Sous-bois

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En forêt feuillue ou mixte de zone froide ou tempérée, en fin d'hiver et avant que la feuillaison des arbres ne privent le sol de soleil, plusieurs espèces de plantes développent une floraison brève mais intense. Ici, aspect printanier d'un sous-bois de ficaire (Ranunculus ficaria) en fleurs
Tapis de jacinthes en sous-bois, autre espèce typique de la biodiversité forestière du sous-bois
image illustrant l’environnement
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La notion de sous-bois embrasse tout l'espace (volume) de la forêt (ou d'un boisement) qui croît entre le sol et le dessous des houppiers des arbres de la canopée. Les aspects et dynamiques écologiques du sous-bois de forêts cultivées ou exploitées peuvent être fortement modifiés, perturbés et fragmentés [1], notamment en cas de pâturage en sous-bois, de fragmentation par des pistes forestières ou routes ou d'introduction d'essences non-autochtones[2].

En raison d'un micro-climat particulier, et selon le type de substrat, d'hydromorphie du sol, d'hygrométrie, d'essences, de strates, d'âge et de diversité végétale (y compris bois-mort et arbres sénescents), les sous-bois abritent ou contiennent des habitats et microhabitats très spécifiques, associé à une biodiversité tout aussi spécifique.

Les strates du sous-bois[modifier | modifier le code]

On y trouve trois strates forestières :

Écologie[modifier | modifier le code]

Le sous-bois abrite des habitats naturels ou semi-naturels caractérisés par un sol, un éclairement, des zones thermo-hygrométriques et des micro-climats variant selon l'altitude, les latitudes et les types de forêts, mais toujours spécifiques. Ces habitats sont notamment caractérisés par une flore spécifique, très riche, présentant une phytosociologie, une productivité[3], des modalités et vecteurs de pollinisation[4], dissémination des graines et propagules[5], et plus généralement une biologie particulière notamment dans les forêts tropicales[6]. L'éclairement (étudié par la ''photologie forestière[7] y est un facteur écologique déterminant[8],[9]. Pour décrire un sous-bois sylvocultivé ou évaluer son potentiel de productivité en bois, on utilise souvent la notion de station forestière Ganglo, J. C. (2005). Groupements de sous-bois, identification et caractérisation des stations forestières : cas d’un bois au Bénin ; Bois Forêts Trop, 285(3), 35-46.

Microclimat[modifier | modifier le code]

Le microclimat du sous-bois est beaucoup plus stable que celui qui caractérise la canopée, les lisières ou les clairières. Les UV et infrarouges y sont filtrés par la canopée. Le vent y est moins ressenti (avec donc moins de pouvoir déshydratant. Inversement la pluviométrie y est diminuée en raison de l'interception par les feuilles d'une parti des eaux météoritiques (moindrement en hiver sous les arbres à feuilles caduques ou sous certains résineux perdant leurs aiguilles, en zone tempérée où la lumière pénètre le sous-bois en hiver et au printemps, permettant une expression de la strate herbacée plus vigoureuse que sous la forêt tropicale dense où cette strate ne s'exprime que temporairement dans les trouées de lumière entretenues par les chablis ou parfois par le passage de grands herbivores (éléphants, girafes, etc.). Ce microclimat joue un rôle important pour de nombreuses espèces dans le cycle de régénération forestière, notamment en zone tropicale[10] où les pépinières sont ombrées et humidifiées pour se rapprocher de ce microclimat.

C'est aussi là que s'accumulent les feuilles mortes et aiguilles de résineux qui, avec le bois-mort formeront l'humus forestier.

C'est une zone (niche écologique où vivent de nombreuses espèces végétariennes, omnivores et carnivores, de mammifères notamment, ainsi donc qu'une faune de coprophages et nécrophages qui en dépendent.

Le sous-bois peut être provisoirement ou définitivement écologiquement fragmenté par de grandes clairières, des coupes rases, des tranchées déboisées pour le passage de lignes à haute tension, oléoducs ou gazoducs, canaux et enfin surtout par les routes forestières.

Dans les forêts exploités par l'homme, le sous-bois d'un même type de forêt présentera un aspect visuel et des caractéristiques paysagères et écologiques très différentes selon que la sylviculture ait été orientée vers une gestion en futaie avec coupes rases, en taillis (avec ou sans coupes rases), en taillis sous futaie, avec plantation ou régénération naturelle, avec un plus ou moins grands respects pour le bois-mort et l'humus.

Dans les jardins publics et petits bois, c'est une zone qui si, trop « entretenue » ou accessibles aux chats, rats, dérangement peut devenir « piège écologique »

Sylvopâturage[modifier | modifier le code]

De nombreux sous-bois étaient autrefois pâturés, notamment par des ruminants et surtout par les porcs qui y trouvaient des faines, des larves d'insectes, des champignons et des glands, chataîgnes ou d'autres aliments en abondance[11].

Santé environnementale[modifier | modifier le code]

Plusieurs maladies émergentes semblent associés à des déséquilibres écologiques du sous-bois de plus en plus écologiquement fragmenté et privé de grands prédateurs carnivores, dont dans l'hémisphère nord des zoonoses telles que


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gachet S (2002) Organisation de la biodiversité forestière: vers une modélisation de la dynamique du sous-bois en fonction des pratiques sylvicoles (Doctoral dissertation, Aix-Marseille 3) (résumé).
  2. Djègo, J., & Sinsin, B. (2006). Impact des espèces exotiques plantées sur la diversité spécifique des phytocénoses de leur sous-bois. Systematics and Geography of Plants, 191-209.
  3. Ganglo J.C (2001) Phytosociologie de la végétation naturelle de sous-bois; écologie et productivité des plantations de Teck (Tectona grandis Lf) du sud et du centre Bénin. Acta Botanica Gallica, 148(3), 277-281.
  4. Lorougnon, G. (1973). Le vecteur pollinique chez les Mapania et les Hypolytrum, Cyperacées du sous-bois des forêts tropicales ombrophiles. Bulletin du Jardin botanique national de Belgique/Bulletin van de Nationale Plantentuin van Belgie, 33-36 (résumé).
  5. Forget, P. M. (1988). Dissémination et régénération naturelle de huit espèces d'arbres en forêt guyanaise (Doctoral dissertation, Paris 6).
  6. Blanc, P. (1989). Biologie des plantes des sous-bois tropicaux (Doctoral dissertation, Paris 6) (résumé).
  7. Roussel L (1972) Photologie forestière. Masson.
  8. Alexandre, D. Y. (1982). Étude de l’éclairement du sous-bois d'une foret dense humide sempervirente (Tai, Cote d'Ivoire). Acta Oecologica Oecologia Generalis.
  9. Alexandre, D. Y. (1982). http://www.afs-journal.org/articles/forest/pdf/1982/04/AFS_0003-4312_1982_39_4_ART0006.pdf Pénétration de la lumière au niveau du sous-bois d'une forêt dense tropicale]. In Annales des Sciences Forestières (Vol. 39, No. 4, p. 419-438). EDP Sciences.
  10. Alexandre, D. Y. (1988). Aspects de la régénération naturelle en forêt dense de Côte d'Ivoire (Doctoral dissertation, ANRT).
  11. Meuret, M. (1997). Préhensibilité des aliments chez les petits ruminants sur parcours en landes et sous-bois. PRODUCTIONS ANIMALES-PARIS-INSTITUT NATIONAL DE LA RECHERCHE AGRONOMIQUE-, 10, 391-402 (résumé).