Catherine Dorion

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Catherine Dorion
Illustration.
Catherine Dorion en décembre 2018
Fonctions
Députée à l'Assemblée nationale du Québec
En fonction depuis le
(3 ans, 8 mois et 29 jours)
Élection 1er octobre 2018
Circonscription Taschereau
Législature 42e
Groupe politique Québec solidaire
Prédécesseur Agnès Maltais
Biographie
Date de naissance (39 ans)
Lieu de naissance Québec (Québec, Canada)
Nationalité canadienne
Parti politique Québec solidaire
Option nationale
Père Louis Dorion
Mère Claudette Brasseur
Famille Noël Dorion (grand-père)
Frédéric Dorion (grand-oncle)
Charles-Napoléon Dorion (grand-oncle)
Henri Dorion (oncle)
Nathalie Coupal (cousine)
Geneviève Dorion-Coupal (cousine)
Diplômée de King's College de Londres
Université du Québec à Montréal
Conservatoire d'art dramatique de Québec
Cégep de Sainte-Foy
Profession Chroniqueuse
Comédienne

Catherine Dorion, née le à Québec, est une comédienne, auteure et femme politique québécoise. Membre de Québec solidaire, elle représente depuis les élections de 2018 la circonscription de Taschereau à l'Assemblée nationale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Catherine Dorion naît en 1982. Elle est la dernière des neuf enfants de Louis Dorion, avocat de la ville de Québec. Son grand-père, Noël Dorion a été député fédéral progressiste-conservateur[1],[2]. Elle est également la nièce du géographe Henri Dorion. L'actrice Nathalie Coupal et la chorégraphe Geneviève Dorion-Coupal, deux des filles de ce dernier, sont ses cousines.

Elle grandit dans le quartier Saint-Jean-Baptiste à Québec. Elle est élevée par sa mère, Claudette Brasseur, une sténographe judiciaire, son père les ayant quitté lorsque Catherine était âgée d'un an[3].

Elle fait ses études au Québec, en Espagne, au Chili, en Russie et à Londres (Royaume-Uni), tout en ayant l'occasion de voyager dans plus d'une trentaine de pays. Elle est diplômée du Conservatoire d'art dramatique de Québec (2004), titulaire d’un baccalauréat en Relations internationales et Droit international de l’UQAM (2009) et d'une maîtrise en sciences politiques (War Studies) du King's College de Londres (2010).

Elle est la mère de deux filles, nées en 2011 ou 2012, et 2014[4]. Le , elle annonce être enceinte de son troisième enfant, mentionnant que le père préfère garder l'anonymat[5].

Elle vit depuis 2014 dans le quartier Limoilou[3].

Comédienne[modifier | modifier le code]

En tant qu'actrice, elle joue dans plusieurs téléromans et productions théâtrales, dont L'Auberge du chien noir. Son interprétation dans Les combustibles d'Amélie Nothomb au Théâtre du Trident lui vaut d'être nommée pour le prix Révélation de l’année 2007 au Gala des masques.

Elle est par ailleurs slammeuse, champ d'expression au sein duquel elle remporte plusieurs compétitions et est invitée aux FrancoFolies de Montréal. Ses performances poétiques se retrouvent dans plusieurs festivals et médias et lui valent plusieurs récompenses.

Chroniqueuse[modifier | modifier le code]

Elle est chroniqueuse au Carrefour de Québec de 2012 à 2016 et à Mise à jour - Québec en 2016. Elle collabore également à l'émission Plus on est de fous, plus on lit à la première chaîne de Radio-Canada en 2015 et signe des billets de blogue pour Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec de 2016 à 2018.

Positions politiques[modifier | modifier le code]

Elle réalise en 2013 un documentaire de 16 minutes sur les immigrants et la souveraineté (sous le nom Demain c'est maintenant), interviewant plusieurs immigrants dont l'écrivaine Lula Carballo.

Elle publie Même s’il fait noir comme dans le cul d’un ours (2014), un recueil de poèmes, FUCK TOUTE (2016) et Le NoShow (2015 et 2017).

Dans l'essai Les luttes fécondes. Libérer le désir et l'amour en politique, elle défend l'amour libre, qu'elle pratique elle-même[6], et discute du potentiel révolutionnaire du désir, qui, laissé libre, est pour elle un moyen de déconstruire les institutions, telles que le couple et la fidélité.

Elle publie le roman jeunesse Ce qui se passe dehors, qui raconte l'histoire de jeunes du secondaire québécois qui s'engagent en politique.

Dans un article pour le Journal de Québec, elle s'exprime pour la nudité dans les vestiaires des piscines publiques[7].

Elle est contre un troisième lien automobile pour Québec[8].

À la suite des expériences personnelles difficiles dans le cadre de son travail de députée[9], elle prend parole contre ce qu'elle qualifie d'intimidation médiatique[10].

Vie politique[modifier | modifier le code]

Élections de 2012[modifier | modifier le code]

Elle est engagée dans le mouvement indépendantiste québécois. Elle s'est d'abord fait connaître par le buzz retentissant de ses premières vidéos de campagne.

Candidate aux élections générales de 2012 dans la circonscription de Taschereau, sous la bannière d'Option nationale, elle publie une capsule vidéo sur YouTube dans laquelle elle explique la source de son engagement. Cette vidéo de 6 minutes obtient rapidement plus de 100 000 vues et, selon le Huffington Post Canada, qui la rediffuse, se classe quelque temps dans les trois vidéos les plus regardées au Canada[11].

Ce succès inattendu la met sur le devant de la scène politique. Elle est fréquemment interviewée[12], est choisie par L'Actualité pour représenter son parti en tenant un blogue de campagne et voit les médias couvrir la publication d'une autre vidéo de campagne. Cette vidéo totalisera plus de 15 000 vues[13]. Le jour du scrutin elle obtient 7,37 % des voix, ce qui constitue le deuxième meilleur score d'Option nationale (ON) après celui de Jean-Martin Aussant, chef du parti.

Élections de 2014[modifier | modifier le code]

Elle est de nouveau candidate aux élections générales de 2014. Cette fois-ci, elle n'obtient que 4,21 % - ce qui est cependant le meilleur score d'ON, qui dépasse à peine les 1 % de moyenne.

Au sein des indépendantistes, elle est à l'origine d'une proposition de fusion d'Option nationale et Québec solidaire[14]. Tout d'abord mal reçue, cette proposition s'est finalement concrétisée en .

Élections de 2018[modifier | modifier le code]

Dans la foulée de la fusion entre Option nationale et Québec solidaire, elle est investie candidate de QS dans la circonscription de Taschereau en vue des élections générales du 1er octobre 2018[15] face à la candidate Marie-Ève Duchesne, qui était en 2014 la candidate du parti dans la circonscription[16].

Un sondage Mainstreet la place en tête des intentions de vote, devant la candidate péquiste Diane Lavallée, bénéficiant, selon le sondeur Steve Pinkus, de sa notoriété, et d'un précédent sondage.

Le , dans le cadre de l'élection générale québécoise, elle est élue députée de la circonscription de Taschereau à l'Assemblée nationale du Québec. Elle est depuis porte-parole en matière de culture et de relations internationales dans le caucus de Québec solidaire[17].

Depuis son élection à l'Assemblée nationale, Dorion dérange par son attitude hors-norme, son port de vêtements non « respectables ».

Au début du mois de , la députée fait à nouveau la une des médias à la suite de son apparition au Salon Bleu de l'Assemblée nationale en coton ouaté orange[18].

Élection de 2022[modifier | modifier le code]

Le , elle annonce qu'elle ne sollicitera pas un autre mandat de son comté pour l'élection générale de 2022.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élection générale québécoise de 2018 dans Taschereau
Nom Parti Nombre
de voix
% Maj.
     Catherine Dorion Québec solidaire 15 373 42,5 % 8 511
     Svetlana Solomykina Coalition avenir 6 862 19 % -
     Florent Tanlet Libéral 6 387 17,7 % -
     Diane Lavallée Parti québécois 6 379 17,6 % -
     Élisabeth Grégoire Vert 534 1,5 % -
     Nicolas Pouliot Parti nul 201 0,6 % -
     Roger Duguay NPD Québec 196 0,5 % -
     Christian Lavoie Citoyens au pouvoir 152 0,4 % -
     Guy Boivin Équipe autonomiste 73 0,2 % -
Total 36 157 100 %  
Le taux de participation lors de l'élection était de 73,7 % et 431 bulletins ont été rejetés.
Source : DGEQ, « Résultats élections Québec 2018 », sur electionsquebec.qc.ca (consulté le )

Élection générale québécoise de 2014 dans Taschereau
Nom Parti Nombre
de voix
% Maj.
     Agnès Maltais (sortante) Parti québécois 11 376 31,7 % 451
     Florent Tanlet Libéral 10 925 30,4 % -
     Steve Brabant Coalition avenir 5 865 16,3 % -
     Marie-Ève Duchesne Québec solidaire 5 495 15,3 % -
     Catherine Dorion Option nationale 1 513 4,2 % -
     Jean-Luc Savard Parti nul 385 1,1 % -
     Anne Deblois Conservateur 198 0,6 % -
     Sylvain Drolet Parti des sans parti 127 0,4 % -
     Guy Boivin Équipe autonomiste 49 0,1 % -
Total 35 933 100 %  
Le taux de participation lors de l'élection était de 73,4 % et 466 bulletins ont été rejetés.

Élection générale québécoise de 2012 dans Taschereau
Nom Parti Nombre
de voix
% Maj.
     Agnès Maltais (sortante) Parti québécois 13 994 37,1 % 4 297
     Clément Gignac Libéral 9 697 25,7 % -
     Mario Asselin Coalition avenir 6 311 16,7 % -
     Serge Roy Québec solidaire 4 416 11,7 % -
     Catherine Dorion Option nationale 2 804 7,4 % -
     Jean-Luc Savard Parti nul 358 0,9 % -
     François Tremblay Coalition constituante 110 0,3 % -
     Guy Boivin Équipe autonomiste 72 0,2 % -
Total 37 762 100 %  
Le taux de participation lors de l'élection était de 77,4 % et 418 bulletins ont été rejetés.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Roman[modifier | modifier le code]

  • Ce qui se passe dehors (roman jeunesse), Montréal, Hurtubise, 2018, 298  p. (ISBN 9782897811235)

Essai[modifier | modifier le code]

  • Les luttes fécondes. Libérer le désir et l'amour en politique, Montréal, Ateliers 10, 2017, 109 p. (ISBN 9782897592684)

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Quand le sage pointe la lune, le fou regarde le doigt, coauteure au sein de la compagnie le Soucide collectif. Mis en scène par Marc Doré au Théâtre Périscope (Québec), 2008, 11 p. (ISBN 978-2-923589-09-1)
  • 2009 : Viva Pinoshit, mise en scène par Olivier Lépine au Théâtre Premier Acte (Québec).
  • 2010 : Kounadia, conte présenté dans la pièce Nous sommes faits (comme des rats), par la compagnie des Biches pensives. Mise en scène d’Alexia Burger à la Cinémathèque québécoise (Montréal).
  • 2011 : Kukipik, théâtre clownesque, coauteure au sein de la compagnie le Soucide collectif. Mis en scène par Marc Doré au Théâtre Premier Acte (Québec).

Collectifs et autres publications[modifier | modifier le code]

  • 2011 : Deux textes dans J’aurais voté oui mais j’étais trop petit, Editas.
  • 2011-auj. : plusieurs articles dans les revues Liberté, Relations, Revue québécoise de droit international, Éthique publique, L'Action nationale, Qui vive, ainsi que dans les grands quotidiens québécois.
  • 2012 : « Le lieu collectif », dans « Notre indépendance », Stanké.
  • 2012 : NOUS ?, monologue présenté par le collectif du Moulin à paroles.
  • 2014 : Même s’il fait noir comme dans le cul d’un ours, poésie, Cornac.

Prix et honneurs[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « L'artiste de l'Assemblée nationale », sur La Presse+, (consulté le )
  2. « Généalogie Catherine Dorion », sur www.nosorigines.qc.ca (consulté le )
  3. a et b « Élections : 20 questions inusitées à Catherine Dorion - Le Carrefour de Québec », septembre 2018
  4. « L'heure est au bilan pour Option nationale, estime Catherine Dorion », Le Soleil, Annie Mathieu, 9 avril 2014
  5. « Catherine Dorion est enceinte d'un 3e enfant », sur HuffPost Québec, (consulté le )
  6. « Le sexe en grippe », Le Devoir, chronique de Josée Blanchette, 2 juin 2017
  7. « Nudité dans les vestiaires des piscines publiques : OUI », Journal de Québec, Catherine Dorion, 14 novembre 2017
  8. « Le troisième lien, c'est comme une ligne de coke », Journal de Québec, Catherine Dorion, 15 novembre 2018
  9. « Cyberintimidation et vice caché », Au bout des droits à Savoir média, 25 minutes, 2022.
  10. Jean-François Nadeau, « Des élus et artistes réclament la fin des propos haineux véhiculés par des médias », sur ICI Radio-Canada Première, (consulté le )
  11. Article de La Presse et du Huffington Post Canada.
  12. Par exemple sur Radio Canada qui parle pourtant très peu du nouveau parti souverainiste.
  13. La seconde vidéo de Catherine Dorion.
  14. « Catherine Dorion: en dehors du cadre », La Presse, Nathalie Collard, 31 mai 2017
  15. Sophie Côté, « Catherine Dorion tentera de se faire élire pour QS dans Taschereau », Le Journal de Québec,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. Kathryne Lamontagne, « Confrontation pour la solidaire dans Taschereau », Le Journal de Québec,‎ (lire en ligne, consulté le )
  17. « Catherine Dorion - Assemblée nationale du Québec », sur www.assnat.qc.ca (consulté le )
  18. Zone Politique- ICI.Radio-Canada.ca, « Catherine Dorion critiquée pour son coton ouaté au Salon bleu », sur Radio-Canada.ca (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]