Gabriel García Moreno

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Gabriel García Moreno
Illustration.
Portrait du général Moreno.
Fonctions
Chef suprême de la Nation équatorienne

(15 ans, 11 mois et 27 jours)
Prédécesseur Francisco Robles García (président de la république)
Successeur Gouvernement provisoire
Ignacio de Veintemilla (président de la république)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Guayaquil
Date de décès (à 53 ans)
Lieu de décès Quito
Nationalité Équatorien
Parti politique Conservateur
Religion Catholique

Gabriel García Moreno
Liste des présidents de l'Équateur

Gabriel García Moreno (Guayaquil, 24 décembre 1821 - Quito, 6 août 1875) est un homme d'État. Militaire conservateur, il prit les pleins pouvoirs en 1859 et renversa le dernier gouvernement des libéraux. Dirigeant l'Équateur de 1859 jusqu'à sa mort avec un pouvoir quasi absolu, il réprime les révoltes et réunifie le pays. Fervent catholique, il consacra son pays au Sacré-Cœur en 1873 et fut assassiné en 1875. Il mourut en prononçant ces mots : « Dios no muere! » (Dieu ne meurt pas !). Son régime dit « impérialiste » sera repris vingt ans plus-tard par le général Eloy Alfaro.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait du général Gabriel Garcia Moreno.

Après une période d'instabilité de deux ans marquée par la cohabitation de plusieurs gouvernements concurrents, Gabriel García Moreno, chrétien et conservateur, réunifia le pays en 1860, en chassant de Guayaquil le général Franco.

Devenu président, il réforme progressivement la République selon les préceptes de la « royauté sociale du Christ-Roi». García Moreno parvient à rétablir l'ordre public dans le pays et à améliorer la situation des finances publiques, permettant une période de relative prospérité au pays durant une quinzaine d'années. Il s'appuie pour cela sur l'Église catholique, avec laquelle il signe un concordat dans des termes favorables au clergé équatorien. Il meurt assassiné en 1875, et certains évoquent l'implication de la Franc-maçonnerie dans cet assassinat[1].

De nombreux Équatoriens voient en Garcia Moreno un exemple à suivre pour le rétablissement du Christ-Roi dans la Cité ; sa politique est citée en exemple par différents papes. À la suite de sa mort en 1875, le pays renoue avec une période d'instabilité politique jusqu'à l'arrivée au pouvoir d'Eloy Alfaro.

Assassinat[modifier | modifier le code]

L'assassinat de Gabriel García Moreno vu par Pierre Méjanel

Le 6 août 1875, au sortir de la messe (à laquelle il se rendait tous les jours), García Moreno est attaqué par quatre hommes armés de machettes et de pistolets ; il s'agit de Faustino Rayo, Robert Andrade, Abelardo Moncayo et Manuel Cornejo. Après une brève lutte, il succombe. Les assassins étaient pour la plupart issus de la bourgeoisie, de l'armée, et Moncayo était un ancien jésuite. Les motivations du crime restent floues, même si Manuel Cornejo se considérait comme un homme libre se sacrifiant contre un dictateur. Ce dernier sera exécuté le 27 août. Le principal meurtrier, Rayo, est un maroquinier et ancien employé du gouvernement de García Moreno dans la province du Napo. Rayo aurait discuté du prix d'une selle avec García Moreno le matin même, et est exécuté sur le champ[2].

Exposition du corps du général Moreno.

La franc-maçonnerie, interdite par la constitution du pays depuis 1869 a pu jouer un rôle dans l'assassinat de García Moreno. Celui-ci écrivait en 1873 à propos d'elle : « On m’avertit d’Allemagne que les loges de ce pays ont ordonné à celles d’Amérique de remuer ciel et terre pour renverser le gouvernement de l’Équateur ; mais si Dieu nous protège et nous couvre de sa miséricorde, qu’avons-nous à craindre ? »[3]

Un livre sur la question[4], Garcia Moreno y sus asesinos[5] conforte l'hypothèse des partisans de Garcia Moreno d'un assassinat par la maçonnerie internationale avec un financement par l'Allemagne du Kulturkampf et un soutien politique du Pérou mais de nombreux points obscurs, notamment les exécutions rapides des meurtriers, des inégalités de traitement dans la poursuite des personnes impliquées, laissent la question non élucidée. En apprenant son assassinat, Juan Montalvo, polémiste équatorien auteur du pamphlet « La tyrannie perpétuelle » contre García Moreno, eut une phrase restée célèbre : « Mi pluma lo mató » («C'est ma plume qui l'a tué»).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie de García Moreno par A. Berthe, éditions Retaux-Bray, 1890.
  2. FAUSTINO LEMO RAYO, diccionariobiograficoecuador.com
  3. lien internet, Vie de Garcia Moreno, Père Auguste BERTHE, http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/18/98/43/histoire/vie-de-garcia-moreno.pdf
  4. selon DEMELAS Marie-Danielle, SAINT-GEOURS Yves, Jérusalem et Babylone : Politique et religion en Amérique du Sud: L'Equateur, XVIII-XIXème, Paris, éditions Recherches sur les Civilisations, 1989
  5. LOOR Wilfrid, Garcia Moreno y sus asesinos, Quito, 1967

Liens externes[modifier | modifier le code]