Djamel Ould Abbes

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Djamel Ould Abbes
Illustration.
Fonctions
Vice-président du Conseil de la nation

(3 ans, 9 mois et 28 jours)
Élection 27 janvier 2016
Réélection 20 février 2018
27 février 2019
Président Abdelkader Bensalah
Salah Goudjil (intérim)
Successeur Louisa Chachoua
Sénateur

(6 ans et 6 mois)
Groupe politique Tiers présidentiel
Secrétaire général du Front de libération nationale

(2 ans, 6 mois et 8 jours)
Prédécesseur Amar Saadani
Successeur Mohamed Djemaï
Ministre algérien de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière

(2 ans, 3 mois et 6 jours)
Président Abdelaziz Bouteflika
Premier ministre Ahmed Ouyahia
Gouvernement Ouyahia IX
Prédécesseur Saïd Barkat
Successeur Abdelaziz Ziari
Ministre algérien du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale
(intérim)

(3 mois et 10 jours)
Président Abdelaziz Bouteflika
Gouvernement Ouyahia IX
Prédécesseur Tayeb Louh
Successeur Tayeb Louh
Ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à l'étranger[N 1]

(6 ans, 8 mois et 22 jours)
Président Abdelaziz Bouteflika
Gouvernement Ouyahia III, IV et V
Belkhadem I et II
Ouyahia VI, VII et VIII
Prédécesseur Tayeb Belaiz
Successeur Saïd Barkat
Ministre de la Solidarité nationale et de l'Action sociale[N 2]

(2 ans, 5 mois et 12 jours)
Président Abdelaziz Bouteflika
Gouvernement Benbitour
Benflis I et II
Prédécesseur Rabea Mechernane
Successeur Tayeb Belaiz
Biographie
Nom de naissance Djamel Ould Abbes
Date de naissance (87 ans)
Lieu de naissance Tlemcen (Algérie)
Nationalité Algérienne
Parti politique FLN

Djamel Ould Abbes, né le 24 février 1934 à Tlemcen[1], est un homme politique algérien, membre du FLN.

Dans le contexte des manifestations de 2019 en Algérie, il est arrêté pour corruption et emprisonné à la prison d'El-Harrach. Il est condamné l'année suivante à huit ans de prison.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il devient à l'indépendance directeur de la santé de la wilaya de Tlemcen. L'importance et le contenu de son engagement durant la guerre d'indépendance sont contestés par d'anciens combattants du FLN[2],[3].

Il est député jusqu'en 2012. En 1994, il devient membre du Conseil national de transition, contre l'avis du FLN[4].

En janvier 2013, il est nommé sénateur du tiers présidentiel[5]. Il en devient vice-président en janvier 2016[6],[7].

En octobre 2016, il devient secrétaire général du FLN[6]. Le 14 novembre 2018, Djamel Ould Abbes présente sa démission du poste de secrétaire général du FLN pour des « raisons de santé »[8],[9]. Le 17 novembre 2018, un communiqué du FLN dément l'information[10]. Finalement, l'éjection d'Ould Abbes du parti est confirmée le 26 novembre, il est remplacé par une instance dirigeante, dirigée par Mouad Bouchareb et créée « sur ordre » du président Bouteflika[11].

Dans le contexte des manifestations de 2019 en Algérie, qui ont notamment entraîné la démission du président Abdelaziz Bouteflika, il retrouve son poste pour convoquer une réunion du comité central pour le 23 avril 2019[12]. Le 30 avril, Mohamed Djemiai lui succède[13].

Procès[modifier | modifier le code]

Une procédure de levée de son immunité de sénateur est lancée à son encontre[14]. Il y renonce en juin 2019[15].

Le 8 juillet 2019, Djamel Ould Abbes est convoqué par la Cour suprême. Il est poursuivi en tant qu'ancien ministre de la Solidarité nationale pour dilapidation de deniers publics, conclusions de contrats contraires à la réglementation, mauvaise utilisation de la fonction et falsification de procès-verbaux publics[16]. Le juge d'instruction près de la Cour suprême le place sous mandat de dépôt et il est transféré à la prison d'El-Harrach[17]. Il est accusé d’avoir détourné plus de 700 milliards de centimes[18].

Djamel Ould Abbes est condamné le 16 septembre 2020 à huit ans de prison[19].

Son fils, El Wafi Fouad Ould Abbes, est condamné par contumace à 10 ans de prison et fait également l'objet d'un mandat d'arrêt international émis par la justice algérienne. Il est accusé de blanchiment d’argent dans le cadre d’une organisation criminelle et trafic d’influence pour l’obtention d’indus avantages. El Wafi Ould Abbes a été arrêté le 9 juin 2021 par Interpol au Vénézuela[20].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Djamel Ould Abbes s'est fait connaitre par plusieurs déclarations étonnantes[21]. Il a affirmé que le niveau de vie en Algérie était plus élevé qu’en Suède. Ould-Abbes prétend aussi avoir été l'ami personnel de Yasser Arafat, et étudié avec la chancelière allemande Angela Merkel à l'université de Leipzig, alors que celle-ci avait 10 ans lorsqu'il avait terminé ses études de médecine. Il a aussi déclaré avoir inventé un appareil de radiographie pour lequel le gouvernement allemand lui aurait décerné une médaille[22].

Grand admirateur du président Abdelaziz Bouteflika, Djamel Ould Abbes le rappelle souvent. Le 20 mai 2017, il a affirmé : « Certains disent que Djamel Ould Abbes cire les pompes du Président. Oui, je vais encore le faire ! Ce n'est pas une honte »[23]. Le 18 février 2018 à Tlemcen, il déclare qu'Abdelaziz Bouteflika est « un lion qui, quand il rugissait, terrifiait les lapins et les loups, qui partaient se cacher ». En septembre 2018, il affirme « Vous avez vu la chancelière allemande tendre l'oreille au président Bouteflika et l'écouter attentivement. Nous avons un Président géant, écouté par les grands de ce monde »[24].

Fonctions[modifier | modifier le code]

  • 1982-1992 : Député à l'Assemblée populaire nationale (FLN).
  • 1994-1997 : Membre du Conseil national de transition
  • 1996-1997 : Président de la Commission des Affaires étrangères au CNT
  • 1999-2001 : Ministre de la solidarité nationale.
  • 2001-2002 : Ministre de la Solidarité nationale et de l'Action sociale.
  • 2003-2007 : Ministre de la Solidarité nationale et de l'Emploi.
  • 2007 : Député à l'Assemblée populaire nationale (FLN)[25].
  • 2007-2008 : Ministre de la Solidarité nationale.
  • 2008-2010 : Ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à l'étranger.
  • 2010-2012 : Ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière.
  • 2016-2019 : Secrétaire général du parti du FLN.
  • 2019 : Vice-président du Conseil de la nation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Successivement ministre de la Solidarité nationale et de l'Emploi du 6 septembre 2003 au 4 juin 2007, ministre de la Solidarité nationale du 4 juin 2007 au 23 juin 2008 et ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à l'étranger du 23 juin 2008 au 28 mai 2010. En 2007, il transmet le portefeuille de l'Emploi à Tayeb Louh.
  2. Successivement ministre de la Solidarité nationale du 23 décembre 1999 au 31 mai 2001 puis ministre de la Solidarité nationale et de l'Action sociale du 31 mai 2001 au 4 juin 2002.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le portail du Premier Ministère / Accueil / », sur Le portail du Premier Ministère (consulté le ).
  2. Des moudjahidine l’accusent de «mentir » :Ould Abbès face à son passé révolutionnaire, El Watan, 26 avril 2017.
  3. Le Colonel Senoussi enfonce djamel ould abbès, El Watan, 26 avril 2017.
  4. « Algérie : quand Ould Abbès frôlait l’exclusion du FLN – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, jeuneafrique1, (consulté le ).
  5. « La liste du tiers présidentiel au sénat connue,Sept ex-ministres, Goudjil... et Bensalah - Algerie360 », sur www.algerie360.com, Algerie360, (consulté le ).
  6. a et b « Djamel Ould Abbes (83 ans) adoubé à la tête du FLN », sur www.lematindz.net (consulté le ).
  7. liberte-algerie.com, « Le RND cède la vice-présidence du Sénat au FLN: Toute l'actualité sur liberte-algerie.com », sur http://www.liberte-algerie.com/ (consulté le ).
  8. « http://www.aps.dz/algerie/80690-fln-demission-de-m-ould-abbes-pour-des-raisons-de-sante-bouchareb-le-remplace-provisoirement », sur www.aps.dz (consulté le )
  9. La raison officielle ("pour des raisons de santé") est contestée par des commentateurs qui y voient d'abord un limogeage bien que l'intéressé ait déclaré avoir effectivement des problèmes de santé.
  10. « Le FLN dément la démission d’Ould Abbès / Confusion et jeu trouble  à cinq mois des présidentielles | Algerie Focus », Algerie Focus,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. liberte-algerie.com, « Coup d’État au FLN: Toute l'actualité sur liberte-algerie.com », http://www.liberte-algerie.com/,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. « FLN: la wilaya d'Alger autorise la tenue de la session exceptionnelle du comité central », sur Al HuffPost Maghreb (consulté le )
  13. Mohamed Djemiai élu nouveau secrétaire général du FLN, Agence APS, 30 avril 2019.
  14. « Algérie: la Chambre haute étudie deux levées d'immunité de proches de Bouteflika », sur L'Orient-Le Jour (consulté le )
  15. liberte-algerie.com, « Barkat et Ould Abbes renoncent à leur immunité : Toute l'actualité sur liberte-algerie.com », sur http://www.liberte-algerie.com/ (consulté le ).
  16. « Algérie: Djamel Ould Abbès en détention provisoire - RFI », sur RFI Afrique (consulté le )
  17. « Djamel Ould Abbès placé en détention et Saïd Barkat entendu aujourd’hui / El Watan », El Watan,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. « Il fait déjà l’objet de graves accusations / De nouvelles charges contre Djamel Ould Abbès », sur algerie-focus.com,
  19. Khelifa Litamine, « Justice: Djamel Ould Abbes condamné à huit ans de prison ferme », sur Algerie Eco, AlgerieEco, (consulté le ).
  20. « En fuite, le fils de Djamel Ould Abbes arrêté au Venezuela » (consulté le )
  21. « Algérie : Djamel Ould Abbès démissionne de la direction du FLN – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, jeuneafrique1, (consulté le ).
  22. « Ould Abbes fait de la résistance », sur Jeune Afrique,
  23. « Pourquoi la conférence de presse de Djamel Ould Abbes a été interrompue par la présidence », sur TSA,
  24. « Djamel Ould Abbès à propos des prochaines «sénatoriales»: «Finie l'ère de la chkara» », sur Djazairess, Le temps d'Algérie,
  25. http://www.apn-dz.org/legislature_6/french/liste_dep_gouv_fr.php