Constant Permeke

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Permeke (film) et Paul Permeke.
Constant Permeke
KMM Permeke 01.JPG

Niobe (1951) par Constant Permeke, parc de sculpture du Kröller-Müller Museum (Pays-Bas)

Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 65 ans)
OstendeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Mouvement
Musée Permeke à Jabbeke
Portrait de Constant Permeke par Frits van den Berghe (1923)

Constant Permeke, né à Anvers le et mort à Ostende le , est un artiste peintre et sculpteur belge, considéré comme figure de proue de l'expressionnisme flamand. Ses œuvres évoquent la mer du Nord, les paysages de Flandre, les pêcheurs et les paysans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Constant Permeke est né à Anvers en 1886. Sa famille déménage à Ostende en 1892 quand son père, Henri Permeke, peintre de marines, est nommé conservateur du musée d'Ostende. Le petit Constant passera ainsi son enfance à flâner au bord de l'eau, et cette atmosphère de grand large va influencer toute son œuvre. Il reçoit sa première formation de son père, à partir de 1903 il étudie à l'Académie des beaux-arts de Bruges et dès 1906 à l'de Gand. Au départ, il est fortement influencé par Émile Claus, ensuite en 1908 de façon passagère par Léon Spilliaert.

Dès 1905, il participe aux expositions et rencontre le journaliste P.-G. van Hecke et Frits van den Berghe, les frères Gustave et Léon de Smet et Albert Servaes avec qui il émigrera à Laethem[1].

Son parcours[modifier | modifier le code]

Il est un de ces jeunes soucieux surtout d'exercer un métier et de se ménager ainsi une petite place au soleil. Impécunieux, Permeke et ses compagnons sont logés moyennant un très modeste loyer chez le fermier Ranschaert qui a transformé d'anciennes écuries en habitations pour saisonniers. Il pratique alors un impressionnisme en mutation où transparaissent ça et là des accents fortement symbolistes et où se font progressivement sentir la volonté d'une plus grande intériorité et une expressivité élevée et sombre

En 1909, Constant Permeke s'installe à Laethem et y peint, Paysage d'été, le Portrait d'Eugène Ysaye et Femme vue de dos (Marietje)
En 1910, Albert Servaes dessine un Portrait de Permeke
En 1911, Constant Permeke peint Ma fenêtre, le soir.
En 1912, Constant Permeke épouse Marie Delaere (Mietje), peint L'hiver en Flandre et s'en va habiter Ostende où il rétablit le contact avec Spilliaert et James Ensor ; sa vision devient alors nettement expressionniste et son langage des formes plus concis ; juste avant la Première Guerre mondiale, il découvre à Bruxelles et à Anvers l'œuvre des expressionnistes allemands et de Vincent van Gogh
En 1913, il peint une Maternité.
En 1914, Constant Permeke est mobilisé ; gravement blessé par des éclats d'obus sur la route qui mène au fort de Duffel, il est évacué d'abord sur Anvers et transféré ensuite en Angleterre. Les médecins estiment devoir recourir à l'amputation des deux jambes, mais il s'y oppose farouchement. À 28 ans le voilà invalide et ne pouvant marcher qu'avec des béquilles. Physiquement atteint et moralement abandonné, il est sans ressources d'aucune sorte[2]. Après un séjour de plusieurs mois à l'hôpital, il retrouve par bonheur sa famille et s'installe avec elle à Chardstock (en), Devonshire et plus tard à Sidmouth et à Sidford. Il reprend goût à la peinture et sa nouvelle manière est toute d'impatience et d'exaspération
En 1915, Gustave De Smet, Frits van den Berghe et André De Ridder assurent la survivance du cercle "Open Wegen". Ils prennent contact avec Le Fauconnier et les peintres hollandais des groupes "Hollandsche Kunstenaarskring" et "Het Sienjaal" (Sluyters, Charley Toorop, Léo Gestel) ; ils correspondent avec les artistes belges réfugiés en Angleterre, notamment avec Gustave Van de Woestijne et Permeke
En 1916, à Chardstock, Permeke peint Le buveur de cidre, Le boucher et L'étranger, toile qui avec celles de Servaes prélude à l'expressionnisme flamand
En 1917, Permeke peint La moisson dans le Devonshire, toile dont le sujet est à peine perceptible, flambée de couleurs éclatantes qui annoncent la peinture informelle
En 1918, après plusieurs années passées en Angleterre, Permeke rentre en Belgique et séjourne quelque temps à Anvers avant de résider à Ostende où il reprend contact avec ses amis Gustave De Smet, Frits van den Berghe et P.-G. Van Hecke
En 1919, Permeke peint Le sermon dominical
En 1920, Permeke expose à Bruxelles

En 1921, à Ostende, Permeke entre dans une période d'intense création, il peint Femme de pêcheur, La kermesse et La femme au panier qui mettent en scène la mer et la vie des pêcheurs. Il expose à Anvers et à Paris

En 1922, Frits van den Berghe et Gustave De Smet font un séjour auprès de Permeke à Ostende. Permeke peint La friterie et Over Permeke[3]
En 1923, Permeke peint Le pain noir, Les frères marins, et Les fiancés
En 1925, Permeke devient membre de L'art contemporain d'Anvers ; un voyage d'agrément d'environ trois mois en 1925-26 le mène à Vevey en Suisse où il brosse quelques paysages en guise de souvenir. Il peint L'homme au panier et La femme en prière
En 1928, Constant Permeke peint La famille au chat, Dimanche, Lueur du soir et La roulotte Frits van den Berghe peint La statue qui chante, Le beau mariage et Arbre.

En 1929, à Jabbeke, Permeke se fait construire une grande maison comportant plusieurs ateliers et appelée De Vier Winden[4]; il met dorénavant en scène le monde agricole ; il peint Paysanne, son chef-d'œuvre La truie, et Maternité

En 1930, Permeke occupe sa nouvelle maison et peint Le faucheur et Hiver à Jabbeke
En 1933, il peint Le semeur et La femme au pain
En 1934, il dessine Les deux sœurs et peint L'étable
En 1935, il peint Le mangeur de pommes de terres, Récolte dorée et le Portrait de nl:Gustave Van Geluwe
En 1936, il peint une Maternité et aborde la sculpture, il modèle en terre glaise une figure de grandes dimensions, Marie-Lou, et taille dans le bois dur un Autoportrait
En 1939, il sculpte Le semeur

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Permeke est interdit de peindre par l'occupant allemand, son art étant perçu comme dégénéré. Son fils Paul est envoyé en Allemagne dans le cadre du STO.

En 1941, il dessine le Grand nu couché
En 1942, il peint L'orage
En 1943, il peint Le grand nuage et L'aurore ; Gustave de Smet meurt, une sculpture de Permeke est placée sur sa tombe au cimetière communal de Deurle
En 1944, il sculpte le Nu drapé et une Figure agenouillée
En 1945, il peint Paysage doré
En 1946, il sculpte Niobé
En 1948, il perd sa femme ; en souvenir d'elle, il peint un tableau intitulé L'adieu ; il sculpte Les trois grâces
En 1949, il sculpte un Nu couché qu'il destine à la tombe de sa femme. Malade, il est soigné par sa fille
En 1950, il sculpte Léa et peint Pain quotidien
En 1951, il voyage en Bretagne et peint plusieurs Paysage de Bretagne
En 1952, Permeke meurt à Ostende, il est inhumé à Jabbeke et une sculpture de George Minne est placée sur sa tombe.

En 1959, sa maison et son atelier à Jabbeke sont transformés en Musée provincial Constant Permeke, à l'initiative de son fils Paul Permeke, lui aussi peintre[5],[6].

Portrait de l'artiste adulte[modifier | modifier le code]

De taille ramassée, la démarche lourde, la nuque épaisse, le visage rougeaud avec des sourcils broussailleux et blonds et une lippe qui hésite entre la moue et la raillerie. Des mains fortes et velues animées par moment de très fins mouvements des doigts, des "doigts carrés et écourtés" (Karel van de Woestijne). il sait rire aux éclats, être parfois bougon et insatisfait et d'autres fois réellement ému. Il a connu la misère noire et a logé dans des taudis. Il a l'allure peuple avec des petits yeux finauds qui épient pour se divertir. Il déborde de puissante cordialité et sa malice même est affectueusement enjouée. Il n'a cure de se cultiver et en s'en cache pas. Il veut que tout ce qui vient de lui comme tout ce qui le concerne soit colossal et multiple. Il prend plaisir comme un gamin à tirer à l'arc, à renverser des quilles, à sillonner les dunes, à faire des surprises à ses amis[7].

Les périodes de son œuvre[modifier | modifier le code]

Lors d'une exposition rétrospective de ses œuvres qui eut lieu à Bruxelles en 1930, Permeke a lui-même classé son travail par périodes. Il en distingue quatre :

  • Avant 1914, lieu principal de résidence Laethem : manière impressionniste et préparation à l'expressionnisme.
  • Pendant la guerre 1914-1918, Chardstock dans le Devonshire : manhière fougueuse et généralement sombre, parfois uniformément éclatante.
  • Après 1918 et jusqu'en 1925, lieu de résidence principal Ostende : nette affirmation de l'expressionnisme, motifs inspirés par la mer et les pêcheurs.
  • de 1925 à 1930, lieu principal de résidence Jabbeke : manière toujours emportée, motifs champêtres; cette période prolonge une production inégale jusqu'en 1940; à son activité de peintre s'ajoute à partir de 1936 celle de sculpteur[8].

Collections publiques[modifier | modifier le code]

En Belgique, ses œuvres sont conservées au musée royal des beaux-arts d’Anvers, au Musée Groeninge de Bruges, Musée des beaux-arts de Gand, au Musée communal des beaux-arts d’Ixelles, au Musée d'art à la mer d'Ostende, au Musées royaux des beaux-arts de Belgique, au Museum Constant Permeke à Jabbeke[9].
En dehors de la Belgique, ses œuvres sont visibles dans de nombreux musées à Grenoble, Paris, Prague, Rotterdam.

  • Quelques œuvres peintes de Constant Permeke : [1]
  • Maternité, Musée Boijmans Van Beuningen, Rotterdam.
  • La Femme au panier (1920) et La kermesse (1921), La friterie (1922), L'homme à la veste, 1928, Mer verte, (1935), Musée royal des beaux-arts d'Anvers
  • Les Fiancés (1923), Le mangeur de pommes de terre (1935), Musées royaux des beaux-arts de Belgique [2]
  • Paysage doré, 1945, Musées royaux des beaux-arts de Belgique, [3]
  • L'étranger (1916), Musées royaux des beaux-arts de Belgique
  • Le boucher (1916), Musée communal des beaux-arts d’Ixelles
  • L'homme au panier (1925), Le cabriolet (1926), La roulotte (1928), Maternité (avec enfant blanc) (1929), Le pain quotidien (1950) au Musée d'art à la mer d'Ostende
  • Paysan couché, 1929, Musée des beaux-arts de Gand
  • Over Permeke, 1922, Paysanne, 1929, Museum Constant Permeke à Jabbeke

Expositions[modifier | modifier le code]

  • En 1930, exposition rétrospective à Bruxelles.
  • En 1947-48, exposition rétrospective à Paris
  • En 1959, une rétrospective a lieu au musée royal des beaux-arts d'Anvers
  • En 1998, une importante rétrospective a lieu à l'Hôtel de ville de Paris.
  • En 2004/2005, une rétrospective au musée municipal de La Haye (Gemeentemuseum Den Haag)
  • En 2012/2013 : Constant Permeke : Rétrospective au Palais des beaux-arts de Bruxelles.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Permeke sur le billet de 1000FB
Verso du billet de 1000 FB
  • Le dernier billet de 1 000 francs belges émis en 1997, avant le passage à l'euro, affichait au recto le visage et au verso la peinture Le paysan couché de Constant Permeke.
  • Timbres poste : la poste belge a émis des timbres évoquant le peintre en 1957, 1961 et 1993.
  • Son masque mortuaire par Constant Lambrecht est exposé au musée d'art à la mer d'Ostende

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Moerman 1995
  2. Une demande d'aide adressée au Ministère des beaux-arts de Belgique installé à Londres est cyniquement repoussée.
  3. Une de ses maîtresses toiles, il s'y représente lisant et entouré de sa famille.
  4. Les quatre vents.
  5. Paul Haesaerts 1984, p. 20-27/218/250/257
  6. André Moerman 1995
  7. Paul Haesaerts 1984, p. 249
  8. Paul Haesaerts 1984, p. 250-251
  9. André Moerman 1995

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Haesaerts, Laethem-Saint-Martin : Le village élu de l'art flamand, Anvers, Fonds Mercator, , 523 p.
  • André De Ridder, Laethem-Saint-Martin, colonie d'artistes, Bruxelles, Lumière, , 381 p.
  • André Moerman, Constant Permeke, Bruxelles, La Renaissance du livre, (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]