Bandar ben Sultan ben Abdelaziz Al Saoud

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Bandar ben Sultan ben Abdelaziz Al Saoud
Bandar bin Sultan.jpg
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (68 ans)
TaïfVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
بندر بن سلطان بن عبد العزيز آل سعودVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Université Johns-Hopkins
Royal Air Force College Cranwell (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Famille
Père
Fratrie
Salman bin Sultan (en)
Fahd bin Sultan (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Haifa bint Faisal (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Khalid ben Bandar ben Sultan Al Saoud (en)
Reema Bint Bandar Al Saud (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Bandar ben Sultan ben Abdelaziz Al Saoud arabe : بندر بن سلطان بن عبدالعزيز آل سعود, né le 2 mars 1949 est un membre de la famille royale saoudienne, fils de l'ancien prince héritier Sultan. Ambassadeur aux États-Unis de 1983 à 2005, il est secrétaire général du Conseil de sécurité nationale d'Arabie saoudite et, depuis juillet 2012, responsable des services de renseignement, succédant au prince Miqrin ben Abdel, le demi-frère du roi[1], avant d'en démissionner le . Bandar ben Sultan et ses proches sont considérés avoir eu une influence décisive sur la politique étrangère et sécuritaire de l'Arabie saoudite pendant des décennies.

Enfance[modifier | modifier le code]

Le prince Bandar est né à Taëf, ville d’Arabie saoudite occidentale des monts Sarawat, située à 65 km de La Mecque[1]. Il est le fils du prince Sultan ben Abdelaziz Al Saoud et de son épouse Khizaran. Sa date de naissance officielle est le , mais Bandar avoue avoir donné cette date fictive de manière à intégrer la Royal Air Force saoudienne avant d’en avoir l’âge[2].

La mère de Bandar, Khiziran, était une esclave éthiopienne. Elle avait tout juste seize ans et travaillait comme serveuse au palais quand elle rencontra le prince Sultan pour la première fois. Ensemble ils eurent Bandar très jeunes et la famille princière fournit alors à Khiziran une pension mensuelle très généreuse, lui demandant de se retirer en emmenant son enfant pour aller vivre dans sa propre famille.

De ce fait, Bandar passe les années de sa petite enfance dans un milieu de roturiers, vivant avec sa mère et sa tante en n’ayant que peu de contacts avec son père. À l’âge de huit ans, la famille royale invite enfin Khiziran à revenir, accompagnée de son fils, vivre au palais de sa grand-mère Hassa Al Sudairi, figure d’autorité car mère des sept Sudairi (sept princes, dont deux deviendront rois : Fahd et Salman)

Éducation[modifier | modifier le code]

Bandar sort diplômé de la Royal Air Force en 1968 puis reçoit un complément d’entraînement par l’Air University de l’U.S. Air Force à la base Maxwell et par l’école Dwight Eisenhower de sécurité nationale et de ressources stratégiques[3]. Avant d’avoir trente ans, Bandar acquière une solide expérience de pilote sur de nombreux appareils et, dans les rangs de l’armée royale saoudienne, obtient le grade de lieutenant-colonel. Mais sa carrière militaire se termine prématurément. En 1977 après l’atterrissage d’urgence de son avion de chasse Bandar est blessé et gardera à vie des séquelles rachidiennes douloureuses. Forcé à une reconversion, il obtient une maîtrise en politique publique internationale à l’Université Johns Hopkins de Washington[4].

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Le jeune Prince Bandar

Sa carrière diplomatique débute en 1978 quand il est désigné ministre plénipotentiaire personnel du roi. Il intervient avec succès pour faire approuver par le congrès des États-Unis d’Amérique la vente de F15 à l’Arabie saoudite. Dans le bureau ovale, le président Carter lui conseille de rechercher le soutien politique du gouverneur de Californie, Ronald Reagan, ce qui lui sera effectivement profitable. En retour, il aide Carter à faire aboutir le traité du canal du Panama. Suite à cette introduction heureuse dans le milieu politique US, le roi Fahd fait de Bandar un émissaire de Carter et lui donne toute latitude pour agir indépendamment de l’embrassade saoudienne aux États-Unis.

Plus tard, en 1982, Fahd en fait l’attaché militaire de l’ambassade Saoudienne, une situation qui aurait pu être la fin de l’ascension dans sa carrière diplomatique, toutefois, l’année suivante, Fahd le nomme nouvel ambassadeur saoudien des États-Unis[5].

Ambassadeur des États-Unis d'Amérique (1983-2005)[modifier | modifier le code]

La nomination en tant qu’ambassadeur saoudien aux États-Unis d’Amérique par le roi Fahd, se déroule le 24 septembre 1983[6]. Durant sa carrière diplomatique, le prince Bandar sera en rapport avec cinq présidents américains, dix secrétaires d’état et onze conseillers à la sécurité nationale[7]. Il sera reconnu comme un homme d’une influence primordiale dans le pays. À l’apogée de sa carrière, il servira à la fois comme “messager exclusif du roi” et “coursier de la maison blanche”[7]. Sur trois décennies, il aura été le visage du lobby saoudien auprès du gouvernement américain et, bien que ce dernier était alors considéré comme un allié des saoudiens, certains membres de la famille royale ressentent un mélange de confiance et de suspicion à son égard. Sentiments se répercutant sur le prince Bandar.

Ere Reagan (1981-1989)[modifier | modifier le code]

Durant la présidence Reagan (1981-1989), Bandar a un rôle important d’intermédiaire pour la vente massive d’armes américaines à son pays. La transaction illustrant le mieux le développement des accords commerciaux entre les deux pays est celle des avions de surveillance AWAC[8]. Il obtient la concrétisation de cette vente qui a contre elle la majorité des Américains, d’éminents sénateurs US, l’État d’Israël et les lobbys juifs[7].

Il sert ensuite d’intermédiaire dans l’achat de missiles à la Chine, transaction qui avait commencé par être refusée par les États-Unis, ce qui déclenche les foudres de la CIA et du Département d’État[7]. Il tient un rôle dans le scandale de l’Irangate en ayant arrangé un financement de 32 millions de dollars Saoudiens pour les contrats du Nicaragua[5].

En 1985, d’autres soupçons se portent sur lui concernant les contrats Al Yamamah entre le Royaume-Uni et l’Arabie saoudite. La justice britannique le suspecte d’avoir reçu un dessous-de-table dépassant le milliard de livres Sterling. Cette enquête est arrêtée sur décision de l'exécutif britannique en 2006.

Enfin, dans les années 80, lors de la guerre contre l’union soviétique, il joue un rôle d’intermédiaire avec les moudjahidines afghans. À ce titre, Bandar raconte en 2001 avoir rencontré Oussama ben Laden : “Nous étions en relation avec Ben Laden quand la CIA et l’Arabie saoudite aidaient nos frères moudjahidines en Afghanistan à se débarrasser des forces soviétiques. Oussama ben Laden m’a dit : “Merci. Merci de nous amener l’aide américaine.” A cette époque, je pensais qu’il n’était pas capable de faire traverser la rue à une famille de canards.”[9],[10]

Présidence Bush (1983-1989)[modifier | modifier le code]

Durant sa carrière, Bandar noue des relations étroites avec de nombreux présidents américains, notamment George H.W. Bush et George W. Bush. Il est tellement proche d’eux qu’il est considéré par l’un et l’autre comme un membre de la famille[5],[11], George W. lui donnera le surnom affectueux et controversé de “Bandar Bush”[12] Cette connivence sera mise en lumière dans le documentaire de Michael Moore, Fahrenheit 9/11[10].

Présidence Clinton (1993-2001)[modifier | modifier le code]

Bill Clinton, pendant son mandat de gouverneur d’Arkansas, lui demande une aide financière pour créer un centre d’études du Moyen-Orient à l’Université de l’Arkansas[5]. Dans les années 1990, il obtient l’extradition de deux ressortissants libyens suspectés dans le cadre de l’attentat du vol 103 de Pan Am auprès du président libyen Mouammar Kadhafi que Bandar décrit, en privé, comme « un Jerry Lewis essayant d’être un Churchill »[5].

Présidence Bush (2001-2009)[modifier | modifier le code]

Le président George W. Bush et le prince Bandar en août 2002.

Les attentats du 11 septembre n’entraînent aucun refroidissement entre le gouvernement Bush et l’ambassade saoudienne en dépit du fait qu’Oussama ben Laden et 15 des 19 pirates de l’air étaient saoudiens. Le prince Bandar est même invité à dîner à la Maison Blanche le soir du 13 septembre[10].

Dans le même temps, dès le 13, alors que tous les vols sont interdits au-dessus du territoire américain, 142 saoudiens quittent les États-Unis à bord de 6 jets privés et d’une vingtaine de vols commerciaux. Parmi eux, 24 membres de la famille Ben Laden.

C’est le prince qui vient communiquer sur le sujet dans l’émission Larry King Live sur CNN. Il présente cette évacuation de ressortissants saoudiens comme tout à fait anodine et allant de soi. Concernant les membres de la famille Ben Laden, il explique : « Sa majesté trouvait injuste que des innocents soient inquiétés. » « Le FBI a donc aidé à les évacuer »[13],[10].

Dans les années qui suivent, il plaide aux côtés des officiels américains, pour un renversement de Saddam Hussein en réponse aux attentats. Il encourage l’action militaire en Irak et soutient l’agenda de Dick Cheney pour un “nouveau Moyen-Orient”, qui appelle à un programme pour la démocratie en Syrie et en Iran[14].

Son nom sera évoqué en juillet 2016 lorsque sera rendu publique l’extrait de l’enquête sénatoriale sur les attentats du 11 septembre concernant l’implication de l’Arabie saoudite. Ce passage de 28 pages avait été tenu secret par le gouvernement Bush et fut déclassifié à contrecœur par le gouvernement Obama suite aux pressions de députés, sénateurs et familles de victimes. La levée du secret défense sur ces 28 pages devait mettre un terme aux récits conspirationnistes s’y rattachant. En effet, aucune preuve juridiquement recevable d’implication saoudienne ne s’y trouve, mais des éléments qui auraient dû alimenter une enquête plus approfondie[15]. Le résultat sur les médias et l’opinion fut contrasté.

En particulier, ces pages révèlent des liens indirects entre le prince Bandar et certains des pirates de l’air. Un numéro de téléphone dans l’agenda d’un lieutenant de Ben Laden arrêté par les Américains après les attentats, Abu Zubaydah, lui permettait d’être en contact avec le prince Bandar. D’autre part, des sommes importantes furent versées à Osama Bassnan, un ressortissant saoudien en contact avec deux des pirates de l’air. La plupart de ces dons furent réalisés par l’épouse du prince à Bassnan, d’autres à l’épouse de ce dernier. Au moins un chèque a été réalisé directement par le prince Bandar[15],[16]

Démission[modifier | modifier le code]

Le 26 juin 2005, Bandar présente sa démission d’ambassadeur pour « raisons personnelles »[17],[18]. La date officielle de fin de mandat est le [19]. Bandar est remplacé par son cousin, le Prince Turki Al Faisal[1], qui renoncera à ce poste après seulement 18 mois[20].

Fin juillet 2005, Bandar retourne en Arabie saoudite alors que le roi Fahd est mourant. La rumeur nationale dit alors que son retour a été programmé afin d’obtenir un poste au sein du futur gouvernement. À la suite du décès du roi, Fahd est remplacé par son demi-frère Abdullah bin Abdelaziz, ancien régent. Le père de Bandar, Sultan bin Abdelaziz, devient lui prince héritier de la nation[21]. Et, en octobre 2005, le nouveau roi nomme Bandar ben Sultan Secrétaire général du Conseil national saoudien de sécurité qu’il vient de créer[22].

Secrétaire général du Conseil de sécurité nationale (2005-2015)[modifier | modifier le code]

Premier mandat (octobre 2005 – septembre 2009)[modifier | modifier le code]

En 2005, en son titre de conseiller de sécurité nationale, le prince rencontre le président syrien Bachar El-Assad[23] et, en 2006, poursuit des entrevues privées avec George W Bush et le vice-président Dick Cheney[24]. Le journaliste d’investigation spécialiste des services secrets, Seymore Hersh, en 2007, décrit Bandar comme un des principaux architectes de la politique de l’administration Bush en Irak et au Moyen-Orient, quand bien même son mandat d’ambassadeur est arrivé à son terme[20]. En janvier 2007, le prince poursuit son travail d’influence en Iran et avec le Hezbollah concernant la crise au Liban[25].

Le 3 septembre 2009, le mandat de secrétaire général du prince Bandar est prolongé pour quatre ans[26].

Disparition (septembre 2009 – octobre 2010)[modifier | modifier le code]

Suite au renouvellement de son mandat, Bandar omet de faire la démonstration publique de son allégeance au roi, comme le veut le protocole[27]. Cette absence remarquée est suivie par d’autres : alors qu’il est un grand supporter des Dallas Cowboys, Bandar ne figure pas à son siège personnel dans la loge du propriétaire de l’équipe, Jerry Jones, lors du match d’inauguration du nouveau stade[27]. En octobre 2009, il est absent de la délégation du roi Abdullah à Damas[27]. Plus frappant encore, en décembre 2009, Bandar n’est pas présent lors du retour de son père du Maroc. Après cet événement, les journalistes commencent à faire rapport de la disparition de Bandar, notant que sa dernière apparition publique remontait au [27].

Cette disparition inexpliquée impose alors des supputations. On peut relever les différentes rumeurs suivantes :

  • Hugh Miles du London Review of Books rapporte que Bandar subi une intervention chirurgicale à l’hôpital Johns Hopkins à Baltimore[28]. Ce que l’avocat de Bandar dément[27]
  • Le Blog du Figaro au Moyen-Orient croit savoir que Bandar a séjourné dans un hôpital en France et qu’il est en convalescence au Maroc[29].
  • La télévision iranienne indique que Bandar est en résidence surveillée pour une tentative de putsch[28],[30].
  • L’opposition saoudien déclare qu’il est incarcéré à la prison de Dhaban[28].
  • Des sources avancent que son coup d’État a été révélé par les services de renseignement russes en raison de ses fréquents voyages à Moscou pour encourager la coopération contre l’Iran[28].

Réapparition et fin du second mandat (octobre 2010 – septembre 2013)[modifier | modifier le code]

Le prince Bandar réapparait en octobre 2010. C’est sa première apparition publique depuis près de deux ans. Citant les médias officiels saoudiens, l’analyste du Moyen-Orient, Simon Henderson rapporte que Bandar est accueilli à l’aéroport par « un véritable who’s who des personnalités politiques saoudiennes de premier plan. » Aucune explication ne sera donnée sur son emploi du temps durant cette période, la version officielle se cantonnant à « un retour de l’étranger »[31]

Suite à ce retour au premier plan, à partir de mars 2011, Bandar est envoyé au Pakistan, en Inde, Malaisie et Chine pour réunir le plus grand nombre de soutiens possible pour une intervention militaire de l’Arabie saoudite à Bahreïn[32],[33]. Ces accords semblent avoir été appuyés par des contrats lucratifs. C’est le cas pour la Chine, qui n’est pas alors partisane du printemps arabe mais offre son appui après qu’un premier grand contrat d’armement avec le Royaume est négocié avec elle[34].

En avril 2011, Bandar est présent lors des réunions du Secrétaire américain de la Défense, Robert Gates, avec le roi Abdullah ainsi que lors d’une visite du conseiller de sécurité nationale, Tom Donilon[33].

Fin mars 2011, il négocie, à Islamabad, le retour dans l’armée pakistanaise[34].

Directeur général de l’Agence de renseignement d’Arabie (2012-2014)[modifier | modifier le code]

Parallèlement à son mandat de Secrétaire général du Conseil de sécurité nationale, Bandar est nommé directeur général de l’Agence de renseignement d’Arabie le 19 juillet 2012. Il y remplace Muqrin bin Abdulaziz[35],[19]. Aucune raison officielle ne soit fournie pour cette nomination[36]. Il est toutefois à noter le contexte d’exacerbation des tensions entre sunnites et chiites dans la province orientale d’Arabie saoudite[37], il en découle que ce changement de direction est perçu comme une volonté d’afficher une politique plus agressive dans la politique intérieure et surtout à l’étranger, envers l’Iran et la Syrie[38].

Politique syrienne[modifier | modifier le code]

La guerre civile en Syrie a éclaté suite à la répression violente des manifestations du printemps arabe en 2011. Cette politique sanglante envers le peuple syrien entraîne un grand nombre de défections dans les rangs des officiels. Début juillet 2012, c’est le général Manaf Tlass, intime de Bachar el-Assad et fils de l'ancien ministre de la défense de Hafez el-Assad, qui fait défection[39].

Le 24 juillet, Manaf Tlass s’adresse aux Syriens depuis l’étranger et les appelle à « s’unir » pour « construire une nouvelle Syrie » qui ne serait pas « bâtie sur la vengeance »[39], juste après s’être entretenu à Riyad avec le prince Bandar, fraîchement nommé à la tête des services de renseignements saoudiens. Des analystes y voient la main des Américains par le biais de la diplomatie saoudienne, cherchant à faire de Manaf Tlass le fédérateur des Frères musulmans et de l’Armée de libération syrienne[40],[41].

Rumeurs d'attentat contre sa personne[modifier | modifier le code]

À la suite de cet événement, le 26 juillet, des rumeurs de l’assassinat de Bandar sont signalées par le Réseau Voltaire[42] et DEBKAfile [43],[44] et seront plus tard diffusées dans pressTV[45] et le Tehran Times[46],[47],[48]. On y voit une possible conséquence de son soutien aux rebelles syriens.

Son assassinat sera ensuite démenti par le journaliste David Ignatius et Arab News[49],[50], mais aucune information ne sera donnée sur la réalité de la tentative, qui sera suivie d’un nouvel effacement médiatique du prince jusqu’à la fin de l’année 2012.

Fin 2012, le prince Bandar reprend ses fonctions et son travail d’affaiblissement du régime de Bashar Al Assad dans le but de le faire chuter. C’est ce qu’affirme, en août 2013, le Wall Street Journal, précisant que la CIA y voit la preuve de l’importance capitale qu’accorde l’Arabie saoudite à la chute du pouvoir syrien[51]. Le journal rapporte également que, dès la fin 2012, Bandar « voyageait de manière incessante, en jet, entre les centres de commandement rebelles syriens, l’Élysée et le Kremlin, cherchant à saper le régime Assad »[51].

Affaire des armes chimiques[modifier | modifier le code]

Six mois plus tard, à l’été 2013, les autorités américaines, britanniques et françaises accusent le régime d’Assad d’utiliser des armes chimiques contre ses adversaires, en violation des conventions internationales.

La Syrie, la Russie et l’Iran, répliquent avec l’affirmation que les armes en question ont en réalité été déployées par les rebelles eux-mêmes lors d’une attaque « sous faux pavillon » ayant pour finalité de retourner l’opinion international contre Assad et d’entraîner une condamnation pour crime de guerre.

Le prince Bandar devient alors la cible de ces accusations de manipulation et de trafic présumé d’armes chimiques, en particulier suite aux investigations du réseau de presse Menth Press News par les résidents du Ghouta[52]. Sans surprise, les médias iraniens affirmèrent également que Bandar était la source de ces transferts présumés[53].  

Fin de mandat et démission[modifier | modifier le code]

À cette même période, la position de Bandar sur la scène internationale commence à devenir plus difficile à tenir.

Vis à vis du Kremlin, Il a été rapporté que le prince Bandar, fut confronté à Vladimir Poutine à plusieurs reprises pour tenter de sortir de l’impasse syrienne. Ces échanges comprenaient entre autres la sécurité des Jeux olympiques d’hiver à Sotchi, au sujet desquels il aurait affirmé pouvoir protéger les jeux contre la menace des groupes tchétchènes[54]. Proposition que Poutine aurait rejetée furieusement en disant « nous savons que vous avez soutenu les groupes terroristes tchétchènes depuis une décennie. Et ce soutien, dont vous parlez sans détour, est incompatible avec des objectifs communs de lutte contre le terrorisme global que vous mentionnez »[55].

Vis-à-vis de Washington, la position de Bandar est également devenue conflictuelle. Il y serait qualifié de « problème » en privé, par la Secrétaire d’État américain John Kerry à cause de ses liens avec les djihadistes[56], ainsi que pour ses critiques virulentes contre Obama pour ne pas avoir répliqué de manière adaptée suite aux attaques chimiques près de Damas[57] ainsi que pour son action politique envers Israël et l’Iran.

Il se serait également mis à dos l’émir du Qatar[57] et le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, qui se serait plaint de manœuvres en affirmant : « ils attaquent l’Irak par l’intermédiaire de la Syrie, et d’une manière directe »[58].

Dans son propre pays, il semble qu’il ait fait preuve d’une trop grande confiance dans les délais présentés au roi pour obtenir la chute de Bachar El-Assad et qu’il ait souffert d’une opposition de plus en plus franche de la part du ministre de l’intérieur et probable futur roi, le prince Muhammad ben Nayef[57].

Le 15 avril 2014, ce sont officiellement les problèmes de santé liés à son accident d’avion de 1979, qui sont avancés comme étant la raison à sa démission « à sa propre demande »[59],[60],[61].

Il reste secrétaire général du Conseil national de sécurité jusqu'au 29 janvier 2015[62]. Le poste de Secrétariat général du Conseil de sécurité nationale est supprimé le même jour[63].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Korany, Bahgat., Hilāl, ʻAlī al-Dīn., Kheir, Karen Abul. et Korany, Bahgat., The foreign policies of Arab states : the challenge of globalization (ISBN 9789774163609, OCLC 897474246, lire en ligne)
  2. Simpson, William, 1948-, The prince : the secret story of the most intriguing Saudi royal : Prince Bandar bin Sultan, HarperPaperbacks, (ISBN 9780061189425, OCLC 166624735, lire en ligne)
  3. (en) Al Mulhim, Abdulateef, « From pilot's g-suit to three-piece suit », Arab News,‎
  4. (en) PBS, Who's Who: The House of Saud,
  5. a, b, c, d et e (en) Walsh, Elsa, « The Prince », The New Yorker,‎
  6. Al Zuhayyan, Abdulrahman, « Prince Bandar, Architect of Saudi-US Relations », Eurasia Review,‎
  7. a, b, c et d « Prince Bandar bin Sultan : Larger-than-life diplomacy », The Economist,‎
  8. Laham, Nicholas., Selling AWACS to Saudi Arabia : the Reagan administration and the balancing of America's competing interests in the Middle East, Praeger, (ISBN 9780275975630, OCLC 49225805, lire en ligne)
  9. (en) Dudney, Robert S., « Verbatim Special: War on Terror », Air Force Magazine: 40–48,‎
  10. a, b, c et d 1.      Fahrenheit 9/11 (2004) Michael Moore
  11. David Leigh, « Prince Bandar », The Guardian, London,‎
  12. (en) Robert Baer, « The Fall of the House of Saud », The Atlantic,‎
  13. (en) « September 11 2001 : Evacuation of Saudi Nationals », sur Sourcewatch
  14. (en) David Ottoway, The king's messenger: Prince Bandar bin Sultan and America's tangled., New York, Walker Publishing Company, (ISBN 9780802777645), p. 251.
  15. a et b (en) « Prince and the `28 pages’ : indirect 9/11 link to Saudi revealed », sur CNN politics, (consulté le 15 janvier 2017)
  16. (en) « Unclassified `28 pages’ : full text », sur CNN politics, (consulté le 15 janvier 2017)
  17. (en) « NBC: Saudi envoy to U.S. offers resignation », sur MSNBC,
  18. (en) « Bandar stays as envoy to US: Saudi », sur Gulf Times,
  19. a et b "His Royal Highness Prince Bandar bin Sultan". Royal Embassy of Saudi Arabia, Washington DC. Retrieved 21 July 2012.
  20. a et b (en) Seymour M. Hersh, « Is the Administration's new policy benefitting our enemies in the war on terrorism ? », The New Yorker,‎ 3 may 2012. (lire en ligne)
  21. (en) Jon Leyne, « Tensions remain among Saudi royals », BBC News.,‎ (lire en ligne)
  22. (en) Saudi Arabia creates new security council, Riyadh, UPI, (lire en ligne)
  23. (en) « The killing of Gebran Tueni: What was the SARG thinking? », sur Wikileaks,
  24. (en) Arnaud de Borchgrave, « Analysis: Arabian Medicis », UPI,‎ 29 december 2006. (lire en ligne)
  25. (en) Toby Jones, « Saudi Arabia's Not so New Anti-Shi'ism », Middle East Report. 242: 29–32. JSTOR 25164776.,‎
  26. (en) « Prince Bandar gets four-year extension as NSC chief », Arab News,‎ (lire en ligne)
  27. a, b, c, d et e (en) « The Missing Prince », sur LRB Blog,
  28. a, b, c et d (en) « The Saudi succession struggle », sur PressTV.,
  29. (en) « Prince Bandar missing », sur Gulfblog,
  30. (en) « In kingdom, Saudi prince's coup 'fails' », sur PressTV, 2 august 2009.
  31. (en) Simon Henderson, « Bandar Is Back », Foreign Policy,‎
  32. (en) Rosenberg, Matthew, « Saudi Bid to Curb Iran Worries U.S. », Wall Street Journal,‎ (lire en ligne)
  33. a et b (en) John Hannah, « Shadow Government: Bandar's Return », Foreign Policy,‎ (lire en ligne)
  34. a et b (en) Bruce Riedel, « Brezhnev in the Hejaz », The National Interest,‎ (lire en ligne)
  35. (en) Knickmeyer, Ellen, « Saudi Appointment Suggests Bigger Regional Ambitions », The Wall Street Journal,‎ 20 july 2012. (lire en ligne)
  36. "Saudi king names ex-U.S. envoy as intelligence chief". CNN. 19 July 2012. Retrieved 20 July 2012. 
  37. (en) « KSA: New Director for Spy Agency », sur Middle East Confidential, (consulté le 20 juillet 2012)
  38. (en) « New Saudi spymaster marks shift in policy », sur UPI, (consulté le 26 juillet 2012)
  39. a et b « Syrie: l'appel à l'unité du général Tlass », sur lefigaro.fr,
  40. Jay Solomon ; Sam Dagher, « Key Role Floated for Syrian Defector », The Wall Street Journal,‎ (lire en ligne)
  41. « Manaf Tlass, nouvelle coqueluche du microcosme germanopratin », sur www.france-irak-actualite.com
  42. « Syria reportedly eliminated Bandar bin Sultan in retaliation for Damascus bombing », sur www.voltairenet.org,
  43. « Saudi silence on intelligence chief Bandar's fate denotes panic », sur DEBKAfile
  44. (en) « Report: Saudi intelligence chief murdered by Syrian hit men », sur digitaljournal.com,
  45. « New saudi spymaster killed report », sur presstv.com
  46. (en) « US reopens probe into bribery claims saudi prince », sur tehrantimes.com
  47. (en) Rick Carroll, « Commentary: Rumors fly of Bandar's death », Aspen Times,‎ (lire en ligne)
  48. (en) Brent Gardner-Smith, « Bandar still alive, insiders say », Aspen Times. Aspen.,‎ (lire en ligne)
  49. (en) Ali Bluwi, « Thierry Meyssan and Prince Bandar bin Sultan », sur arabnews.com,
  50. (en) « The Return of Bandar bin Sultan », sur datarabia.com,
  51. a et b (en) Adam Entous; Nour Malas; Margaret Coker, « A Veteran Saudi Power Player Works To Build Support to Topple Assad », The Wall Street Journal,‎ (lire en ligne)
  52. (en) « EXCLUSIVE: Syrians In Ghouta Claim Saudi-Supplied Rebels Behind Chemical », sur mintpressnews.com
  53. (en) « Bandar Bin Sultan Prince of Terrorists », sur presstv.ir,
  54. (en) Evans-Pritchard, Ambrose, « Saudis offer Russia secret oil deal if it drops Syria », The Telegraph. London,‎ (lire en ligne)
  55. (en) « Saudi Intelligence Chief Back in Russia to Discuss Syria Crisis », Daily HY,‎ (lire en ligne)
  56. (en) « Bandar Ben Sultan, victime majeure de l’hécatombe syrien », sur leaders.com.tn,
  57. a, b et c (en) Ian Black, « End of an era as Prince Bandar departs Saudi Intelligence post », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  58. (en) « Saudi Arabia and Qatar in "War on Iraq" : Maliki », sur www.dawn.com,
  59. (en) Ellen Knickmeyer and Adam Entous, « Saudi Arabia Replaces Key Official in Effort to Arm Syria Rebels », The Wall Street Journal,‎ (lire en ligne)
  60. (en) « Saudi Arabia replaces intelligence chief », The Guardian. AFP,‎ (lire en ligne)
  61. "Saudi intelligence chief Bandar bin Sultan Removed". BBC. 16 April 2014
  62. "King Salman makes appointments". Royal Embassy, Washington DC. 29 January 2015. Retrieved 1 February 2015.
  63. Simeon Kerr (30 January 2015). "Saudi king stamps his authority with staff shake-up and handouts". Financial Times. Riyadh. Retrieved 1 February 2015

Liens externes[modifier | modifier le code]