Alice Milliat

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Alice Milliat
Alice milliat.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière Saint-Jacques (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Alice Joséphine Marie MillionVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Alice Milliat, née le à Nantes et morte le à Paris, est une nageuse, hockeyeuse et rameuse de nationalité française[1],[2].

Cofondatrice et présidente de la Fédération des sociétés féminines sportives de France, elle est aussi reconnue comme l'une des plus grandes militantes du combat pour la reconnaissance du sport féminin au niveau international.

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire de la Loire-Atlantique, Alice Milliat a tout juste 20 ans quand elle épouse à Londres le , Joseph Milliat, un jeune Nantais, employé de commerce, qui décède quatre ans plus tard. Ses parents, Eugène et Joséphine Million, tiennent une épicerie rue Guépin, dans le centre-ville de Nantes[2].

Bien que n'étant pas une sportive émérite depuis sa jeunesse, Alice Milliat choisi de se consacrer à l'aviron qu'elle pratique à Fémina Sport, et dont elle devient la présidente en 1915[3],[4]. Elle est également la première femme à remporter le brevet Audax rameur 80 km pour avoir réalisé cette distance dans une embarcation légère et dans le temps imposé[4].

Alice Milliat qui parle couramment trois langues est la principale ambassadrice de la défense du sport féminin en Europe[5]. Malade et décriée pour le lancement d'une loterie destinée à l'acquisition d'un terrain d'entraînement, elle se retire définitivement de la scène sportive en 1935. L'année suivante, la Fédération sportive féminine internationale (FSFI) disparaît de la scène internationale.

Selon le biographe Stéphane Gachet dans Alice Milliat, les 20 ans qui ont fondé le sport féminin, la militante issue d'une formation de sténodactylo accepte des travaux de secrétaire bilingue ou de traductrice jusqu'à la fin de sa vie[6].

Veuve et sans enfant, Alice Milliat meurt le dans le 12e arrondissement de Paris[7]. Elle est inhumée au cimetière Saint-Jacques dans le quartier sud de Nantes, dans une concession de la famille Brevet, celle de sa mère. Son nom ne figure même pas sur sa sépulture[2].

La Fédération des sociétés féminines sportives de France[modifier | modifier le code]

Avant la fin de la Première Guerre mondiale, en , les leaders des clubs de sports féminins créent la Fédération des Sociétés Féminines Sportives de France (FSFSF), qui regroupe des clubs déjà existants comme le Fémina Sport (1912) ou En Avant (1912)[8],[9],[10]. Le docteur Raoul Baudet en est le premier président et Mme Surcouf la première présidente. Alice Milliat est tout d'abord trésorière, puis secrétaire générale en avant d'accéder à la présidence le [3].

Cette même année, Alice Milliat demande au Comité international olympique (CIO) d'inclure des épreuves féminines d'athlétisme lors des Jeux olympiques suivants, mais sa demande est refusée[9],[3]. Parallèlement, la FSFSF étend son champ d'action et organise les premiers championnats de France de football féminin, tout comme la création de championnats en basket-ball, cross, natation ou hockey[3],[10]. La première équipe de France de football féminin est fondée en 1920[11].

La Fédération sportive féminine internationale[modifier | modifier le code]

En , Alice Milliat organise le meeting d'éducation physique féminin international à Monte-Carlo, où se rencontrent des représentantes de 5 pays : France, Grande-Bretagne, Italie, Norvège et Suède[3]. Devant le succès rencontré, elle crée la Fédération sportive féminine internationale (FSFI), le [9],[3]. Élue présidente, son domicile du 3, rue de Varenne à Paris devient le siège social de la fédération.

La Fédération sportive féminine internationale participe à l'organisation de Jeux mondiaux féminins en alternance avec les Jeux olympiques. Les premiers se tiennent à Paris en 1922[12], soit deux ans avant les Jeux Olympiques officiels. L’événement mobilise 20 000 personnes venues assister à ces jeux où se rencontrent des athlètes de 5 pays dans 11 compétitions sportives[13]. L'Association internationale des fédérations d'athlétisme (IAAF) décide face à ce succès, de créer une commission chargée de la mise en place de compétitions athlétiques féminines aux niveaux national et olympique en collaboration avec la FSFI[13].

Alice Milliat est ainsi à l'origine des premiers Jeux Olympiques féminins, à une époque ou les épreuves sportives au féminin sont jugées « inintéressantes, inesthétiques et incorrectes » par le Comité international olympique (CIO) de Pierre de Coubertin. Pour l'historien et pédagogue français, la femme est avant tout une reproductrice destinée à « couronner les vainqueurs »[6].

En 1926, la Suède accueille la seconde édition. À partir de 1928 à Amsterdam, l'athlétisme apparaît comme discipline aux Jeux olympiques. Alice Milliat devient la première femme juge lors des épreuves d'athlétisme des hommes[12],[6].

Le , Alice Milliat est à l'origine de la Fédération sportive féminine internationale (FSFI). Les Championnats mondiaux féminins perdurent jusqu'en 1936, date où l'IAAF intègre la FSFI dans ses structures et proclame leur fin[8]. Le gouvernement cesse également de distribuer des subventions et la militante s'épuise à trouver de nouvelles sources de financement[14].

Notoriété[modifier | modifier le code]

En 1982, l'écrivain André Drevon lui consacre la biographie Alice Milliat, La pasionaria du sport féminin[6]. En 2019, le Nantais Stéphane Gachet publie Alice Milliat, les 20 ans qui ont fondé le sport féminin. De nombreuses villes ont donné son nom à une de leurs installations sportives, comme : une salle du stadium métropolitain Pierre-Quinon de Nantes, le fronton d’un gymnase du 14e arrondissement de Paris[15] ou un gymnase à Bordeaux. À Nantes, toujours, le Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (CROUS) lui a dédié sa résidence universitaire[16].

Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a validé le budget concernant la création d'une œuvre d'art à l'effigie d'Alice Milliat. Celle-ci sera installée aux côtés de Pierre de Coubertin dans la Maison du Sport au stade Charléty[6].

La postérité d'Alice Milliat se poursuit avec la Fondation Alice Milliat qui promeut, finance et améliore la médiatisation des pratiques féminines sportives à travers le monde. L’entité est née officiellement le 29 mars 2016 à l'INSEP à l’occasion du lancement du « 11 Tricolore – la France au rendez-vous », en présence du président de la République François Hollande. La création de la Fondation Alice Milliat marque un tournant dans la prise en compte du sport au féminin car pour la première fois, une organisation française agit au quotidien pour l’amélioration de la médiatisation du sport au féminin. Il s'agit même de la première fondation de ce type en Europe[17]. Abritée par la  Fondation du Sport Français, elle est reconnue d’utilité publique.

Depuis 2016, la Fondation Alice Milliat développe de nombreuses actions à l’échelle européenne notamment grâce au programme Erasmus+ Sport. Celui-ci a récompensé plusieurs projets dans lesquels elle s’est impliquée et qui promeuvent tous l’égalité, la mixité et l’inclusion dans et par le sport (première journée du sport au féminin, Queens Rugby 7 Festival, Fair Coaching). L'entité se positionne ainsi comme l'héritière des combats d'Alice Milliat.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de la Loire Atlantique, commune de Nantes, canton no 3, acte de naissance no 113, année 1884 (avec mention marginale de décès) (page 20/53)
  2. a b et c « Alice Milliat, pasionaria du sport féminin », sur ouest-france.fr, (consulté le 4 avril 2016).
  3. a b c d e et f Leigh et Bonin 1977, p. 75.
  4. a et b Ghislaine Quintillan, « Alice Milliat et les Jeux féminins », Revue olympique, vol. XXVI, no 31,‎ , p. 27-28 (lire en ligne [PDF], consulté le 4 avril 2016).
  5. Sylvain Charlet, « Alice Milliat (1884-1957) l'apôtre du sport féminin français », sur home.nordnet.fr (consulté le 4 avril 2016).
  6. a b c d et e Chrystelle Bonnet, Anne-Sophie Bourdet (ill. Pénélope Bagieu), « A Contre-Courant - Super-Héroïnes : Les vies méconnues et extraordinaires des pionnières du sport », L'Equipe,‎
  7. Archives de Paris 12e, acte de décès no 1439, année 1957 (page 15/31)
  8. a et b Musée national du Sport, Sportives (Plaquette d’une exposition) (lire en ligne), p. 10.
  9. a b et c IAAF, Tables de Cotation de l'IAAF pour les Epreuves Combinées, (réimpr. 2004) (lire en ligne [PDF]), p. 28.
  10. a et b (en) Erik Garin; Hervé Morard, « France - List of Women Champions and Runners-Up », sur rsssf.com, (consulté le 4 avril 2016).
  11. Fabienne Broucaret, « Alice Milliat, une héroïne sportive francaise », sur sportissima.wordpress.com, (consulté le 4 avril 2016).
  12. a et b IAAF, Tables de Cotation de l'IAAF pour les Epreuves Combinées, (réimpr. 2004) (lire en ligne [PDF]), p. 29.
  13. a et b Leigh et Bonin 1977, p. 77
  14. Leigh et Bonin 1977, p. 81.
  15. Philippe Gambert, « Le stade d'athlétisme s'appellera Pierre-Quinon », sur ouest-france.fr, (consulté le 4 avril 2016).
  16. « Résidence Alice Milliat », sur crous-nantes.fr (consulté le 4 avril 2016).
  17. « Fondation Alice Milliat », sur Fondation Alice Milliat (consulté le 24 janvier 2019)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]