Claudettes

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Claude François en répétition avec ses Claudettes en 1976.

Les « Claudettes » (en référence à Claude) ou « Clodettes » (en référence à Cloclo) sont les danseuses de Claude François, innovatrices en France concernant leurs prestations et leurs costumes. Claude François les a intégrées à ses spectacles en 1966. Il y eut environ trente Claudettes entre 1966 et 1978. La dernière fut embauchée par Claude, trois jours avant sa mort.

À partir de 1976 et sur l'idée de Nadine Ligeron surnommée Prisca, un concours de Mini-Claudettes appelées les Clodinettes est organisé dans toute la France et elles sont également montées sur scène lors de quelques concerts de Claude.

Mise en scène[modifier | modifier le code]

Lorsque Claude François se produisit sur la scène de l'Olympia du 8 au 25 décembre 1966, pour la première fois, quatre jeunes femmes l'accompagnaient dans ses chorégraphies. Elles s'appelaient Cynthia (alias Cindy) Rhodes Pettitgraw-Siméon, Pat Kerr Milicent, Siska et Solange Fitoussi.

Claude François s'était inspiré de Ike and Tina Turner. Tina Turner avait une façon de danser extrêmement énergique, qui ressemblait fort à celle dont Claude avait fait preuve dès ses débuts, plusieurs éléments que Claude François va reprendre en les améliorant sont inspirés du groupe : tenues sexy, danseuses à l'unisson, certains des pas sont également dansés par la chanteuse, orchestre en arrière-plan. Les danseuses de Ike and Tina Turner s'appelaient « The Ikettes ». Le nom lui-même s'inspirait des choristes de Ray Charles depuis 1958 (« The Raelettes », précédemment « The Cookies »). Des Ikettes ont donc dérivé les Claudettes, l'autre point commun est que l'orchestre se situe dans les deux cas à l'arrière-plan et sur toute la largeur de la scène, afin que chaque musicien puisse être bien identifié du public. Les améliorations imaginées par Claude François concernent les Claudettes et consistent à leur donner un rôle beaucoup plus visible que celui des Ikettes. Un rôle de premier plan et ceci par plusieurs moyens :

Tout d'abord, Claude est entouré sur scène par les Claudettes, qui le mettent en valeur et réciproquement. Les danseuses ne sont plus un accessoire, elles ne sont plus en retrait, elles font partie intégrante du spectacle, dont le visuel est conçu autant en fonction de Claude que des Claudettes. De plus, chaque Claudette possède son propre style : bien que les tenues soient les mêmes, parfois seulement de couleurs différentes, chaque Claudette se distingue des autres par sa coiffure, ses bijoux.

Troisièmement, un soin particulier était apporté par Claude François à la conception et à la réalisation des tenues de scène des Claudettes. Lors d'un gala, elles pouvaient changer de tenue plus de dix fois. Le changement de tenue devait être particulièrement rapide, en mettant à profit une chanson interprétée par le chanteur seul sur scène, ce qui ne leur laissait qu'environ trois minutes à chaque fois. Au fil des années, de nouvelles tenues apparaissaient afin d'assurer un renouvellement constant. En règle générale, celles-ci étaient esquissées par Claude François[1] et réalisées par des couturiers de renom, comme Gérard Vicaire, la grande maison spécialiste des costumes de cirque et de music hall, du strass et des paillettes dans son atelier du 9e arrondissement à Paris, Reinhard Luthier, Loris Azzaro [2] et avec le plus grand soin. Par exemple, les bikinis de style brésilien, argentés en strass[3] utilisés de 1977 à 1978 avaient coûté 3 000 francs pièce, ce qui équivaut à 1 500 euros de 2012[4].

Enfin, une chorégraphie différente et élaborée était mise au point spécialement pour chaque chanson. Techniquement, cela signifiait qu'une Claudette devait connaître parfaitement jusqu'à 31 chorégraphies. C'était le cas de Peggy qui a été Claudette pendant huit ans. De plus, la synchronisation des danseuses entre elles, ainsi qu'avec Claude lorsqu'il dansait avec elles, devait être parfaite. Cela représentait bien entendu un nombre important d'heures de travail. Des chorégraphes étaient engagés, mais certaines Claudettes ainsi que Claude lui-même participaient aussi à ce travail de création et de mise au point des chorégraphies. Lydia Baronian se souvient : « Dans les années 1966 et 1967 et début 68, la chorégraphe s'appelait Cassandra; une super danseuse qui habitait à Londres; nous allions Pat et moi apprendre les chorés là-bas; ensuite Claude s'est rendu compte que je pouvais les faire et nous avons commencé à travailler ensemble en visionnant des émissions de la Motown. Je ne sais pas qui faisait les chorés avec Claude lorsque je suis partie... ». Une source importante d'inspiration étaient les pas de danse que l'on voyait à la télévision américaine. Claude possédait un des premiers magnétoscopes individuels et se faisait envoyer des bandes vidéo des États-Unis.

Les Claudettes en tant que « concept » ont rencontré un important succès, qui ne s'est pas démenti au fil des années. Claude François a conservé les Claudettes dans ses spectacles jusqu'à sa disparition. Il était très fier d'elles. Il a déclaré lors d'une interview : « Aujourd'hui, les Claudettes sont indissociables de mon nom et de mon show. C'est un peu ma fierté d'avoir imposé sur les scènes françaises de quoi réjouir autant l'oeil que les oreilles. C'est moi qui choisis mes Claudettes. C'est vous dire que non seulement je leur demande de savoir remuer, mais encore d'être jolies et de savoir s'habiller… Être Claudette, rutilante sous les lumières et souriante n'est pas évident. Vous ne pouvez pas imaginer la somme de travail que cela leur demande pour m'accompagner parfaitement au quart de tour, quelle que soit la chanson »[réf. nécessaire].

Les chorégraphies[modifier | modifier le code]

Claude François a enregistré près de cinq cents chansons et en a commercialisé plus de quatre cents. Seules quelques chansons ont eu une chorégraphie. Claude, les Claudettes ainsi que des chorégraphes participaient à la création des chorégraphies. Il arrivait cependant bien souvent qu'une chorégraphie pourtant longuement travaillée par les Claudettes soit modifiée par Claude à la dernière minute avant un spectacle.

Chaque chorégraphie était subdivisée en deux parties, adaptées à la chanson : celle qui correspondait aux couplets et celle qui correspondait aux refrains. C'est cette dernière qui était le plus visible lors des passages à la télévision. En effet, lorsqu'on regarde les vidéos de l'époque, on constate que le cadrage est en règle générale serré sur Claude lors des couplets, alors que l'image passe en plan d'ensemble lors des refrains. À ce moment, la totalité des Claudettes deviennent visibles dans leur ensemble, et bien souvent, Claude accompagne alors les pas de danse à l'unisson avec elles. Lydia Baronian raconte comment se faisait le partage du travail : « On avait chacun un rôle particulier : je devais trouver les pas pour les couplets et lui se chargeait des refrains, parce que c’était ce qui se voyait le plus à la télé ».

Des chorégraphies ont été créées notamment pour les chansons suivantes :

  • Je vais à Rio
  • Magnolias for Ever
  • Alexandrie, Alexandra
  • Toi et le soleil
  • Chanson populaire[5]
  • Bordeaux rosé
  • Laisse une chance à notre amour
  • Viva America
  • Cherche
  • Chinese kung-fu
  • Le pélican
  • J'attendrai
  • Si douce à mon souvenir
  • Serre-moi, griffe-moi
  • Mais quand le matin
  • Eloïse
  • Tout éclate tout explose
  • Hey ! ho ! c'est impossible
  • Car… tout le monde a besoin d'amour
  • Le monde est grand, les gens sont beaux
  • Reste
  • L'homme au traineau
  • C'est la même chanson
  • Monsieur le Businessman
  • prendi prendi (serre-moi griffe-moi)
  • Roule
  • Une chanson française
  • Stop au nom de l'amour
  • Soudain il ne reste qu'une chanson
  • La musique américaine
  • Cette année-là
  • Y'a le printemps qui chante, (viens à la maison)
  • Je viens dîner ce soir
  • Joue quelque chose de simple
  • Il fait beau, il fait bon
  • Belinda
  • Ce soir je vais boire
  • Le Lundi au soleil
  • Sale bonhomme
  • Jacques a dit
  • Les Majorettes

Description d'une chorégraphie[modifier | modifier le code]

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Ces chorégraphies subsistent de nos jours dans la mémoire des Claudettes ainsi que sur les documents vidéo de l'époque. Compte tenu du biais introduit par les cadrages de l'image de télévision, c'est principalement la chorégraphie des refrains qui est facilement disponible aujourd'hui.

Par exemple, la chorégraphie du refrain de Belinda est basée sur un pas relativement simple, qui est exécuté en deux versions : droite et gauche, avec des alternances. Il se compose de trois positions :

  1. position neutre pieds à 10 cm l'un de l'autre, bras le long du corps.
  2. pieds à 30 cm l'un de l'autre, tronc légèrement penché en avant, main droite au niveau des genoux.
  3. pieds à 30 cm l'un de l'autre, tronc légèrement penché en avant, main gauche au niveau des genoux.

Le passage d'une position à l'autre doit être extrêmement vif. La synchronisation avec la mélodie se fait en prêtant attention aux paroles : Elle a des-2-3-4-yeux-2-3-4-bleus-2-3-4-Be-linda. Le premier temps tombe respectivement sur des-yeux-bleus-Bel. Les pas sont alternés sur chaque temps dans l'ordre suivant: 2-1-2-1-3-1-3-1-2-1-3-1-2-1-3-1

La difficulté réside bien sûr dans le rythme très rapide. Or, lors des galas, les morceaux étaient joués à une cadence qui pouvait atteindre le double de la cadence normale. Cela donne la mesure du niveau technique du travail des Claudettes.

Bien que simples en apparence, les pas choisis pour chaque chorégraphie étaient très spécifiques de cette dernière. À tel point qu'un œil exercé (celui d'une Claudette par exemple) est capable de reconnaître une chorégraphie même en l'absence de tout mouvement, à la vue d'une simple photo.

Membres[modifier | modifier le code]

Certaines Claudettes avaient suivi avant leur engagement une longue formation de danseuse (Lydia Baronian, Pat, Priska, Ketty/Lydia Naval, Peggy...), alors que d'autres venaient plutôt du mannequinat (Julie, Marion...)

On compte plus de trente Claudettes en douze années ; cela signifie qu'en moyenne, deux à trois danseuses étaient remplacées chaque année. Mais la durée de l'engagement d'une danseuse pouvait aller de plusieurs années (huit ans pour Peggy) à seulement quelques jours.

Dans les premières années, les Claudettes étaient quatre. Par la suite leur nombre a passé selon les occasions à cinq ou six.

Leurs âges s'échelonnaient entre approximativement dix-sept et vingt-sept ans. Certaines, comme Peggy[6], ont commencé très jeunes, à seize ans et demi. Dans une interview de 1986[7],[8], Julie Lacroix dit qu'à vingt-sept ans, elle se trouvait trop âgée pour continuer à figurer au sein des Claudettes et avait fait part à Claude peu avant son décès de son intention de cesser son activité de Claudette.

Elles s'appellent[9] :

  • Cynthia (alias Cindy) Rhodes Pettitgraw-Siméon
  • Pat Kerr Milicent
  • Siska Fitoussi
  • Solange Fitoussi
  • Nadine Stockbroekx (Tonic)
  • Lydia Baronian-Urtreger-Gabaud de 1967 jusqu'en juillet 1974
  • Maddly Bamy
  • Evelyne Bamy
  • Nelly Bamy
  • Patricia Criton-Lomane
  • Peggy Nguyen-thi de 1968 à 1976[6]
  • Monecia Lytle Mc Clellan
  • Lydia/Ketty Naval de 1970 à 1976
  • Anne Lafitte de juin 74 à fin 75
  • Maya
  • Malika
  • Clara Lesueur
  • Marion Halphen
  • Pierrette/Julie Lacroix-Calvet-Cousigne de 1975 à 1978
  • Dany Donne Borg de 1976 à 1978
  • Carole Plumelle de juillet 1974 à 1978[2]
  • Hussawa Funnilay
  • Nadine/Prisca Ligeron
  • Anne Sérard
  • Jenny du Pin de Majoubert
  • Karine Babou
  • Béatrice Sergueïeff
  • Françoise/Ketty Sina[10]
  • Dominique Neron
  • Sandra Cadet-Martinez, de 1975 à 1978 (décédée le 18 mai 2014[11])

Peu avant la mort de Claude François, en mars 1978, les Claudettes étaient composées de :

  • Dany Donne Borg
  • Pierrette/Julie Lacroix-Calvet-Cousigne
  • Sandra Cadet-Martinez
  • Nadine/Prisca Ligeron
  • Béatrice Sergueïeff, qui a été engagée quelques jours seulement avant le décès de Claude François

Jane Birkin lors d'un Numéro un à Jane Birkin, le 9 octobre 1976 danse avec les claudettes sur Cette année-là, une émission de Maritie et Gilbert Carpentier diffusée sur TF1.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Certaines des Claudettes apparaissent (dans des scènes en concert et dans les coulisses), dans le film humoristique Drôles de zèbres, sorti en 1977 (le seul auquel ait participé Claude François), réalisé par Guy Lux (dont c'est aussi l'unique film en tant que réalisateur).

Les Claudettes en solo[modifier | modifier le code]

Outre son activité de chanteur, Claude François a aussi été producteur à un certain moment d'autres artistes, comme Alain Chamfort, Patrick Topaloff et d'autres. Les Claudettes ont elles aussi participé à des émissions de télévision et enregistré un certain nombre de titres sans Claude François : Chinese Kung-Fu en 1974, vendu à 450 000 exemplaires, Viva America en 1976, vendu à 645 000 exemplaires. En 1977, les Claudettes dansent et chantent sur L'Amour toujours l'amour et Miss Disco. À la suite du décès de Claude François, elles interprétent Hey, Marry Me, sous le label Polydor (Philips). Mais une tentative de faire des Claudettes un groupe clairement distinct de Claude François en les rebaptisant « Miss Disco »[5] en 1977, ne trouve pas son public[2].

Impact dans le monde du spectacle[modifier | modifier le code]

Les Claudettes ont été caricaturées par Yann Moix dans le film Podium, sous le nom de « Bernadettes. » Certains animateurs de télévision ont repris l'idée d'ajouter le suffixe -ette à leur pseudonymes : ainsi, les assistantes de Nagui étaient les « Naguettes », celles de Vincent Lagaf' les « Gafettes » et celles de William Carnimolla les « Williamettes »[réf. nécessaire]. L'humoriste Élie Kakou a aussi réalisé le sketch Mongola, racontant le témoignage (fictif) d'une ancienne Claudette.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]