Écauville

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Écauville
Écauville
La mairie et l'église.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Eure
Arrondissement Bernay
Intercommunalité Communauté de communes du Pays du Neubourg
Maire
Mandat
Françoise Maillard
2020-2026
Code postal 27110
Code commune 27212
Démographie
Gentilé Ecauvillais
Population
municipale
111 hab. (2021 en diminution de 1,77 % par rapport à 2015)
Densité 33 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 07′ 32″ nord, 0° 59′ 35″ est
Altitude Min. 119 m
Max. 149 m
Superficie 3,35 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Évreux
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton du Neubourg
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Écauville
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Écauville

Écauville est une commune française située dans le département de l'Eure en région Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune possède un fragment séparé par Feuguerolles et Quittebeuf.

Communes limitrophes d’Écauville (exclave)
Feuguerolles
Quittebeuf Écauville (exclave) Feuguerolles
Quittebeuf

Climat[modifier | modifier le code]

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000[2]. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement (1 550 h/an) ; forte humidité de l’air (plus de 20 h/jour avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents[3]. Parallèlement le GIEC normand, un groupe régional d’experts sur le climat, différencie quant à lui, dans une étude de 2020, trois grands types de climats pour la région Normandie, nuancés à une échelle plus fine par les facteurs géographiques locaux. La commune est, selon ce zonage, exposée à un « climat des plateaux abrités », correspondant aux plaines agricoles de l’Eure, avec une pluviométrie beaucoup plus faible que dans la plaine de Caen en raison du double effet d’abri provoqué par les collines du Bocage normand et par celles qui s’étendent sur un axe du Pays d'Auge au Perche[4].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,4 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 13,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 708 mm, avec 11,5 jours de précipitations en janvier et 8,4 jours en juillet[2]. Pour la période 1991-2020 la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Louviers à 16 km à vol d'oiseau[5], est de 11,8 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 719,5 mm[6],[7]. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d’émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022[8].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Écauville est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[9],[10],[11].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Évreux, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 108 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[12],[13].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (97,6 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (97,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (88,6 %), zones agricoles hétérogènes (8,6 %), forêts (2,4 %), prairies (0,4 %)[14]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous la forme Escauvilla au XIIIe siècle, Escauvilla en 1215, Escauville au XIVe siècle[15],[16].

Il s'agit d'une formation toponymique médiévale en -ville au sens ancien de domaine rural et dont le premier élément Écau- représente vraisemblablement un anthroponyme. François de Beaurepaire rapproche Écauville d’Escoville (Calvados, Escoldi villa 1109) qui, selon lui, contient un nom de personne nom identifié[16].

Remarque : il existe un nom de personne vieux norrois Skáld[17], dont l'évolution romane régulière serait précisément *Escaud, le [d] ayant pu s'amuïr devant l'appellatif -ville comme on l'observe ailleurs.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le patronage de Saint Amand, évêque de Maastricht, mort vers 679, indique une paroisse ancienne, cependant son existence ne nous est révélée que par les monuments du XIe siècle. Dans une charte rédigée en 1060, de Richard, comte d’Évreux, pour l’abbaye de Saint-Sauveur, il est fait mention d’une moute (Meunerie) à Daubeuf et à Écauville. À la même époque, les seigneurs d’Iville exerçaient déjà une suzeraineté à Écauville. Robert d’Iville donna aux moines la moitié des dîmes d’Iville et le fief de Guimont (Un aveu postérieur nous apprend que ce fief était situé à Écauville). À la fin du siècle suivant, Écauville appartenait à Robert le Maire, sous la suzeraineté de Richard d’Iville.

Robert Le Maire fit don, avec le consentement de Richard d’Iville, au chapitre d’Évreux, de ce qu’il possédait, c’est-à-dire de : l’église d’Écauville, des dîmes du blé, de la guede (plante donnant l’indigo, importée par les romains, très cultivée au Moyen Âge) avec une acre de terre, à la réserve des droits d’autel laissés au vicaire qui devait administrer la cure au nom du chapitre. Ce vicaire devait avoir en outre les menues dîmes et six setiers (1 setier=150 litres) de blé par an. Henri du Neubourg confirma le don de son vassal.

Guérin de Cierrey, évêque d’Évreux, semble avoir donné part à cette donation, car l’obituaire du chapitre, en annonçant sa mort, arrivée vers 1200, lui attribue de don d’Ecauville, et de cent sous, à prendre sur les dimes. Le registre de Philippe Auguste signale à Ecauville un fief de haubert relevant du comté d’Évreux. La conquête de la Normandie, par ce prince, changea les idées du donateur Robert Le Maire ; ce personnage qui parait s’être retiré à l’abbaye de Saint-Ouen, légua, au moment de mourir, à l’abbaye de Saint-Ouen, d’abord une acre de terre à Saint Amand d’Ecauville, puis le fief en entier.

On a, de l’année 1216, un acte de Philippe Auguste, dans lequel le prince dit que par « affection pour l’abbé Saint-Ouen, il lui donne et concède à perpétuité un village nommé Écauville avec ses dépendances , tel que Robert Le Maire leur a donné en aumône ». Il y eut probablement de la résistance de la part du chapitre, mais la puissante abbaye l’emporta. À cinq ans de là, en 1222, le chapitre se fit confirmer par son évêque, Raoul de Cierrey, l’église d’Écauville avec toutes les dimes de blé et de la guede, avec une acre de terre donnée par Robert Le Maire. D’après le livre des jurés de Saint-Ouen, les lettres d’Écauville étaient affermées) moitié , à condition que le fermier devait porter la moitié des gerbes à la grange de Saint-Ouen à Écauville ; en compensation, le fermier avait tout le chaume. D’après un ancien pouillé (Reçu administratif), remontant à 1380 environ, le chapitre d’Évreux avait conservé le patronage d’Écauville, dans le doyenné de Louviers.

L’aveu du Neubourg de 1403, rendu par Ives de Vieuxpont, contient le passage suivant « item les religieux, abbé et couvent de Saint-Ouen, entiennent un fief entier, noblement et franchement tenu à court et usage , nommé le fief d’Escauville, assis en ladite paroisse et illec environ, duquel j’ai droit de la moyenne justice, comme de mesures et de telles choses appartenantes en la moyenne justice et m’en doivent en palefroy (cheval) ou 7 livres pour relief, toutes les fois qu’il y a nouvel abbé »[18].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
avant 1995 ? Louise Feugère DVD  
mars 2001 En cours Françoise Maillard DVD Agricultrice retraitée
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[19]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[20].

En 2021, la commune comptait 111 habitants[Note 3], en diminution de 1,77 % par rapport à 2015 (Eure : −0,5 %, France hors Mayotte : +1,84 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
202206215218210212169163162
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
134131127106110105948883
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
808474605362515049
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013
535353577473106116114
2018 2021 - - - - - - -
110111-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[21] puis Insee à partir de 2006[22].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Amand: Il a été remarqué en 1911 des croix très anciennes de pèlerinages sur le mur sud de l’église. Le patronage de Saint Amant, mort vers 679, semblerait donner une origine ancienne à cette paroisse dont l’existence jusqu’ici n’est attestée que par une charte de 1060 de Richard, comte d’Évreux pour l’abbaye de Saint-Sauveur[23].
  • Époque Gallo-Romaine: Des retranchements antiques existeraient dans le bois des Bosquets[23].

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Site classé[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2024, millésimée 2021, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2023, date de référence statistique : 1er janvier 2021.

Cartes[modifier | modifier le code]

  1. IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Géoportail (IGN), couche « Communes 2016 » activée ».
  2. a et b Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501,‎ (DOI 10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
  3. « Zonages climatiques en France métropolitaine. », sur pluiesextremes.meteo.fr (consulté le ).
  4. GIEC normand, Le climat en Normandie : présentation et évolution, , 18 p. (lire en ligne), p. 2
  5. « Orthodromie entre Écauville et Louviers », sur fr.distance.to (consulté le ).
  6. « Station Météo-France « Louviers » (commune de Louviers) - fiche climatologique - période 1991-2020 », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  7. « Station Météo-France « Louviers » (commune de Louviers) - fiche de métadonnées. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  8. « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur meteofrance.fr, (consulté le ).
  9. « Typologie urbain / rural », sur observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  10. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  11. « Comprendre la grille de densité », sur observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  12. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  13. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  14. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le ).
  15. Ernest Poret de Blosseville, Dictionnaire topographique du département de l’Eure, Paris, (lire en ligne), p. 74.
  16. a et b François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, , 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3, OCLC 9675154), p. 102.
  17. Skáld sur le site de Nordic Names (lire en anglais)
  18. Dictionnaire historique de l’Eure. Tome II. Par Mr Charpillon, ancien juge de paix, avec la collaboration de M L’abbé Caresme, Éditions Delcroix, Les Andelys, 1879.
  19. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  20. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  21. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  22. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020 et 2021.
  23. a et b Bulletin de la société d’études diverses de l’arrondissement de Louviers. Tome XI. Années 1909-1910
  24. Liste des sites et monuments naturels classés sous le régime de la loi du 21 avril 1906 et reconnus par la loi du 2 mai 1930 [loi codifiée aux art. L. 341-1 et s. du code de l'environnement] [1]