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David Lefèvre (tueur)

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David Lefèvre
Tueur en série
Information
Nom de naissance David Patrick Roger Lefèvre
Naissance (45 ans)
Reims (Marne)
Surnom le « tueur des marais »
le « tueur des hortillonages »
Condamnation

Courant
Sentence réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans
Actions criminelles assassinat, meurtre, violences volontaires ayant entraîné la mort, vol à main armée, trafic de stupéfiants, vol de véhicule
Victimes 3
Période -
Pays Drapeau de la France France
Régions Hauts-de-France
Ville Laon, Camon
Arrestation

Courant

David Patrick Roger Lefèvre, né le à Reims, est un tueur en série, braqueur et criminel multirécidiviste français, surnommé « le tueur des marais »[1].

Le , Lefèvre commet un vol main armée, en compagnie d'un complice. Trois jours plus tard, il tue un SDF lors d'un second vol. Condamné à 5 ans de réclusion criminelle, il est libéré en . En 2003, Lefèvre est ré-incarcéré pour vol de voiture et violation des conditions de sa libération. Libéré en 2004, Lefèvre est de nouveau ré-incarcéré, en 2005, pour trafic de stupéfiants et vol de véhicule. Condamné à 5 ans de prison ferme, il est libéré en 2008[1],[2].

En janvier et septembre 2011, Lefèvre tue deux de ses amis, près des hallages des Marais de l'Avre. Après une première enquête penchée sur un accident, celle-ci bascule en affaire criminelle, après la découverte du corps de la seconde victime. Arrêté le , Lefèvre est mis en examen pour meurtre et assassinat et placé en détention provisoire. Il est condamné, le , à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans[3].

David Lefèvre naît le à Reims (Marne). Il est issu d'une fratrie de six enfants et grandit dans un milieu social bancal, avec des parents mal-aimants et incestueux, qui lui font subir des violences physiques et sexuelles ; il les décrira par la suite comme étant des « Cas-sociaux »[1].

En 1988, âgé de 8 ans, Lefèvre est placé en famille d'accueil, près de Laon, avec ses frères et sœurs, après l'arrestation de leur père pour viol en réunion. Lefèvre est un enfant réservé et fuyant sur certains points, notamment lorsque l'on mentionne ses parents et ses premières années passées avec eux[1],[3].

L'enfance de Lefèvre est marquée par l'absentéisme. Bien qu'il n'ait plus revu ses parents, Lefèvre se construit toute une personnalité persécutée et malsaine, sans remarquer de différence avec la réalité. À l'opposé, Lefèvre construira une balançoire pour ses frères et sœurs afin d'apporter du réconfort à une fratrie également marquée par le désamour — l'une de ses sœurs témoignera de cela par la suite. À l'adolescence, Lefèvre bascule dans la délinquance. Lui et son complice achètent un pistolet à plomb en vue de commettre des vols à main armée[1].

Vols à main armée et premier mort

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Le , Lefèvre, 19 ans, et son complice, mineur, commettent leur premier vol à main armée, à Laon. Le braquage se solde par une réussite et une petite somme d'argent est récoltée. Lorsque la police est dépêchée sur les lieux, les deux braqueurs sont déjà partis. Aucun indice n'est retrouvé sur place. À la suite de leur méfait, Lefèvre et son complice envisagent de commettre une longue série d'attaques à main armée, qui pourraient leur rapporter davantage[1].

Le , Lefèvre et son complice s'attaquent à un sans-abri et le braquent. Cherchant à impressionner la victime, Lefèvre tue le sans-abri d'une balle dans la tête, à l'aide de son pistolet. Pris d'une certaine émotion, il abat également le rat de sa victime puis l'écrase à l'aide de son pied. Les deux meurtriers décident ensuite de lui voler le revenu minimum d'insertion de la victime, en guise de butin, avant de prendre la fuite. Plusieurs passants, présents près la scène de crime, sont alertés par le bruit de la détonation et décide de se rendre sur place. Ceux-ci alertent les secours, mais la réanimation du sans-abri est un échec. Une enquête pour vol à main armée suivi de mort est ouverte. Les enquêteurs établissent un rapprochement avec le premier braquage[1].

Rapidement, les témoignages affluent, concernant la mort du sans-abri. Les témoins, présents sur les lieux, affirment avoir aperçu deux jeunes hommes prendre la fuite, à l'issue des coups de feu. Ceux-ci estiment leur âge aux environs de 20 ans. Une autre personne affirme avoir reconnu l'un des auteurs, lors du vol ayant mal tourné. Avec ce témoignage, les policiers parviennent à remonter jusqu'à Lefèvre et son complice[1].

Incarcération pour braquage et coups mortels

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Le , Lefèvre et son complice sont arrêtés et placés en garde à vue. Une perquisition est menée aux domiciles respectifs des suspects et permet la découverte d'un pistolet à plombs. L'expertise balistique réalisée démontre qu'il s'agit de l'arme ayant tué le sans-abri. Lefèvre et son complice reconnaissent les faits et affirment avoir perpétré leurs vols pour acquérir le maximum d'argent possible. Ils réfutent cependant toute intention de tuer le sans-abri, mais reconnaissent avoir eu l'intention de commettre de nouveaux braquages, s'il n'avaient pas été arrêtés. Rapidement, les gendarmes se rendent compte que leurs suspects sont deux jeunes hommes à la dérive[1].

Lefèvre et son complice sont mis en examen, le , pour vol à main armée et vol à main armée suivi de mort, puis placés en détention provisoire, au Centre pénitentiaire de Laon[1].

À ce stade de l'enquête, les policiers tentent de vérifier si le meurtre du sans-abri était volontaire, voire prémédité. Une première enquête conclue à un homicide volontaire, mais non-prémédité, Lefèvre et son complice ignorant la présence du sans-abri avant la commission des faits. Les avocats de Lefèvre et de son complice réfutent cependant la volonté de tuer de leurs clients et demandent une requalification des faits en vols avec violence [pour les deux braquages] et homicide involontaire [pour le second braquage], de manière à les correctionnaliser. Ceux-ci rappellent également qu'un pistolet à plombs n'a pas un caractère létal et ne constitue aucune intention de tuer. L'enquête suit partiellement cette requête en requalifie les faits en vol à main armée [pour le premier braquage] et « vol avec violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner » [pour le second]. Pour ces faits, Lefèvre et son complice sont renvoyés devant la cour d'assises des mineurs de Douai, le complice étant mineur au moment des faits[1],[4].

Jugement pour braquage et coups mortels

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Le , le procès de Lefèvre et son complice débute devant la cour d'assises des mineurs de Douai pour vol à main armée [pour le premier braquage] et « vol avec violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner »[1].

Désormais âgé de 22 ans, Lefèvre fait profil bas et garde la tête baissée. Il reconnaît cependant les faits, sans pour autant avouer de mobile valable pour la mort du sans-abri : selon lui, la victime se trouvait « au mauvais endroit et au mauvais moment ». Face à cet argument, la Cour lui rappelle qu'il risque jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle, à l'issue de son procès. À la barre, les sœurs de Lefèvre, Sylvie et Nathalie, témoignent de leur enfance marquée par des parents violents, alcooliques et incestueux, ainsi qu'un père condamné pour complicité de viol en réunion. Les psychiatres confirment également une personnalité victime d'une enfance marquée par le désamour. Ils pointent du doigt une dérive compatible à l'environnement malsain dans lequel il a grandi, mais curable. Ces témoignages marquent la cour, qui décide d'accorder des circonstances atténuantes à Lefèvre[1].

Le , Lefèvre est condamné à 5 ans d'emprisonnement, dont six mois avec sursis, assortis d'une mise à l'épreuve de trois ans[1],[3],[5].

Libération et autres incarcérations

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Lefèvre est libéré le , après trois ans et trois mois de prison. À la suite de sa libération, il retourne habiter dans sa famille d'accueil et retrouve ses frères et sœurs[1].

En 2003, alors qu'il est toujours sous le régime de sa mise à l'épreuve, Lefèvre est arrêté après avoir volé une voiture. Il est mis en examen pour vol de véhicule et infraction aux conditions de libération — sa mise à l'épreuve — puis placé en détention provisoire. Lefèvre comparaît devant le tribunal correctionnel de Douai, le , pour ces faits et est condamné à un an de prison ferme. Ses six mois de sursis s'ajoutant à sa peine, sa condamnation est donc portée à 18 mois de prison[1].

Lorsqu'il sort de prison, en 2004, Lefèvre décide d'emménager seul. N'ayant aucun diplôme, il effectue quelques missions intérimaires, mais se retrouve rapidement en manque de revenus. Il décide alors de revendre de la résine de cannabis. Lefèvre ne consomme pas de stupéfiants et développe une haine de ce milieu, qu'il juge avoir rejoint par contrainte. Il haït fortement les personnes toxicomanes et les considèrent telles que des « parasites » et des « moins que rien »[1].

En 2005, Lefèvre est de nouveau arrêté par la police pour possession illégale de cocaïne, lors d'un contrôle routier. Outre sa possession illégale, les policiers s'aperçoivent que le véhicule a été volé. Lefèvre est mis en examen pour trafic de stupéfiants et vol de véhicule en récidive, puis placé en détention provisoire. Il comparaît, en 2006, devant le Tribunal correctionnel de Péronne, pour ses délits — vol de véhicule en récidive et trafic de stupéfiants — et est condamné à 5 ans de prison ferme[1],[6].

Libération et meurtres du Marais de L'Avre

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Lefèvre est libéré en 2008, après trois ans de détention. Il s'installe alors à Amiens, où personne ne connaît ses antécédents judiciaires. Il travaille alors comme intérimaire manutentionnaire et rend service à ses voisins lorsque ceux-ci ont besoin. Seule une éducatrice de réinsertion décèle sa personnalité dominatrice et narcissique[1].

Dans la nuit du 13 au , Lefèvre se rend en Belgique. Il doit ramener Julien Guérin, un ami de 22 ans, à son domicile d'Amiens. Guérin a consommé une grande quantité de Vodka et est en état d'ébriété sévère. Lefèvre le conduit au marais de Camon et le frappe à la tête, à coup de pied de biche. Guérin tombe dans le Marais de l'Avre, avant de mourir noyé. Lefèvre quitte les lieux pour retourner chez lui et se débarrasse du pied de biche. Le lendemain, la famille de Guérin s'inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles. La gendarmerie est contactée, mais ne prend pas la disparition au sérieux. Lefèvre aide à le rechercher, mais les battues n'aboutissent pas. Dans la soirée, Lefèvre se rend chez Alice, la compagne de Guérin, lui touche le sein gauche et lui propose de lui dire ce qu'il s'est passé, en échange d'un rapport sexuel. Alice refuse et dépose plainte contre lui pour agression sexuelle, le lendemain. Placé en garde à vue, Lefèvre dit s'être disputé avec Guérin et l'avoir déposé dans Amiens. Il affirme être venue voir Alice dans un but de séduction, mais également dans le but provoquer Guérin. Il dit avoir été convaincu que Guérin reviendrait. Aucune charge ne pesant contre Lefèvre, celui-ci est relâché. Le , Alice décide de contacter la presse, qui prend cette disparition au sérieux. Le corps de Guérin est retrouvé dans l'Avre, le , par un éclusier faisant un contrôle. Une enquête est alors ouverte, en vue d'une autopsie, pour déterminer les causes du décès. Il est conclu à une mort accidentelle, après que le jeune homme ait bu une forte dose de Vodka. En ce qui concerne la facture de la boîte crânienne, le médecin légiste avance un heurt d'une hélice de bateau, durant la noyade[1],[7].

Dans la nuit du 4 au , à Amiens, Alexandre Michaud, 24 ans, frappe violemment le mur, à la suite d'une dispute avec sa compagne, et se blesse le poignet. N'ayant pas de moyen de locomotion, Nelly fait appel à Lefèvre. Celui-ci emmène Michaud dans sa voiture pour le conduire à l'hôpital. Lorsqu'il en sortent du centre, Lefèvre emmène le Michaud au marais de Camon et le tue de deux coups de pistolet. Il traîne ensuite le corps de Michaud dans le marais ; celui-ci se prend les pieds dans une chaîne d'amarre de bateaux. Lefèvre prend la fuite et retourne chez lui. Nelly se rend au commissariat, le , afin de signaler la disparition de Michaud. Elle raconte sa dispute de l'avant-veille et précise qu'il a disparu après que Lefèvre l'a emmené à l'hôpital. Le lendemain, c'est la mère du disparu qui alerte les gendarmes. Le , le cadavre de Michaud est découvert dans le marais de Camon, les pieds pris dans une amarre. Une enquête est alors ouverte pour assassinat. Les gendarmes ne font pas immédiatement le lien avec la mort de Guérin car les deux victimes n'ont pas été retrouvés au même endroit. Ils placent d'abord en garde à vue l'ancien compagnon de Nelly car celui-ci menaçait de mort Michaud durant son court séjour dans la Somme. Celui-ci confirme ses menaces de mort à l'encontre de Michaud, mais affirme s'être réconcilié avec son rival lorsque celui-ci a déposé ses enfants chez lui, quelques heures avant le drame. Le suspect est donc relâché. Les policiers s'intéressent donc à Lefèvre, qui est le dernier à avoir vu Michaud vivant. Ils sont surpris de découvrir que Lefèvre a déjà été interrogé sur la mort de Guérin et qu'il a déjà tué un sans-abri. En reprenant le dossier de la mort de Guérin, les enquêteurs découvrent que Lefèvre est le dernier à avoir été en compagnie des deux jeunes hommes, avant leur mort[1],[8].

Lefèvre est placé en garde à vue, le , pour l'assassinat de Michaud. Lors de son audition, le suspect résiste aux gendarmes qui l’interrogent. Lefèvre donne sa version des faits, mais les gendarmes prolongent sa garde à vue, après avoir découvert ses antécédents judiciaires. Après un interrogatoire poussé, Lefèvre repart libre du commissariat car les éléments à charge manquent pour l'incriminer. Les enquêteurs décident de le placer sur écoute téléphonique afin de le surveiller et de récolter davantage de preuves. Une nouvelle autopsie est réalisée concernant la mort de Julien Guérin. Le médecin légiste, chargé de constater les photos du corps, réfute immédiatement l'hypothèse d'un accident : les plaies sur la tête correspondent à un choc ante-mortem et non post-mortem. Dans son rapport, rendu le , il évoque alors un choc provoqué par un objet contondant, probablement porté par l'intervention d'un tiers. Il s'agit donc d'un homicide volontaire dont Lefèvre devient le suspect numéro un[1].

Le , un appel téléphonique entre Lefèvre et Nelly retient l'attention de gendarmes : alors que Nelly semble l'insupporter, Lefèvre lui répond de ne pas le provoquer, en lui disant avoir [déjà] tué trois personnes et précisant qu'il n'aurait aucune gêne à recommencer. S'agissant d'une phrase dite sur le ton de la plaisanterie, Nelly ne prend pas au sérieux les déclarations de Lefèvre. Les enquêteurs découvrent également que Lefèvre a fait l'acquisition, le , d'un étui à arme à feu. En ce qui concerne le sang retrouvé dans sa voiture, Lefèvre ignore que celui-ci est inexploitable et en parle au téléphone. Il affirme que Michaud saignait lors de son arrivée à l'hôpital ; ce que l'hôpital dément lorsque le personnel est interrogé. Le comportement de Lefèvre devient donc suspect[1].

Arrestation et incarcération pour les meurtres du marais

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Le , Lefèvre est de nouveau placé en garde à vue. Longuement interrogé, Lefèvre nie les faits et décide de ne plus répondre aux questions des gendarmes. Confronté à ses incohérences concernant la mort de Michaud, il finit par reconnaître être l'auteur de sa mort, mais affirme avoir tué par accident. Selon lui, Lefèvre aurait emmené la victime sur les lieux pour lui donner une arme. Michaud lui aurait alors arraché des mains et aurait déclenché une détonation sur celui-ci. Lefèvre dit avoir tué pour que Michaud ne souffre plus. Lorsqu'on l'interroge sur son choix des lieux, Lefèvre commet une erreur : il dit avoir choisi cet endroit car il s'agissait du lieu où a été découvert le corps de Guérin. Dans la foulée de ses aveux, Lefèvre est emmené dans le marais de Camon, afin de répondre du meurtre d’Alexandre Michaud. Ne sachant pas que le corps de Julien avait dérivé au gré du courant du marais, Lefèvre remarque que Guérin a été découvert plus loin, faisant ainsi involontairement l'aveu de son implication dans la première affaire[8].

En raison de cet « aveu accidentel », Lefèvre est mis en examen, le , pour assassinat sur la personne de Michaud et meurtre sur la personne de Guérin, en état de récidive légale, puis placé en détention provisoire, à la Maison d'arrêt d'Amiens. Il est ainsi surnommé le « tueur des marais »[9],[10],[11],[12],[13].

Le , Lefèvre écrit une lettre au procureur, depuis sa cellule de prison, dans laquelle il reconnaît avoir tué Guerin et Michaud. Il affirme avoir frappé Guérin dans un état de colère, après que celui-ci ait refusé de lui rendre sa batte de baseball. Il réfute cependant toute intention de tuer Guérin, affirmant ignorer que celui-ci était en train de se noyer. En ce qui concerne l'assassinat de Michaud, Lefèvre prétend que son destin était scellé dès son départ dans le voiture. Il affirme ne pas avoir supporté que la victime se fiche de lui, au point d'avoir commis l'irréparable. À fin de la lettre, Lefèvre exprime des excuses et des remords à l'égard de l’entourage de ses victimes. Ces aveux ne convianquent personne, en raison du motif futile donné par Lefèvre[14],[15].

Le , une renconstitution des faits est réalisée, aux Marais de l'Avre, sur les lieux des meurtres. Lefèvre est extrait de la Maison d'arrêt d'Amiens, en vue de corroborrer ses déclarations. L'accusation doit notamment statuer pour savoir si Guérin est vraiment mort par accident. Les familles des victimes sont également présentes. Lorsqu'elle aperçoit Lefèvre, la mère de Michaud est stupéfaite de voir un assassin si ordinaire d'apprence. Lorsqu'est reconstitué le meurtre de Guérin, l'homme-grenouille [chargé de mimer la victime] peine à remonter à la surface et doit se faire aider par les secours. Lefèvre ne pouvais donc ignorer que Guérin allait se noyer. Les gestes concernant l'assassinat de Michaud sont, quant à eux, compatibles avec les déclarations de Lefèvre. À la fin de la reconstitution, Lefèvre réintège la Maison d'arrêt d'Amiens, sans avoir varié sur le mobile de ses crimes[14].

Au début de 2013, Lefèvre est renvoyé devant la Cour d’assises de la Somme pour l’assassinat de Michaud et le meurtre de Guérin, commis en état de récidive légale. La préméditation n’est pas retenue pour le meurtre de Guérin car Lefèvre ne possèdait pas d'arme à caractère létal, lors de ce crime[7],[8],[14].

Jugement pour les meurtres du marais

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Le , le procès de Lefèvre débute devant la Cour d’assises de la Somme[7].

L'accusé, âgé de 33 ans, fait profil bas et baisse la tête, en annonçant son souhait de garder le silence. Il reste inerte et muet, avouant qu’il accepterait sa condamnation et qu’il ne mériterait aucun soutien de ses amis et de ses proches. Appelés à la barre, les amis de Lefèvre dressent pourtant un très bon portrait de l'accusé. Comme à son premier procès d'assises, en 2002, Sylvie et Nathalie Lefèvre témoignent de leur jeunesse très lourde à porter : parents violents, alcooliques, une mère qui a reproché à chacun de ses enfants d'être venu au monde et un père condamné pour complicité de viol en réunion. L'une d'elle va même plus loin, rapportant que son seul bon souvenir est dû à Lefèvre : celui-ci avait construit une balançoire pour ses frères et sœurs, durant leur jeunesse. Quant au jeune frère de Guérin, celui-ci dépaint un portrait inhumain de Lefèvre et affirme son souhait de la tuer, s'il venait à sortir de prison un jour[16].

L'un des avocats des parties civiles dresse le profil d'un tueur en série, en insistant sur le fait qu'il semble tuer sans mobile. La plupart des protagonistes de l'affaire en dressent une personnalité narcissique et capable d'avoir un ascendant toxique sur les autres. Ils affirment également que Lefèvre aurait continué à tuer s'il n'avait pas été arrêté. Il est également évoqué le que Lefèvre ait refusé de voir des psychiatres, durant sa détention provisoire. Ces trois éléments ne jouent pas en la faveur de l'accusé et n'incitent à aucune bienveillance. La Cour est alors convaincue que le meurtre de Guérin est dû à sa haine envers les toxicomanes. Elle est également convaincue que l'assassinat de Michaud est dû à sa personnalité narcissique ; se trouvant supérieur à Michaud, Lefèvre n'aurait pas accepté que Nelly le choisisse comme compagnon à sa place[16].

Le , Lefèvre est reconnu coupable d'assassinat sur la personne de Michaud et de meurtre sur la personne de Guérin, en état de récidive légale. Il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans[2].

Notes et références

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  1. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v et w « Faites entrer l'accusé - lundi 3 février 2020 - page 22 sur 26 », sur www.telescoop.tv (consulté le )
  2. a et b « Assises de la Somme: David Lefèvre condamné à la prison à perpétuité », sur France 3 Hauts-de-France (consulté le )
  3. a b et c « Double meurtre près d'Amiens: l'accusé condamné à la perpétuité », sur www.20minutes.fr (consulté le )
  4. « Juridictions pénales », sur www.service-public.fr (consulté le )
  5. Le Point magazine, « Double meurtre sans mobile: l'assassin présumé jugé à Amiens », sur Le Point, (consulté le )
  6. Gauthier Lecardonnel, Affaire Alexandre MICHAUD : « Nous voulons qu'il dise la vérité », Amiens, Hubert Delarue, , 1 p. (lire en ligne), p. 1
  7. a b et c Tony Poulain avec Gautier Lecardonnel, « Lefèvre va-t-il enfin s'expliquer ? », sur Courrier picard (consulté le )
  8. a b et c « Le meurtrier présumé d'Alexandre Michaud est jugé dans la Somme », sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes (consulté le )
  9. « Double meurtre sans mobile à Amiens: la personnalité de l'accusé reste », sur Paris-Normandie (consulté le )
  10. « Ain. Un Bugiste tué dans la Somme : l’assassin présumé écroué », sur www.leprogres.fr (consulté le )
  11. Par Le 16 décembre 2011 à 07h00, « Le mystère des deux cadavres de la Somme en partie levé », sur leparisien.fr, (consulté le )
  12. « L’assassin présumé d’Alexandre Michaud mis en examen. La Voix de l'Ain », (consulté le )
  13. « Poursuivi aussi pour le meurtre de Julien Guérin », sur France 3 Hauts-de-France, (consulté le )
  14. a b et c « J.Guérin et A.Michaud : les meurtres reconstitués », sur France 3 Hauts-de-France (consulté le )
  15. « David Lefèvre avoue le meurtre de Julien Guérin », sur France 3 Hauts-de-France, (consulté le )
  16. a et b « Assises de la Somme : réclusion à perpétuité requise contre David Lefèvre - France Bleu », sur ici par France Bleu et France 3, (consulté le )

Documentaires télévisés

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Articles connexes

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