Antoine Béchamp

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Antoine Béchamp
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Antoine Béchamp.
Naissance
Bassing (France)
Décès
Paris (France)
Nationalité Français
Domaines Sciences, médecine, chimie et pharmacie

Pierre Jacques Antoine Béchamp, né le à Bassing (Moselle) et mort le à Paris, est un médecin, chimiste et pharmacien français, auteur d'une théorie sur les « microzymas ».

À la suite de travaux expérimentaux et d'observations, il émet l'hypothèse et prétend que toute cellule animale ou végétale est constituée de petites particules capables, sous certaines conditions, d'évoluer pour former des bactéries qui continueraient à vivre après la mort de la cellule dont elles proviendraient. Béchamp appela ces petits éléments autonomes « microzymas ».

Ces thèses, dès l'époque de Béchamp, furent toujours très minoritaires parmi les scientifiques. Jules Tissot, professeur de physiologie générale au Muséum national d'histoire naturelle, pensa les confirmer par des photographies de haute précision de cellules végétales et animales.

Pour Tissot comme pour Béchamp (et contrairement au consensus scientifique général)[1] les organismes vivants, quand ils se dérèglent, produiraient ou, plus exactement, favoriseraient[2] eux-mêmes la prolifération de bactéries pathogènes et virus.

De nos jours, et du fait des progrès de la biologie cellulaire, la théorie de Béchamp est considérée comme totalement infondée, même si l'existence de bactéries intracellulaires et de nanobactéries est admise. Les principaux tenants des théories de Béchamp sont désormais des partisans des "médecines alternatives" comme Hulda Regehr Clark et Tamara Lebedewa, ou des médecins et biologistes marginaux produisant des théories pseudo-scientifiques.

Le zoologue et entomologiste allemand Günther Enderlein (1872-1968) se fonda également sur les travaux de Béchamp quand il introduisit l'hypothèse d'un pléomorphisme des bactéries[3].

Béchamp fut contemporain de Louis Pasteur qu'il accuse de plagiat. Il ne craint pas d'affirmer en réponse à un collègue, le docteur Vitteaut : « Je suis le précurseur de Pasteur, exactement comme le volé est le précurseur de la fortune du voleur heureux et insolent qui le nargue et le calomnie[4]. » Concurrent de Pasteur et contrairement à celui-ci, il tombe dans l'oubli avant de voir certaines de ses idées redécouvertes.[5]

Biographie[modifier | modifier le code]

Antoine Béchamp est né en Lorraine d’un père meunier[6]. Alors qu’Antoine est âgé de onze ans, un oncle maternel, consul à Bucarest, remarque le potentiel de l’enfant et obtient des parents que leur fils l’accompagne à Bucarest pour y faire ses premières études qu’il fera en roumain et en utilisant l’alphabet cyrillique. Au décès de son oncle en 1834, il retourne en France avec le titre de maître en pharmacie acquis chez Maüsel. Il doit réapprendre sa langue maternelle ainsi que l’alphabet latin tout en travaillant dans une pharmacie de Benfeld.

Il s’inscrit à l’École supérieure de pharmacie de Strasbourg, ville où il ouvre une officine en 1843. Il se marie, après sept ans de fiançailles, avec Mlle Clémentine Mertian, fille d’un négociant de tabac et de betterave. Peu après son mariage il retourne à Strasbourg. Agrégé en 1851 de l’École de Strasbourg, il y enseigne la chimie, la physique et la toxicologie jusqu’en 1856 date à laquelle il est nommé professeur de chimie médicale et de pharmacie à la faculté de Médecine de Montpellier. Il y enseignera pendant vingt ans tout en poursuivant des recherches sur la pébrine, la fermentation du vin et la transformation des sucres par les moisissures. Son fils aîné, Joseph, prend part à ses travaux. En 1876, Antoine Béchamp devient le premier doyen de la faculté libre de médecine de Lille (Histoire de la faculté libre de médecine de Lille), où ses travaux rencontrent l’hostilité des autorités ecclésiastiques. À la suite des démêlés qui l’opposent à Louis Pasteur à partir de 1881, il doit quitter son poste en 1888. Son fils fit de même. Il achète alors une pharmacie au Havre, ville d’origine de la femme de Joseph. Ce dernier décédé, Béchamp gagne Paris où il continue ses expériences dans un laboratoire de la Sorbonne mis à sa disposition par un de ses amis, Charles Friedel. Il y travaillera jusqu’en 1899. Il meurt le 15 avril 1908 en son domicile dans le 5e arrondissement de Paris[7].

Un médecin américain, Montague Leverson, qui avait rencontré Béchamp – et assisté à ses funérailles – en fut le premier traducteur en anglais : en 1912 il fit paraître à Londres The Blood and its Third Anatomical Element. Avec Leverson, Ethel Douglas Hume fit paraître en 1923 à Londres Béchamp or Pasteur ? Le 18 septembre 1927 le Pr Guermonprez inaugure une statue de Béchamp à Bassing.

Les idées de Béchamp sont depuis reprises par des adeptes des médecines alternatives comme Alain Scohy, radié de l'Ordre des médecins pour faute, qui reprend abondamment les théories de Béchamp dans ses écrits et conférences.

Les travaux d'Antoine Béchamp[modifier | modifier le code]

Antoine Béchamp et la théorie du microzyma[modifier | modifier le code]

Pour Béchamp, l'erreur des « biologistes » de son époque aurait été d'étudier la vie en observant la « mort » car les tissus sont préalablement transformés avant observation microscopique[réf. nécessaire].

Selon Béchamp, l’unité de base de toute vie organique serait le « microzyma », capable de se reproduire.

  • Il aurait son métabolisme propre.
  • Il serait capable de fermenter et transformer certaines substances.
  • Il serait capable de bâtir des tissus fibreux, membraneux, etc.
  • Il serait capable de construire des germes ou mycèles (comme le bacille de Koch) pour effectuer certains travaux particuliers.

Pour la médecine scientifique, les microzymas n'existent pas. À l'époque de Béchamp, les idées de Louis Pasteur prévalaient et selon lui, la cellule est aseptique. Il n’y a pas de germes dans l’intimité des organismes vivants complexes à l’état normal, thèse confirmée par la biologie cellulaire contemporaine.

Béchamp était considéré comme un tenant de la théorie de la « génération spontanée », précurseur de la théorie contemporaine des enzymes. Tombé dans l'oubli, il voit aujourd'hui certaines de ses idées redécouvertes.

Antoine Béchamp et les maladies du ver à soie[8], [9],[10],[11][modifier | modifier le code]

Les maladies des vers à soie[modifier | modifier le code]

Trois maladies des vers à soie sont à distinguer : la pébrine, la muscardine, la flacherie.

Article détaillé : maladies des vers à soie.

Le sénateur du Gard Jean-Baptiste Dumas, le célèbre chimiste de l’époque, envoie Louis Pasteur étudier la maladie des vers à soie (pébrine, appelée aussi « la nouvelle maladie ») : dans le Midi, pays d'origine de Dumas, l'industrie du ver à soie est menacée par cette « nouvelle maladie ». Il aurait proposé à Pasteur d'étudier celle-ci, malgré la formation initiale de Pasteur, celle d'un chimiste. Selon Loir, un de ses anciens collaborateurs, les vers à soie n'étaient pas du domaine habituel de Pasteur. [12],[13],[14].

Le 6 juin 1865, Antoine Béchamp aurait fait une communication à la Société centrale d’agriculture de l’Hérault [15][réf. insuffisante]. Il aurait supposé que la pébrine était parasitaire. Pasteur est alors est missionné par le gouvernement français de l’époque pour étudier la pébrine.

Le 25 septembre 1865, Louis Pasteur fait une communication sur la maladie des vers à soie à l’Académie des sciences[16].

Il reprend l’opinion émise par Ciccone en écrivant : « les corpuscules ne sont ni des animaux, ni des végétaux, mais des corps plus ou moins analogues aux granulations des cellules cancéreuses ou des tubercules pulmonaires. Au point de vue d’une classification méthodique, ils devraient être rangés plutôt à côté des globules de pus, ou des globules du sang, ou mieux encore des granules d’amidon, qu’auprès des infusoires ou des moisissures » [17][réf. insuffisante].

Le 17 juin 1866, Antoine Béchamp publie une note sur la pébrine dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences [18]. Son article commence ainsi : « J’admets que la maladie des vers à soie, qui fait des ravages depuis plusieurs années est parasitaire. La pébrine, selon moi, attaque d’abord le ver par le dehors, et c’est de l’air que viennent les germes du parasite. La maladie, en un mot, n’est pas primitivement constitutionnelle » [19]. Dans cet article du 17 juin 1866, Béchamp confirme donc ses déclarations de l’année précédente : il réaffirme que la pébrine est une maladie parasitaire, que l’attaque du ver vient du dehors, et que les germes du parasite viennent de l’air (il n’est donc pas partisan de la « génération spontanée »).

Pour combattre cette maladie parasitaire, Béchamp recommande l’emploi de la créosote, connue comme puissant antiseptique par la présence de phénol et de crésol qu’elle contient. Il affirme l’action et l’innocuité de la créosote sur le ver à soie. Ses résultats ne semblent toutefois pas avoir été confirmés[20]. La créosote n'a pas été employée, et si elle l'avait été, les conséquences sur les ouvriers et l'environnement auraient été dramatiques ; la créosote étant cancérogène.

Le 2 juillet 1866, Béchamp déclare devant la société d’agriculture de l’Hérault que la pébrine est une maladie parasitaire[21].

Enfin, après avoir présenté tout d'abord la pébrine comme d'origine constitutionnelle, Pasteur se range du côté de l'idée d'un ferment venant de l'extérieur.

Antoine Béchamp revendique alors la paternité de la découverte, notamment dans une lettre au Président de l'Académie des Sciences[22]. La technique de Pasteur de ségrégation des cocons est alors couronnée de succès.

Cet épisode achève de pérenniser le conflit entre Béchamp et Pasteur, alors deux concurents. Malgré que Béchamp prétende l'antériorité de la découverte, c'est Pasteur qui met un terme à l'épidémie. Les moyens de traitement que Béchamp préconisaient ont fait naître une grande effervescence parmi les commerçants, qui semblaient s'intéresser à l'aubaine industrielle. [20]

Les conflits d'intérêts sont alors nombreux, et les fabricants de graines gênaient le travail de Pasteur[23]

La synthèse des colorants et l'atoxyl[modifier | modifier le code]

Ses recherches le conduisent à la découverte d'une méthode nouvelle et économique de production de l'aniline. Alors que le chimiste allemand August Wilhelm von Hofmann produit déjà de l'aniline en soumettant une mixture de nitrobenzène et d'alcool à la réduction par l'action de l'acide chlorhydrique et du zinc, Béchamp montre, en 1852, que l'emploi de l'alcool n'est pas nécessaire, que le zinc peut être remplacé par le fer, et l'acide chlorhydrique par l'acide acétique, ce qui permet de réduire les coûts de production industrielle de l'aniline.

La maison Renard de Lyon entend parler de la découverte de Béchamp, elle s'adresse à lui et, avec son aide, elle réussit à produire de manière économique la fuchsine (autrement dit le magenta) et ses variétés. Le seul profit que Béchamp tire de sa découverte est de recevoir, une dizaine d'années plus tard, une médaille d'or décernée par la Société industrielle de Mulhouse.

En 1859, par réaction chimique entre l'aniline et l'acide arsénique (métarsénite d'acétanilide), Béchamp synthétise l'arsanilate de sodium ; il nomme ce composé « atoxyl » par référence à la relative faiblesse de sa toxicité comparée à celle de l'arsenic. L'atoxyl est alors utilisé dans le traitement des maladies de la peau et de la maladie du sommeil. Mais il reste très toxique et n'agit pas sur tous les tréponèmes. Cinquante ans plus tard, cherchant à améliorer l'atoxyl, Paul Ehrlich étudie plus de six cents arsénobenzènes dérivés et, avec Sahachiro Hata, il aboutit en 1909 à la découverte du Salvarsan. Ce produit, le premier enfin réellement efficace contre la syphilis et la maladie du sommeil, marque une étape essentielle dans le développement de la chimie thérapeutique[24].

Les ferments solubles (ou diastases, ou enzymes) : prétendue priorité de Béchamp sur Buchner[modifier | modifier le code]

Dans un mémoire publié en 1858[25], Béchamp soutient[26] que l'interversion du sucre de canne, quand on l'obtient sans l'aide de la levure, n'a pas pour cause le simple contact avec l'eau, mais bien les moisissures, dont d'autres observateurs avaient noté avant lui la présence concomitante au phénomène. Il assimile[27] cette action des moisissures à celle de la diastase, un des « ferments solubles » (enzymes) connus à l'époque.

Plus tard, dans un livre publié en 1883[28], Béchamp relate comme suit des réflexions et des expériences qu'il dit avoir faites en 1857[29], après être venu, comme dit plus haut, à l'idée que l'action des moisissures était assimilable à celle de la diastase : « Mais la diastase est ce que l'on nomme un ferment soluble; or les moisissures, en tant qu'organisées, sont insolubles : si elles agissent par un ferment soluble, celui-ci doit être excrété par elles et tout formé en elles. Il résultait de cette remarque que l'organisme des moisissures étant détruit, elles n'en agiraient pas moins si vraiment le ferment soluble était tout formé dans leur tissu. Dans ces sortes d'expériences, la quantité de moisissure formée étant peu considérable, voici comment j'opérais : La moisissure, bien lavée et égouttée, était broyée avec une quantité environ vingt fois plus grande de sucre de canne solide, de façon à déchirer son tissu : de cette manière les produits solubles de la matière organisée s'imbibaient dans le sucre. (...) bientôt, on pouvait constater le commencement de l'interversion (...). La démonstration, je l'ai alors généralisée, en démontrant que les moisissures qui naissent dans le sucre et dans certaines fermentations, la levûre de bière elle-même, qui est aussi une moisissure, sont dans le même cas. » (Note : la levure de bière est considérée ici dans son effet d'interversion du sucre de canne, et non de fermentation.) Béchamp, dans le même livre[30], rappelle qu'il appela zymase le « ferment soluble » qu'il avait ainsi découvert.

Ces expériences peuvent sembler préfigurer celles que Buchnner publiera en 1897. Des auteurs comme Philippe Decourt[31] et Milton Wainwright[32] en concluent ou semblent en conclure que Buchner usurpe une gloire qui revient à Béchamp.

Il faut toutefois noter que ce que Buchner obtenait à partir de la « zymase[33] » de la levure, et en l'absence de la levure elle-même, c'était la fermentation alcoolique[34]. Or Béchamp dit explicitement que la « zymase » qu'il extrait de la levure produit l'interversion du sucre de canne, mais non la fermentation alcoolique. Après avoir distingué entre les deux fonctions : « Comme ferment, la levure possède donc deux fonctions : celle d'intervertir le sucre de canne et celle de produire l'alcool. Ces deux phénomènes sont-ils du même ordre ? » et rappelé que la « zymase » de la levure peut à elle seule intervertir le sucre de canne, il ajoute : « Or, on peut laisser la zymase en contact avec le sucre, aussi longtemps qu'on le veut, sans qu'il se forme aucune trace d'alcool, ou se manifeste aucun indice de fermentation »[35]. Buchner a donc réussi, notamment par l'addition de kieselguhr (tripoli) et l'usage d'une presse hydraulique[36], là où Béchamp avait échoué.

Ce que Béchamp appelait «zymase» n'était pas le complexe enzymatique auquel Buchner donnerait le même nom, mais l'invertase[37].

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Rien n’est la proie de la mort, tout est la proie de la vie » Antoine Béchamp.
  • « Le ‘Microbisme’ est une doctrine fataliste monstrueuse qui suppose qu'à l'origine des choses, Dieu aurait créé les germes des microbes destinés à nous rendre malades. » Antoine Béchamp.
  • « On ne peut avoir que des idées inspirées ou communiquées, et c’est en travaillant sur les unes et sur les autres que les idées nouvelles sont conçues. C’est pourquoi un chercheur sincère doit mentionner les idées de ceux qui l’ont précédé dans la carrière, parce que ceux-ci, grands ou petits, ont dû faire effort, c’est là leur mérite, pour apporter leur part de vérité dans le monde. Je ne puis concevoir un titre supérieur à celui du droit à une telle propriété, car c’est ceci qui constitue notre personnalité et souvent notre génie, s’il est vrai que cette sublime prérogative, ce rare privilège, n’est rien qu’une longue patience, ou, pour être plus exact, un travail de persévérance, fécondé par l’étincelle que Dieu a mise en nous ; ce droit n’en doit être que plus respecté, car il est de la nature des seules richesses, de la seule propriété dont nous pouvons être prodigues sans nous appauvrir nous-mêmes ; que dis-je, c’est en dépensant ainsi que nous nous enrichissons nous-mêmes de plus en plus. » Antoine Béchamp [38].
  • « Béchamp avait raison, le microbe n'est rien, le terrain est tout » aurait dit Pasteur durant les derniers jours de sa vie. Il aurait même ajouté : « C'est Claude qui a raison », en parlant de Claude Bernard. (Pour en finir avec Pasteur, Dr Eric Ancelet, Ed. Marco Pietteur (ISBN 2-87211-025-9). Selon le Dictionnaire sceptique du site Les sceptiques du Québec, cette rétractation de Pasteur est une légende. Marie Nonclerq, auteur d'une thèse sur Béchamp, l'aurait lue dans le livre de Léon Delhoume, De Claude Bernard à d'Arsonval (1939) et l'aurait signalée à Christopher Bird (1928-1996), qui la mentionna à son tour, en avril 1992, dans un article intitulé «To Be Or Not To Be? 150 Years of Hidden Knowledge», publié dans Nexus Magazine.
  • « L'analyse comparée des textes aujourd'hui disponibles, y compris de la Correspondance des deux auteurs (NDLR : Antoine Béchamp et Louis Pasteur), nous conduit, concernant l'étiologie de ces maladies, à pencher vers une interprétation reconnaissant aux idées et aux théories de Béchamp la priorité sur celles de Pasteur. Notamment, l'analyse de la correspondance de Béchamp, significative et fructueuse, révèle l'image d'un savant occupé en permanence à se défendre des accusations de ses détracteurs, et en particulier des attaques répétées de Pasteur. De nombreuses lettres témoignent de sa volonté explicite de revendiquer pour lui-même l'attribution des découvertes relatives à l'étiologie des maladies des vers à soie (...). Les prétentions de Pasteur, qui avait complètement méconnu la vraie nature du corpuscule vibrant, semblent insoutenables à présent qu'il s'agit d'établir la paternité des théories relatives à la cause et au signe pathognomonique de la "maladie microzymateuse", la flacherie. » Antonio Cadeddu[39].

Le courant Béchamp[modifier | modifier le code]

Le continuateur d'Antoine Béchamp fut le professeur Tissot (1870-1950) du Muséum d'histoire naturelle, qui fonde la ligue « Santé et Liberté » en 1948. Cette ligue fusionne en 1954 avec « l'Association des parents des victimes de vaccinations » pour devenir la « Ligue nationale contre l'obligation des vaccinations ». Cette ligue fédère un courant hygiéniste basé sur le jeûne, le végétarisme, centrée sur une chaîne de magasins diététiques. On y trouve aussi le courant de la pédagogie Freinet. En 1964, la ligue change de nom pour devenir « Ligue Nationale pour la liberté des vaccinations ». En 1992, se produit une scission avec la création de « Association Liberté Information Santé ».

Dans leurs références théoriques, ces associations revendiquent une tradition antipasteurienne savante, basée sur Béchamp et Tissot. A laquelle peuvent se joindre des médecins homéopathes, des médecines alternatives basées sur le vitalisme, ou des chercheurs originaux comme Louis-Claude Vincent, inventeur de « la bio-électronique ». Ces théorisations diverses visent à légitimer a posteriori le rejet intuitif ou culturel de la vaccination ; elles n'en sont pas l'origine[40].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roger Dachez, Histoire de la médecine, Tallandier, (lire en ligne), p. 326
  2. Roger Dachez, Histoire de la médecine, Tallandier, (lire en ligne), p. 327
  3. Lien Béchamp et Enderlein.
  4. « Lettre de mai 1900 d'Antoine Béchamp au docteur Vitteaut », dans Marie Nonclercq, Antoine Béchamp, éd. Maloine, 1982, p. 43.
  5. Pr Lavabre Bertrand, Centenaire de la publication des « Microzymas » de Béchamp. Communication de la société montpelliéraine d'histoire de la médecine, 1984 http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx1985x019x003/HSMx1985x019x003x0269.pdf
  6. Les renseignements biographiques sont tirés de Marie Nonclercq, Antoine Béchamp, l’homme et le savant, éd. Maloine, 1982, et de François Renaud, Willy Hansen et Jean Freney, Dictionnaire des précurseurs en bactériologie, éd. ISKA, 2005.
  7. Archives de Paris 5e, acte de décès no 1000, année 1908 (page 11/17)
  8. Marie Nonclercq, Antoine Béchamp, éd. Maloine (1982)
  9. Philippe Decourt, Les Vérités indésirables, éd. Archives internationales Claude Bernard (1989).
  10. Gerald L. Geison, The private science of Pasteur, éd. Princeton university press (1995).
  11. Voir les Comptes rendus de l’Académie des sciences qui sont téléchargeables gratuitement à l’adresse Internet Comptes rendus de l’Académie des sciences.
  12. Adrien Loir, À l’ombre de Pasteur, éd. Le Mouvement sanitaire, 1937
  13. Pasteur, Œuvre tome 4 – Étude sur la maladie des vers à soie, p V
  14. Pasteur, Œuvre tome 4 – Étude sur la maladie des vers à soie, voir préface de Pasteur
  15. Béchamp, Les Microzymas, éd. Centre international d’études A. Béchamp (1990, réédition du livre de 1883), p. 757.
  16. Pasteur, Observations sur la maladie des vers à soie, Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1865, tome 61, p. 506- 512.
  17. Pasteur, Observations sur la maladie des vers à soie, Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1865, tome 61, p. 511.
  18. Béchamp, Sur l’innocuité des vapeurs de créosote dans les éducations de vers à soie, Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1866, tome 62, p. 1341-1341.
  19. À l’époque, le mot « constitutionnel » s’oppose au mot « parasite » : il signifie que la maladie appartient à la constitution du malade, vient de lui et non de l’extérieur. Voir Philippe Decourt, Les Vérités indésirables, éd. Les archives Claude Bernard (1989), p. 172.
  20. a et b Pasteur, dans son livre de 1870 Études sur la maladie des vers à soie (Œuvres complètes, vol. 4, 1926, p. 50), écrit : « M. Béchamp, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier, conseilla l'emploi de fumigations de créosote avec une telle insistance et une si grande abondance d'arguments, tous fondés, il est vrai, sur des idées préconçues, que les provisions de cette substance, faites par les pharmacies du Midi, en augmentèrent le prix. Mais deux années après ces publications spécieuses, il n'était plus question du fameux spécifique. » (sur Gallica).
  21. Béchamp, Réponse aux observations faites par M. Pasteur au sujet d’une Note relative à la nature de la maladie actuelle des vers à soie, Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1866, tome 63, p. 425.
  22. Antoine (1816-1908) Auteur du texte Béchamp, La nature parasitaire de la maladie actuelle des vers à soie et M. Pasteur : lettre à M. le Président de l'Académie des sciences / par A. Béchamp,..., impr. de Boehm et fils, (lire en ligne)
  23. Jacques d'Aguilar Fraval, « PASTEUR ET LE VER À SOIE », sur www7.inra.fr (consulté le 8 mai 2018)
  24. E. Douglas Hume, Béchamp ou Pasteur, un chapitre perdu de l'histoire de la biologie, Paris, éd. Librairie Le François, 1948, p 11
  25. « De l'influence que l'eau pure ou chargée de divers sels exerce à froid sur le sucre de canne». Extrait dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 4 janvier 1858, t. 46, 1858, pp. 44-47, consultable sur Gallica; texte complet dans Annales de chimie et de physique, 3e série, t. 54, 1858, pp. 28-42, consultable sur Gallica.
  26. Sa démonstration a convaincu Pasteur : « cet observateur [= Béchamp] a reconnu ce fait intéressant que les moisissures, comme la levûre, cèdent à l'eau une substance qui intervertit le sucre. En empêchant par un antiseptique la naissance des moisissures, le sucre ne s'intervertit plus. » (L. Pasteur, Études sur la bière, 1876 ; Œuvres complètes de Pasteur, t. 5, p. 252, consultable sur Gallica.)
  27. Annales de chimie et de physique, 3e série, t. 54, 1858, p. 40, point 27.
  28. Antoine Béchamp, Les Microzymas, Paris, 1883 (réimpr. photogr., Paris, 1990), p. 68-70.
  29. Il les avait publiées en 1864. Voir Antoine Béchamp, « Sur la fermentation alcoolique », Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, t. 58, 1864, p. 601-605, consultable sur Gallica; Antoine Béchamp, « Sur la fermentation alcoolique. Réponse à une réclamation de M. Berthelot », Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, t. 58, 1864, p. 1116-1119, consultable sur Gallica; Antoine Béchamp, « Sur de nouveaux ferments solubles », Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, t. 59, 1864, p. 496-500, consultable sur Gallica
  30. Antoine Béchamp, Les microzymas, Paris, 1883 (réimpr. photogr., Paris, 1990), p. 73.
  31. « On peut regretter que les prix Nobel ne soient pas toujours donnés à ceux qui le méritent. Ce fut le cas pour les zymases ou ferments solubles d'Antoine Béchamp. En 1907, le prix Nobel de chimie fut attribué à l'Allemand Eduard Buchner pour la découverte en 1897 de la zymase qui transforme le sucre en alcool. (...) À vrai dire, Buchner n'avait rien découvert. » Philippe Decourt, Les vérités indésirables, Paris, 1989, p. 257.
  32. M. Wainwright, après avoir rapporté les observations et expériences de Béchamp sur le rôle de la « zymase » dans l'interversion du sucre de canne, fait ce commentaire ; « Pourtant, nos manuels nous disent erronément que Buchner fut le premier à extraire une enzyme de la levure, et à l'appeler zymase, ' percée ' accomplie en 1897, environ 35 ans après les expériences de Béchamp ! » (Milton Wainwright, « Early history of microbiolgy », Advances in applied microbiology, vol. 52, 2003, pp. 333-355, partiellement consultable sur Google Books, spéc. p. 341-342.
  33. Buchner employait lui aussi ce mot formé par Béchamp. Voir Pierre Thuriaux « Eduard Buchner, ou un siècle d’enzymologie », MS Médecine Sciences (Histoire de la médecine et des sciences), vol. 14 (1998), 248-251, en ligne, spéc. P. 251.
  34. Son article (Buchner E, « Alkoholische Gährung ohne Hefezellen : vorlaüfige Mitteilung », Berichte der Chemischen Gesellschaft 1897 ; vol. 30, pp. 117-24) est intitulé « Fermentation alcoolique sans cellules de levure » et précédé de cette introduction : « Il n’avait pas été possible jusqu’ici d’obtenir une activité de fermentation en dehors des cellules vivantes de levure. Cet objectif est atteint par le procédé expérimental décrit ci-dessous. ». Voir Pierre Thuriaux « Eduard Buchner, ou un siècle d’enzymologie », MS Médecine Sciences (Histoire de la médecine et des sciences), vol. 14 (1998), 248-251, en ligne.
  35. Antoine Béchamp, Les microzymas, Paris, 1883 (réimpr. photogr., Paris, 1990), p. 286. Aux pp. 287-288 et 289, Béchamp insiste et théorise.
  36. Pierre Thuriaux « Eduard Buchner, ou un siècle d’enzymologie », MS Médecine Sciences (Histoire de la médecine et des sciences), vol. 14 (1998), 248-251, en ligne, spéc. P. 251.
  37. Karl Oppenheimer, Ferments and their Actions (trad. anglaise), Londres, 1901, p. 197 (réimpr. Bibliobazaar, 2008, partiellement consultable sur Google Books); Keith L. Manchester : « Antoine Béchamp: père de la biologie. Oui ou non? », Endeavour, Volume 25, n° 2, 1er juin 2001, pp. 68-73; Keith L. Manchester : « Louis Pasteur, fermentation, and a rival », South African Journal of Science, vol. 103 (2007), en ligne.
  38. Antoine Béchamp, Leçons sur la fermentation vineuse et sur la fabrication du vin, p 6-7 in E. Douglas Hume, Béchamp ou Pasteur ?. Un chapitre perdu de l’histoire de la biologie, Paris, éd. Librairie Le François, 1948, p 48.
  39. Antonio Cadeddu, Les vérités de la science. Pratique, récit, histoire : le cas Pasteur, éd. Leo S. Olschki, 2003, p 44-45).
  40. J. Skomska-Godefroy, La résistance contemporaine à la vaccination, Fayard, (ISBN 2-213-59412-0), p.423-437
    dans « L'Aventure de la Vaccination » sous la direction de A-M Moulin

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Recherches sur la pyroxyline, Thèse de chimie, éd. Imprim. G. Silberman, 1853, Texte intégral, disponible sur Gallica.
  • Analyse qualitative et quantitative de l'eau minérale alcaline gazeuse de Soultzmatt, éd. Imprim. Huder (Strasbourg), 1853, disponible sur Gallica.
  • Essai sur les substances albuminoïdes et sur leur transformation en urée, éd. Imprim. Silberman, 1856.
  • Leçons sur la fermentation vineuse et sur la fabrication du vin, C. Coulet (Montpellier), 1863, disponible sur Gallica.
  • La Nature parasitaire de la maladie actuelle des vers à soie et M. Pasteur, [lettre à M. le Président de l'Académie des sciences], impr. de Boehm et fils (Montpellier), 1867, disponible sur Gallica.
  • Euzet-les-Bains. Eaux minérales : 1°bitumo-sulfureuses purgatives ; 2°magnésiennes, ferrugineuses, cuivreuses. (Analysées par le Prof. Béchamp .), impr. de Roger et Laporte (Nîmes), 1871, disponible sur Gallica.
  • Recherches sur la composition du charbon de peuplier dit de Belloc, impr. de P. Grollier (Montpellier), 1872, disponible sur Gallica.
  • Les Microzymas, éd. J.B. Baillière et fils (Paris), 1883, disponible sur Gallica, seconde édition revue et corrigée E. Dentu (Paris), 1893,disponible sur Gallica, (réédition par le Centre international d'études A. Béchamp, 1990).
  • Recherches sur les modifications moléculaires ou états isallotropiques de la matière amylacée, éd. Imprimerie L. Daniel (Lille), 1884,disponible sur Gallica.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Par ordre alphabétique d'auteurs :

  • Dr Eric Anselet, Pour en finir avec Pasteur, éditions Marco Pietteur, 1999
  • Louis De Brouwer, Vaccination : erreur médicale du siècle, éd. Louise Courteau, 1997 (ISBN 2-89239-183-0)
  • Antonio Cadeddu, Les vérités de la science. Pratique, récit, histoire : le cas Pasteur, éd. Léo S. Olschki, 2005 (ISBN 88-222-5464-3)
  • Dr Philippe Decourt, « Les zymases ou ferments solubles de Béchamp à la lumière des connaissances du XXe siècle », Histoire des sciences médicales, 18, 1984, 147-151.
  • Dr Philippe Decourt, Les Vérités indésirables, éd. Les archives internationales Claude Bernard, 1989
  • Alfred de Vergnette de Lamotte, Le vin, éd. Librairie agricole de la maison rustique, 1865 (p 294)
  • Gerald L. Geison, The private science of Louis Pasteur, éd. Princeton University Press, 1995 (ISBN 0-691-03442-7)
  • François Guermonprez, Béchamp:Études et souvenirs, Amédée Legrand, 1927 , 141 p.
  • E. Douglas Hume, Béchamp ou Pasteur, un chapitre perdu de l'histoire de la biologie, Paris, éd. Librairie Le François, 1948 (traduit de l'anglais par Aurore Valérie).
  • Louise L. Lambrichs, La Vérité médicale, éd. Robert Laffont, 1993 (ISBN 2-221-06594-8)
  • Pierre Lance, Savants maudits, chercheurs exclus, éd. Pierre de Valmy, 2001 (ISBN 2-84445-457-7), (3 volumes)
  • Pierre-Yves Laurioz, Louis Pasteur, la réalité après la légende, éd. De Paris, 2003 (ISBN 2-85162-096-7)
  • Adrien Loir, A l'ombre de Pasteur - souvenirs personnels, éd. Le mouvement sanitaire, 1938
  • Marie Nonclercq, « Aperçu de la vie de Béchamp et de son œuvre », Revue d'histoire de la pharmacie, Année 1978, Volume 66, Numéro 239, pp. 257-262, Texte intégral en ligne.
  • Marie Nonclercq, Antoine Béchamp, l'homme et le savant, éd. Maloine, 1982 (ISBN 2-224-00854-6)
  • François Renaud, Willy Hansen et Jean Freney, Dictionnaire des précurseurs en bactériologie, éd. ISKA, 2005 (ISBN 2-7472-0710-2)
  • Yves Robin, Lettre ouverte à Monsieur Louis Pasteur, éd. France Europe Éditions, 2002 (ISBN 2-84825-014-3)
  • Anne de Saint Romain, « Pasteur, les vraies raisons d'une gloire », dans L'Histoire, n° 74 (numéro dirigé par Anne-Marie Moulin), p. 40-41 (1984).
  • Aurore Valérie (alias Madeleine Renault), De Béchamp à Lazzarro Spallanzani, Paris, Maloine, 1963,350 p.
  • Aurore Valérie, Béchamp et l'évolution européenne, Paris, Maloine, 1958,191 p.
  • Aurore Valérie, Béchamp et le bon sens, Paris, Maloine, 1958,245 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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