Famille Lévêque de Vilmorin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Famille de Vilmorin)

Lévêque de Vilmorin
Blasonnement D'argent, au chevron d'azur, accompagné de trois tourterelles de même ; sur le tout, d'argent, à la croix ancrée, de sable, chargée en coeur d'une étoile de sept pointes, d'or.

Ou De sable à un chevron d'argent, accompagné de trois fleurs de lys du même[1].
Devise "Mihi non defuit Vincentius"
Période XIVe siècle[2] ou XVe siècle[3] ou XVIIe siècle[4] - XXIe siècle[5]
Pays ou province d’origine Champagne[2]

ou Lorraine[3] ou Tours[6]

Demeures Château de Vilmorin
Charges Président de l'Académie d'agriculture de France
Maire
Fonctions militaires Général
Capitaine d'infanterie
Récompenses civiles Légion d'honneur
Juste parmi les nations
Ordre du Mérite agricole
Ordre national du Mérite (France)
Ordre des Palmes académiques
Récompenses militaires Légion d'honneur
Croix de guerre 1939-1945
Ordre royal et militaire de Saint-Louis

La famille Levêque de Vilmorin est une célèbre famille de botanistes et grainetiers, à l'origine de l'entreprise Vilmorin, célèbre également par Louise de Vilmorin, femme de lettres et compagne d'André Malraux.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il y a plusieurs sources sur cette famille qui donnent des informations différentes :

D'après l'historienne et journaliste Françoise Wagener, "Les Lévesque étaient établis en Champagne méridionale depuis au moins 1300. Cette famille typique de la vieille gentilhommerie terrienne, bien ancrée dans son terroir, pas très riche mais laborieuse. Appartenant à cette noblesse dite immémoriale, la famille s'est toujours armée « d'azur au lion rampant d'or, lampassé, armé et couronné de gueules ». Une branche hérite au XVIIe siècle d'une petite part d'une terre, la seigneurie de Villemorien, jamais aucun Lévesque n'y vécut.""[2].

Selon l'écrivain et biographe Jean Bothorel, "le premier ancêtre identifié serait Guy Levesque, écuyer, seigneur de Fay-le-Sec, gentilhomme de la maison de François de Bourbon duc de Vendôme. Noble donc et militaire. Il faudra attendre le XVIIe siècle pour qu'apparaisse, aux côtés de Levesque, le nom de Vilmorin, plus précisément le nom de Villemorien. Les hasards de la vie militaire amèneront l'un d'entre eux, Charles, lieutenant d'une compagnie, puis vaillant capitaine au régiment de Tournay, sur les confins de la Lorraine où il se mariera en 1625 à Jeanne de Corpel, la fille du prévôt de Wy. L'un des enfants issue de l'union épousa en 1659 Magdeleine de Saillet de Nixeville, et reçut en dot de sa mère, la moitié de la terre et seigneurie de Wy et de Landrecourt". Jean Bothorel et Françoise Wagener, indiquent que c'est à cette époque que la famille décline, victime de la guerre de Trente ans qui "sème partout barbarie et désolation". Ils s'appauvrissent, et s'ils continuent de vivre noblement et s'ils continuent de bailler leurs reprises de fiefs au duc de Lorraine, ils ne sont pas maintenus dans leur noblesse en 1666 et sont contraints de demander au duc de Lorraine d'éteindre la qualité de fief de leur propriété, et de continuer à cultiver leur terre en particulier, autant dire en roturiers [3].

La famille Vilmorin (parfois écrite Villemorin, Vilmorien, Villemorien, Vimorien ou Wilmorien selon les actes de baptême et de mariage) est très probablement originaire de Lorraine et plus précisément de la région de Woyles-Landrecourt. Selon Claude-Marie Vadrot, "la famille est, à l'origine, une famille de propriétaires terriens travaillant eux-mêmes la terre, les fils qui n'héritaient pas de la terre fournissaient des officiers aux différentes armées"[7].

Henri Jougla de Morenas donne la ville de Tours comme origine géographique à la famille Lévêque de Vilmorin et aucune autre information sur cette famille si ce n'est des armoiries[6].

Pierre-Marie Dioudonnat écrit que cette famille est originaire de Lorraine, il indique que Joseph Valynseele dans « À la découverte de leurs racines » donne une filiation qui remonte à Charles de Levesque, capitaine au régiment de Tournay, seigneur de Woye et de Vilmorien, cité en 1633[4].

Le premier membre de la famille identifié comme exerçant dans le commerce des semences est Philippe-Victoire Levêque de Vilmorin fils de Jacques Lévêque de Vilmorin hobereau et laboureur de la commune de Landrecourt. Il étudie la botanique sous l'aile de Pierre d'Andrieux (1713-1781), alors grainier du roi Louis XV. Membre de l'Académie d'Agriculture de France, il rédige dès 1783 un rapport sur les pommes de terres nommé "Instructions sur les moyens de conserver les pommes de terre".

Philippe André de Vilmorin poursuit l'oeuvre de son père et étudie des forêts de pins et de chênes en Sologne tout en poursuivant le commerce des pommes de terre. L'entreprise est reprise par son fils, Louis de Vilmorin, lequel contribue au bulletin des séances de la Société royale d'agriculture.

La dynastie se poursuit avec Henri Lévêque de Vilmorin, qui, dans la continuité de ses aînés, publie des rapports et brochures sur le croisement, la sélection et la culture du blé. Président de la Société botanique de France, il accueille de nombreux congrès internationaux de botanique dans ses terres de Verrières-le-Buisson.

Son fils, Philippe Lévêque de Vilmorin, suit la même dynamique et rédige un ouvrage sur le commerce des fleurs à Paris en 1892. A la fois botaniste et collectionneur de plantes (il est à l'origine de la création d'un arboretum de Pézanin en Bourgogne.

Durant près de deux siècles, six générations de « Vilmorin » se sont succédé, apportant leur contribution à la botanique, à l’introduction de nouvelles espèces, à la génétique, à l’amélioration des plantes et à la production de semences et de plants. Ces activités leur ont valu d’être membres de nombreuses sociétés savantes : Académie des sciences, Société Nationale d’Horticulture de France, Société botanique de France, Académie d'agriculture de France dont Maurice et Roger de Vilmorin furent présidents.

La famille Lévêque de Vilmorin a été admise à l'Association des anciens honneurs héréditaires[8].

Descendance de Philippe Victoire Levêque de Vilmorin (1746-1804)[modifier | modifier le code]

Sépulture des Vilmorin au cimetière de Montmartre (dont celle de Philippe de Vilmorin).
  • Philippe-Victoire Lévêque de Vilmorin (1746-1804), horticulteur et botaniste. Il épouse en 1774 Jeanne Marie Adélaïde Andrieux (1756-1836), fille de Pierre Andrieux, grainier et botaniste de Louis XV[9]. Ils ont trois enfants, dont:
    • Pierre Philippe Levêque de Vilmorin André (1776-1862), botaniste. Il épouse en 1812 Blanche Louise René (1789-1868). Ils ont six enfants, dont :
      • Pierre Louis François Levêque de Vilmorin (1816-1860), botaniste. Il épouse en 1842 Jeanne Marie Élisa Bailly, dite Élisa de Vilmorin (1826-1868), horticultrice. Ils ont deux enfants, dont :
        • Charles Henry Philippe Levêque de Vilmorin (1843-1899), botaniste et sélectionneur, connu essentiellement pour ses travaux sur le croisement, la sélection et la culture du blé[9]. Il épouse en 1869 Julie Marie Louise Darblay (1848-1929). Ils ont sept enfants, dont :
          • Caroline Julie Marie Élisabeth Levêque de Vilmorin (1870-1940) épouse en 1896 Joseph Charles Marie Marc d'Estienne d'Orves (1867-1926).
          • Henri Louis Marie Gabriel Levêque de Vilmorin (1883-1944) épouse en 1919 Georgine Suzanne Latham (1894-1962). Ils ont plusieurs enfants dont :
            • Laurent Paul Didier Levêque de Vilmorin, né en 1928, ingénieur diplômé de l'École supérieure d'électricité et de l'École navale[10]. Il épouse en 1958 Roseline Faye. Ils ont trois enfants[11] :
              • Henri-Louis, marié à Sophie Bourgain avec 2 enfants : Joséphine et Alfred.
              • Antoine.
              • Georgina, mariée à François Luciano, dont trois enfants : Gaspard, Victoria et Giulia.
          • Joseph Marie Philippe Levêque de Vilmorin (1872-1917), botaniste, chevalier de la Légion d'honneur au titre du ministère de l'agriculture[12]. Il épouse en 1900 Berthe Marie Mélanie de Gaufridy de Dortan (1876-1937). Ils vivront à Dompierre-les-Ormes au Château d'Audour, sur les terres duquel il créera l'Arboretum de Pézanin en 1903. Ils ont six enfants.
            • Mapie de Toulouse-Lautrec (1901-1972), épouse en 1922 son cousin Guy Marie Félix Levêque de Vilmorin (1896-1984), divorce après avoir donné naissance à deux enfants. Elle se marie en secondes noces en 1933 avec Guillaume de Toulouse-Lautrec-Monfa (1902-1985). De son second mariage, sont nés deux enfants.
              • (1) Dominique (1927-2011), épouse Christian Rufin et en secondes noces Christophe Lemasson.
              • (1) Adélaïde (née en 1930) épouse Pierre Oréfice
              • (2) Constance (née en 1934) épouse Maurice Dumoncel.
              • (2 )Charles Constantin (né en 1936) épouse Miranda Redfield.
            • Louise de Vilmorin (1902-1969), se fiance en 1923 à Antoine de Saint-Exupéry, puis épouse en 1925 Henry Leigh-Hunt (1886-1972) dont elle divorce, épouse en secondes noces en 1938 le comte Paul Pálffy ab Erdöd (1890-1968) dont elle divorce en 1943. Elle termine sa vie avec André Malraux. De son premier mariage, sont nés trois enfants :
              • Jessie
              • Alexandra
              • Éléna
            • Henry Joseph Marie Roger Levêque de Vilmorin (1903-1961) épouse en 1924 Maria Luisa Carmen Delfin Diaz Y Raigosa (1902-1988) et en secondes noces Elizabeth Millett (1909-1996).
            • Olivier de Vilmorin (1904-1962), producteur grainier, élevé au rang de Juste parmi les nations[13]. Il épouse en 1927 Marie Violette Tagnard et en secondes noces en 1946 Germaine Berthe Boissaye (1905-1992). Il a eu deux enfants dont :
              • Sosthène Paul Louis Marie Levêque de Vilmorin, né en 1933, avocat. Il épouse en 1964 Corinne Marie Thérèse Godfernaux, secrétaire d'André Malraux[14]. Ils ont deux enfants[11].
            • Roger de Vilmorin[Note 1] (1905-1980), horticulteur et botaniste, directeur de société, il a été élevé au rang de Juste parmi les nations[13]. Il épouse en 1926 Pauline Rose Ernestine Roissard de Bellet (1892-1940) et en secondes noces en 1945 Édith Alice Cécilia Lowther (1906-1992). De son premier mariage, il a eu cinq enfants et du second deux enfants :
              • (1) Nicolas Philippe André Levêque de Vilmorin (1928-1967) épouse Irène Marie Thénard. Ils ont quatre enfants.
              • (1) Jean-Baptiste Vincent Levêque de Vilmorin épouse Geneviève Louise Fontenay (1930-1987), femme de lettres, en secondes noces Monique Josette Madeleine Latil et en troisièmes noces Catherine Geneviève Marguerite Mariolle.
              • (1) Élisabeth Marie Rose Levêque de Vilmorin épouse Arnaud Armand Marie de Lassus
              • (1) Sophie de Vilmorin (1931-2009) épouse Robert Hermann Sioman Miles-Reincke (1931-1990). Elle sera « l'ultime amour » d'André Malraux, la « compagne apaisante de ses dernières années »[14],[15],[16],[17].
              • (1) Claire Rose Caroline Levêque de Vilmorin (1933-1940)
              • (2) Eléonore Marie Françoise Levêque de Vilmorin épouse Guy Raoul Marie Jacques de Dampierre puis en secondes noces Aymeric Guy Jean de Dampierre
              • (2) Philippe-Victoire Olivier Vincent Levêque de Vilmorin, né en 1948, épouse en 1978 Laurence Marie Claude Quennouelle. Ils ont trois enfants[11].
            • André Levêque de Vilmorin (1907-1987), botaniste et chef d’entreprise. Il épouse Andrée de Montesquiou-Fezensac (1916-1998).
              • Philippe-André Pierre Sosthène Levêque de Vilmorin, né en 1950, président de société. Il épouse en 1977 Nathalie de la Barre de Nanteuil. Ils ont trois enfants[11].
              • Joseph Levêque de Vilmorin
      • Pierre Charles Levêque de Vilmorin (1817-1884) épouse en 1857 Marie Félicie Hardy.
    • Antoine Auguste Levêque de Vilmorin (1786-1862), Saint-Cyr promotion "1804", blessé à Friedland, aide de camp du général comte Pierre Barrois. Aux Cent-Jours, il faisait la campagne de Waterloo. Chevalier de Saint-Louis en 1822, général de division, grand-officier de l'ordre impérial de la Légion d'honneur en 1855. Il avait épousé Eugénie Suzanne Louise Vissault des Ferrières.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gustave Heuzé, Les Vilmorin (1746-1899) : Philippe Victoire Levêque de Vilmorin (1746-1804) ; Pierre Philippe André Levêque de Vilmorin (1776-1862); Pierre Louis François Levêque de Vilmorin (1816-1860) ; Charles Philippe Henry Levêque de Vilmorin (1843-1899), Paris, Librairie agricole de la Maison rustique, 1899.
  • Auteurs multiples, « Dossier "Autour des Vilmorin" », Jardins de France, no 647,‎ (lire en ligne)
  • « Les Vilmorin. Une dynastie au service des plantes », SNHF,‎ (lire en ligne)
  • Je suis née inconsolable: Louise de Vilmorin (1902-1969) - 2008 De Françoise Wagener
  • Armorial général de la Touraine - Publié par la société archéologique de Touraine
  • Louise de Vilmorin - 2014 - De Jean Bothorel - Prix Goncourt de la biographie
  • Bulletin, Volume 17 - Association des chimistes et ingénieurs de sucreries, distilleries et industries agricoles de France et de l'union français 1900 - P515 et suivantes sur "les Vilmorin"
  • Louise de Vilmorin - De Geneviève Haroche-Bouzinac - 2019

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Des rues en France portent le nom de Louise de Vilmorin, notamment à Jouars-Pontchartrain, Mennecy, Saint-Pierre-du-Perray, Varennes-Vauzelles, une place à Limeil-Brévannes ou une école et une crèche à Verrieres le Buisson.
  • Sculpture à la gloire des Vilmorin, par Émile-Joseph Carlier (1904), mise en place en 2015 à Verrières-le-Buisson.

Famille homonyme[modifier | modifier le code]

Un décret du autorise Félix-Auguste Barrière, né à Reims le , alors sous-lieutenant d'infanterie, à joindre à son nom celui de Lévêque de Vilmorin[18]. À ce sujet, Charondas écrit qu'une famille du nom Barrière Lévêque de Vilmorin, originaire de Champagne, appartenait au XIXe siècle à la petite bourgeoisie[19].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La saga des Vilmorin – grainiers depuis 1773. Claude-Marie Vadrot. Delachaux & Niestlé, Paris, 192p[7].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Roger est né de l'union illégitime de sa mère Berthe Marie Mélanie de Gaufridy de Dortan avec le roi d'Espagne Alphonse XIII, Joseph Marie Philippe Levêque de Vilmorin l'ayant toutefois reconnu et lui ayant donné son nom.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Jougla de Morenas, Grand armorial de France, tome 4, page 453.
  2. a b et c Je suis née inconsolable: Louise de Vilmorin (1902-1969) - 2008 De Françoise Wagener
  3. a b et c Louise de Vilmorin - 2014 - De Jean Bothorel - Prix Goncourt de la biographie
  4. a et b Pierre-Marie Dioudonnat, Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d'apparence, Lévêque de Vilmorin.
  5. Henri Jougla de Morenas ne donne aucune dates pour cette famille (Grand armorial de France, tome 4, page 453).
  6. a et b Henri Jougla de Morenas, Grand armorial de France, tome 4, page 453.
  7. a et b Claude-Marie Vadrot, La saga des Vilmorin : grainiers depuis 1773, Delachaux et Niestlé, , 192 p. (ISBN 978-2-603-02049-4 et 2-603-02049-8, OCLC 897653273)
  8. « Familles admises » (consulté le 9 juin 2020)
  9. a et b « Ils ont marqué l'histoire de Verrières : La famille VILMORIN », sur le site de l'office de tourisme de Verrières-le-Buisson, (consulté le 6 juillet 2012).
  10. Who's Who in France, édition 1979-1980, p. 1573.
  11. a b c et d Who's Who in France, édition 2008, p. 2223
  12. « Cote LH/1626/61 ».
  13. a et b Fiche d'Olivier et Roger de Vilmorin sur le site du comité français pour Yad Vashem. Consulté le 5 juillet 2012.
  14. a et b Martine de Rabaudy, « L'ultime amour d'André Malraux », sur le site du magazine L'Express, (consulté le 6 juillet 2012).
  15. Françoise Wagener, « Semper Fidelis », sur andremalraux.com, (consulté le 6 juillet 2012).
  16. « Sophie de Vilmorin », sur malraux.org, (consulté le 6 juillet 2012).
  17. « Biographie détaillée », sur malraux.org (consulté le 6 juillet 2012).
  18. France, Bulletin des lois, , 706 p. (lire en ligne), p. 665.
  19. Philippe du Puy de Clinchamps, Le cahier noir, éditions Philippe du Puy, 2015, sans pagination.