Centrale nucléaire de Kozlodouy

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Centrale nucléaire de Kozlodouï
Image illustrative de l'article Centrale nucléaire de Kozlodouy
Administration
Pays Drapeau de la Bulgarie Bulgarie
Lieu Kozlodouï
Coordonnées 43° 44′ 44″ N 23° 46′ 20″ E / 43.745547, 23.77233 ()43° 44′ 44″ Nord 23° 46′ 20″ Est / 43.745547, 23.77233 ()  
Année de construction 1970
Date de mise en service 28 octobre 1974

1974 (réacteur 1)
1975 (réacteur 2)
1980 (réacteur 3)
1982 (réacteur 4)
1987 (réacteur 5)
1991 (réacteur 6)

Statut Opérationnelle
Réacteurs
Type REP (VVER-440 et 1000)
Réacteurs actifs Réacteurs 5 & 6 (2x REP VVER 1000)
Puissance nominale 1,920 MWh
Production d’électricité
Production annuelle d'électricité 8,884 GWh
Divers
Source froide Danube
Site web http://www.kznpp.org/

Géolocalisation sur la carte : Bulgarie

(Voir situation sur carte : Bulgarie)
Centrale nucléaire de Kozlodouï

La centrale nucléaire de Kozlodouï est située à Kozlodouï (Bulgarie) sur le bord du Danube à la frontière de la Roumanie. Il s'agit de la seule centrale nucléaire bulgare, elle couvre 35 % de la consommation électrique du pays[1].

Quatre anciens réacteurs de Kozlodouï, de 440 MW chacun, ont été fermés en 2002 et 2006 par souci de sécurité, sous la pression de l'Union européenne à la suite de la demande de l'Association des autorités de sûreté nucléaire des pays d’Europe de l’Ouest (WENRA). En 2011, Kozlodoui exploite encore deux réacteurs, les tranches 5 et 6, de type VVER et de 1 000 MW chacun[2].

Caractéristiques des réacteurs[modifier | modifier le code]

Réacteur Type Puissance Début des travaux Mise en service Arrêt définitif
Kozloduj-1 WWER-440/230 440 MW 1970 1974 2002
Kozloduj-2 WWER-440/230 440 MW 1970 1975 2002
Kozloduj-3 WWER-440/230 440 MW 1973 1981 2006
Kozloduj-4 WWER-440/230 440 MW 1973 1982 2006
Kozloduj-5 WWER-1000/320 1.000 MW 1980 1988 (2018)
Kozloduj-6 WWER-1000/320 1.000 MW 1982 1993 (2023)

Incidents[modifier | modifier le code]

Le 4 mars 1977, au moment du tremblement de terre de Vrancea en Roumanie qui fit 1 500 victimes, la centrale a été arrêtée manuellement.

En septembre 2001, les autorités bulgares ont reconnu pour la première fois, un récent incident nucléaire à la centrale de Kozlodouï et une « tendance inquiétante à la dégradation de la sécurité » dans cette centrale. En réaction, la Roumanie a dénoncé l'aggravation de la dégradation de la sécurité et demandé l'accès de ses experts à la centrale.

Le 10 juillet 2002, des fumées sont apparues dans la gaine d'isolation d'une conduite de la tranche 2. La panne, « qui ne trouve pas son origine dans un incendie », a été détectée dans la salle des machines du réacteur, « dont la sécurité n'a pas été affectée », a indiqué la centrale dans un communiqué.

Le 17 juillet 2002, une tempête a mis hors-service l'une des six tranches de la centrale nucléaire de Kozlodouï. La direction de la centrale a précisé qu'il n'y avait pas eu de fuites radio-actives.

En mars 2006, la tranche 5 à 1000 MW a été arrêtée après une panne de la chaîne électrique, sans provoquer de fuite radioactive. La panne a été classée au niveau 1 sur l'échelle internationale des incidents nucléaires (Échelle INES). Selon l'expert Gueorgui Kastchiev, « il y a eu un blocage massif des systèmes de protection sans précédent de l'histoire mondiale de l'énergie atomique », ce qui correspond selon lui à « un incident des 2e ou 3e niveau » sur l'INES. Selon le directeur de la centrale, « Vingt-deux des 62 dispositifs de protection (de la centrale) ne fonctionnaient pas » au moment de la panne mais sans qu'« il n'y ait de danger d'explosion ».

Fin avril 2011, une hausse du niveau de radioactivité a été enregistrée dans l'enceinte de confinement dans le circuit primaire du réacteur numéro 5 lors d'une maintenance. C'est une hausse du niveau de gaz radioactif xénon (Xe 133) qui a été constatée lors de travaux dans le circuit primaire du réacteur 5 alors que la centrale était apparemment à l'arrêt. Le personnel a été évacué mais a cependant été exposé à des radiations de moins de 0,05 mSv (millisieverts) soit un dixième de la dose annuelle autorisée (0,5 mSv). L'incident a été classé niveau 0[3]. Le niveau de radioactivité est revenu à la normal le 26 avril vers 6 heures du matin[4].

Le 26 mai 2012, le réacteur n°6 a été mis à l'arrêt, à la suite de l'activation automatique d'un système de protection de son générateur[5]

Fermeture des réacteurs[modifier | modifier le code]

En 2002, les deux réacteurs les plus anciens, 1 et, 2 ont été fermés sur demande de l'Union européenne.

Dans la période 1990-2000, les réacteurs 3 et 4, initialement prévus pour être exploités jusqu'au 2011 et 2013 respectivement, ont subi des améliorations notables de sécurité. Les réacteurs 3 et 4 (440 mégawatts chacune) ont été équipés d'un système de condensation supplémentaire. Les rapports de IAEA et WANO (World Association of Nuclear Operators) ont confirmé qu'il n'existe pas de raisons techniques pour leurs fermetures. Le gouvernement, fort de ce soutien, avait demandé à la Commission européenne un report de la fermeture ; cela s'est avéré impossible, pour des raisons à la fois légales et politiques. Les réacteurs 3 et 4 ont été fermés dans les quelques dernières heures de 2006 (31 décembre 2006 à 22h), juste avant l'entrée dans l'Union européenne. L'Union européenne a prévu des compensations de 210 millions d'euros pour la fermeture de ces quatre réacteurs.

Avant la fermeture de réacteurs 3 et 4, la centrale nucléaire de Kozlodouï assurait 44 % de la production d'électricité du pays.

Mouvement antinucléaire[modifier | modifier le code]

Depuis 2008, le physicien nucléaire Guéorgui Kotev, qui a travaillé dans la centrale de Kozlodouy comme expert pendant dix-sept ans, dénonce des malversations portant sur plusieurs centaines de millions d'euros, l'insécurité du site et des risques écologiques énormes[6].

Selon Atanas Tchobanov, fondateur du site BalkanLeaks - petit frère bulgare du site Wikileaks - le "lobby nucléaire" bulgare serait une criminalité organisée infiltrant l'Etat bulgare, ce qui est selon lui confirmé par l'analyse de l'ambassadeur américain à Sofia, James Pardew, publiée dans un télégramme "confidentiel" de 2005 et dévoilé en 211 par BalkanLeaks[7].

Projet d'un nouveau réacteur[modifier | modifier le code]

En décembre 2014, le gouvernement bulgare ouvre les négociations entre la Holding bulgare de l’énergie (BEH) et le groupe Toshiba pour la construction d’un nouveau réacteur nucléaire de type AP 1000[8]. En juillet 2014, Westinghouse, filiale du groupe Toshiba, négocie un contrat d’au moins 500 milliards de yens (3,6 milliards d’euros) portant sur la construction de ce nouveau réacteur dont la mise en service est prévue en 2025[9].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références