Jacques-Paul Migne

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Jacques-Paul Migne
Migne.jpg
Fonction
Prêtre catholique
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Biographie
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Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
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Jacques Paul MigneVoir et modifier les données sur Wikidata
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Éditeur, journaliste, newspaper proprietorVoir et modifier les données sur Wikidata
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Religion
Œuvres réputées

Jacques-Paul Migne, né le à Saint-Flour, et mort à Paris le , est un imprimeur, journaliste et éditeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Migne fit ses études de théologie au grand séminaire Orléans, après quoi il fut professeur de quatrième au collège de Châteaudun[1]. En 1824, il fut ordonné prêtre et envoyé occuper la cure de Puiseaux, mais il préféra démissionner après quelques démêlés avec Jean Brumauld de Beauregard, l’évêque de son diocèse[1]. Monté à Paris en 1833, il y fonda l’Univers religieux, journal catholique, mais politiquement neutre, où lui-même tenait la plume sous la signature « L. M. »[1]. En 1836, il céda l’Univers religieux à Emmanuel Bailly, qui le fusionna avec son propre organe, la Tribune catholique[1].

L’un des premiers ecclésiastiques à comprendre le pouvoir de la presse écrite et de l’édition de masse, la même année, l’abbé Migne se fit imprimeur au Petit-Montrouge et eut l’idée de publier pour la première fois des éditions à bon marché d’ouvrages de théologie, des encyclopédies destinées à l’éducation du peuple et des éditions d’œuvres des pères de l'Église en langue originale (avec traduction latine pour les auteurs grecs)[2]. Bientôt, il fut à la tête d’un vaste établissement, auquel il donna le nom d’« Imprimerie catholique », et où plus de 300 ouvriers compositeurs, brocheurs, relieurs, etc., travaillaient sans relâche[1]. il sortit peu d’œuvres originales de cette maison, particulièrement consacrée à la réimpression pure et simple d’anciens ouvrages théologiques ou de collections latines et françaises, édités à bas prix, et avec une extrême rapidité[1]. L’entreprise colossale « Patrologiae cursus completus » assura néanmoins sa réputation à l’« Imprimerie catholique »[3].

La maison d’édition fut complétée, au cours du Second Empire, par des ateliers de peinture consacrés à la décoration des églises :

La Patrologie (Patrologiæ cursus), l’Encyclopédie théologique et la Bibliothèque de l’abbé Migne comptant les volumes par centaines[1], le poids de cette importante production entraina néanmoins une concurrence, qui souleva la colère des éditeurs accrédités par les églises dont il leur prenait la clientèle. Son évêque lui reprocha alors son militantisme ultra-catholique et, à la fin du Second Empire, il fut lui interdit de dire la messe[4]. Le pape Pie IX sanctionna également Migne pour avoir mis à la disposition du plus grand nombre des textes habituellement accessibles à un « public plus averti », et il interdit au clergé d’utiliser les fonds paroissiaux pour acheter ses ouvrages. Dans la nuit du 12 au 13 février 1868, un incendie « d’origine inconnue » qui éclata dans son imprimerie détruisit ses ateliers et anéantit des collections théologiques très considérables[1],[5]. La perte matérielle, garantie par des assurances, s’éleva, dit-on, à une somme de six à sept millions[1] et les assurances ne couvrirent pas les frais de réfection. Après sa mort, la maison d’édition Garnier frères racheta les droits sur ses éditions.

L’abbé Migne fut, jusqu’en juin 1856, propriétaire d’un quotidien, la Vérité (ancien Journal des faits), qui, se bornant à reproduire les autres journaux, ambitionnait d’être l’écho impartial de toutes les opinions[1]. Acheté par le banquier Post, la Vérité devint le Courrier de Paris[1]. L’abbé Migne a repris un journal sous ce dernier titre, en avril 1861[1].

Peu connu en France, Jacques Paul Migne l’est plus dans des pays comme le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Allemagne, l’Italie et la Pologne. Il repose au cimetière de Montrouge.

Hommages[modifier | modifier le code]

Plaque de rue de la rue de l’Abbé-Migne à Paris.

Une plaque située au no 189 avenue du Maine indique qu'il vécut à cette adresse. Il existe une rue de l'Abbé-Migne dans le 4e arrondissement de Paris, ainsi qu’un square de l'Abbé-Migne, un espace vert du 14e.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Chauvin, L’Abbé Migne et ses collaborateurs, 1800-1875, Paris, Desclée de Brouwer, coll. « Biographies DDB », , 178 p. (ISBN 978-2-22006-214-3, lire en ligne).
  • Adalbert-Gautier Hamman, Jacques-Paul Migne : le retour aux Pères de l'Église, coll. Le Point théologique, no 16, Paris, Beauchesne, 1975.
    Fournit en appendice la liste des ouvrages édités par Migne.
  • André Mandouze et J. Fouilheron (dir.), Migne et le renouveau des études patristiques : actes du colloque de Saint-Flour, 7-8 juillet 1975, Paris, Beauchesne, coll. « Théologie historique », (lire en ligne), chap. 66.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains : contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers avec leurs noms, prénoms, surnoms et pseudonymes, et la date de leur naissance, leur famille, leurs débuts, leur profession, leurs fonctions successives, leurs grades et titres, leurs actes publics, leurs œuvres, leurs écrits et les indications bibliographiques qui s’y rapportent, t. 1, Paris, Hachette, , 5e éd., 1892 p. (lire en ligne), p. 1290.
  2. Ces textes et d’autres documents antiques médiévaux ont été réunis dans ce qui aujourd’hui est couramment appelé les Patrologies latine et grecque de Migne.
  3. Les patrologies grecques et latines ont trouvé un relais de qualité dès la fin du XIXe siècle dans les collections d’éditions critiques du Corpus scriptorum ecclesiasticorum latinorum dit « corpus de Vienne », puis, à partir du milieu du XXe siècle, dans la collection « corpus Christianorum series latina » et « Corpus christianorum continuatio medievalis », ainsi que, dès la Seconde Guerre mondiale par la collection « Sources chrétiennes », emblématique du renouveau de la théologie positive sous l’égide des Dominicains.
  4. L’un de ceux qui l’avait longtemps « persécuté » était Georges Darboy, l’évêque fusillé par les Communards.
  5. Voir la compilation de coupures de presse d'époque sur Archive

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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