Château de Trois-Fontaines

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Trois-Fontaines.
Ne doit pas être confondu avec Domaine des Trois Fontaines de Vilvorde.

Château de Trois-Fontaines
Image illustrative de l’article Château de Trois-Fontaines
Le château de nos jours
Période ou style XIVe siècle
Début construction XIVe siècle
Propriétaire initial Duché de Brabant
Propriétaire actuel Région de Bruxelles-Capitale
Protection 19 novembre 1986
Coordonnées 50° 48′ 23″ nord, 4° 26′ 44″ est
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région de Bruxelles-Capitale Région de Bruxelles-Capitale
Commune Auderghem

Géolocalisation sur la carte : Bruxelles

(Voir situation sur carte : Bruxelles)
Château de Trois-Fontaines

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Château de Trois-Fontaines

Le château de Trois-Fontaines (en néerlandais : Kasteel Dry Borre) est un château, aujourd'hui en ruine, situé à Auderghem, chaussée de Wavre, no 2241, en lisière de la forêt de Soignes.

Le cadre en 1855[modifier | modifier le code]

Vu de la chaussée de Wavre qui le domine d'assez haut le Clabots vyver se présente de la manière la plus pittoresque ; sa belle nappe d'eau se détache vivement des solitudes ombragées qui l'entourent. Vis-à-vis de cet étang de l'autre côté de la route une carrière, un four à chaux et une vieille habitation indiquèrent longtemps l'emplacement de l'ancien château de Dryen Borren (Drie Borne, 1373) ou Trois Fontaines[1].

L'architecture[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, le manoir se composait d'une tour et de deux petits corps de logis à fondements de pierre et à un seul étage. La tour ou donjon était également de pierres sa porte d'entrée offrait un arc ogival, ses petites fenêtres affectaient la forme carrée et, sur le toit, on voyait une flèche. Un pont d'une arche et un pont-levis donnaient accès au château que l'eau environnait de tous côtés (Voyez un dessin d'Harrewyn dans Sanderus, Regiæ domus belgicæ).

Au maximum de son développement, il prenait la forme d'un L.

La façade arrière et la grande salle et sa cheminée gothique, encore visibles, datent du XVe siècle.

Histoire du château[2][modifier | modifier le code]

XIVe siècle : les origines[modifier | modifier le code]

La première mention du château, déjà sous le nom de Trois-Fontaines (Dryen Borren ou Drie Borne) date de 1329. Il fut la demeure du gruyer du duché de Brabant, chargé de garder les chasses du duc Jean II (mort en 1312), de ses vassaux, des ecclésiastiques et des maisons-dieux.

Construit surtout pour servir de prison aux braconniers et aux autres individus justiciables du Tribunal de la Foresterie[3] ou du Consistoire de la Trompe[4].

Le samedi avant la Nativité de saint Jean Baptiste[5] en 1355 le duc Jean III fonda dans ce château (in cappella seu oratorio castri nostri de Tribus Fontibus) une chapellenie en l'honneur de Notre Dame et de sainte Catherine ; le bénéficier devait célébrer la messe quatre fois part semaine et résider en personne dans une maison voisine des remparts (in domo cum attinentiis suis ante mœnia castri), qui avait été auparavant occupée par le cuisinier du duc Godefroid. Jean III dota ce bénéfice d'un revenu consistant en 15 vieux écus, 10 petits florins de Florence, 12 muids de seigle, 50 mesures de bois, 25 muids de charbon et octroya au possesseur le droit de faire pâturer dans la forêt 4 vaches ou 4 juments.

En 1373, le bourgmestre de Louvain y conduisit Arnoul Van Redingen[6] qu'il avait arrêté à Vorde près du Loo (Vorde bij der Loo) mais la ville de Louvain s'étant plainte parce que ses bourgeois ne pouvaient être emprisonnés hors de ses murs le duc Wenceslas n'eut d'autre choix que d'ordonner au maire de relâcher Arnoul, le jour de Saint George en 1373. Cependant en 1377, par ordre du duc lui-même, on commit la même infraction aux privilèges de Louvain et celle-ci ne put en obtenir justice[7].

XVe siècle[modifier | modifier le code]

Le 13 septembre 1446 Philippe le Bon unit cette chapellenie à la mense conventuelle des religieux de Saint-Jacques sur Caudenberg à la demande de son prévôt, Gilles Strael[8], et pour compenser les importantes pertes financières causée au couvent par la fluctuation de la valeur des monnaies. En outre, comme la chapelle du château tombait en ruine (ob ruinæ cappellæ) le duc déclara que les messes qui s'y disaient se célébreraient dorénavant dans la chapelle de sa maison de Boitsfort (in cappella domus nostre de Boutsfort) jusqu'à ce qu'on eût restauré le premier de ces oratoires ou disposé autrement de la chapellenie [9].

En 1446, des Liégeois avaient été incarcérés à Trois Fontaines mais ils s'échappérent et le conseil de Brabant leur accorda des lettres de sauf-conduit afin qu'ils pussent venir à Bruxelles et faire valoir leurs droits (26 avril).[réf. nécessaire]

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Castrum trium fontium, vulgo Dry Borren

Sous le règne de Philippe II la prison fut entièrement désolée, brûlée et ruinée. Un sergent de la forêt Philippe De Meestere obtint à cette époque l'autorisation d'y élever une hutte jusqu'à nouvel ordre et à la condition de veiller sur les matériaux restants afin que l'on pût les utiliser plus tard (13 décembre 1585).

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

En vertu de lettres patentes du 6 août 1680, accordées au gruyer Madoets[10], cet officier était de droit concierge ou châtelain des Trois Fontaines, qu'il devait entretenir, ainsi que le déclara le conseil des finances le 25 du même mois. Dans les derniers temps, le gruyer était aussi, d'ordinaire, le lieutenant du grand veneur.

XVIIIe siècle : désaffectation[modifier | modifier le code]

En 1730, la nouvelle chaussée de Wavre se terminait à la hauteur du château - avant d'être prolongée jusque Jezus-Eik après 1736. On le voit clairement signalé sur la carte de Ferraris[11].

Depuis le XVIe siècle, le château était donc utilisé comme prison, principalement pour les braconniers et des voleurs de bois, mais, le 6 mai 1786 les archiducs Albert et Marie-Christine ordonnèrent que les prisonniers du château soient dorénavant détenus dans les prisons de la porte de Laeken à Bruxelles.

Charles Théodore de l'Escaille fut donc le dernier warantmaître (ou gardien des chasses) à occuper les lieux ; sa fonction est supprimée par Joseph II en 1793. Trois Fontaines fut alors abandonné et tomba en ruine.

XIXe siècle : privatisation[modifier | modifier le code]

Le château continua de s'endommager. En 1822, le domaine est inclus au domaine de la Société générale de Belgique - qui acquiert alors l'ensemble de la forêt de Soignes. Elle vendit les restes du donjon et le bâti restant devient une ferme. Elle appartint à Josse Devisser en 1832, aux Marnix en 1845 et aux Vinck à partir de 1882.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

De 1901 à 1906, le domaine appartient à François Sombrijn. L'État belge achète la propriété en 1906, en vue de le protéger et y loge des ouvriers.

L'asbl Conseil de Trois-Fontaines fait restaurer le château entre 1973 et 1976 et y organise des expositions autour du thème de la forêt de Soignes. Il est géré par l'Institut bruxellois pour la gestion de l'environnement depuis 1973. En 1986, les restes du château sont classés comme monument, par arrêté royal du 19 novembre 1986 (ref. 2232-0010/0)[12].

Depuis 1991, le château est la propriété de la Région de Bruxelles-Capitale.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Depuis mars 2014, le bien relève de la régie des bâtiments de la Région de Bruxelles-Capitale.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Les Chasses de Maximilien. Avril (vers 1532).
  • v. 1532 (ci-contre). La plus ancienne représentation connue du château figure sur la tapisserie consacrée au mois d'avril de la série dite Les Belles Chasses de Maximilien[13].
  • 1659. Lucas Vorsterman le Jeune (1624-1667)[14] Castrum trium fontium, vulgo Dry Borren, gravure, représentation du château en 1659 en ligne.
  • 1659. gravure ancienne publiée par Antoine Sandérus (1586-1664).
  • XIXe siècle. Paul Vitzthumb (1761–1838, fils d'Ignaz Vitzthumb), Vue du chastel dit Dry Borren.
  • XXIe siècle. Photo de Lander Loeck, en ligne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vanessa Lhuillier, Le château des Trois Fontaines en ruines, Le Soir, , p. 26 et en ligne.
  • Didier Gosuin, La gestion du château des Trois Fontaines, question à la ministre, 22 octobre 2010, en ligne.
  • Louis Schreyers, Irène Arquin, Les cinq châteaux d'Auderghem, Demeures Historiques & jardins, 2008, no 160.
  • Philippe Farcy, 100 châteaux de Belgique connus et méconnus, volume 4, éditions Aparté, 2005.
  • Sander Pierron, Château des Trois-Fontaines, in : Histoire de la forêt de Soigne [sic], Bruxelles, Imp. scientifique Charles Bulens, 1905, p. 280-286.
  • Théodore Augustin Mann, Abrégé de l'histoire ecclésiastique, civile et naturelle de la ville de Bruxelles et de ses environs (...), volume 2, Bruxelles, Lemaire, 1785, p. 234.
  • Jean-Claude Vitoux, Le château des Trois Fontaines, en ligne.
  • ReflexCity, Ancien château Les Trois-fontaines, en ligne
  • Légendes et symboles des arbres au Château des Trois-Fontaines, Auderghem, Conseil des trois Fontaines asbl, Bruxelles, 1993, 87 p., ill.
  • Les amis de la forêt de Soignes ardents défendeurs d'une prison médiévale unique au cœur de la forêt, Vues sur Soignes, automne-hiver 2014, p. 5.
  • Histoire du château, en ligne.

Il est par ailleurs utile de renvoyer aux ouvrages retraçant l'histoire de la forêt de Soignes. Nous renvoyons à cet article mais citons en particulier les ouvrages suivrant utilisés pour la rédaction de cet article.

  • Michel Maziers, Histoire d'une forêt périurbaine. Soignes sous la coupe de la Société générale, 1822-1843, éditions de l'Université libre de Bruxelles, 1994, 144 p.
  • L. Everaert, La construction des chaussées pendant l'Ancien régime dans la forêt de Soignes [catalogue d'exposition], Bruxelles, La royale belge et Conseil de Trois-Fontaines, 1987.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Alphonse Wauters, Histoire des environs de Bruxelles, 1855.
  • Roland Mortier, Hervé Hasquin (dir.), Parcs, jardins et forêts au XVIIIe siècle, éditions de l'Université libre de Bruxelles, 1997.

Accessibilité[modifier | modifier le code]

  • Bus 41, arrêt Sacré-Cœur/Heilig-Hart.
  • Bus 72, arrêt ADEPS.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Alphonse Wauters, Histoire des environs de Bruxelles, vol. 3, Vanderauwera, 1855, p. 360.
  2. La base de cet aperçu historique est le texte d'Alphonse Wauters publié dans Histoire des environs de Bruxelles, vol. 3, Vanderauwera, 1855, p. 360-361. Les recherches d'Alphonse Wauters se limitent à 1786.
  3. (...) le tribunal de la foresterie qui avait été institué vers 1400, pour la conservation des forêts domaniales et surtout des bois de Soignes (...), P. Le Roy, 1885, p. 278) ; M. Van Haegendoren, Inventaire des Archives de la Foresterie de Brabant, Bruxelles, Archives de l'État, voir en ligne.
  4. (...) le consistoire de la Trompe avait pour mission de surveiller l'exécution des règlements sur la chasse et la pêche et de protéger les droits de la couronne des corporations et des propriétaires. (...) Il était composé du Grand veneur de Brabant, toujours choisi dans une des principales familles du pays, du Gruyer, appelé aussi maître des garennes ou Warantmeester, et de sept juges ou hommes de fief de la Trompe. A. Wauters, La maison du Roi ou la Maison au pain à Bruxelles, Messager des sciences historiques de Belgique, Gand, imp. de Léonard Hebbelynck, 1842, p. 17. Voir aussi Theodore Augustine Mann, Abrégé de l'histoire ecclésiastique, civile et naturelle de le ville de Bruxelles et de ses environs (...), partie seconde, Bruxelles, Lemaire, 1785, p. 99.
  5. Cette fête tombe le 24 juin.
  6. S'agit-il de ce marchand de Louvain ?
  7. Divæus, Annales oppidi Lovanensis libri, I, III, p. 27.
  8. Voir l'empreinte de son sceau en 1463 aux Archives de l'État de Belgique, Bruxelles, I 347 - 10956.
  9. Historia ms ecclesiæ B. Jacobi, in Caldenberga. - Registre aux chartes de la chambre des comptes, no 1, f° 90, et n° III, f° 16.
  10. Jacques Louis Madoets, seigneur de Boetsfaert, capitaine d'infanterie, puis échevin, surintendant, et trésorier de la ville de Bruxelles, pourvu des états de lieutenant Grand veneur, châtelain de Trois-Fontaines, de Gruyer, Watergrave et Pluymgrave du Pays et Duché de Brabant par trois lettres patentes du 6 août 1680. V. Christophe Butkens, Trophées tant sacrés que profanes du duché de Brabant, tome second, La Haye, Chrétien Van Lom, 1726, p. 250
  11. Voir ici
  12. Voir aussi le Registre du patrimoine immobilier protégé dans la Région de Bruxelles-Capitale, p. 11.
  13. Il s'agit d'une série de 12 tapisseries, représentant des scènes de chasse dans le duché de Brabant, chacune associée à un mois et à un signe du zodiaque. Les cartons en ont été dessinés par Bernard van Orley (1488-1541) et les tapisseries exécutées entre 1531 et 1533 ; elles sont aujourd'hui (2014) la propriété du Louvre, en ligne. Voir : Véronique Van de Kerckhof, Le peintre et l'arpenteur : images de Bruxelles et de l'ancien duché de Brabant, p. 273 ; Joséphine Schouteden Wery, L'art et la vie dans les tapisseries des "Belles chasses de Maximilien", 1937.
  14. À ne pas confondre avec son père, Lucas Vorsterman.
  15. Vérifier si la gravure n'est pas déjà insérée dans les éditions antérieures des Trophées - éventuellement grâce au travail d'un autre graveur. En particulier, le Supplément de 1726 est un ajout en deux volumes à l'édition la plus connue de l'ouvrage, parue en 1724, en deux volumes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]