Ambilatres

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Carte des peuples gaulois.

Les Ambilatres (en latin, Ambiliati ou Ambilatri) étaient un peuple gaulois, dont la localisation sur la rive sud de la basse-Loire n'est pas établie avec certitude.

Mentions historiques[modifier | modifier le code]

Ce peuple est connu par deux sources :

« Ils (les Vénètes) s’assurent pour cette guerre l’alliance des Osismes, des Lexovii, des Namnètes, des Ambilatres (Ambiliatos[1]), des Morins, des Diablintes, des Ménapes ; ils demandent du secours à la Bretagne, qui est située en face de ces contrées. »

— Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre III, chapitre 9.

« À l'Aquitaine appartiennent les Ambilatres (Ambilatri), les Anagnutes, les Pictons, les Santons… »

— Pline, Histoire naturelle, Livre IV, 108.

Le désaccord entre César et Pline[2] peut s'expliquer soit du fait que le territoire des ambilatres fut intégré au territoire des Pictons en - 56 et que Pline naquit en 23 apr. J.-C., ou soit par une erreur de copiste ; le faible emploi de ce mot ne permet pas de savoir quelle est la bonne version. De même, comme le signale Venceslas Kruta, ce sont probablement les Ambilatres qui sont cités dans un autre texte de César (Livre VII) sous le nom d'Ambibarii. César donne en effet la liste suivante à propos des secours à Vercingétorix à Alésia, en ce qui concerne les peuples armoricains : les Coriosolites, les Redones, les Ambibarii, les Calètes, les Osismi[3], les Lémovices, les Unelles. Ambibarii doit certainement être lu Ambiliati ; on remarque d'ailleurs une autre erreur : Lemovices au lieu de Lexovii (les Lémovices pourraient difficilement être classés comme des Armoricains).

La question est résolue quand on remplace Lemovices par Lexovii : il s'agit tout simplement de peuples riverains de la Manche. Ambibarii doit donc être étudié en concurrence avec Ambiani, eux-mêmes riverains de la Manche.

Territoire[modifier | modifier le code]

José Gomez de Soto, d’après Jean Hiernard, estime que leur territoire recouvrait l’actuel département de la Vendée, moins les abords du marais poitevin, plus le sud de la Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire. Dans cette hypothèse, ils auraient été voisins des Pictons et des Andécaves.

Il faut cependant tenir compte de la place que l'on donne aux Anagnutes : ceux-ci pourraient avoir été situés au sud de la Loire à l'est de la Sèvre, donc dans les Mauges, laissant aux Ambilatres les territoires à l'ouest de cette rivière (pays de Retz). C'est une hypothèse reprise par Axel Levillayer à partir de l'étude des sites gaulois du pays de Retz, le Lay en Vendée, pouvant marquer la limite méridionale de leur territoire. Aussi bien les Anagnutes que les Ambilatres étaient avant la conquête romaine en relation avec les Vénètes, comme les Namnètes, et faisaient partie du groupe des Gaulois armoricains[4].

Quoi qu'il en soit, l'organisation romaine des provinces en Gaule supprime leur autonomie : leur territoire (dans l’hypothèse où ils étaient établis en Vendée actuelle et pays de Retz) est rattaché à la cité des Pictons et à la province d’Aquitaine. Les travaux de J. Hiernard vont dans ce sens. Selon celui-ci, ce peuple aurait été rattaché dès l'époque de César à celui des Pictons, pour récompenser ces derniers de leur attitude lors des soulèvements armoricains de -56[5].

La ville de Ratiatum[6] (Rezé), dont des éléments très importants ont été retrouvés (mur gallo-romain de Saint-Lupien), a dû être créée à l'initiative des Pictons sur le territoire précédemment ambilatre. Elle se développe dès le règne d'Auguste face à la ville namnète de Condevicnum (Nantes) et est citée par Ptolémée au IIe siècle comme une des deux villes de la cité des Pictons, avec Limonum (Poitiers).

Article détaillé : Histoire de Nantes.

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Ambiliatos est l'accusatif de Ambiliati.
  2. Le dictionnaire latin-français "Gaffiot" (Hachette, 1934) établit une différence catégorique entre les deux appellations en indiquant : Ambilatri, peuple de l'Aquitaine, PLIN., 4, 108 et Ambiliati, peuple de la Belgique, CAES. 3, 9, 10. En ce qui concerne César, il ne présente pas les Ambiliati comme peuple de la Belgique.
  3. Suppression des Vénètes : il semble que la citation utilisée à partir de thelatinlibrary.com soit incorrecte en donnant le nom de ce peuple.
  4. Jean Hiernard, "Corbilo et la route de l'étain", in Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 1982, 3° trimestre, pp. 497-578.
  5. Cf. P.R. Giot, J. Briard, L. Pape, Protohistoire de la Bretagne, Ouest-France Université, 1995, p. 370 et Louis Pape, La Bretagne romaine, Ouest-France Université, 1995, p. 16.
  6. Le nom de Ratiatum est à l'origine de celui du pays de Retz : pagus Ratiati.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Venceslas Kruta, Les Celtes - Histoire et dictionnaire. Des origines à la romanisation et au christianisme, Robert Laffont, coll. « Bouquins » (ISBN 2-221-05690-6)
  • Alain Gérard, Les Vendéens des origines à nos jours, Centre vendéen de recherches historiques, La Roche-sur-Yon, 2001 (ISBN 2-911253-12-4)
  • José Gomez de Soto, in Jean Combes (dir.), Histoire du Poitou et des Pays charentais : Deux-Sèvres, Vienne, Charente, Charente-Maritime, Clermont-Ferrand, éditions Gérard Tisserand, , 334 p. (ISBN 2-84494-084-6, lire en ligne), p. 90

Articles connexes[modifier | modifier le code]