Fable-express

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La fable-express, ou fable express, est un genre littéraire mineur, qui s'illustre par des textes brefs en vers et à caractère humoristique.

Malicieuse, elle se termine par une chute (« moralité ») inattendue, qui reprend un proverbe ou une expression courante, souvent sous forme d'un calembour ou d'un à-peu-près tarabiscoté ou de mauvais goût, ce qui la rend intraduisible. En ce sens, elle représente une parodie ou un détournement du genre plus respectable de la fable. Lorsqu'elle s'attaque explicitement à une œuvre ou une personne, elle se rapproche de l'épigramme. Constituant fréquemment un poème de circonstance, elle ne peut plus guère dans ce cas être appréciée au bout d'un certain temps sans un commentaire explicatif.

Apparue à la fin du XIXe siècle, elle a inspiré occasionnellement de nombreux auteurs tels que Alphonse Allais, Eugène Chavette, Maurice Donnay, Willy ou Tristan Bernard. Le genre a été régulièrement repris, dans l'Almanach Vermot ou Le Canard enchaîné par exemple, ou encore dans des revues de bande dessinée telles que Pilote ou Fluide glacial (Marcel Gotlib, Mandryka, Volny, Gérare...).

Exemples[modifier | modifier le code]

Pépin le Bref est mort depuis bientôt mille ans.
Moralité :
Quand on est mort, c'est pour longtemps[1].

(Eugène Chavette)


Un mari quelque peu volage
Le lendemain de son mariage
Tua sa femme à son réveil.
Moralité :
La nuit souvent porte conseil.

(Alexandre Pothey)


« Que nul n'entre chez moi ! » dit l'auteur du Trouvère
Et pour faire observer la consigne sévère,
Il compte sur sa bonne, un monstre aux traits hideux.
Moralité :
La bonne à Verdi en vaut deux.

Une caissière aimable, et souriante, et gaie,
D'un monsieur, certain jour, reçut un coup de poing,
Ayant pris son argent et gardé la monnaie.
Moralité :
Rien ne sert de sourire, il faut sortir l'appoint.

(Willy)


De l'Ourcq, un beau matin, un pêcheur un pli retira
Qu'à l'Élysée aussitôt il porta
Et qui, chose bizarre, fort extraordinaire
Était un document relatif à l'« Affaire ».
Moralité :
Loubet lit ce qui de l'Ourcq sort[2].

(Alphonse Allais)


Un cheval mal ferré, d'un fer plein de défauts
Fit des trous dans la route en allant au galop
Moralité :
Tel fer, telle piste


Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.
Moralité :
Concentrique !

(Boris Vian)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Gagnière, La fable express d'Alphonse Allais à Boris Vian, Le Cherche-Midi, 2002 (ISBN 2-86274-975-3)

Lien externe[modifier | modifier le code]