Alison Des Forges

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Alison Des Forges
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Alison Des Forges en 2005.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Alison B. Liebhafsky
Nationalité
Domiciles
Formation
Activités
Père
Herman A. Liebhafsky (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
-Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Roger V. Des Forges[1]
Autres informations
Distinctions
Prix MacArthur ()
Prix Bruno-Kreisky (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Alison Des Forges, née le à Schenectady (États-Unis) et morte le à Buffalo, est une historienne américaine considérée comme l'une des meilleures spécialiste du génocide des Tutsi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alison Des Forges est diplômée de l'université Yale. Elle soutient sa thèse d'histoire en 1972 sur le Rwanda.

Conseillère principale de l'organisation Human Rights Watch pour l'Afrique, elle s'est surtout fait connaître pour ses travaux sur l'Afrique des Grands Lacs et plus particulièrement sur le génocide des Tutsi au Rwanda de 1994.

L'impartialité et la rigueur dont elle fait preuve tout au long de sa carrière sont reconnues par ses pairs[2],[3],[4].

Elle tente d'alerter au début des années 1990 sur les premiers massacres. Lorsque commence le génocide en , elle essaie de persuader l'administration Clinton d'intervenir, en vain. Elle rédige un rapport sur le génocide au Rwanda, réalisé sous l'égide de Human Rights Watch et de la Fédération internationale des droits de l'homme. Ce rapport, publié en 1999, est considéré comme une référence sur le sujet, mais il est fortement contesté par le Front patriotique rwandais, alors au pouvoir, car il dénonce aussi certains crimes commis par ses propres troupes.

Elle témoigne en tant qu'expert devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda dans onze affaires[1].

Par la suite, Des Forges a de plus en plus critiqué le régime rwandais, notamment à la suite des guerres au Congo[5], des élections de 2003[6] ou du procès contre l'ancien président de la République rwandaise, Pasteur Bizimungu[7]. Alison Des Forges venait, au moment de sa disparition, d'être déclarée persona non grata à Kigali.

Sur la question de l'attentat du 6 avril 1994 au Rwanda, Alison des Forges s'est intéressée à toutes les pistes. En 1999, elle concluait « Nous savons peu de chose sur les auteurs de l'assassinat de Habyarimana »[8]. En 2007, elle a émis des réserves sur les intentions prêtées à Paul Kagame par Jean-Louis Bruguière dans son ordonnance de soit-communiqué, mais n'a pas critiqué les témoignages et les preuves fondant l'accusation principale. Des Forges s'est prononcée pour l'arrestation des personnes visées par l'ordonnance du juge Bruguière, et a regretté que le TPIR n'ait pas mené d'enquête sur l'attentat, qu'elle juge d'une « importance capitale » dans la compréhension du génocide des Rwandais tutsis et de la guerre civile[9],[10].

Alison Des Forges est morte le dans un accident d'avion survenu près de Buffalo dans le nord de l'État de New York[11].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle épouse en Roger Des Forges, historien spécialiste de la Chine rattaché à l'Université de Buffalo. Ils ont deux enfants[1].

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en) Alison Liebhafsky Des Forges (ed. David Newbury), Defeat Is the Only Bad News : Rwanda under Musinga, 1896–1931, Madison, University of Wisconsin Press, , 306 p. (ISBN 9780299281441) – Thèse de doctorat à l'université Yale, .
  • (en) Alison Des Forges et al., "Leave none to tell the story" : genocide in Rwanda, New York / Washington / Londres / Bruxelles, HRW / FIDH, , 789 p. (ISBN 1564321711, lire en ligne) – Version française : Aucun témoin ne doit survivre : le génocide au Rwanda, Paris, Karthala, , 931 p. (ISBN 2-86537-937-X).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles dans la presse (nécrologies)[modifier | modifier le code]

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) Harry Scull Jr., « 9/11 widow, MacArthur Fellow, jazz musicians among victims », USA Today, (consulté le )
  2. a et b Danielle de Lame, « La revue des livres – Straus Scott & Waldorf Lars (dir.), Remaking Rwanda : State Building and Human Rights after Mass Violence », Politique africaine, Karthala, vol. 127, no 3,‎ , p. 186-187 (DOI 10.3917/polaf.127.0179)
  3. Jean-Pierre Chrétien, « Décès d’Alison Des Forges, historienne et militante », sur histoirecoloniale.net, (consulté le )
  4. La rédaction, « Hommage à Alison Des Forges », Afrique des grands lacs : annuaire, L'Harmattan,‎ 2008-2009, p. VI (lire en ligne)
  5. « Le Conflit R.D. Congo-Rwanda », sur Human Rights Watch,
  6. « Rwanda : le FPR cherche à éliminer l'opposition », sur Human Rights Watch,
  7. Sharon Courtoux, « Rwanda : une condamnation peu raisonnable », sur Survie,
  8. Aucun témoin ne doit survivre, Karthala, page 218
  9. Fondation Hirondelle, « Le mandat du TPIR couvre l'attentat contre Habyarimana (Des Forges) »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?),
  10. Fondation Hirondelle, « L'ordonnance du juge Bruguière est empreinte de “sentiments politiques” selon HRW »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?),
  11. (en) Matthew L. Wald et Liz Robbins, « 50 Killed in Plane Crash Near Buffalo », sur NY Times,
  12. Hélène Dumas, « Scott Straus et Lars Waldorf, Remaking Rwanda. State Building and Human Rights After Mass Violence », Afrique contemporaine, De Boeck Supérieur, no 240,‎ , p. 167-169 (DOI 10.3917/afco.240.0167)

Liens externes[modifier | modifier le code]