Vol 3407 Continental Airlines

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Vol 3407 Continental Airlines
Un Bombardier Dash 8 similaire à celui qui s'est écrasé
Un Bombardier Dash 8 similaire à celui qui s'est écrasé
Caractéristiques de l'accident
Date 12 février 2009
Type Décrochage
Causes Erreur de pilotage
Site Buffalo
Coordonnées 43° 00′ 42″ Nord 78° 38′ 21″ Ouest / 43.011602, -78.63904
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareil Bombardier Dash 8 Q400
Compagnie Continental Airlines (Colgan Air)
No  d'identification N200WQ
Lieu d'origine Aéroport international de Newark-Liberty
Lieu de destination Aéroport international de Buffalo-Niagara
Phase Approche
Passagers 45
Équipage 4
Morts 50 (dont 1 au sol)
Blessés 4 au sol
Survivants 0

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

(Voir situation sur carte : États-Unis)
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Le vol 3407 Continental Airlines est un vol de Continental Airlines, assuré par la compagnie aérienne régionale Colgan Air entre l'aéroport international Newark Liberty (EWR) dans le New Jersey et l'Aéroport international de Buffalo-Niagara (BUF) dans l'État de New York sur un turbopropulseur Bombardier Dash 8 Q400, qui s'est écrasé le 12 février 2009 sur une habitation au nord-est de Clarence dans la banlieue de Buffalo, à environ 9 km de la piste de l'aéroport de destination. L'accident a provoqué la mort des 49 occupants de l'appareil et de 1 personne au sol.

Accident[modifier | modifier le code]

L'accident s'est produit de nuit (22h10 heure locale) et alors qu'il tombait de la neige fondue, un phénomène météorologique habituel en cette saison dans le nord de l'État de New York. L'accident a provoqué un violent incendie, obligeant à l'évacuation des maisons environnantes.

Aucun appel d'urgence de l'équipage n'a été reçu avant l'accident.

Victimes[modifier | modifier le code]

Barack Obama serrant la main à Beverly Eckert, la semaine précédant l'accident.

Parmi les victimes se trouvaient :

  • Beverly Eckert, veuve d'une des victimes d'un des vols des attentats du 11 septembre 2001 et membre du Comité directeur des familles victimes du 11 septembre (9/11 Family Steering Committee). Elle se rendait à Buffalo pour une cérémonie d'hommage à son mari et la création d'une bourse à son nom dans leur ancien lycée. Le président Barack Obama, qui l'avait reçue la semaine précédente à la Maison-Blanche avec un groupe de familles des victimes du 11 septembre, lui a rendu hommage.
  • Alison Des Forges, historienne américaine et militante des droits de l'homme, spécialiste du génocide au Rwanda.
  • Gerry Niewood et Coleman Mellett, un saxophoniste et un guitariste de jazz, proche de Chuck Mangione. Ils se rendaient à Buffalo pour participer à un concert avec ce dernier et l'orchestre philharmonique de Buffalo.

Enquête[modifier | modifier le code]

Reconstitution des deux dernières minutes de vol.

Les deux boîtes noires du Dash ont été retrouvées dès le lendemain matin sur le site de l'accident.

L'enquête a révélé que l'accident a été causé par plusieurs erreurs de l'équipage. Alors que les pilotes ont descendu le train d'atterrissage et sorti les volets, ils n'ont pas pris de mesures particulières alors que l'avion volait en conditions givrantes. L'équipage a bien remarqué que du gel s'était accumulé sur les bords d'attaques de l'appareil (ce qui peut perturber l'écoulement de l'air), mais n'a pas réagi correctement. Les procédures dans ce genre de cas prévoient d'augmenter légèrement la vitesse d'approche, afin de garder une marge de sécurité pour éviter tout risque de décrochage. L'avion a fini par trop ralentir, ce que les systèmes de sécurité ont détecté à temps. L'alarme de décrochage s'est déclenchée, elle prévient les pilotes d'un risque de décrochage imminent. À ce moment-là, le commandant de bord aura une réaction inverse à celle qui aurait du être effectuée, il tira sur le manche, au lieu de le pousser. Cette action provoquera le décrochage de l'appareil[1].

Dès que le décrochage est identifié par les calculateurs de bord, un dispositif de sécurité, appelé « Stick-Pusher », entra en action de manière automatique, il consiste à pousser sur le manche, afin de réduire l'angle d'incidence. Malheureusement, le commandant de bord contra ce système en tirant sur le manche, ce qui n'a pas permis à l'avion de sortir du décochage. L'avion finira par piquer et s'écrasera sur une habitation, tuant une personne au sol[1].

L'enquête a également montré que l'équipage manquait de concentration et que les pilotes avaient accumulé de la fatigue, ce qui expliquerait leurs réactions inadéquates, face à la situation, qui était facilement récupérable.

Médias[modifier | modifier le code]

L'accident a fait l'objet d'un épisode dans la série documentaire Mayday : Alerte maximum

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Pierre Otelli, Erreurs de pilotage : Cockpits : Conversations privées interdites, t. 6, Altipresse, coll. « Histoires authentiques », , 273 p. (ISBN 979-1-090465-14-5), p. 59-107