Banque Gouin

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Banque Goüin
Création 1714
Disparition 1958 (fusion avec le Crédit Industriel de l'Ouest)
Fondateurs Henri-François Goüin
Siège social Tours
Drapeau de France France
Activité Banque privée

La Banque Goüin est une ancienne banque français fondée à Tours en 1714.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Hôtel Goüin à Tours héberge un temps la banque familiale.

La Banque Goüin est fondée en 1714 à Tours par Henri-François Goüin (1686-1748).

À la mort de son père, Henri-Pierre Goüin (1732-1782) reprend les affaires de la banque ; par la suite, ses deux fils, Henry-Jacques (1758-1823) et Alexandre-Pierre-François (1760-1832) reprennent la maison sous le nom de Banque Goüin frères. Leurs fils ainés respectifs, Henri (1782-1861) et Alexandre (1792-1972), leurs succédèrent, et ainsi de suite (dont Eugène (1818-1909), le fils d'Alexandre)..

La Banque Goüin était une banque locale, mais privilégiée par les liens avec les banquiers parisiens. Sa clientèle se répartissait entre la région de Tours, Paris et l'Angleterre ; elle est principalement composée de l'aristocratie locale, de grands propriétaires terriens et de banquiers et industriels.

La crise financière de 1847-1848 engendre des difficultés de trésorerie et entraîne l'émission de bons. Dès 1845, l'escompte constituait l'une des grandes activités de la banque Goüin, lui permettant ainsi de retrouver rapidement la voie de la prospérité.

Elle participe à l'activité économique de sa région et contribua à son développement. Au point de vue local, elle contrôlait la papeterie de La Haye-Descartes [1], finançait la Colonie pénitentiaire de Mettray, était actionnaire entre autres des Magasins généraux de Tours, de la Société Viollet et Cie de Tours, de la fabrique de Langeais, de la Société Delaunay, de la Société des usines de Portillon, de la Maison Mame et fils, de la Société des procédés l'Hermite, etc.

Elle possédait des intérêts notamment dans la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, Manufacture des Glaces d'Aix-la-Chapelle, de la Calle, du port d'Algérie, de la Société de construction des Batignolles, de la Compagnie des chemins de fer Bône-Guelma, de la Compagnie du chemin de fer de la Loire, de la Caisse générale du commerce et de l'industrie, du Crédit mobilier, du Crédit foncier de France, du Crédit foncier autrichien, de la Société générale, de la Banque de Paris et des Pays-Bas (dont elle est durant de longues décennies l'un des deux plus importants actionnaires), etc.

Elle est la correspondante de Rothschild Frères à Tours et a entre autres compté dans ses clients parisiens : Eugène Bertin, la CNP, François Delessert et Cie, Benoît Fould, Mallet frères et Cie, Rothschild Frères, Seillière, Schneider, etc.

La Banque Goüin, caisse de Nantes, augmenta son capital et se transforme en Banque Goüin père, fils et Cie en 1846. Sa faillite en 1867, constitue alors le plus grand sinistre financier qui ait jamais frappé la place de Nantes. Le passif a été évalué à environ 6 000 000[1].

Alexandre Goüin prend le contrôle de la Caisse générale du commerce et de l'industrie (1844), sous la raison sociale Caisse générale du commerce et de l'industrie A. Goüin et Cie.

La Banque Goüin, après avoir connu un grand développement et plus de deux siècles d'existence, fusionne en 1958 avec le Crédit Industriel de l'Ouest[2].

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Françoise Raynaud : « Une banque de province au XIXe siècle, la Banque Goüin à Tours de 1845 à 1884 » - 1974
  • Christophe Aubouin : « La banque Goüin frères : clientèle et fonctionnement d'un établissement de Touraine de 1884 à 1914 » - 1996
  • Michel Lescure et Alain Plessis : « Banques locales et banques régionales en France au XIXe siècle » - Albin Michel, 2015
  • Rang-Ri Park-Barjot : « La Société de construction des Batignolles: Des origines à la Première Guerre mondiale (1846-1914) » - Presses Paris-Sorbonne, 2005
  • Anne Burnel : « Les Goüin, une dynastie d'entrepreneurs, histoire des dirigeants de la Société de Constructions des Batignolles de 1846 à 1968 » - 1996
  • « La Caisse d'Epargne de Tours et la famille Goüin » - 1927
  • Louis Roucheron : « Historique de la Caisse d'Épargne et de Prévoyance de la ville de Tours (1833-1933). Suivi de notices biographiques, par Louis de Grandmaison » - 1933

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives municipales de Nantes
  2. Journal de la Société de statistique de Paris : Volume 99, 1958.

Voir aussi[modifier | modifier le code]