Environnement à Paris

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Comme toutes les grandes métropoles de la planète, Paris subit des conséquences environnementales liées à l'échelle de sa population et de son activité économique[1].

Pollution atmosphérique[modifier | modifier le code]

Le taux de particules fines de type PM2,5 en suspension dans l'air parisien est supérieur à celui observé dans une majorité de capitales européennes. Il est, en 2016, de 18 microgrammes par mètres carrés (à titre de comparaison, le taux est de 17 à Rome, 16 à Amsterdam, Berlin et Bern, et 15 à Athènes, Barcelone et Londres)[2].

La région a mis en place en 1979 un réseau de surveillance de la qualité de l'air à Paris et en Île-de-France baptisée Airparif[3]. Conformément à la loi sur l'air de 1996, Airparif est une association de type loi 1901 à but non lucratif, tout comme l'ensemble des réseau de surveillance français. La municipalité a également créé une maison de l'Air, dans le 20e arrondissement, afin d'informer les Parisiens sur le rôle de l'atmosphère et des conséquences de la pollution sur la santé[4]. La pollution dans la région est principalement liée aux activités de transport, les industries polluantes étant de moins en moins présentes à la périphérie de Paris[5]. Si le climat océanique est généralement propice à la dispersion des polluants et évite les situations rencontrées dans certaines mégapoles, par temps anticyclonique, avec des inversions de températures, les polluants s'accumulent et provoquent des pics de pollution toute l'année dus au dioxyde d'azote ou au particules. Les conditions estivales (fortes températures et ensoleillement important) favorisent quant à elle l'augmentation des concentrations d'ozone.

Selon un rapport d'Airparif publié en 2007, la pollution globale aurait diminué dans la capitale : entre 2002 et 2007, une baisse de 32 % des émissions d'oxydes d'azote a été notée dans Paris intra-muros et de 9 % de celles de gaz à effet de serre, soit 469 tonnes de dioxyde de carbone en moins rejetées chaque jour par le trafic mais cette baisse est plus la conséquence des progrès technologiques réalisés dans la construction des véhicules que de la légère baisse du trafic consécutive à la politique municipale de lutte contre l'automobile.

Cette baisse des émissions n'est toutefois pas aussi visibles sur les concentrations, et donc sur la qualité de l'air respirée par les Parisiens. Si la situation a été améliorée sur les axes ayant fait l'objet d'aménagements, pour d'autres, des augmentations de trafic ont conduit à une stagnation, voire une augmentation des niveaux de dioxyde d'azote[6]. Une nouvelle évaluation d'Airparif publiée en juillet 2013 va dans le même sens[7]. Selon Air Parif, 42% d’entre elles sont exposées à des niveaux de dioxyde d'azote supérieurs aux normes.

Selon Amélie Fritz, ingénieure à Air Parif, « la pollution fait diminuer l'espérance de vie des Parisiens de six mois en moyenne »[8]. Le docteur Gilles Dixsaut, membre du comité stratégique de la Fondation du Souffle, met en garde contre la pratique du jogging en milieu urbain, en raison de l'hyperventilation pendant l'effort : « il est probable que la pratique du sport en milieu pollué augmente les risques de pathologies respiratoires comme les cancers du poumon ». La place Victor-et-Hélène-Basch (dans le 14e), le boulevard Haussmann (dans le 9e) et les Champs-Élysées (dans le 8e) seraient les artères les plus polluées de la capitale, mais les parties des bois de Boulogne et de Vincennes proches du périphérique figurent également dans le top cinq des zones les plus polluées de la capitale[8].

Pollution de la Seine[modifier | modifier le code]

La Seine est polluée au PCB : selon l'association de protection de l'environnement Robin des Bois, « ces hydrocarbures chlorés (polychlorobiphényles, aussi connus sous le nom commercial de pyralène), qui se présentent sous la forme d'une huile visqueuse et jaunâtre, se sont répandus dans le monde entier (dès les années 1930 via Monsanto) avant d'être bannis au début des années 2000. Ils sont aujourd'hui classés comme cancérogènes certains par le CIRC (Centre international de Recherche sur le Cancer) et reconnus par l'ONU comme des polluants majeurs et persistants »[9].

Chaussées contenant de l'amiante[modifier | modifier le code]

« Entre 1970 et 1995, les ingénieurs parisiens ont largement appliqué des enrobés amiantés sur les chaussées pavées pour prolonger la durée de vie des revêtements.[...] Près de 836.000 m² de voiries amiantées seraient identifiés » actuellement[10].

Risque de plomb dans les 10e et 18e arrondissements[modifier | modifier le code]

« Ces deux dernières décennies, l'Institut de veille sanitaire a recensé 7.527 cas de saturnisme en France dont... 2.162 à Paris (presque un tiers).[...] L'intoxication au plomb provoque des retards de développement chez l'enfant et des troubles de l'humeur[10] ».

Pollution sonore[modifier | modifier le code]

Le bruit constitue également un problème de santé publique. « Les perturbations dues au bruit feraient en outre perdre plusieurs mois d'espérance de vie aux Parisiens »[Par qui ?][9].

Ce problème a motivé la création d'un observatoire du bruit en 1999. Une cartographie du bruit routier reposant sur un système d'information géographique (SIG) a été mise en œuvre à Paris en 2004 et mise à jour en 2007[11].

Pollution lumineuse[modifier | modifier le code]

Bien que moins médiatisée que les autres formes de pollutions, car sans danger selon les spécialistes, la pollution lumineuse à Paris est logiquement la plus importante de France.

Radioactivité[modifier | modifier le code]

Paris est la ville française présentant le plus de sites de stockage de déchets nucléaires[12]. Sur les 36 recensés, la plupart sont des lieux dédiés à la recherche (CNRS, universités), à la médecine (CHU, hôpitaux) et à l'industrie[9].

Eau potable, eaux usées[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Égouts de Paris.

L'eau distribuée à Paris provient pour 50 % d’eaux souterraines captées (dont certaines sont captées depuis l'Yonne) et pour 50 % d’eaux de la Seine et de la Marne traitées. Cette eau est de bonne qualité selon les analyses[13].

Les eaux usées et les eaux pluviales sont mélangées et ces eaux sont traitées vers la station de traitement d'Archères (78) qui appartient au SIAAP.

Industrie[modifier | modifier le code]

Paris intra-muros ne possède plus d'industries à risque classées Seveso sur son territoire, c'est-à-dire classées à risques d'accidents technologiques majeurs. Cependant, plusieurs établissements à risques élevés sont situés en proche banlieue : plusieurs dépôts d'hydrocarbures à Nanterre, Gennevilliers et Vitry-sur-Seine[14],[15].

Espaces verts[modifier | modifier le code]

Paris est la capitale la plus dense d'Europe en population et la part des espaces verts est des plus réduites. En effet, on ne compte dans la ville intra-muros que 5,8 m2 d'espace vert par habitant ou 14,5 m2 en comptant les deux bois de Boulogne et de Vincennes, contre 36 m2 à Amsterdam, 45 m2 à Londres, 59 m2 à Bruxelles ou encore 321 m2 à Rome. Les arrondissements du centre-Nord de Paris en sont les plus déficitaires. Des parcs et jardins ont été créés au cours des deux dernières décennies afin de pallier cette carence mais la ville ayant besoin d'espaces pour ses activités économiques, le logement ou ses équipements publics (crèches, lieux dédiés au sport...), il n'est pas toujours possible de créer des jardins sur les rares terrains libérés. Ainsi outre l'aménagement de nouveaux espaces verts, la municipalité a introduit la notion de « coefficient de biotope » dans son plan d'urbanisme afin d'imposer aux promoteurs immobiliers de végétaliser une surface minimale attenante à toute construction[16].

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Bien que plus limitée qu'à la campagne, la biodiversité est non négligeable à Paris et de nombreuses espèces disparues dans les années 1960 et 1970 (le héron, le pic-vert, l'argus bleu, etc.) sont réapparues. Paris abrite plus de 2000 espèces animales et autant de végétales. Une prise de conscience de la protection de la nature, la réduction de l'usage de produits toxiques (notamment phytosanitaires)[réf. nécessaire]. La réhabilitation de l'habitat a toutefois pour effet de fragiliser les populations de moineaux[17].

Propreté[modifier | modifier le code]

Un agent de collecte des corbeilles à papier à Paris

La propreté de Paris est un enjeu majeur, la capitale étant souvent considérée par les touristes comme sale[18]. Dans la capitale, 30 000 corbeilles à papier transparentes (pour le plan Vigipirate) sont répartis sur la voie publique[19]. L'entretien de la chaussée et des trottoirs nécessite 236 laveuses, 146 aspiratrices. 30 porteurs ramassent les objets encombrants et les transportent avec 174 véhicules à plateau et près de 5 000 agents[20] La ville interdit depuis le 1er octobre 2015, de jeter un mégot de cigarette par terre au risque d'écoper d'une amende de 68 €. La collecte des ordures ménagères est réalisée par la commune dans 10 arrondissements, les 10 autres étant sous traitées à des prestataires privés.

Déjections canines[modifier | modifier le code]

Stop aux déjections canines !
Affiche de la mairie de Paris dans le 17e arrondissement en 2010.

En corrélation avec le très faible taux d'espaces verts, Paris possède également une réputation peu glorieuse en matière de déjections canines, omniprésentes sur ses trottoirs. En effet, environ 150 000 chiens produisent seize tonnes de déjections par jour, trop souvent au milieu du trottoir plutôt que dans le caniveau en raison de l'incivilité des maîtres. Cette nuisance a pour conséquence un coût de nettoyage des rues particulièrement élevé pour la municipalité et par contrecoup, pour le contribuable parisien. Ces déjections sont considérées comme la première cause de saleté de la ville par les habitants[21]. De plus, l'impact social est loin d'être négligeable puisqu'on recense environ six cent cinquante accidents par an dus à des chutes par glissade nécessitant un transport aux urgences, en particulier de personnes âgées. Mais après de nombreuses années de laxisme, la mairie a fait le choix de sensibiliser les Parisiens et d'appliquer une politique répressive avec des amendes d'un montant moyen de 183 euros en 2007[22]. Dans les faits, l'extrême rareté des verbalisations n'a eu strictement aucun effet et les trottoirs de Paris. D'autant que, depuis 2010, le prix de la contravention a été abaissé à 35 euros, soit une réduction de plus de 80 %.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bibliographie sur Paris.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Site municipal - Polluants et sources de pollution
  2. Pant by numbers: the cities with the most dangerous air – listed sur theguardian.com du 13 février 2017
  3. Airparif
  4. Site municipal - Maison de l'Air
  5. IAURIF - La pollution atmosphérique et les transports franciliens
  6. - Évaluation de l'impact sur la qualité de l'air des évolutions de circulation mises en œuvre par la Mairie de Paris entre 2002 et 2007 : Synthèse du rapport Airparif
  7. - [PDF] Évolution de la qualité de l'air à Paris entre 2002 et 2012 - Juillet 2013
  8. a et b Julie Guérineau, « Pollution : faut-il arrêter de faire du sport à Paris ? », sur Les Inrocks.com,‎ (consulté en août 2016)
  9. a, b et c Timothée Vilars, « CARTES. "La France toxique" : Marseille ville la plus polluée, amiante et radioactivité à Paris », sur tempsreel.nouvelobs.com,‎ (consulté en août 2016)
  10. a et b http://tempsreel.nouvelobs.com/sante/20160504.OBS9852/cartes-la-france-toxique-marseille-ville-la-plus-polluee-amiante-et-radioactivite-a-paris.html
  11. Site municipal - Lutte contre le bruit
  12. http://sciencepost.fr/2016/05/nouveau-classement-villes-plus-polluees-de-france/
  13. DASS75 - Qualité de l’eau à Paris en 2005-2006
  14. DRIRE - Les principaux établissements industriels à risques en région Île-de-France (établissements dits "SEVESO")
  15. Chambre Régionale de Commerce et d'Industrie : Les chiffres-clés de la région Île-de-France - Édition 2007 - Environnement [PDF]
  16. Développer le végétal à Paris. Les nouvelles règles du Plan local d'urbanisme de Paris. Spécial PLU. - Atelier parisien d'urbanisme - [PDF]
  17. Les renards sont entrés dans Paris, Le Monde, 3-4 mai 2009, page 3.
  18. http://www.leparisien.fr/paris-75/pourquoi-paris-est-si-sale-03-03-2011-1340512.php
  19. Nettoyage de la voie publique sur www.paris.fr
  20. http://www.paris.fr/pratique/environnement/proprete-des-rues/paris-cote-eboueurs-duplique/rub_137_stand_125074_port_3092
  21. Site municipal - Baromètre de la propreté 2003
  22. Site municipal - Propreté canine