François Guermonprez

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François Guermonprez

François Guermonprez est un médecin français, né en 1849 à Haubourdin et mort en 1932 à Lille.

Biographie[modifier | modifier le code]

François Jules Octave Guermonprez naît à Haubourdin le . Son père, François Jules Guermonprez, industriel et pharmacien, est issu d’une grande tradition d’industriels lillois, épurateurs et fabricants d’huile et importateurs de pétrole, et avait épousé Octavie Dumez deux ans auparavant.

De 1860 à 1867, il fait ses études secondaires au Collège de Marcq-en-Barœul, et très vite, se sent attiré par l’étude des sciences médicales. Il intègre l’Ecole Préparatoire de Pharmacie de Lille en 1868. L’année suivante, il est préparateur d’histoire naturelle, puis en 1869-70, préparateur du cours de chimie médicale.

En 1870, il entreprend des études de médecine, troublées par la guerre. Devenu interne titulaire de l’Hôpital Saint-Sauveur de Lille, en 1872, il soutient sa thèse trois ans plus tard, sur la maladie d’Addison, sous la direction du Docteur Duret. En 1876, il épouse Angette Marie Richebé, dont il aura deux filles, toutes deux décédées en bas-âge. En 1877, il devient médecin de la Compagnie des chemins de fer du Nord et participe activement à la fondation de la Faculté catholique de Médecine et de Pharmacie de Lille.

À cette époque, il anime de nombreux colloques et intervient fréquemment sur la question de la zoologie médicale. Parallèlement, avec ses frères Paul et Octave, pharmaciens, il produit des pansements, antiseptiques, des médicaments et développe une fabrique de boules de gommes médicinales, qu’il exportera en Chine et en Russie.

En 1885, il est nommé professeur à la Faculté Catholique de Lille. Enseignant la thérapeutique et la matière médicale, il met au point plusieurs procédés restés emblématiques, comme le crin de Florence[1].

Il est membre fondateur de la Société des Sciences médicales de Lille, membre des sociétés françaises de botanique et de zoologie, membre correspondant des sociétés de Paris, Bordeaux, Lyon, Liège, Barcelone …

Il s’intéresse de près à la traumatologie et tout particulièrement aux accidentés du travail : fractures et luxations diverses, fractures du crâne, arrachements de bras, de doigts, plaies par peignes de filature, par coups d’engrenages, par coups de meule, par machine à percer, par écrasement, corps étrangers de la métallurgie, accidents des ouvriers du bois, … En 1885, il rassemble la plupart de ses publications sur ces sujets, dans un ouvrage intitulé Pratique chirurgicale des établissements industriels[2]. Il publie également un ouvrage de référence sur la mécanothérapie, où il traite largement la gymnastique médicale et le traitement des fractures. Sa grande œuvre est la chirurgie orthopédique et réparatrice. Hyppolite Larrey, membre de l’Académie de médecine, le qualifie d’ailleurs de chirurgien de l’industrie.

Également chirurgien généraliste, il est salué pour son procédé d’hystérectomie abdominale[3] par Lannelongue, qui le trouve plus simple et plus facile que les méthodes antérieures. Il publie également une petite brochure[4] où il décrit avec minutie un cas de pseudohermaphrodisme masculin.

Dans tous ses écrits, Guermonprez fait une large part à l’histoire de la médecine, écrivant ainsi plusieurs articles sur Ambroise Paré et René-Théophile-Hyacinthe Laennec et consacre un livre à Antoine Béchamp[5]. Guermonprez réorganise le service médico-chirurgical de la Compagnie des chemins de fer du Nord à Fives, et établit un autre service à Hellemmes. Grâce à l’appui et avec l’industriel lillois Etienne Batteur, il crée une maison de secours pour les blessés de l’industrie. Nommé chirurgien chef, il reçoit plus de 1 000 blessés par an et y fait se succéder plus de 150 internes, entre 1893 et 1901.

Attaché à la tradition familiale d‘industriels et profitant des laboratoires des Huiles et Graisses Guermonprez et des Huiles Lambelin-Ternoy-Goube, il publie également une étude sur le papillome des raffineurs de pétrole[6]. En 1902, en pleine campagne de laïcisation, on ferme le service des accidentés du travail et de mécanothérapie, profitant de l’expulsion des pères camilliens (parce qu’ils sont étrangers)[non neutre]. Guermonprez enrage mais crée un nouveau service spécial de chirurgie du travail et de mécanothérapie au 104, boulevard Vauban. Puis, en 1906, après l’expulsion des religieuses du Carmel, il se ruine gaiement[non neutre] pour acquérir le Carmel, 254, rue Nationale, où il crée une clinique de mécanothérapie et de chirurgie des accidentés du travail, aux procédés innovants en France.

Après avoir été mobilisé en 1870, il reprend l’uniforme en 1914, comme médecin major de la première division à l’Hôpital militaire de Cambrai. Il est également mobilisé à l’hôpital de Calais. La clinique souffre alors des bombardements et le matériel est dispersé. En 1921, il reprend ses consultations de mécanothérapie et tente, en vain, de créer un nouveau centre, sa situation financière étant devenue délicate.

L’institut CRUD[modifier | modifier le code]

En 1896, il est nommé directeur scientifique de l’Institut orthopédique Crud à Sens, fondé, en 1884, par l’abbé Philipert Crud, un homme charismatique, à la réputation de guérisseur, qui passa une partie de sa vie au Canada pour évangéliser et soigner les indiens, par des méthodes efficaces mais secrètes, découvertes chez les indiens d’Amérique. Guermonprez, encouragé par Monseigneur Louis Baunard, convainc Crud de transférer son centre à Lille, et, le 30 septembre 1896, est posée la première pierre de l’Institut Orthopédique du Sacré Cœur.

Cet institut, incompris, est jugé surprenant par ses détracteurs et François Guermonprez se retrouve révoqué de son poste de médecin de la Compagnie des chemins de fer du Nord. La Faculté catholique, elle aussi, se méfie mais ne sanctionne pas le Docteur. L’Institut du Sacré Cœur prospère alors, avec plus de 300 lits, mais des plaintes sont déposées contre Crud pour exercice illégal de la médecine.

En 1919, le bâtiment, transformé en hôpital militaire, est incendié, accidentellement, par un soldat hindou de l’armée anglaise. Il ne sera pas reconstruit.

L’abbé Lemire[modifier | modifier le code]

Vers 1910, François Guermonprez mène une lutte acharnée contre l’utilisation faîte, par les ennemis de l’Église catholique, de l’engagement politique de l’Abbé Lemire, au travers de dix ouvrages, dont « Etude sur le Lémirisme » ou « Monsieur l’Abbé Lemire à côté des Laïcisateurs », « Etude sur le Lémirisme, lettres documentaires pour les jours de transition », « Par où s’effectue la décadence du Lémirisme, Ce que dit Monsieur l’abbé Lemire quand surgit la doctrine ou la discipline (2 tomes), l’abbé Lémire devant ses électeurs, où il prévoit et anticipe l’utilisation qu’ils feront des propos et engagements de l’abbé Lemire (francs-maçons, anticléricaux, etc.…).

D’abord légitimiste et fervent monarchiste, l’abbé Lémire évolue et devient démocrate. Ordonné prêtre en 1878, il mène parallèlement, une carrière politique et est élu député en 1893, contre l’avis de sa hiérarchie. Vif partisan de la séparation de l’Église et de l’Etat, il ne s’oppose pas à la laïcisation du personnel médical dans les hôpitaux et crée son propre organe de presse, le cri des Flandres, dans lequel ses idées sont largement reprises.

François Guermonprez reproche à l’Abbé Lemire, son engagement politique privilégié à sa foi, ce qui vaudra à Lemire d’être suspendu par l’Evêque de Lille en 1914. Dans L’Éveil populaire et Le Clairon des Flandres, Léon Devos, fervent royaliste, ancien élève des facultés catholiques qui dirige les deux journaux et François Guermonprez s’élèvent violemment contre Monseigneur Delamaire, archevêque de Cambrai, et dénoncent son silence pendant la période électorale et son indifférence face aux actions de Lemire.

Le 7 novembre 1911, Monseigneur Delamaire condamne leurs publications et les désavouent. Guermonprez, considéré, peut-être à tort (même si des archives familiales, les archives du diocèse de Cambrai ou de l’Action française, le présentent comme l’éminence grise) comme le fondateur de ces journaux et Devos se tournent alors vers le Vatican et adressent une supplique au Pape Pie X. Le cardinal Merry del Val, qui les considère comme « de bons catholiques », apaise les tensions, les encourage à continuer le combat contre Lemire, mais la publication de L’Éveil populaire et du Clairon des Flandres est stoppée en janvier 1912, le pape leur ordonnant d’être plus pacifistes et d’implorer le pardon de Monseigneur Delamaire, proche de la démission. Delamaire, plutôt que de reconnaitre sa responsabilité dans l’affaire et une certaine bienveillance pour Lemire, souhaite le « silence » de François Guermonprez, mais ce dernier continue à faire entendre sa voix et réitère ses attaques contre Lemire dans un journal militant, auquel il est associé, le Nord Patriote, dirigé par son ami Robert Havard de La Montagne, membre actif, comme lui, de l’Action Française et ami intime de Charles Maurras.

La Sapinière[modifier | modifier le code]

Proche également de Louis Veuillot, François Guermonprez s’illustre aussi en tant que membre du Sodalitium Pianum, organisation secrète, opposée au Modernisme, créée par Monseigneur Benigni, en étroite collaboration avec l’Action Française. Cet organisme se définissait comme « un institut séculier dépendant du Saint Siège, pour faire pénétrer dans la masse, les idées et les directives pontificales, pour l’informer de tous les mouvements d’idées culturels, sociaux, politiques du monde, observés d’un point de vue catholique ». L’organisation aurait compté, dès 1912, environ un millier de membres et disposait de relais dans les principaux centres catholiques.

Ces « antennes » étaient dirigées par des personnes cultivées et surtout des catholiques intégraux convaincus, qui se réunissaient, lors de congrès libres, amicaux, appelés les « confiseries ». Vraisemblablement, François Guermonprez animait l’un de ces cercles.

Les perquisitions et l'affaire des fiches[modifier | modifier le code]

Membre fervent de l’Action Française du Nord, François Guermonprez est proche des Jeunesses Royalistes, dirigées par Roger Lambelin, et comme lui, fait l’objet de perquisitions, comme l’attestent plusieurs rapports de police. En 1899, la Jeunesse Royaliste est dénoncée comme responsable d’un complot permanent et public contre la République. Les principaux chefs royalistes, Buffet, Godefroy et de Ramel sont réunis devant le Sénat. Les archives de Buffet révèleront une liste de hauts fonctionnaires et intellectuels, dont la nomination était prévue en cas de succès (Lambelin et Guermonprez y figurent). Les condamnations des trois responsables seront symboliques, mais tous subirent une répression acharnée.

L’Affaire des Fiches, elle, eu un impact encore plus considérable. En effet, en 1903, le nouveau ministre de la Guerre, Louis André, fervent anti-catholique, fait rédiger par le Grand Orient de France, organisme maçonnique, des fiches sur les opinions politiques et religieuses des officiers se rendant à la messe, afin de freiner les promotions des catholiques pratiquants. Jean Guyot de Villeneuve, ancien officier d’état major, ayant récupéré des fiches, dénonce l’affaire et interpelle le gouvernement à la chambre, le . Le scandale éclate, d’autant plus que l’État, malgré ses négations, était au courant de ses pratiques, en plein climat de séparation avec l’Église. Le jour même, à la chambre, le député nationaliste Gabriel Syveton gifle le Général André. La veille de son procès pour cette fameuse gifle, Syveton est retrouvé mort, chez lui, asphyxié dans sa cheminée.

François Guermonprez sera l’un des grands « fichés », plus de 10 pages résumant ses croyances et pratiques religieuses, avec, en première page, la mention : « VALAL : va à l’Église avec un livre ».

François Guermonprez prend sa retraite en 1927, après une vie de luttes, palpitante et mouvementée. Il est décoré officier, puis Chevalier de la Légion d’Honneur en 1915 et en 1924[7], Chevalier de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, commandeur de l’Ordre Polonia Restituta pour son soutien et son engagement militaire et économique envers la Pologne, Commandeur de l’Ordre de Saint-Sylvestre réformé par Pie X, en 1918, le pape lui-même lui adressant une lettre de louanges. Le , la Belgique lui confère la croix de Chevalier de l’ordre de Léopold.

Ces multiples activités ne l’empêchèrent pas d’être un parent engagé attentif, qui porta toujours intérêt aux études, à la santé de Denis Guermonprez Goube, Henri Guermonprez Flipo, des Richebé, Fauvarque, ou du docteur Delattre, son neveu par alliance, qui lui succèdera à l’Action Française.

Il disparaît le , à Lille, à l’âge de 83 ans, dans le plus grand dénuement, après avoir tout légué, dont sa maison lilloise, à l’Ecole des Congrégations (Blanche de Castille).

François Guermonprez laisse derrière lui plus de 200 ouvrages, une incroyable bibliothèque, une centaine d’articles, des archives reparties entre la faculté libre de Médecine de Lille, le diocèse de Cambrai, les archives départementales du Nord, la bibliothèque municipale de Lille, ou encore la Faculté de médecine de Paris. Son imposant buste en marbre trône aujourd’hui à la Faculté Catholique de Médecine de Lille, au côté de doyens et professeurs illustres.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Le 14 mai 2008 s’est tenue à la Faculté Catholique de Lille, une conférence intitulée « François Guermonprez, précurseur contesté, polémiste acharné », animée par le professeur Jacques Liefooghe, doyen de la Faculté de médecine, le professeur Henri Ducoulombier, ancien pédiatre et historien, membre de la Société d’Histoire de la Médecine et auteur d’un ouvrage sur le baron Pierre-François Percy et Paul-Henry Guermonprez.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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