Programme nucléaire des États membres de l'Union européenne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Le programme nucléaire de l'Union européenne s'incarne en particulier dans Euratom. Bien que le nucléaire relève de la souveraineté des États-membres, l'UE poursuit une politique générale, notamment vis-à-vis de l'extérieur. Elle est ainsi membre du projet ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) à Cadarache, France, qui vise à démontrer la faisabilité de la fusion nucléaire comme nouvelle source d'énergie civile. D'autre part, elle a signé plusieurs accords de coopération sur l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, notamment avec les États-Unis, le Canada, l'Australie et le Kazakhstan, ainsi qu'avec l'Ouzbékistan, l’Ukraine et le Japon[1]; par ailleurs, le Conseil de l'Union européenne a donné en son feu vert à la Commission pour la négociation d'un accord avec la Russie[1].

En 2008, 15 États membres de l'UE avaient une industrie nucléaire en activité (la Belgique, la Bulgarie, la République tchèque, la Finlande, la France, l'Allemagne, la Hongrie, la Lituanie, les Pays-Bas, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, l'Espagne, la Suède et le Royaume-Uni). 146 centrales nucléaires sont en activité sur le territoire de l'UE[1], et l'énergie nucléaire compte pour 15 % de l'électricité produite en Europe[1].

À la suite de la catastrophe de Tchernobyl en 1986, le Conseil européen a mis sur place un Système européen d'échange d'informations en cas d'urgence radiologique, qui est dirigé par la Commission européenne.

En 2020, le Royaume-Uni quitte l’Union Européenne.

Communauté européenne de l'énergie atomique[modifier | modifier le code]

Le traité de Rome de 1957 a institué la Communauté européenne de l'énergie atomique (CEEA), dont les organes exécutifs ont fusionné avec ceux de la Communauté économique européenne et de la Communauté européenne du charbon et de l’acier par le traité de fusion des exécutifs communautaires de 1968. La CEEA devait coordonner les recherches sur l'énergie nucléaire. Depuis le traité de Lisbonne, l'Euratom est aujourd'hui sous l'autorité directe de l'Union européenne car il n'existe plus de piliers.

Projets nucléaires entre États membres de l'UE[modifier | modifier le code]

Le réacteur à neutrons rapides, Superphénix, conçu en coopération entre l'Allemagne, l'Italie, et la France, a fonctionné entre 1986 et 1998 par intermittence. La fermeture de l'installation a été décidée en 1998.

Un autre projet inter-européen actuellement en cours est le Réacteur pressurisé européen.

Politique nucléaire des différents États membres de l'UE[modifier | modifier le code]

Plusieurs pays, majoritairement européens, ont suspendu la production d’énergie d'origine nucléaire à la suite de la catastrophe de Tchernobyl et de celle de Fukushima. L’Autriche, le Danemark, la Grèce, l’Irlande et la Norvège ont proscrit tout nouveau projet de construction. La Pologne avait même arrêté la construction d’une centrale.

La Belgique, les Pays-Bas, l’Espagne et la Suède ont décidé de ne pas construire de nouvelle centrale, mais continuent d’exploiter les centrales existantes. L’Allemagne va encore plus loin en fermant volontairement des centrales avant leur date théorique de fin d’activité, dans le cadre d’un plan de « sortie du nucléaire » qui doit s’achever vers 2018 s’il n’est pas remis en cause entre-temps.

Allemagne[modifier | modifier le code]

En 2000, le gouvernement allemand a officiellement annoncé son intention d’arrêter l’exploitation de l’énergie nucléaire. Jürgen Trittin (Alliance 90 / Les Verts), ministre de l’environnement, de la protection de la nature et de la sécurité nucléaire, a conclu un accord avec les compagnies productrices d’énergie en vue de l’arrêt progressif des dix-neuf centrales nucléaires allemandes avant 2020. En considérant qu’une centrale a une durée de vie de 32 ans, l’accord prévoit précisément combien d’énergie chaque centrale produira avant sa fermeture.

Les centrales de Stade et d’Obrigheim ont été arrêtées le et le – le début du démantèlement est programmé pour 2007.

En 2011, à la suite de l'accident de Fukushima, l'Allemagne décide d'arrêter toutes ses centrales nucléaires avant fin 2022[2],[3].

Autriche[modifier | modifier le code]

La firme allemande Kraftwerk Union a commencé la construction de la centrale nucléaire de Zwentendorf en 1972, mais le rejet de l'opinion publique a coupé court à ce projet. La centrale n'a donc jamais fonctionné, et le Parlement a voté, le , une loi interdisant l'usage de l'énergie nucléaire, ainsi que le stockage et le transport de matériau radioactif sur le territoire national[4]. Une nouvelle loi confirmant cette orientation a été votée le [5]. La production d’énergie nucléaire sur le sol autrichien est anticonstitutionnelle, mais l’Autriche en importe 6 % de sa consommation électrique[6].

Belgique[modifier | modifier le code]

La politique d’arrêt du nucléaire a été annoncée en par la coalition au pouvoir à cette époque, formée par les partis libéraux, socialistes et écologistes. Cette coalition a promulgué la loi de sortie du nucléaire le [7]. Cette loi prévoit la fermeture de chacun des sept réacteurs après 40 ans d'exploitation commerciale et interdit de construire de nouveaux réacteurs (sauf cas de force majeure). Ces fermetures s'échelonneront entre 2015 et 2025.

Lors de leur promulgation, quelques citoyens ont prédit qu’elles seraient abrogées quand un gouvernement sans écologistes serait élu, mais entre 2003 et 2007 un gouvernement sans écologistes n’a pas modifié ces dispositions — peut-être à cause de l’événement de la centrale de Tihange, le , qui a changé l’opinion publique sur la question du nucléaire. Les discussions autour de l'énergie nucléaire ont toutefois été relancées à partir de 2006.

Espagne[modifier | modifier le code]

En Espagne un moratoire a été adopté par le gouvernement socialiste en 1983 et la planification d’un arrêt progressif est discutée à nouveau.

Finlande[modifier | modifier le code]

Un EPR est en cours de construction, 2 nouvelles centrales nucléaires sont à l’étude, la planification d’une autre centrale supplémentaire a été rejetée par le parlement[8].

France[modifier | modifier le code]

EDF (121 GWatt dans le Monde, 100 GWatt en France) produit 78 % de son électricité en France grâce à 58 réacteurs nucléaires.

La loi publiée au JO du (17 articles) impose 10 % d’énergie renouvelable à horizon 2010, complétée par la définition des zones de développement de l’éolien (ZDE) remplaçant le thermique classique, et impose aussi le maintien du nucléaire en 2020 en décidant la création d'un EPR (European Pressurized Reactor) de test à Flamanville à l'horizon 2015.

Un rapport sur la faisabilité du traitement des déchets radioactifs a été commandé par le gouvernement français (cf. loi Bataille du ). Ce rapport a donné lieu à la loi du qui organise la poursuite de la recherche pour la gestion des déchets HAVL.

Irlande[modifier | modifier le code]

En Irlande une centrale nucléaire a été proposée en 1968. Elle aurait dû être construite pendant les années 1970 à Carnsore Point dans le County Wexford. Le programme, qui prévoyait aussi 4 autres réacteurs, a été abandonné après une forte opposition des associations de protection de l’environnement. L’Irlande n’a donc jamais utilisé d’énergie nucléaire.

Italie[modifier | modifier le code]

L’Italie a choisi par voie référendaire en 1986, à la suite de la catastrophe de Tchernobyl, d’arrêter définitivement ses quatre réacteurs nucléaires. Après un moratoire sur l’énergie nucléaire le dernier réacteur a été fermé en 1990.

Néanmoins, lors de son premier Conseil des Ministres de troisième mandat à Naples (), Silvio Berlusconi a déclaré que Rome reconsidérait la question du nucléaire, compte tenu de la flambée des prix du pétrole.

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

En 1994, le Parlement néerlandais a décidé de ne plus utiliser l’énergie nucléaire après un débat sur le traitement du combustible usé et le stockage des déchets nucléaires. Le réacteur de Dodewaard a été arrêté en 1997.

Le Parlement a aussi décidé d’arrêter le réacteur de Borssele fin 2003, mais cette décision a finalement été repoussée à 2013, avant d'être annulée en 2005.

Des recherches d’exploitation du nucléaire ont été lancées. Le changement de politique a été précédé par la publication du rapport de l’Alliance démocratique chrétienne sur l’énergie soutenable.

En outre, les Pays-Bas ont mis en service un entreposage de longue durée pour les déchets à vie longue.

Pologne[modifier | modifier le code]

Après avoir abandonné la construction de la centrale nucléaire de Żarnowiec (Elektrownia Jądrowa Żarnowiec)[9], la Pologne envisage maintenant de se doter de deux centrales nucléaires de 3 000 mégawatts chacune d'ici à 2024[10],[11].

Roumanie[modifier | modifier le code]

La Roumanie a inauguré, en , le second réacteur nucléaire du pays dans la centrale de Cernavoda, 10 ans après le lancement du premier. En 2014, la Roumanie prévoit de produire 2/3 de son électricité à partir de l'eau. L'énergie nucléaire devrait contribuer à 17 ou 18 % de la production électrique du pays. Le second réacteur de Cernavoda a été construit par Atomic Energy of Canada et le groupe italien Ansaldo. 2 autres réacteurs devraient suivre[12].

Slovaquie[modifier | modifier le code]

La Slovaquie envisage de réutiliser le site de son ancien réacteur V1, arrêté fin , à Bohunice, pour y construire une nouvelle centrale.

De plus, Enel va achever d'ici 2012 la construction du troisième et du quatrième réacteur sur le site de Mochovce. Il serait aussi prévu d'augmenter la puissance des réacteurs 1 et 2 de la centrale de Mochovce de 880 à 940 MW.

Enfin, il est également envisagé de construire une nouvelle centrale sur le site de Kecerovce, à l'est de la Slovaquie[13].

Slovénie[modifier | modifier le code]

La décision sur le prolongement de la durée de vie de l'unique centrale nucléaire de Krsko devrait être prise en 2013 après une inspection majeure de l'état de la centrale[14].

Suède[modifier | modifier le code]

Un référendum a suivi en 1979 l’accident nucléaire de Three Mile Island survenu aux USA. Le parlement a interdit dès 1980 la construction de nouveaux réacteurs nucléaires et a fixé la date limite d’exploitation des centrales existantes à 2010.

Après la Catastrophe de Tchernobyl (), la question de la sécurité nucléaire a été de nouveau discutée et l’arrêt des deux réacteurs de Barseback décidé, l’un en , l’autre avant .

Le gouvernement suivant a essayé de relancer le programme nucléaire mais, à la suite de protestations, y a renoncé et décidé de repousser l’échéance à 2010. À Barseback, le premier réacteur a été fermé le et le second le .

En , Areva a remporté deux contrats portant sur la modernisation de la tranche 2 de la centrale d'Oskarshamn et l'extension de la durée de vie de la tranche 4 de la centrale de Ringhals[15].

Références[modifier | modifier le code]

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]