Robert Havard de La Montagne

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Robert Havard de La Montagne
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Robert Havard de la Montagne (1877-1963) est un journaliste, écrivain et militant royaliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Secrétaire de Denys Cochin, député de la Seine, il commence sa carrière de journaliste en 1899-1900 à L’Express du Midi à Toulouse, puis est rédacteur en chef du Nouvelliste de la Sarthe et prend ensuite (1909 à 1914) la direction du Nord Patriote de Lille. Il fonde plus tard le bimensuel Rome (1923-1934) qui paraissait en langue française dans la capitale italienne. Dans les années 1925-1930 il est aussi directeur de l'agence du Figaro à Rome.

Il fut l'un des collaborateurs de L'Action française de Charles Maurras et l'un des premiers historiens du mouvement.

Pétainiste pendant l'occupation allemande, il soutient la politique antisémite du régime de Vichy, et se prononce pour la répression sans pitié contre la Résistance intérieure française[1]. Il signe quelques articles sur l'actualité dans le journal collaborationniste Je suis partout, tout en s'écartant sensiblement du style de celui du journal[2], et écrit dans la Revue universelle pro-vichyste[3].

Il est condamné le à une peine de dégradation nationale par la Chambre civique de Lyon (l'un des tribunaux créés à la Libération).

Robert Havard dut le recouvrement de sa liberté à une héroïne de la Grande-Guerre qui intercéda pour lui auprès du Président de la République. En effet, Léonie Vanhoutte (1888-1967), résistante, Chevalier de la Légion d'honneur, Croix de Guerre 14/18, Carte du Combattant, Mutilée de Guerre 40 %, avait adressé au Président Vincent Auriol, une requête [4] lui demandant grâce pour Robert Havard. Dans sa lettre datée du 29 mars 1950, elle écrit notamment « […] Je me permets de vous dire tout de suite que j'ai servi, dans la guerre de 14-18, aux côtés de Louise de Bettignies, dont je fus la sœur d'armes, et avec qui je fus enfermée pendant plus de trois années dans la forteresse de Siegburg, près de Cologne, notre peine de mort ayant été commuée en celle des travaux forcés. Je ne suis donc pas suspecte de complaisance à l'égard de mes bourreaux allemands ni de ceux qui, parmi les Français, ont plus ou moins, dans la guerre de 39-45, pactisé avec eux. Or nous sommes liés d'amitié, mon mari et moi, depuis plus de trente années, avec Robert Havard de la Montagne, dont je connais et apprécie au plus haut point l'ardeur patriotique et la droiture foncière, et c'est donc avec une peine profonde et, je dois le dire, avec une stupéfaction totale, que j'ai vu cet ami si hautement français frappé, voici plus de trois ans, d'une peine vraiment imméritée d'indignité nationale à vie. C'est le 29 janvier 1947 que Robert Havard de la Montagne a été condamné à cette peine, et d'ailleurs à cette peine seule à l'exclusion de toute autre. Je pensais que très rapidement justice serait rendue à ce grand honnête homme et je n'osais d'ailleurs par crainte de me montrer indiscrète et bien hardie, me tourner vers vous. […] La situation où se trouve cet honnête homme du fait de cette peine imméritée accable leur ménage, et c'est parce que je souffre moi-même de les voir ainsi courbés sous un destin injuste que j'ose prendre sur moi d'appeler votre regard, que je sais plein de bonté, sur leur cas. […] C'est uniquement pour avoir écrit dans la Revue Universelle des articles quelque peu sévères à l'égard du communisme et y avoir aussi critiqué l'Angleterre, qu'il a été poursuivi et condamné. Or il s'avère aujourd'hui que combattre le communisme n'est pas une faute contre la France ; et la preuve peut être faite, à la lecture des articles incriminés, que leur auteur n'entendait nullement, ce faisant, se solidariser ni de près ni de loin avec ceux qui, en combattant alors les soviets, se souciaient essentiellement de faire le jeu des nazis. Robert Havard a toujours été d'abord anti-allemand. Quant à sa sévérité d'alors à l'égard de certaines pratiques britanniques, je me permets d'appeler votre attention, Monsieur le Président, sur le fait que ce fervent serviteur de la France et de ses Alliés était à ce moment sous le coup de la plus violente et légitime émotion, les bombes anglaises ayant tué, quelques semaines plus tôt, son frère et sa sœur dans le Calvados... »[réf. nécessaire]

Collabore plus tard à Aspects de la France sous le pseudonyme de Jacques Villedieu. Tertiaire de Saint-Benoît, a été Vice-président de l'Association de la presse monarchique et catholique[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Eugen Weber, L'Action française, éd. Fayard, 1985, p. 507, 509.
  2. P.M. Dioudonnat, Je suis partout 1930-1944, La Table ronde, 1987, p. 309
  3. Eugen Weber, p. 550-551.
  4. Archives familiales : double lettre dactylographiée du 29 mars 1950[source insuffisante]
  5. Henri Termesson, Biographies des principales personnalités françaises décédées au cours de l'année 1963, Paris.

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1905 : Examen de conscience - Causeries sur le temps présent (Perrin).
  • 1906 : Les candidats à la présidence (P., Librairie C. Clavreuil).
  • 1907 : L'Ame qui se donne (roman, P., Grasset).
  • 1910 : Leur fils (roman, P., Grasset).
  • 1910 : L'Action Française, ses origines, son but, sa méthode, conférence donnée à Angers le (Angers, Imprimerie du "Journal de Maine-et-Loire", 37 pages).
  • 1910 : Le romantisme français, conférence donnée à Antoing (Belgique) le (Editions de la revue "Hors de France" du Collège du Sacré-Cœur d'Antoing, n° 3, 32 pages).
  • 1913 : Madame de Maintenon (P., Lethielleux).
  • 1914 : Mademoiselle de Scudéry (P,. Lethielleux).
  • 1919 : Sainte Catherine de Sienne. Sa vie, sa mort et ses miracles d'après un manuscrit italien du XVe siècle de Thomas Maconi. Traduction de l'italien par Robert et Madeleine Havard de la Montagne avec une introduction et des notes (P., Perrin).
  • 1924 : Les Fioretti de Sainte Catherine de Sienne. Recueillies par le R.P. Taurisano, O.P. Traduction de Madeleine Havard de la Montagne. Lettre-Préface du Cardinal Gasparri (P., Art catholique).
  • 1926 : À propos d'un Centenaire. Étude sur le Ralliement (Perrin - Librairie de L'action Française).
  • 1948 : Histoire de la Démocratie Chrétienne de Lamennais à Georges Bidault (P., Amiot-Dumont).
  • 1950 : Histoire de l'Action Française (P., Amiot-Dumont).
  • 1953 : Pie X par le R.P. Jérôme Dal-Gal. Traduction de l'italien (P., Ed. Saint-Paul).
  • 1953 : Evêque volant, cinquante ans au Grand Nord canadien", Mgr Gabriel Breynat, O.M.I. Réduction en 1 vol. de Robert Havard de la Montagne d'après l'œuvre originale publiée au Canada en 3 volumes (P. Amiot-Dumont).
  • 1956 : Chemins de Rome et de France. Cinquante ans de souvenirs (P., N.E.L.).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire de la politique française, Henry Coston, tome I (P., la Librairie française, 1967).
  • Biographies des principales personnalités françaises décédées au cours de l'année 1963, Henri Termesson (P. [1964]).
  • Dictionnaire de biographie française, tome XVII (P., Letouzey et Ané, 1989).
  • Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques", R. Aubert, tome XXIII (P., Letouzey et Ané, 1990).

Liens externes[modifier | modifier le code]