Alberto Nisman

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Alberto Nisman
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Manifestation en hommage à Nisman : l'écriteau dit « Todos somos Nisman », ce qui se traduit par « Nous sommes tous Nisman ».

Alberto Nisman est un procureur argentin, né le à Buenos Aires et mort dans cette même ville le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Alberto Nisman a commencé sa carrière dans la fonction publique en tant que fonctionnaire de l'administration fiscale argentine. Il s'est ensuite spécialisé dans les mouvements financiers frauduleux, voire mafieux.

Devenu procureur, il a enquêté sur de nombreuses affaires politico-financières sensibles, et notamment sur les activités de Cristina Kirchner, soupçonnée d'avoir entravé l'enquête concernant l'attentat de Buenos Aires en 1994. Le 18 juillet 1994, une association juive, l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA) à Buenos Aires a subi une attaque terroriste à la voiture piégée qui a complètement détruit le bâtiment où siégeait l'association, faisant 85 morts et des centaines de blessés. Cet attentat est l'attaque la plus meurtrière contre les Juifs depuis la Seconde Guerre mondiale. La communauté juive en Argentine est la plus importante en Amérique latine et la cinquième en nombre dans le monde.

Nisman dirige une section spécifique du Parquet national argentin depuis 2004 à ce sujet. Il a orienté l'enquête vers la piste iranienne, reliant la responsabilité de l'attaque avec des représentants de la République islamique d'Iran et l'organisation terroriste Hezbollah.

Le 25 octobre 2006, la justice argentine, après des années d'instruction de l'affaire, a formellement accusé le gouvernement iranien de la planification de l'attaque et le Hezbollah de l'avoir exécutée[1],[2],[3],[4],[5].

La justice argentine a ordonné l'arrestation de sept anciens responsables iraniens[6],[2],[7].

Le 7 novembre 2007, Interpol a confirmé les conclusions de la justice argentine et ordonné la délivrance d'un mandat d'arrêt pour capturer cinq des fugitifs iraniens et les traduire en justice[8],[9]. Depuis, le gouvernement argentin a demandé à l'Iran d'extrader ses citoyens accusés de l'attaque afin qu'ils soient jugés par un tribunal argentin ou étranger[10] mais l'Iran a refusé le verdict de la justice argentine[11],[12]

En 2009, la présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner a demandé à l'Iran, dans un discours à l'ONU, d'extrader les fonctionnaires soupçonnés d'être impliqués dans des attaques terroristes[13].

Néanmoins en 2013, Cristina Kirchner a annoncé par Twitter que le ministre argentin des Affaires étrangères avait signé un accord avec le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad pour coopérer avec l'enquête et pour décider que le juge du procès et le procureur Alberto Nisman pourraient interroger des suspects iraniens en Iran[14],[15],[16],[17]. Les organisations juives ont exprimé leur inquiétude que la conséquence de ce mémorandum était que l'Argentine a levé les mandats d'arrêt internationaux émis par INTERPOL[18],[19],[20].

Le 14 janvier 2015, Nisman a accusé Cristina Fernandez de Kirchner de « décider et organiser l'impunité des réfugiés iraniens dans l'affaire de l'AMIA avec le but de disculper l'Iran »[21], [22],[23].

Le 19 janvier 2015, la veille d'une audition officielle par la commission spéciale de la chambre des députés de Cristina Kirchner, Nisman est retrouvé mort, une balle dans la tête. Il habitait dans un appartement d'un immeuble dans le quartier chic de Puerto Madero de Buenos Aires, et était protégé par une garde permanente de dix policiers de la police fédérale postés à l’entrée de l’édifice doté de 170 caméras de surveillance, et son chauffeur était également un policier. Son corps est trouvé derrière la porte de la salle de bain, un pistolet Bersa .22 Long Rifle à son côté[24]. La thèse du suicide a d'abord été avancée ; néanmoins son décès intervenant la veille d'une audition officielle par la commission spéciale de la chambre des députés à l’encontre de Cristina Kirchner et alors qu'il avait remis un mémorandum de 300 pages sur son enquête, des soupçons d'assassinat politique ont été émis.

Il avait reçu de nombreuses menaces anonymes contre sa vie et des menaces contre sa famille ont été faites[25].

Après sa mort[modifier | modifier le code]

Manifestation en mémoire du procureur.

Après sa mort, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs régions du pays pour réclamer justice et pour demander des éclaircissements sur la cause de la mort[26],[27],[28],[29],[30],[31].

Le 4 février 2015, 2 000 personnes défilent à Buenos Aires pour exiger la constitution d'une commission d'enquête parlementaire sur son décès. « On ne sait pas si Nisman s'est suicidé ou si on l'a suicidé », dit le Prix Nobel de la paix 1980 Adolfo Pérez Esquivel[32].

Le 18 février 2015, un mois après sa mort, de grandes manifestations ont lieu en sa mémoire, avec une demande d'enquête et de vérité[33],[34],[35],[36].

Une plainte est déposée à l'encontre de la présidente au sujet de cette affaire mais est rejetée par la justice[37]. En décembre 2016, la Cour de cassation fédérale a ordonné de poursuivre l'enquête pour dissimulation et trahison contre Cristina Fernandez de Kirchner qui avait été rejetée par le juge Rafecas[38].

En 2017, un juge argentin, Julian Ercolini, conclut qu'il existe suffisamment de preuves pour affirmer que la mort de Nisman est un assassinat et non pas un suicide[39]. Cette décision est confirmée par la Cour d'appel fédérale[40].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Iran, Hezbollah charged in 1994 Argentine bombing
  2. a et b Iran charged over Argentina bomb
  3. Former Iran leader sought in bombing
  4. Irán planificó el atentado que ejecutó Hezbollah
  5. Judge: Arrest Ex-President Of Iran
  6. Foto de los fugitivos
  7. Wiesenthal Center Urges Interpol's Help To Bring Former Iranian President Before The Bar Of Justice For AMIA Mass Murder In Argentina Wiesenthal Center, 2006
  8. INTERPOL
  9. .stm AMIA: Interpol ratifica arresto de iraníes BBC.
  10. = 1178017 Fuerte reclamo de Cristina Kirchner al presidente iraní por la AMIA
  11. injerencia.html Irán acusa a Argentina de injerencia.
  12. AMIA: duro rechazo iraní a una propuesta del Gobierno
  13. Cristina reclamó extradiciones a Irán y condenó el golpe en Honduras
  14. Infobae: AMIA, aceptan que se interrogue a los acusados, pero sólo si es en Irán
  15. BBC: Amia bombing: Argentina and Iran agree truth commission
  16. Memorándum de Entendimiento
  17. La Presidenta calificó de "histórico" el acuerdo con Irán por el tema Amia
  18. Irán no afloja con el ministro Vahidi y la DAIA pasa factura al Memorandum
  19. Ahmad Vahidi no será sometido a declaración indagatoria
  20. Un ministro iraní, en la lista de la Interpol
  21. Argentinian president accused of covering up details about the country's worst terrorist attack
  22. Phone Taps Reveal Argentinian President “‹Fernandez de Kirchner’s Attempt to Cover Up Iranian Involvement in AMIA Bombing, Prosecutor Says
  23. Argentina’s President Kirchner Named in Criminal Complaint
  24. « Le juge argentin Nisman "victime d'un homicide" », sur ledauphine.com, .
  25. "Judío hdp te vamos a matar", fue una de las amenazas que recibió el fiscal Nisman
  26. « A demonstrator holds a sign that reads "I am Nisman" »
  27. Argentine prosecutor Alberto Nisman's death sparks protests
  28. Marchas y cacerolazos
  29. Multitudinarias marchas en todo el país por la muerte de Nisman
  30. «Protests mount over Argentine prosecutor’s death»
  31. «Morte de promotor que investigava Cristina dificulta campanha kirchnerista»
  32. « Argentine: marche contre l'impunité et pour la vérité dans la mort du procureur Nisman », AFP sur LePoint.fr, 5 février 2015.
  33. « Argentine : manifestations immenses, un mois après la mort du procureur Nisman », LeMonde.fr avec AFP, 19 février 2015.
  34. 18F: los sonidos del silencio en la marcha por Nisman
  35. Multitudinaria marcha en homenaje a Nisman
  36. #18F: Una multitud marchó a Plaza de Mayo a un mes de la muerte de Nisman
  37. « Argentine: rejet de la plainte contre Cristina Kirchner pour entrave à la justice », lemonde.fr, 26 février 2015.
  38. « Pourquoi la justice argentine rouvre l’enquête du procureur Nisman sur Kirchner - France 24 », France 24,‎ (lire en ligne, consulté le 2 janvier 2018).
  39. « Le procureur Alberto Nisman a bien été tué, affirme un juge argentin - France 24 », France 24,‎ (lire en ligne, consulté le 2 janvier 2018).
  40. AFP, « Argentine: le procureur Nisman qui enquêtait sur un attentat a bien été assassiné », LaLibre.be,‎ (lire en ligne, consulté le 22 juin 2018).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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