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Catherine de Valois-Courtenay

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Catherine de Valois-Courtenay
Titres de noblesse
Impératrice titulaire de Constantinople
Reine consort d'Albanie
Princesse d'Achaïe
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Activité
Famille
Père
Mère
Fratrie
Conjoint
Philippe Ier de Tarente (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Blason.

Catherine II de Valois-Courtenay né en 1303 et décédée en octobre 1346, est une impératrice titulaire de Constantinople, fille de Charles de France, comte de Valois, et de Catherine de Courtenay. Elle fut également reine consort d'Albanie, princesse consort d'Achaïe et de Tarente, régente d'Achaïe de 1322 à 1341 et gouverneure de Céphalonie de 1341 à 1346.

Petite-fille du roi de France Philippe III et donc arrière-petite-fille de Saint-Louis, Catherine de Valois-Courtenay est l'héritière de l'Empire latin de Constantinople. Elle est aussi la soeur du roi de France Philippe VI, premier roi de la maison capétienne de Valois[1].

Né en 1303, Catherine de Valois-Courtenay est la fille de Charles de Valois, comte de Valois, fils du roi de France Philippe III et petit-fils de Louis IX dit Saint-Louis et de Catherine de Courtenay, impératrice titulaire de Constantinople, héritière de son grand-père Baudouin II de Courtenay, empereur latin de Constantinople.

Le 15 avril 1303, alors qu'elle n'a que quelques mois, elle est fiancée Hugues V, duc de Bourgogne pour des raisons politiques.

Très jeune, Catherine de Valois-Courtenay hérite du titre d'impératrice titulaire de Constantinople puisque sa mère décède en 1307. Elle demeure toutefois sous la tutelle de son père Charles de Valois, étant encore mineur, jusqu'en 1325[1].

En 1312, ses fiancailles avec le duc de Bourgogne sont rompues, là encore pour des raisons politiques. Son père, Charles préfère qu'elle épouse le prince de Tarente, Philippe d'Anjou, oncle du roi de France Philippe VI, fils du roi de Naples Charles II et de Marie de Hongrie car il voulait un gendre suffisament puissant pour récupérer le pouvoir à Constantinople. C'est ainsi qu'en 1313, elle épouse Philippe d'Anjou à Fontainebleau[2].

Ils eurent quatre enfants :

A la mort de son mari le prince de Tarente Philippe d'Anjou, c'est leur fil Robert de Tarente qui devient prince de Tarente. La principauté de Tarente, l'une des plus importantes du royaume de Naples, conduisait leurs titulaires à résider à Naples. C'est ainsi que Catherine de Valois-Courtenay obtint une grande influence à la cour de Naples. La cour de Catherine, c'est-à-dire, celles et ceux qui l'entourent, était plus mondaine que celle du roi de Naples, Robert Ier, son cousin. A la mort du roi Robert Ier, c'est sa cousine germaine Jeanne Ier, qui devint reine. Catherine par la suite s'opposa vivement à l'union entre la soeur cadette de Jeanne Ier, Marie de Calabre, sa cousine germaine et Charles de Durazzo. En effet, Marie de Calabre était l'héritière présomptive du royaume de Naples étant donné que son unique soeur Jeanne n'avait pas eu d'enfants. Or, Les Durazzo , cousins eux aussi de Catherine étaient en conflit avec cette dernière. Cette union mettait aussi en péril les espérances de Catherine quant au fait de mette un jour sur le trône son fils cadet Louis de Tarente, petit-fils de Charles II, ancien roi de Naples. Finalement le mariage eu lieu. La famille de Catherine a été indemnisée pour cela[2],[1].

En 1333, le fils de Catherine, Robert de Tarente, obtint la principauté d'Achaïe. Catherine, devint alors régente de la principauté, son fils étant très jeune. Elle s'affirma vite dans le domaine politique. Elle offrit notamment refuge à Nicéphore II Orsini, despote d'Epire et le soutint dans sa lutte pour affirmer son autorité sur ses terres contre l'empereur byzantin Andronic III Paléologue[2].

Dernières années

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Une fois son fils Robert devenu adulte, Catherine quitta Achaïe. Elle devient alors gouverneur de Céphalonie pour cinq ans. Par la suite, elle rentra à Naples lorsque en 1345, André Ier de Naples , prince consort de Naples car époux de Jeanne Ier, reine de Naples a été assassiné. Afin d'éviter tout risque pour sa dynastie, la reine chercha un nouvel époux afin de tenter d'obtenir un héritier. Catherine soutint alors son fils cadet, Louis de Tarente. Louis devint donc roi de Naples et ce jusqu'en 1362[1].

Catherine de Valois-Courtenay mourut à Naples en octobre 1346 quelques mois après l'arrivé au pouvoir de son fils par son union avec Jeanner Ier. La reine Jeanne Ier organisa les funérailles de Catherine à l'église San Domenico Maggiore[1],[2].

Catherine de Valois-Courtenay, puisque descendante de la famille Hainaut et des empereurs latin de Constantinople, est l'héritière de l'Empire latin de Constantinople. Si, la famille Courtenay ne dirige plus effectivement l'Empire depuis 1261, le titre d'empereur ou d'impératrice de Constantinople existe encore. A la mort de Catherine de Valois-Courtenay, celui va passer à son fils ainé Robert. Ce dernier de son mariage avec Marie de Bourbon n'a pas d'enfants. Le titre passe alors au dernier fils de Catherine Philippe II de Tarente. Celui-ci n'obtiendra ni de sa première femme Marie de Calabre ni de sa seconde Elisabeth de Slavonie d'enfants qui vivront plus de quelques jours. Le titre passe alors à la seule fille de Catherine, Marguerite de Tarente, mariée à François des Baux. De ce mariage nait Jacques des Baux. Jacques et sa femme Agnès de Durazzo, sans descendance, sont donc les derniers à porter le titre, respectivement, d'empereur et d'impératrice de Constantinople. Personne n'a par la suite revendiqué le titre. Les potentiels héritiers de ce titre sont les descendants de Jean d'Artois, fils de Jeanne de Valois (qui n'a par ailleurs jamais été impératrice de Constantinople), soeur de Catherine de Valois-Courtenay ou de façon plus proche, les enfants de Louis de Tarente, roi de Naples et fils de Catherine, qui bien qu'illégitimes, sont les plus proches descendants de la dernière impératrice de Constantinople à avoir eu une descendance à savoir Catherine de Valois-Courtenay[1].

Dans la fiction

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Dans la nouvelle Jeanne de Naples[3], Alexandre Dumas en fait un personnage phare des intrigues auliques de Naples. Avide, cupide, traîtresse, dangereuse, elle est présentée comme une femme de pouvoir qui veut absolument mettre un de ses fils sur le trône de Naples :

Extrait :

« Catherine ne se posséda pas de joie en voyant étalés à ses pieds des vases d’un travail exquis et d’une richesse prodigieuse, des écrins de perles, de diamants et de rubis d’une valeur incalculable, des coffres remplis de lingots d’or et toutes ces merveilles asiatiques qui dépassent les rêves de l’imagination la plus somptueusement effrénée. Mais lorsque le vieillard, d’une voix tremblante, insista pour obtenir au prix de sa fortune et de sa vie la liberté de son fils, l’impératrice, reprenant son impitoyable froideur, lui répondit durement :

— J’ai déjà donné l’ordre qu’on amène ici votre fils. Mais préparez-vous à lui faire vos adieux éternels, car il va être dirigé sur la forteresse de Melfi, et vous, selon toutes probabilités, vous finirez vos jours au fond du château de Sainte-Agathe.»[4].

Articles connexes

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Références

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  1. a b c d e et f (it) « CATERINA di Valois, imperatrice titolare di Costantinopoli - Enciclopedia », sur Treccani (consulté le )
  2. a b c et d « Volume III: The fourteenth and fifteenth centuries - UWDC - UW-Madison Libraries », sur search.library.wisc.edu (consulté le )
  3. Publié dans le recueil Les Crimes célèbres, Paris, Passard, 1854.
  4. Les Crimes célèbres, Paris, Passard, 1854, p. 269-270.

Bibliographie

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