Energy Observer

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Energy Observer quelques minutes avant sa mise à l'eau dans le port de Saint-Malo.
Energy Observer suspendu lors de sa mise à l'eau dans le port de Saint-Malo.

Energy-Observer est un navire à hydrogène autonome mis à l'eau en avril 2017. Développé en collaboration avec les ingénieurs du Liten le navire va tester et démontrer l’efficacité d’une chaîne de production énergétique complète reposant sur le couplage de différentes énergies renouvelables[1]. Après sa mise à l'eau, le navire partira pour un tour du monde de six ans afin d'optimiser ses technologies et mener une expédition au service des solutions durables pour la transition énergétique[2].

Projet[modifier | modifier le code]

Le premier navire hydrogène autour du monde[modifier | modifier le code]

Energy Observer est un projet de navire expérimental et d'expédition qui a pour ambition de trouver des solutions concrètes, innovantes et performantes, en faveur de la transition énergétique. De par ses technologies, il est le premier navire au monde capable de produire de l'hydrogène à bord de manière décarbonée grâce à la mixité énergétique. Les technologies développées lui valent d'être souvent surnommé Le Solar Impulse des mers[3], à l'image du projet solaire de Bertrand Piccard et André Borschberg, ou encore la Calypso des temps modernes compte tenu de la volonté affichée d'utiliser le bateau comme une plateforme de production de contenus audiovisuels autour de l'écologie, du développement durable et de la transition énergétique.

Équipe[modifier | modifier le code]

Cette expédition est menée par Victorien Erussard, coureur au large et officier de marine marchande, et Jérome Delafosse, scaphandrier professionnel et réalisateur de documentaires[4].

Autour d'eux c’est une équipe de plus de trente personnes, composée d’architectes, designers et ingénieurs répartis entre Saint-Malo, Paris, Grenoble et Chambéry, qui travaille depuis 2015 sur le reconditionnement du catamaran[5].

Parrains[modifier | modifier le code]

Florence Lambert, directrice du CEA-Liten et Nicolas Hulot, président de la Fondation pour la nature et l'homme, sont les parrains du bateau.

C'est suite à une visite au CEA en 2015 que Victorien, décidé à mettre à l'honneur le monde scientifique, propose à Florence Lambert de devenir marraine du bateau.

« Energy Observer est le pionnier du monde énergétique de demain »[5] – Florence Lambert.

Ami de longue date avec Nicolas Hulot, Victorien Erussard lui demande de parrainer le bateau et de lui apporter ainsi une légitimité médiatique. La Fondation Nicolas Hulot a d'ailleurs attribué à Energy Observer un coup de cœur 2016[6].

« Energy Observer est plus qu’un bateau c’est un démonstrateur et un capteur de solutions . Il dessine un futur déjà présent. Un projet évolutif au long cours qui se veut créer une vague d’énergie positive. Energy Observer est un condénsé d’énergies renouvelables qui donne envie de précipiter la transition énergétique. Je me reconnais dans l’état  d’esprit de l’équipe qui est résolument tourné non plus vers un constat mais vers l'innovation »[6] – Nicolas Hulot.

Partenaires[modifier | modifier le code]

AccorHotels, premier opérateur hôtelier mondial, annonce en décembre 2015 la signature, à l’occasion de la COP 21, d’un contrat de partenariat avec Energy Observer[7].

Sébastien Bazin, président-directeur général de AccorHotels, a déclaré : « Notre partenariat avec Energy Observer témoigne de notre volonté d’impulser une démarche vertueuse dans la durée en tant que constructeur et opérateur d’hôtellerie durable. C’est notamment la mission d’HotelInvest, le pôle gestionnaire de nos actifs immobiliers : construire, exploiter et valoriser nos bâtiments au mieux et pour plus longtemps dans le respect de l’environnement. Ainsi, nous travaillons à réduire l’empreinte écologique de nos hôtels tout au long de leur cycle de vie et cela commence par une meilleure efficacité énergétique de nos bâtiments dès leur construction. »

En janvier 2016, Thélem assurances, une société d'assurance mutuelle française, annonce son soutien pour 2016-2018 au projet Energy Observer[8].

Daniel Antoni, directeur général de Thélem assurances, a déclaré : « L’entreprise toute entière va soutenir cette expédition, qui nous passionne parce qu’elle combine innovation, responsabilité sociale et environnementale. Nous allons d’ailleurs intégrer ces enjeux majeurs dans le développement de nos projets, pour continuer à nous transformer. »

En plus de ses deux partenaires financiers, Energy Observer est appuyé d'un partenaire institutionnel : l'UNESCO[4].

Actuellement l’équipe continue de rechercher activement des partenaires financiers dans un esprit partagé d’innovation, de responsabilité sociale et environnementale[5].

Catamaran[modifier | modifier le code]

Energy Observer est un ancien bateau de course reconditionné : construit au Canada en 1983 par l'architecte naval Nigel Irens, sous la supervision du navigateur Mike Birch, il est le maxi-catamaran qui a marqué de manière décisive l'évolution des multicoques. Baptisé « Formule Tag », il est le premier voilier à franchir la barre symbolique des 500 milles en 24 heures en 1984[9]. Le bateau a depuis été rallongé quatre fois pour maintenant arborer les dimensions suivantes :

Longueur 30,5 m
Largeur 12,80 m
Déplacement 28 t
Vitesse cible 8-10 nœuds

Selon Victorien Erussard, « Energy Observer, c'est une reconversion à double sens : recycler un catamaran de course, léger et fiable, recordman autour du monde et permettre ainsi d'investir dans la recherche et développement, plutôt que dans le composite. »

Technologies[modifier | modifier le code]

Conçu en partenariat avec une équipe d'architectes navals et le CEA Liten de Grenoble, ce navire expérimental qui pèse 30 tonnes est le premier bateau autonome en énergie et sans émission de gaz à effet de serre, propulsé aux énergies renouvelables (21 kW de solaire photovoltaïque, 2 x 1 kW d'éolien et une voile de kite) avec stockage batterie lithium (106 kWh) et un prolongateur d'autonomie à hydrogène (62 kilos, réservoirs à 350 bars, pile à combustible de 22 kW). Les deux moteurs ont chacun une puissance de 41 kW, soit une puissance totale de 82 kW.

Les 21 kW de solaire PV permettent de produire entre 50 et 150 kWh d'électricité selon la saison et la latitude (facteur de capacité de 10 à 30%). Le système de stockage complet pèse 3,5 tonnes: 2,1 tonnes pour la chaîne hydrogène et 1,4 tonne pour la batterie d'ancienne génération (75 Wh/kg contre 260 Wh/kg pour l'avion Solar Impulse 2). Une nouvelle batterie, avec une bien meilleure densité énergétique, sera installée en 2019. Les 62 kg d'hydrogène délivrent 910 kWh d'électricité du fait du rendement de 45% de la pile à combustible et de la densité massique de l'hydrogène qui est de 34 kWh/kg. Stationné dans un port et branché sur le secteur il faut 8,3 jours pour remplir les bouteilles d'hydrogène (Source: équipe de communication d'Energy Observer). Et entre 17 et 52 jours avec les panneaux solaires du bateau selon la saison et la latitude (Source: ENS de Rennes). L'ensemble de la chaîne hydrogène (électrolyseur, compresseur, pile à combustible) a un rendement d'environ 30%, contre 85% pour la batterie, ce qui est environ 3 fois plus efficient. La batterie est donc utilisée comme système de stockage principal, le système à hydrogène comme ressource secondaire.

Il est avec le navire suisse Planet Solar (200 kilos d'hydrogène, système hydrogène de 6,5 tonnes) le premier navire au monde capable de produire son hydrogène à bord à partir de l'eau de mer, et de manière décarbonnée, grâce au couplage énergétique avec[10] : trois types différents de panneaux photovoltaïques (dont du solaire bifacial) répartis sur 130 m2 de surface, deux éoliennes à axe vertical, un kite de traction, deux moteurs électriques réversibles pour de l’hydrogénation. Energy-Observer est le premier bateau à intégrer la technologie Boarding Light (fournie par la société Boarding ring) au niveau de la cabine au poste de pilotage permettant d'éviter le mal de mer. Les deux premières années de l'expédition sont destinées à intégrer toutes ces technologies[4].

Expédition[modifier | modifier le code]

Energy Observer a été mis à l’eau le 14 avril 2017 pour une phase de tests en mer avant son grand départ de Saint-Malo le 26 juin 2017. Il est ensuite parti pour une première escale évènementielle du 6 au 16 juillet à Paris où il a été officiellement baptisé. Cet événement marque le grand départ d’une expédition de six ans, 50 pays et 101 escales prévues de 2017 à 2022 : capitales maritimes, ports historiques, réserves naturelles, écosystèmes menacés et grands événements internationaux[5]. Cette expédition a pour objectif de réconcilier l’écologie et la technologie et de démontrer qu’il est possible de réduire l'impact humain sur l’environnement, sans réduire son confort[1].

Après Paris, Energy Observer a ensuite fait escale à Boulogne sur Mer du 22 au 30 juillet 2017.

Au 5 aout 2017 et jusqu'au 25 août, le navire était au port de Saint Malo pour une escale technique.

Il était visible à Cherbourg du 26 août au 3 septembre 2017.

Le navire était à Nantes du 9 au 17 septembre. Il a vogué en direction de Bordeaux après un passage par Saint-Nazaire, l'Île d'Yeu (le 5/9/2017).

Il était à Bordeaux au quai Richelieu, du mardi 26 septembre 2017 au mardi 3 octobre 2017.

Il était à Royan les 4 et 5 octobre.

Le 10 octobre, il était à Bayonne, puis a navigué vers l'Espagne, avec un passage à Saint Sébastien du 12 au 15 octobre, à Gijon le 16 puis à Portonovo.

Il navigue ensuite vers le Portugal : le 20 octobre, il est à Porto.

Le 24 octobre, il est à Cascais, le 26 à Lisbonne, le 27 à Portimão.

Le 29 octobre, Energy Observer est de nouveau en Espagne, à Puerto Sherry (non loin de El Puerto de Santa María).

Le 30 octobre, le navire a mouillé dans la baie d'Algésiras puis est passé au large de Gibraltar.

Le 3 novembre, Energy Observer au port de Badalona à proximité de Barcelone.

Le 9 novembre, Energy Observer est à La Seyne-sur-mer. C'est le lieu de la prochaine étape médiatisée, du 18 au 26 novembre. Les 20 et 21 novembre, Energy Observer a navigué dans la rade de Toulon (Sant Mandrier), puis est revenu à La Seyne-sur-mer. Le 30 novembre, Energy Observer a quitté La Seyne-sur-mer et voguait vers Marseille.

Le premier décembre, Energy Observer arrive à Marseille, dans le bassin du J4. Dans la matinée du 5 décembre, la navire fait le tour de l'île d'If et revient au J4. L'après midi, il navigue vers l'île Maire et revient en contournant les îles de l'archipel du Frioul. Dans la matinée du 7 décembre, il fait deux brèves sorties, dont une autour de l'île d'If. Il a quitté Marseille le 12 décembre, en navigant vers La Ciotat.

Energy Observer est à Monaco dès le 12 décembre. Le 20 décembre, le navire fait une sortie puis revient au port Hercule, avec SAS Le Prince Albert II et Bertrand Piccard à bord. Energy Observer a quitté Monaco le 21 décembre. Le 22, il est de retour à La Seyne-sur-mer.

2018 : Tour de la Méditerranée.

Les 26 et 27 mars 2018, Energy Observer navigue de La Seyne-sur-mer à Marseille. Le 27, il est mouillé quai des Belges au Vieux-Port.

Le 28 mars, départ de Marseille, brève escale au port du Frioul, puis navigation vers la Corse.

Le 30 Mars, arrivée au Golfe de la Revellata puis à Calvi, quitté le 2 avril pour Girolata. Le 3 avril, navigation vers Vignola, pour arriver à Ajaccio le 5 avril.

Le 9 avril, navigation vers Bonifacio. Le 10, navigation vers la Sardaigne en longeant la côte Est, pour arriver le 13 avril à Cagliari.

Le 17 avril, Energy Observer quitte Cagliari et navigue au sud-sud-est, pour arriver à Gamarth le 19 avril.

Projets comparables[modifier | modifier le code]

Energy Observer s'inscrit dans la lignée des grands projets à vocation technologique, sociétale et environnementale, avec pour vocation de contribuer à la recherche et développement et de porter un message en faveur de la protection de l'environnement. Peuvent être cités dans ce sens la goélette Tara, qui parcourt les océans depuis 2007 pour la science et pour la défense de l'environnement, Solar Impulse, le premier avion solaire, Nomade des Mers, catamaran laboratoire qui parcours le globe depuis 2016 à la recherche et l'expérimentation d'innovations low-tech ou encore PlanetSolar, le premier catamaran à avoir fait un tour du monde uniquement à l'énergie solaire en 2012. En octobre 2016, la Fondation Race for Water Odyssey a annoncé avoir intégré la technologie hydrogène au catamaran MS PlanetSolar aujourd'hui rebaptisé Race For Water comme cela avait été annoncé[11] dès le lancement du navire PlanetSolar en mars 2006 à Yverdon-les-Bains en Suisse.

Notes et références[modifier | modifier le code]