Charles Raabe

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Charles Raabe
Biographie
Naissance
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Nationalité

Charles Hubert Raabe, né le à Bayonne et mort le dans le 7e arrondissement de Paris[1], est un officier de cavalerie et écrivain hippologiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il s'engage en 1830 à dix-neuf ans au 6e régiment de lanciers et est nommé sous-lieutenant en 1840. Il devient officier instructeur à l'École de cavalerie de Saumur en 1842. En 1852, il est capitaine au 6e régiment de dragons (France). Il est décoré de la Légion d'honneur en 1855 et prend sa retraite en 1861[2].

Raabe a d'abord été l'un des plus ardents élèves de François Baucher à une époque où une "nouvelle équitation" est appliquée dans la cavalerie française par décision ministérielle du 17 décembre 1842. Celle ci soulevait dans l'armée, des polémiques passionnées. Raabe publia en 1845, son premier ouvrage d'équitation, le "Manuel équestre". Son but, était de vulgariser et de faciliter l’application de la méthode Baucher dans la cavalerie française, à l'encontre de ladite nouvelle méthode.

Excellent analyste et théoricien, c'est un auteur prolifique, qui s'intéresse tout particulièrement au mécanisme, aux membres, aux allures et à la locomotion du cheval[2],[3]. Raabe a eu la particularité de mettre en parallèle le corps humain et le corps équin pour faire comprendre les mouvements du cheval et leurs conséquences dans l'art de monter à cheval (locomotion, équilibre, balance…). Il est l’auteur de plusieurs « Examens », critiques des ouvrages de référence et des pratiques de son époque. Charles Mismer le décrit comme « un homme de haute taille, se rattachant au type du capitaine routier du Moyen Âge ; Gœthe eut choisi sa tête sarcastique pour incarner au théâtre son Méphistophélès. Avec des qualités militaires de premier ordre, il avait des singularités de conduite, une sorte de farouche misanthropie et une langue à l'emporte-pièce qui nuisirent à sa carrière[4] Et de fait, quelques mois avant la débâcle militaire de 1870, Raabe a publié la "Théorie raisonnée du cavalier à cheval", un petit livre à couverture jaune, très répandu dans le monde militaire. Dans l'avant-propos, il y faisait mention de ses déboires quant au rejet des propositions pour faire bénéficier la cavalerie française de ses découvertes et perfectionnements en équitation.

Après vingt années d'observations et d'études constantes et progressives de la mécanique motrice du cheval, Raabe présente très complètement dans son Traité de haute équitation publié en 1863, les allures du pas, de l'amble, du trot et du galop. L’hippologie française considère que Raabe a fait en quelque sorte passer l'équitation de l'empirisme à la science.

Il est notamment l'inventeur du cadran hippique, un instrument de sa fabrication permettant de comprendre le mécanisme de mouvement des membres du cheval selon les allures. Il s'agit de deux disques de taille différente, superposés l'un sur l'autre. Le disque extérieur, le plus grand des deux, représente les membres antérieurs, l'autre, plus petit et situé au milieu du premier, représente les membres postérieurs. Un axe à deux pointes, fixé lui aussi au centre du double disque, partage les disques par moitié. Chaque disque affiche une partie noircie représentent un pied à l'appui et une partie claire représentant un pied en l'air. Par rotation du disque intérieur sur le disque extérieur, l'axe à deux pointes permet de comprendre les diverses attitudes du cheval passant de l'amble au petit trot[5]. Son élève, Étienne Barroil, en a fait une description extrêmement complète dans L'Art équestre. Traité raisonné de haute école d'équitation. Un autre de ses élèves devenu célèbres est le Colonel Henri Bonnal, auteur du traité d'Équitation paru en 1890.

Le XIXe siècle est l'époque d'une analyse scientifique poussée des mouvements du cheval, notamment par l'École d'Alfort. Les travaux du Capitane Raabe s'inscrivent dans ce cadre.

Élève de François Baucher, il est fidèle à ses principes mais y apporte également quelques nuances, notamment au niveau de l'utilisation de l'éperon auquel il préfère la cravache[2],[6],[7].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ses principaux ouvrages sont[8]:

  • Manuel équestre, contenant les modifications proposées pour rendre définitive la nouvelle méthode d’équitation provisoire approuvée par le ministre de la Guerre, pour dresser les jeunes chevaux d’après les principes de M. Baucher, le 17 décembre 1842, Douai, Imp. d’Aubers, 1845, 150 p.
  • Résumé de la Nouvelle École d’Equitation de M. Baucher, 1848
  • Examen du Cours d’Equitation de M. d’Aure (Saumur, 1852), Marseille, Imp. M. Olive, 1854, 208 p.
  • Examen du Traité de Locomotion du Cheval relatif à l’équitation de M. Daudel (Saumur, 1854), Marseille Imp. Arnaud et Cie, 1856, 74 p
  • Examen du Bauchérisme réduit à sa plus simple expression, ou l’Art de dresser les chevaux d’attelage, de dame, de promenade, de chasse etc. de M. Rul, Paris Ed. J. Dumaine, 1857, 55p.
  • Locomotion du cheval : Examen des Traités de l’Extérieur du Cheval et des principaux animaux domestiques de M. F. Lecoq et Traité de physiologie comparée des animaux domestiques de M. G. Colin, Paris, Imp. J. Dumaine, 1834-1856, 2. Vol.
  • Locomotion du cheval. Examen des allures selon M. H. Bouley, Extrait du "Nouveau dictionnaire pratique de médecine" publié par MM. H. Bouley et Reynal, Paris Éd. J. Dumaine, 1857, 62p.
  • L'Hippo-Lasso , appareil compressif servant à maîtriser le cheval, le mulet, etc. avec Adolphe Jean Baptiste Lunel, Paris, Imp. J. Dumaine,1859, 32p.
  • Examen de la théorie de la similitude des angles de M. Le General Morris (janvier 1859), Paris, 1860
  • Méthode de haute école d'équitation, avec Atlas, 19 planches : dessins, graphiques, schémas, Marseille, Imp. Camoin frères, I. vol, 1863-1864, 331p.
  • Théorie raisonnée de l'école du cavalier à cheval : à l'usage de MM. les instructeurs, Paris, imp. Champ de Mars, 1870, 288p.
  • Locomotion du cheval, cadran hippique des allures marchées, Paris, 1883.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de Paris, État-civil numérisé du VIIe arrondissement, V4E 6051, registre des décès de l’année 1889, acte no 952, vue 1/14 de la numérisation. Fils de Jean Raabe et Marianne Creuzé, époux d'Anne Carimentrant, il meurt à son domicile situé au no 62 de l'avenue Bosquet.
  2. a, b et c Henriquet 2010, p. 335
  3. Monteilhet 2009, p. 244
  4. Charles Mismer, Les Souvenirs d'un Dragon de l'armée de Crimée : avril 1854-juillet 1856, 1887
  5. Jean-Christain Ricard, Équitation, locomotion et mécanisme des allures au XIXe siècle. De la méthode graphique à la chronophotographie. In: Revue d'histoire des sciences, 1988, Tome 41 no 3-4. | p. 357-397
  6. Mennessier de la Lance 1971, p. 368
  7. Monteilhet 2009, p. 243
  8. Henriquet 2010, p. 336

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gabriel-René Mennessier de la Lance, Essai de bibliographie hippique : donnant la description détaillée des ouvrages publiés ou traduits en latin et en français sur le cheval et la cavalerie avec de nombreuses biographies d’auteurs hippiques, (1re éd. 1915-1917) (ISBN 90-6004-288-3 et 90-6004-291-3)
  • Général Albert-Eugène-Édouard Decarpentry, Équitation académique: L'Essentiel de la méthode de haute école de Raabe. Illustré par le lieutenant-colonel Margot, vol. 2, Berger-Levrault, 1957, réimpression chez Émile Hazan, Paris, 1980, 180p.
  • André Monteilhet, Les Maîtres de l’œuvre équestre : suivi de Les Mémorables du cheval, Actes Sud, coll. « Arts équestres », , 498 p. (ISBN 978-2-7427-8633-6, notice BnF no FRBNF42067464)
  • Michel Henriquet, L’œuvre des écuyers français du XVIe ou XIXe siècle, Belin, coll. « Les Grands Maîtres expliqués », (ISBN 978-2-7011-5581-4)