liens
Site web comune.gerace.rc.it

Gerace (en grec : Γερακιον, Gerakion) est une commune de 2 275 habitants[3] située dans la ville métropolitaine de Reggio de Calabre, en Calabre, dans le sud de l'Italie. Son centre historique conserve un aspect médiéval et appartient au parc national de l'Aspromonte.

Géographie

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Vue depuis Gerace.

Gerace est un village médiéval perché à 500 mètres d'altitude et à une dizaine de kilomètres de la mer Ionienne, dans l'arrière-pays de Locri, sur un escarpement rocheux de grès miocène qui offre une vue imprenable sur la côte et sur l'horizon méditerranéen. La ville est bâtie sur une colline formée de résidus de fossiles marins datant de 60 millions d'années, à l'extrémité du plateau qui joint les Serres à l'Aspromonte. Elle est membre de l'association des « plus beaux villages d'Italie » (I Borghi più belli d'Italia)[4].

La commune est séparée en cinq quartiers :

  • La Città Alta (ville haute) ;
  • Le Castello (château) ;
  • Le Borghetto (hameau) ;
  • Le Borgo Maggiore (centre-ville) ;
  • La Piana (plaine).

Gerace devrait son nom au grec ancien hierax (ἱέραξ, « épervier »). Selon une légende, les habitants de la côte, poursuivis par des pillards sarrasins en 915, furent guidés en lieu sûr par un épervier jusqu'aux montagnes dominant la Locride, où ils fondèrent la ville.

Plus vraisemblablement, le toponyme proviendrait du nom de sainte Ciriaca (Αγία Κυριακή, Hagia Kiriaki), dédicataire du diocèse de Locri à l'époque de la fondation de la ville.

Des découvertes archéologiques ont démontré que le site est habité depuis le néolithique ; des traces de présence préhellénique, notamment sicule, y ont également été mises au jour.

Plus tard, dans l'Antiquité, la colline abrite un castrum ainsi qu'une garnison militaire romaine, mais ce n'est qu'à la suite de la reconquête byzantine de l'Italie au VIe siècle que le modeste village croît en importance par l'afflux progressif des habitants de Locri Épizéphyre, fuyant soit les marécages qui gagnent le littoral soit la menace des invasions maritimes, qui le transforment en forteresse sous le nom de Santa Ciriaca. Le siège épiscopal y est transféré et d'innombrables églises et monastères sont érigés à l'intérieur de ses remparts.

En 986, les Sarrasins capturent brièvement la place forte (après de nombreuses tentatives infructueuses) mais celle-ci se révolte et retourne sous contrôle byzantin jusqu'à sa conquête par les Normands en 1059. Gerace devient alors le siège d'une principauté normande, qui siège au château des Hauteville (Altavilla).

Lors d'un conflit opposant les deux frères Robert et Roger de Hauteville, le premier est fait prisonnier par les habitants de la cité qui soutiennent son frère Roger en 1062. Il manque d'être lynché par la foule mais parvient à se sauver en manipulant la population, affirmant calmement que s'il lui arrivait quoi que ce soit, son frère le vengerait d'ici peu et raserait Gerace après avoir massacré sans pitié tous ses habitants. Peu après, Roger arrive à Gerace, les habitants lui livrent son frère mais les deux finissent par se réconcilier[5]. Peu après, l'épouse d'un dignitaire local est condamnée à mort pour avoir voulu porter atteinte à Robert et meurt empalée sur la place publique : « …la mugliera fu prisa et fuli misu unu palu a li posteriori et, cussì spitata, cum grandi crudelitati fu morta… » (Simone da Lentini[6] ; écrit en vieil italien du XIVe siècle).

Gerace dans une gravure de 1703.

Au XIIe siècle, le célèbre géographe arabe Al-Idrissi, qui vécut à Palerme, capitale du royaume de Sicile, et qui mit son savoir au service du roi Roger II, définit la cité de Gerace comme une « ville belle, grande et illustre ». La cité abrite vraisemblablement une communauté juive au Moyen Âge, peut-être dès avant la domination normande. Une inscription en écriture hébraïque est inscrite sur l'une des maisons du vieux bourg.

Après les Normands, la ville décline en importance et finit simplement par suivre l'histoire du royaume de Naples. Lors des Vêpres siciliennes (1282), Gerace est occupée par l'amiral aragonais Roger de Lauria, qui y fonde sa propre seigneurie ; elle devient plus tard une « ville royale », c'est-à-dire ne pouvant être soumise à l'autorité d'un seigneur.

En 1348, Gerace devient un comté puis une principauté, possession des Caracciolo, de Gonzalve de Cordoue et enfin des Grimaldi jusqu'à l'abolition du féodalisme, qui n'intervient qu'en 1806. Gerace devient alors chef-lieu de district.

En 1847, la population du district de Gerace se révolte mais l'insurrection est bien vite réprimée par les troupes royales, et ses instigateurs (dont Rocco Verduci) sont condamnés et exécutés.

Une nouvelle ville moderne, Gerace Marina, voit le jour sur la côte au XIXe siècle. Son nom sera changé en Locri à partir de 1934.

Lieux et monuments

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Les principaux attraits touristiques de Gerace sont les ruines de son château normand (probablement édifié à l'emplacement d'un fort byzantin antérieur) qui domine la ville, ainsi que sa cité médiévale parfaitement conservée. Celle-ci abritait autrefois 128 églises ; parmi les plus remarquables ayant subsisté, on peut citer :

  • La cathédrale normande (XIe siècle), dédiée à Santa Maria Assunta, plus vaste édifice religieux de Calabre à l'époque de sa construction, abrite la geôles des Cinq Martyrs de Gerace (1847). Elle est dotée d'une nef flanquée de deux bas-côtés (plan basilical), séparés par vingt colonnes prélevées dans les anciens temples de Locri. La crypte, de facture byzantine, est accessible au public et elle abrite un petit musée diocésain fondé en 1996.
  • L'église San Francesco (XIIIe siècle, comme en témoigne la donation royale de Charles II en 1294), de style gothique, constitue un bel exemple de l'architecture des ordres mendiants dans le sud de l'Italie. Son chœur abrite un précieux autel baroque en marbre commandé par frère Bonaventura Perna dans les années 1660 ainsi que le tombeau de Nicola Ruffo di Calabria, daté de 1374 et provenant des ateliers napolitains actifs à la cour angevine. L'édifice s'ouvre sur la Piazza delle Tre Chiese (« place des trois églises »), aménagée dans les années 1980 à la suite de la démolition de l'ancien monastère San Giovanni Crisostomo.
  • L'église San Giovannello (« petit Saint-Jean », Xe siècle), minuscule édifice de pierre et de brique, consacrée au rite grec orthodoxe. Elle présente une architecture très simple, caractérisée par un toit à pignon et la présence d'un clocheton sur le côté ouest. Les murs sont percés de sept fenêtres à lancettes et l'intérieur préserve des vestiges de fresques abîmées ainsi qu'une ancienne citerne qui servait à la collecte des eaux de pluie.
  • L'église Santa Maria del Mastro (1083), de rite grec orthodoxe jusqu'en 1480, est le principal édifice religieux situé hors des remparts de la ville haute, dans le Borgo Maggiore. Elle arbore une architecture néoclassique avec un plan en croix grecque depuis sa reconstruction complète qui a suivi le séisme de 1783. Des campagnes de fouilles archéologiques successives ont mis au jour les différentes phases médiévales du site, d'une modeste église-halle byzantine intégrée au corps d'un édifice normand plus grand, qui contient d'importants fragments de stucs ornés de motifs phytomorphes et zoomorphes qui évoquent le style arabo-sicilien. La façade du xixe siècle présente un majestueux portail encadré par deux stylobates soutenant une colonne chacun.
  • L'église du Sacro Cuore (xviiie siècle), à la façade dotée d'un portail baroque et recouverte d'un dôme en tuiles. Sévèrement endommagée par le séisme de 1783, elle est restaurée à partir de 1851 grâce à l'intervention de la confrérie du Sacré-Cœur.
  • L'église Santa Maria di Monserrato (xviie siècle) se distingue par son dôme recouvert de tuiles. Elle abrite le sarcophage du latiniste Francesco Nicolai ainsi qu'une vieille statue en bois de la Vierge très vénérée.
  • L'église Maria Santissima del Carmine (xvie et xviie siècles), dont la nef centrale est agrémentée au xxe siècle d'un plafond à caissons.
  • L'église San Martino, reconstruite après le séisme de 1783 sur l'ancienne église byzantine. Une petite nécropole paléochrétienne se trouve à proximité.
  • L'église Santa Caterina, édifice normand à trois nefs dont le long du vaisseau central est décoré de deux rangées de sculptures représentant différents saints (1753).
  • L'église San Nicola del Cofino (viie et viiie siècles), édifice à trois nefs de la période médio-byzantine. Des fouilles ont mis au jour quinze tombes du bas Moyen Âge, des pièces de monnaie du xvie siècle ainsi qu'une citerne.
Ruines du château normand.

Outre les édifices sacrés, la grande particularité des ruelles médiévales de Gerace est la présence d'arches faisant office de portes construites en « volta a gistuni ». Cette technique consiste à bâtir l'arche en coulant de la chaux tout autour de roseaux tressés, à l'instar des paniers traditionnels, appelés gistuni dans la région. Des douze portes qui s'ouvraient autrefois à travers les remparts du centre ancien, seules quatre subsistent : la Porta dei Vescovi (« porte des évêques »), près de la cathédrale ; la Porta Santa Lucia ; la Porta Maggiore ; et la Porta del Sole (« porte du soleil »).

Quant au château, probablement fondé en même temps que la ville byzantine, vers le viie siècle, son existence est formellement attestée à partir du xe siècle, lors de sa dévastation par les Sarrasins. Il est refortifié et agrandi par les Normands dans la seconde moitié du xie siècle puis souffre des nombreux séismes qui ravageant la région et le réduisent à l'état d'abandon. Il en subsiste aujourd'hui une haute tour et quelques pans de murs, partiellement creusés dans la roche et s'élevant abruptement au-dessus des ravins environnants. Il était initialement doté d'un système d'évacuation des eaux pluviales, d'un grand puits, d'un pont-levis à l'est, d'une vaste armurerie, d'une cour intérieure dont subsistent quelques traces de la colonnade, et d'autres pièces à usages divers.

Administration

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Les maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
14 mai 2001 17 mai 2011 Salvatore Galluzzo liste civique  
17 mai 2011 6 juin 2016 Giuseppe Varacalli liste civique  
6 juin 2016 18 juin 2023 Giuseppe Pezzimenti liste civique décédé en cours de fonction
18 juin 2023 11 juin 2024 Salvatore Galluzzo liste civique  
11 juin 2024 en cours Rudi Lizzi liste civique  
Les données manquantes sont à compléter.

Communes limitrophes

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Agnana Calabra, Antonimina, Canolo, Cittanova, Locri, Siderno.

Personnalités liées à Gerace

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Notes et références

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  1. « Resident population by age, sex and marital status on 1st January 2026 », sur demo.istat.it, Istituto Nazionale di Statistica italiano, (consulté le ) (Remarque : Lier le fichier à l'ensemble de données techniques.)
  2. « Classificazioni statistiche – anno 2026 », sur www.istat.it, Istituto Nazionale di Statistica italiano, (consulté le ) (Remarque : Lier le fichier à l'ensemble de données techniques.)
  3. « Bilancio demografico mensile », sur demo.istat.it (consulté le )
  4. (it) « Calabria », sur I Borghi più Belli d'Italia (consulté le )
  5. (it) « Le Conquiste di Roberto e Ruggero » sur cronologia.leonardo.it
  6. « Bibliografia del TLIO », sur ovipc44.ovi.cnr.it (consulté le )

Liens externes

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