Barrage de la Renaissance

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Barrage de la Renaissance
Géographie
Pays Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie
État Benishangul-Gumuz
Coordonnées 11° 12′ 51″ N 35° 05′ 35″ E / 11.214167, 35.09305611° 12′ 51″ Nord 35° 05′ 35″ Est / 11.214167, 35.093056
Cours d'eau Nil bleu
Objectifs et impacts
Propriétaire Ethiopian Electric Power
Date du début des travaux Avril 2011
Coût 3,2 milliards de $
Barrage
Hauteur du barrage
(lit de rivière)
170 m
Longueur du barrage 1 800 m
Réservoir
Centrale hydroélectrique
Nombre de turbines 16
Type de turbines Francis
Puissance installée 6 000 MW

Géolocalisation sur la carte : Éthiopie

(Voir situation sur carte : Éthiopie)
Barrage de la Renaissance

Le barrage de la Renaissance (en amharique : ህዳሴ ግድብ) est un barrage en construction en Éthiopie, dans l'état régional de Benishangul-Gumuz sur le Nil bleu. Avec une capacité de production électrique de 6 000 MW[1],[2], il devrait être le plus grand barrage hydroélectrique d'Afrique[3] (près de trois fois la puissance du haut barrage d'Assouan par exemple). Il est cependant beaucoup moins important que le barrage d'Itaipu ou celui des Trois-Gorges.

Le projet, rendu public le 31 mars 2011, a démarré le 28 mai 2013 et la construction devrait durer jusqu'en 2016[2] ou 2018[3].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

La volonté éthiopienne de développer l'agriculture irriguée, quasi inexistante avec 3 % de ses surfaces agricoles[3] et le potentiel hydroélectrique d'un pays qui manque d'énergie, ont conduit le gouvernement d'Addis Abeba à lancer la construction de nombreux barrages depuis 1995.

Le barrage de la Renaissance est situé en Éthiopie, sur le cours du Nil bleu, près de la frontière avec le Soudan, à une centaine de kilomètres en amont du barrage de Roseires.

Tensions avec les pays en aval[modifier | modifier le code]

Les eaux venues des plateaux éthiopiens représentent 86 % de l'eau consommée en Égypte, et 95% en période de crue[4]. À lui seul, le Nil bleu fourni 59 % du débit du Nil[2]. Le projet de barrage de la Renaissance a donc engendré de vives tensions avec le gouvernement du Caire[5],[6]. Par le traité du 15 mai 1902[7], l'Éthiopie s'était en effet engagée à ne pas construire d'ouvrage hydraulique sur le Nil bleu ou le Sobat sans l'accord des autorités britanniques (art. 3).

Après un accord de 1929, en 1959, un accord entre l'Égypte et le Soudan avait attribué les deux-tiers des eaux au premier et 22 % au second[2], les autres pays riverains se partageant le solde. En 1999, a été créé à Addis Abeba la « Nile Basin Initiative » qui regroupe des pays riverains du Nil (Burundi, Congo, Égypte, Éthiopie, Kenya, Rwanda, Soudan, Tanzanie et Ouganda) qui remettent en cause cette répartition.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kendie (Daniel) [1999], «Egypt and the Hydro-Politics of the Blue Nile River», Northeast African Studies, vol. 6, n° 1-2, p. 141-169
  • Tesfaye Yafesse [2001], The Nile Question : Hydropolitics, Legal Wrangling, Modus Videndi and Perspectives, Münster, Hamburg, London, Lit Verlag, 154 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Habib Ayeb, « Qui captera les eaux du Nil ? », sur Le Monde diplomatique,‎ (consulté le 18 octobre 2015)
  2. a, b, c et d Charlotte Bozonnet, « Guerre des eaux sur le cours du Nil », sur Le Monde,‎ (consulté le 18 octobre 2015)
  3. a, b et c Arielle Thedrel, « La guerre du Nil bleu rebondit entre l'Éthiopie et l'Égypte », sur Le Figaro,‎ (consulté le 18 octobre 2015)
  4. Kendie [1999], p. 141.
  5. Thierry Portes, « L'Égypte menace de guerre l'Éthiopie », sur Le Figaro,‎
  6. (en) Shadia Nasralla, « No Nile, no Egypt', Cairo warns over Ethiopia dam », sur Reuters,‎
  7. Hertslet (Sir E.) [1896, 1908], The Map of Africa by Treaty, London, (rééd. 1967, Frank Cass).