Catherine Kousmine

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Catherine Kousmine
Catherine Kousmine (1989) by Erling Mandelmann.jpg

Catherine Kousmine en 1989, par Erling Mandelmann

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LutryVoir et modifier les données sur Wikidata
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Catherine Kousmine, née le à Khvalynsk, en Russie, et morte le à Lutry, en Suisse, est un médecin suisse d'origine russe. Elle est l'une des fondatrices de la médecine orthomoléculaire. Toute sa vie, elle a œuvré pour montrer qu'il existe une dépendance étroite entre l'état de santé et l'alimentation. Elle s'est notamment intéressée au cancer, à la sclérose en plaques et à la polyarthrite chronique évolutive.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Originaire d'une famille aisée, Catherine Kousmine et ses parents sont obligés de s'exiler en Suisse en 1918 à cause de la révolution russe. La famille Kousmine s'installe sur les bords du lac Léman en Suisse. Catherine rentre à l'école supérieure de Lausanne. Elle passe un baccalauréat ès sciences et entreprend des études de médecine. Elle obtient son diplôme de médecin en 1928 avec le titre de lauréate. Par la suite, elle veut faire une spécialité en pédiatrie et se rend à Zurich où elle sollicite un poste dans la clinique pédiatrique du professeur Guido Fanconi. Elle étudie ensuite à Vienne en Autriche, à la clinique du professeur Epinger. Après six ans de stage, elle obtient son diplôme de pédiatrie. De retour en Suisse, elle exerce en tant que généraliste car son diplôme de pédiatrie n'était pas reconnu dans ce pays.

Elle décide alors de se lancer dans la recherche et s'intéresse en premier lieu au cancer car elle avait été touchée par le décès de deux de ses jeunes patients alors qu'elle exerçait en tant que généraliste. Elle étudia les souris pendant 17 ans dans un laboratoire installé dans sa cuisine. Elle aurait constaté une corrélation frappante entre l'alimentation saine des souris et la rémission de leur cancer. Catherine Kousmine a pu ainsi se convaincre que la guérison de maladies parfois jugées incurables passerait par un retour à une nourriture saine qui apporte tous les éléments nutritifs nécessaires à l'organisme. En 1949, elle prétendit être parvenue à guérir son premier malade cancéreux (atteint d'un réticulo-sarcome généralisé, selon elle « jugé incurable par la médecine ») grâce à ses méthodes basées sur une alimentation saine. Aucun cas analogue n'a été publié depuis parmi les articles recensés par PubMed.

Son travail - et en particulier son premier ouvrage - a été très critiqué par certains professionnels de santé[1], et c'est pour y répondre qu'elle expose dans son dernier ouvrage Sauvez votre corps de nombreux arbres généalogiques de familles atteintes par des maladies dégénératives, diabète, cancer, polyarthrite, allergie, etc. sous la dénomination « Histoire sanitaire de familles contemporaines »; elle présente des dizaines d'exemples de cas de ces patients qu'elle a traité avec succès.

Elle a vécu une grande partie de sa vie en Suisse.

Après sa mort, une fondation portant son nom a été créée pour perpétuer ses méthodes. Cette fondation possède des filiales dans plusieurs pays.

Travail sur les huiles alimentaires[modifier | modifier le code]

Catherine Kousmine s'est très tôt intéressée aux huiles alimentaires dont la qualité avait changé au cours de la Seconde Guerre mondiale : les producteurs ont introduit les méthodes de pressage à chaud (160-200 °C) dans le but de produire moitié plus d'huile avec la même quantité de matière première[2]. L'extraction par l'hexane, un solvant organique voisin du benzène, difficile à éliminer, permet aussi de produire près du double de quantité d'huile.

L'inconvénient majeur de ces méthodes, par rapport à la méthode de pressage à froid, est que la qualité de l'huile n'est plus optimale : elles transforment une partie des molécules cis en molécules trans (la molécule trans ne s'intègre pas dans nos chaînes métaboliques)[3].

Ces acides gras trans ont depuis fait l'objet d'études qui ont montré leur nocivité à faibles doses, ce qui a conduit plusieurs pays ou municipalités à prendre des mesures de recommandations (Canada, États-Unis par exemple), de restriction (Danemark en 2003, limitant la proportion à 2 g par 100 grammes d’huile ou de graisse) ou d'interdiction (New York en 2006), ou à des campagnes de publicité (Pays-Bas, où la teneur en AGT de la margarine de table solide vendue est passée d’un sommet de 50 % dans les années 1980 à moins de 2 % à l’heure actuelle) [4].

Distinctions[modifier | modifier le code]

La Société d'encouragement au progrès (dont le siège est à Paris) lui décerne en 1985 la Médaille de vermeil pour ses travaux sur la sclérose en plaques. En 1989, elle devient citoyenne d'honneur de la ville de Lutry.

Une plaque à son nom est apposée le là où elle habitait à Lausanne, au 7 rue Saint-Beuve.

Critiques[modifier | modifier le code]

Les travaux de Catherine Kousmine n'ont pas reçu l'assentiment de la communauté scientifique. On leur a reproché leur absence de fondements scientifiques, le simplisme des raisonnements tenus et l'absence de méthodologie fiable (notamment le fait qu'aucun groupe de contrôle n'ait été publié)[5].

Publications[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Conclusion du livre Sauvez votre corps.
  2. Dans Soyez bien dans votre assiette jusqu'à 80 ans et plus, Tchou, 1980, p. 33
  3. Dans L'Association médicale Kousmine, La méthode Kousmine, éditions Jouvence, 1989, p. 29-45
  4. Les graisses "trans" (issues d’hydrogénation industrielle), véritable danger de santé publique
  5. (de) Régime Kousmine sur msif.org