Filao

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Casuarina equisetifolia

Casuarina equisetifolia
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Filao

Classification
Règne Plantae
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Sous-classe Hamamelidae
Ordre Casuarinales
Famille Casuarinaceae
Genre Casuarina

Nom binominal

Casuarina equisetifolia
L. 1759

Synonymes

  • Casuarina litorea L. var. litorea
  • Casuarina littorea Rumph

Le filao, ou filao à feuilles de prêle (Casuarina equisetifolia), est une espèce de plantes dicotylédones famille des Casuarinaceae, originaire d'Asie du Sud-Est et d'Australie. C'est un arbre pouvant atteindre 35 m de haut, au feuillage persistant, au bois très dur, surnommé « bois de fer », qui s'adapte à tous types de sols et est tolérant au sel.

Description[modifier | modifier le code]

Il peut atteindre plus de trente mètres de hauteur pour les vieux spécimens. Son tronc est droit avec une écorce grise. Ses jeunes rameaux verts assurent la photosynthèse. Leur morphologie cannelée et filiforme, d'un diamètre de 2 mm et articulés rappellent les prêles, une ressemblance qui lui a valu le nom d'espèce equisetifolia. Les feuilles sont nombreuses à chaque nœud (phyllotaxie verticillée) mais réduites à des écailles d'un mm. Les chatons femelles sont formés de boules brunes aux aspérités piquantes.

Biologie[modifier | modifier le code]

Le filao est un arbre pionnier, capable de coloniser des sols très pauvres en éléments minéraux. Dans les zones salines, il évacue le surplus salé par ses feuilles rendant le sol à son pied infertile pour les autres espèces.

Il peut être fortement taillé sans souffrir. Au Sénégal, des arbres coupés en haut du tronc se sont « reconstitués » en une année.

Casuarina equisetifolia possède dans ses racines des nodules fixateurs d'azote (actinorhizes) qui, en symbiose avec une bactérie du sol (Frankia), assimilent l'azote de l’air.

Taxinomie[modifier | modifier le code]

L'espèce Casuarina equisetifolia a été décrite par Linné et publiée sous ce nom en 1759 dans Amoenitates Academicae 4: 143. Un type a été désigné en 1989 par Lawrie Johnson, botaniste australien des Nouvelles-Galles du Sud[1]. L'épithète spécifique, « equisetifolia, dérivé du latin botanique equisetum, qui est le nom générique des prêles, la disposition des rameaux évoquant le port des prêles[2]. Cette plante a de nombreux noms vernaculaires. On peut citer, en français, bois de fer,filao, pin d'Australie, fialo, pitch pin[2],[3].

On a décrit deux sous-espèces[4],[5] :

  • Casuarina equisetifolia subsp. equisetifolia. Grand arbre pouvant atteindre 35 m de haut, rameaux de 0,5 à 0,7 mm de diamètre, glabres. Asie du Sud-Est, Nord de l'Australie[6].
  • Casuarina equisetifolia subsp. incana (Benth.) L.A.S.Johnson. Petit arbre pouvant atteindre 12 m d haut, rameaux de 0,7 à 1 mm de diamètre, duveteux. Est de l'Australie (Est du Queensland, Nouvelles-galles du Sud), Nouvelle-Calédonie, Sud du Vanuatu[7].
La litière de feuilles de Casuarina equisetifolia inhibe la germination des plantes de sous-bois par des moyens biochimiques ou allélopathiques. C'est une des raisons pour lesquelles cette espèce envahissante peut être dommageable en dehors de son aire de répartition originelle.

Liste des sous-espèces[modifier | modifier le code]

Selon Kew Garden World Checklist (15 janvier 2017)[8] :

  • sous-espèce Casuarina equisetifolia subsp. equisetifolia
  • sous-espèce Casuarina equisetifolia subsp. incana (Benth.) L.A.S.Johnson (1982)

Liste des sous-espèces et variétés[modifier | modifier le code]

Selon Tropicos (15 janvier 2017)[9] (Attention liste brute contenant possiblement des synonymes) :

  • sous-espèce Casuarina equisetifolia subsp. equisetifolia
  • sous-espèce Casuarina equisetifolia subsp. incana (Benth.) L.A.S. Johnson
  • variété Casuarina equisetifolia var. equisetifolia
  • variété Casuarina equisetifolia var. incana Benth.
  • variété Casuarina equisetifolia var. microcarpa F. Muell.
  • variété Casuarina equisetifolia var. souderi Fosberg

Synonymes[modifier | modifier le code]

Selon The Plant List (15 janvier 2017)[10] :

  • Casuarina africana Lour.
  • Casuarina brunoniana Miq.
  • Casuarina excelsa Dehnh. ex Miq.
  • Casuarina indica Pers.
  • Casuarina lateriflora Poir.
  • Casuarina littorea Oken
  • Casuarina mertensiana Rupr. ex Miq.
  • Casuarina repens Hoffmanns.
  • Casuarina sparsa Tausch
  • Casuarina truncata Willd.

Distribution et habitat[modifier | modifier le code]

L'aire de répartition originelle de Casuarina equisetifolia subsp. equisetifolia s'étend principalement sur les côtes de l'Australie, depuis le nord du Queensland et du Territoire du Nord, et celles du Sud-Est asiatique, dans toute la péninsule malaise jusqu'à l'isthme de Kra en Thaïlande et dans les zones côtières adjacentes de la mer d'Andaman dans le sud de la Birmanie, qui est le point le plus occidental de son aire de répartition. À l'est, son aire naturelle s'étend de la Mélanésie jusqu'à la Polynésie. Cette répartition couvre une bande de 40 degrés entre les 20° de latitude nord et les 20° de latitude sud[11].

La sous-espèce incana a une distribution beaucoup plus restreinte, qui s'étend sur le littoral de l'Australie, depuis le nord du Queensland jusqu'au centre de la Nouvelle-Galles du Sud (on le rencontre vers le sud jusqu'à Laurieton[12]), ainsi qu'au Vanuatu et en Nouvelle-Calédonie[11].

Casuarina equisetifolia est le plus souvent confiné à une étroite bande littorale sur les côtes sablonneuses, se prolongeant rarement vers l'intérieur des terres. Cette espèce est souvent à la limite de la végétation dunaire soumise aux embruns salés et parfois submergée par l'eau de mer lors des grandes marées. C'est parfois la seule espèce ligneuse capable de pousser dans les zones de végétation dunaire à dominante de graminées et de dicotylédones tolérantes au sel. On peut aussi rencontrer cet arbre dans une association végétale plus riche d'arbres et arbustes collectivement appelée « flore littorale indo-pacifique »[3].

Casuarina equisetifolia a été introduite dans plus de soixante pays et s'est souvent naturalisée dans de nombreux pays tropicaux et subtropicaux, où cette espèce est souvent devenue un trait caractéristique du paysage littoral. C'est notamment le cas des Antilles, du Mexique, de l'Amérique du Sud, de l'Afrique occidentale et orientale, et d'autres régions asiatiques (comme l'Indonésie). Des plantations importantes ont été réalisées notamment en Chine, en Inde, en Thaïlande, au Viêt Nam, à Cuba, à Porto Rico, au Kenya et dans de nombreux pays d'Afrique[11]..

Le filao est présent également sur les côtes d'Indonésie, des îles du Pacifique et des Mascareignes. On le trouve aussi au Sénégal, notamment en bord de mer.

Aux États-Unis, où la première introduction date d'avant 1825, la plante s'est naturalisée au début du XXe siècle et les ouragans de 1960 et 1965 aurait facilité son expansion dans les Everglades et en Floride. Le filao prospère aussi aux île Hawaï où son introduction daterait de 1882[11].

Maladies[modifier | modifier le code]

Plusieurs maladies fongiques sont susceptibles d'affecter Casuarina equisetifolia. L'une des plus graves est la rouille vésiculeuse de l'écorce. Les arbres infectés meurent rapidement après avoir présenté des symptômes de flétrissement foliaire et de fissuration de l'écorce sur laquelle apparaissent des vésicules enfermant une masse de spores noires pulvérulentes. L'agent pathogène est un champignon ascomycète, Trichosporum vesiculosum (syn. : Subramanianospora vesiculosa). La maladie a été signalée pour la première fois en Inde, dans l'État d'Odisha (Orissa). Elle a ensuite été signalée dans tous les États de la péninsule indienne, au Sri Lanka, à l'île Maurice et en Indonésie, en Thaïlande, au Viêt Nam[11].

Rhizoctonia solani (syn. : Thanatephorus cucumeris) entraine de fortes mortalité dans les pépinières en Inde[13].

Le flétrissement bactérien, dû à Pseudomonas solanacearum (syn. : Ralstonia solanacearum), provoque le jaunissement du feuillage et le flétrissement, entraînant la mort de l'arbre. On l'a signalé en Chine et en Inde[11].

Parmi les autres maladies, on peut citer le chancre de la tige et le dépérissement terminal, causés par Phomopsis casuarinae et Botryosphaeria ribis, et la maladie rose due à Corticium salmonicolor (syn. : Phanerochaete salmonicolor). La pourriture brune causée par Phellinus noxius provoque le déclin des arbres à Taïwan[11].

Plante envahissante[modifier | modifier le code]

Le filao est considéré comme une plante envahissante dans certaines régions du monde. Il présente un sérieux problème en particulier en Floride, en Afrique du Sud et aux Bahamas[11].

Utilisation[modifier | modifier le code]

On le trouve en Polynésie française sous le nom de bois de fer, aito ou toà. Son bois très dur sert à fabriquer des tiki, casse-têtes, javelots, hameçons, battoirs à tapa. Il est aujourd'hui très utilisé comme combustible ou charbon de bois pour les fours polynésiens ou la marche sur le feu. Les statuettes emblèmes du dieu'Oro, dieu invoqué en temps de guerre, étaient confectionnées en aito.

Aux Antilles et en Polynésie française, on l'utilise souvent comme arbre de Noël. Il est menacé à La Réunion en raison du coléoptère longicorne Coelosterna scabrator. Il est présent le long des plages de l'île Maurice, où il a été introduit par l'abbé Rochon au XVIIIe siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Casuarina equisetifolia L. », sur Australian Plant Name Index (APNI) (consulté le 15 janvier 2017).
  2. a et b (en) D. J. Boland, M. I. H. Brooker, G. M. Chippendale et M. W. McDonald, Forest trees of Australia, Collingwood, Vic., CSIRO Publishing, (ISBN 0-643-06969-0, lire en ligne), p. 82.
  3. a et b (en) Orwa et al., « Casuarina equisetifolia », sur Agroforestry Database,‎ (consulté le 15 janvier 2017).
  4. (en) « Australian Plant Name Index (APNI) », Australian National Botanic Gardens (consulté le 15 janvier 2017).
  5. (en) « Taxon: Casuarina equisetifolia L.  », United States Department of Agriculture - Agricultural Research Service (consulté le 15 janvier 2017).
  6. (en) « Casuarina equisetifolia L. subsp. equisetifolia », Australian National Botanic Gardens (consulté le 15 janvier 2017).
  7. (en) « Casuarina equisetifolia subsp. incana », Australian National Botanic Gardens (consulté le 15 janvier 2017).
  8. Kew Garden « World Checklist », consulté le 15 janvier 2017
  9. Tropicos, consulté le 15 janvier 2017
  10. The Plant List, consulté le 15 janvier 2017
  11. a, b, c, d, e, f, g et h (en) « Casuarina equisetifolia (casuarina) », sur Invasive Species Compendium (ISC), CAB International (consulté le 15 janvier 2017)
  12. (en) K. L. Wilson & L. A. S. Johnson, « Casuarina equisetifolia L. », sur PlantNET,‎ (consulté le 15 janvier 2017).
  13. (en) C. Mohanan & J.K. Sharma, « Diseases of Casuarina equisetifolia in India », The Commonwealth Forestry Review, vol. 72, no 1,‎ , p. 48-52 (résumé).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]