Château de Crosville-sur-Douve

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Château de Crosville-sur-Douve
Crosville-sur-Douve - Château (1).JPG
La façade.
Présentation
Type
Construction
XVe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Patrimonialité
Classé MH (partie en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Localisation
Adresse
Coordonnées

Le château de Crosville-sur-Douve est une ancienne demeure fortifiée, du XVe siècle, remaniée à plusieurs reprises, qui se dresse sur la commune de Crosville-sur-Douve dans le nord du département de la Manche, en région Normandie.

De nombreuses manifestations sont organisées dans ce cadre dont les Journées des plantes franco-britanniques qui se tiennent en avril.

Le château fait l'objet d'un classement partiel au titre des monuments historiques par arrêté du [1].

Localisation[modifier | modifier le code]

Le château est situé à 300 mètres au sud de l'église Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Crosville-sur-Douve, en bordure des marais du Cotentin, dans le département français de la Manche.

Historique[modifier | modifier le code]

Il existait sur le site une première maison forte construite au XIe siècle, qui tenait lieu de poste avancé de la forteresse de Saint-Sauveur-le-Vicomte[2]. Il n'en subsiste aucun vestiges.

Selon la tradition, un certain Raoul Boudet, seigneur de Crosville, aurait accompagné, en 1066, Guillaume le Conquérant, lors de la conquête de l'Angleterre[3]. Quoi qu'il en soit, les Boudet résidèrent au château jusqu'en 1742[4].

C'est en 1403[4], que Jean Boudet, écuyer, fils de Nicolas Boudet (compagnon d'armes de Geoffroy d'Harcourt), est seigneur de Crosville[3]. C'est probablement à ce dernier que l'on doit la construction des parties les plus anciennes de l'actuel manoir, comme le donjon, la tour d'angle et la porterie. Les Boudet, par la suite, renforcèrent leur prestige grâce à des alliances avec notamment les familles Ravalet et Franquetot.

Le corps de logis fut certainement érigé par Jean V de Crosville[note 1], chambellan du prince de Condé[5]. Mort, en 1630, sans avoir terminé son château, c'est son fils Jean VI de Crosville qui en poursuit l'édification[6].

Au XVIIIe siècle[7], Jean-Baptiste de Crosville, nommé Président de la Chambre des comptes du Parlement de Normandie, alors seigneur des lieux, délaisse le château, trop éloigné à présent de Rouen, ou il exerce sa nouvelle charge. À partir de 1742, au décès de Jean-Baptiste, sans enfants[7], les propriétaires se succèdent et le château devient le centre d'une exploitation agricole et commence à se dégrader. Le logis est transformé en greniers et bâtiment agricole[8].

Pendant l'occupation, les Allemands construisirent, derrière le pignon est du château, une rampe de lancement de V1 qui employa 150 prisonniers Russes, des femmes et des jeunes, dont beaucoup seraient mort du typhus sous la surveillance de 250 Allemands. À l'arrivée des Américains, la rampe n'était pas achevée[9].

La famille Lefol, habitant dans le Cher, étaient depuis 1932 les fermiers du château. En 1979, le marquis de la Chapelle-Crosville, propriétaire du château et qui n'y faisait aucun entretien, reçut un avis d'expropriation et décida de mettre l'ensemble en vente. Cinq ans plus tard, n'ayant trouvé aucun acheteur, fin 1984, il propose de vendre le domaine à la famille Lefol avec les 70 hectares de la ferme du château qu'il exploitaient, contre la somme de 1,1 million de francs. L'acte sera signé le printemps suivant. Dès le début de l'été après un sommaire nettoyage et de menues réparations, le château est ouvert au public et accueille 800 visiteurs. Afin de trouver des subventions, divers dossiers sont déposés et en 1986, Michèle Lefol obtient le prix départemental des VMF, puis en 1988, le prix national, et toujours en 1988, le grand prix de la Fondation de France, puis le prix de la vocation de la Fondation Bleustein-Blanchetetc. Après de nombreux articles dans la presse, et un reportage du magazine télévisé Des racines et des ailes, l'argent des prix et les subventions publiques ont permis d'engager les premiers travaux de restauration. Six ans après, la charpente était refaite à 70 % avec une toiture toute neuve[9]. Les gros travaux se poursuivront jusqu'en 2002, reste aujourd'hui à rénover l'intérieur.

Description[modifier | modifier le code]

Le château de Crosville se présente sous la forme d'un long corps principal de deux étages sur rez-de-chaussée, ce dernier peu élevé. Sa façade s'éclaire par de hautes fenêtres à meneaux surmontées de frontons triangulaires, à la mode au début du XVIIe siècle[10]. Les combles prennent le jour par des petites lucarnes à double ouverture. Ce logis s'appuie sur le donjon circulaire du XVe siècle sur lequel est venue s'accoler une tourelle d'escalier en encorbellement au XVIe siècle[11]. Des éléments défensifs, il subsiste des embrasures de tirs dans la tourelle qui surveille la porte d'entrée ainsi que dans le donjon rond, datés tous les deux du XVe siècle[12].

À l'intérieur, on peut remarquer dans le pavillon central, l'escalier monumental en granit à double volée qui dessert les différents niveaux, et à l'étage, dans la grande salle, une cheminée monumentale en pierre reposant sur quatre colonnes corinthiennes, qui arborait les armes du seigneur du lieu malheureusement bûché à la Révolution. Cette dernière est d'un style proche de la cheminée située à l'étage du château du Dick dans ce qui fut la salle d'apparat.

Toujours dans la grande salle du premier étage, la cheminée est surmontée, d'un plafond aux poutres apparentes, qui comporte des cartouches représentant des scènes mythologiques s'inspirant des Métamorphoses d'Ovide, accolées de rinceaux à volutes végétales, peints en 1654[7].

On accède au château après avoir franchi une porte double charretière et piétonne à double arcades.

Ont peut encore voir à l'extérieur, deux pavillons percés de fenêtres à meneaux, surmontées de frontons triangulaires, qui bornaient, au nord du domaine, un jardin d'agrément. Restaurés, ils ont reçus une nouvelle charpente.

Les châteaux de Crosville, Chiffrevast et Saint-Martin-le-Hébert présentent une certaine analogie tant du point de vue architecturale que décoratifs, qui laisse penser que ces constructions « monumentales » appartiennent à une même école architecturale cotentinaise couvrant la fin du XVIe et le début du XVIIe siècle[13].

Protection[modifier | modifier le code]

Sont classés[1] :

  • le château, en totalité ;
  • les façades et toitures des communs, ainsi que les deux cheminées du commun est ;
  • la cour ;
  • l'assiette du jardin et ses murs de clôture ;
  • la porterie et sa tourelle ;
  • les deux pavillons d'angle du jardin.

Visite[modifier | modifier le code]

Le château est ouvert à la visite tous les après-midis, d'avril à fin octobre. Les salles du château sont disponibles à la location pour des réceptions.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les nombreuses armoiries de la famille de Crosville que l'on trouvait à plusieurs endroits du château, dont celles qui étaient sur la cheminée de la salle d'apparat, furent toutes bûchées pendant la Révolution.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Château », notice no PA00110389, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. « Secrets de châteaux et manoirs - Cotentin - Saint-Lô - Coutances », La Presse de la Manche, no Hors-série,‎ , p. 85 (ISBN 979-1-0937-0115-8).
  3. a et b André Davy, Les barons du Cotentin, Condé-sur-Noireau, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits et introuvables du patrimoine Normand », , 319 p. (ISBN 978-2-9145-4196-1), p. 63.
  4. a et b Hébert et Gervaise 2003, p. 163.
  5. Hébert et Gervaise 2003, p. 17, 163.
  6. Girard et Lecœur 2005, p. 20.
  7. a b et c Hébert et Gervaise 2003, p. 164.
  8. Histoire du château.
  9. a et b Secrets de châteaux et manoirs, 2008, p. 86.
  10. Norbert Girard et Maurice Lecœur, Trésors du Cotentin : Architecture civile & art religieux, Mayenne, Éditions Isoète, , 296 p. (ISBN 978-2-9139-2038-5), p. 190.
  11. Girard et Lecœur 2005, p. 193.
  12. Secrets de châteaux et manoirs, 2008, p. 87.
  13. Girard et Lecœur 2005, p. 8.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Hébert et André Gervaise, Châteaux et Manoirs de la Manche, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, (ISBN 978-2-847-06143-7), p. 163-166.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]