Alain Destexhe

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Alain Destexhe
Fonctions
Député au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale et au Parlement de la Communauté française de Belgique
Sénateur
Réélection
Biographie
Date de naissance (64 ans)
Lieu de naissance Liège
Parti politique Listes Destexhe puis Libéraux démocrates

Alain Destexhe est un homme politique belge libéral-conservateur[1], né à Liège le . Il quitte le Mouvement réformateur en 2019 pour créer son propre parti, les Listes Destexhe (renommées Libéraux démocrates), qu'il présente comme une « N-VA francophone, sans le confédéralisme »[2],[3]. En 2022, il rejoint l'équipe de campagne de Zemmour.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est docteur en médecine de l'université de Liège (1983), diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (IEP-1987), détenteur d'un certificat en management de l'INSEAD (Fontainebleau) et d'une licence en expertise médicale de l'université de Louvain.

Il travaille comme bénévole pour le compte de Médecins sans frontières (1985-1988)[4].

Il s'installe en politique au PRL sous la présidence de Jean Gol. Devenu polémiste, il écrit de nombreux pamphlets et alimente des blogs ainsi que le site français Figarovox[5].

En 1993, il devient pour deux ans le premier secrétaire général du réseau international cette organisation non gouvernementale (ONG) qui a demandé à monsieur Destexhe de démissionner le 22 mars 1995 avec effet immédiat, étant donné sa décision de se lancer dans la vie politique belge. Les thèses défendues par monsieur Destexhe ne peuvent en aucun cas engager MSF[4],[6].

Destexhe a aussi la nationalité rwandaise[7].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

  • En 1995, il est élu sénateur au Parlement belge. Après l'avoir initiée, il est secrétaire de la Commission spéciale du Sénat belge sur les événements du Rwanda en 1994 (1997).
  • En 1999, il en est nommé premier vice-président de la Commission des Affaires étrangères.
  • En 2003, il est élu sénateur pour le collège électoral francophone.
  • Le , il est réélu à son poste de sénateur, sur la liste du Mouvement réformateur.
  • En 2009, il est élu au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale et au Parlement de la Communauté française de Belgique (Fédération Wallonie-Bruxelles, qui représente les francophones de Belgique). Il siège au bureau du Parlement dont il est le secrétaire.
  • Il est réélu à ces deux Parlements à la suite des élections du et redevient sénateur.

En 2014, il devient Vice-Président de la délégation belge de l'Union interparlementaire[8]. Il est nommé Rapporteur quelques mois plus tard sur le thème de la protection durable du patrimoine culturel matériel et immatériel de l'humanité contre la destruction et la dégradation.

Il est également vice-président de la délégation belge de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe[9] au sein du Groupe ALDE. En , il est nommé Président de la Commission des questions juridiques et des droits de l'Homme.

Mis en cause par la presse pour des liens présumés avec l'Azerbaïdjan, Alain Destexhe annonce le sa démission de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe pour laquelle il a finalisé un rapport sur le respect des droits de l'homme dans ce pays[10],[11]. Bien qu'il ait toujours nié, il est suspecté d'avoir écrit un rapport favorable au sujet des élections en Azerbaïdjan, contre rémunération[12]. L'enquête anti-corruption au sein du Conseil de l'Europe terminée en conclut à un conflit d'intérêts dans le chef d'Alain Destexhe mais balaie les autres soupçons[13].

Dans ce cadre, il est interdit à vie du Conseil de l'Europe depuis de par la violation du code de conduite des parlementaires[14],[15],[16].

Écrits et prises de position[modifier | modifier le code]

Destexhe se popularise d'abord comme membre d'une commission parlementaire sur le génocide du Rwanda, puis en 2000 dans les médias, lors d'une diffusion par l'émission Strip-tease à la RTBF, d'un reportage intitulé Délégation de très haut niveau qui retrace une mission parlementaire belge en Corée du Nord. Ce documentaire dénonce la situation dans ce pays dont on possède si peu d'images, mais aussi l'attitude et les positions de certains membres de cette délégation. On y voit notamment Destexhe marquer son mépris pour le régime en place, notamment face à un élu socialiste laudateur dudit régime[17].

En 2005, il publie Wallonie, la vérité des chiffres où il présente comme désastreuse la situation économique en Région wallonne.

Il publie également un livre livrant son interprétation du génocide des Tutsi au Rwanda[évasif].

Depuis janvier 2007, il tient un blog : Alain Destexhe. Basta le politiquement correct ![18].

En 2008, il publie Le Mouvement flamand expliqué aux francophones[19].

En 2013, il publie Syndicats : enquête sur le plus puissant lobby du pays[20].

Destexhe reçoit le Prijs voor de Vrijheid (en) (prix de la liberté) 2006 de Nova Civitas (en), un think tank libéral flamand[21]. Il a aussi été honoré, en 2001-2002, par la Chaire Weisberg en relations internationales du Beloit College (Wisconsin, États-Unis)[22], où il a enseigné.

En , il publie une lettre ouverte sur le site de La Libre Belgique dans laquelle il critique les prises de position et l'action de Bernard De Vos, délégué général aux droits de l'enfant, qui selon lui, n'aurait « de comptes à rendre à personne »[23]. Il reçoit sur le même site une réplique de la part de Matthieu Daele, président de la Commission jeunesse et aide à la jeunesse du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui rappelle que « le délégué général peut à tout moment être entendu par le Gouvernement ou le Parlement » et invite Destexhe à participer aux travaux de la commission[24].

En , Alain Destexhe publie un communiqué dénonçant une « explosion » de la criminalité à Bruxelles sur la base d'une compilation de diverses statistiques, intitulé Bruxelles, "Orange mécanique" ?[25]. La ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet, contestera rapidement non pas les chiffres cités, mais la méthode d'analyse jugée partisane[26]. Certains journalistes discuteront de manière plus complète les conclusions proposées par l'auteur[27].

En , à la suite de la présence de quatre députées voilées à une séance du Parlement turc, il s'offusque de cette première, en en attribuant l'origine à la députée belge Mahinur Özdemir, « première députée voilée à siéger dans un parlement européen, un acte qui a compté pour briser l'interdit en Turquie »[28].

En , il écrit un nouvel ouvrage, Avenir des régions - Croissance ou déclin, dans lequel il brosse un portrait de la situation économique des trois régions de Belgique. Après un diagnostic qui démontre une économie déplorable, il propose plusieurs recommandations afin d'améliorer la croissance.

En juin 2016, le quotidien La Libre Belgique révèle qu'Alain Destexhe a été exclu de la liste électorale du Mouvement réformateur (Belgique) à la commune d'Ixelles pour les élections communal de 2018 à la suite de plusieurs propos tenus sur l'Islam et les étrangers[29].

De septembre à aujourd'hui, il écrit chaque semaine une chronique L'actualité vue de Belgique pour FigaroVox[30]. Il y aborde des thématiques qui lui tiennent fortement à cœur telles que les questions d'intégration ou l'enjeu de la surpopulation mondiale et partage son point de vue sur l'actualité française en faisant de nombreux parallèles avec la Belgique.

En 2018, il appelle le MR à se « droitiser » et à « suivre l'exemple de la N-VA »[31].

Début 2019, il publie un nouveau livre intitulé Immigration et intégration : Avant qu'il ne soit trop tard...[32]. Au-travers des 251 pages de cet ouvrage sont abordées diverses thématiques comme les « vrais » chiffres de l'immigration en Belgique, le regroupement familial, l'asile, les conséquences pour la société, l'islam, la nationalité belge ou encore l'intégration. Le livre vise tout particulièrement les politiques qui ont été menées à l'instigation d'hommes et de femmes politiques belges.

En , il annonce son départ[3] du Mouvement réformateur et forme son parti - provisoirement baptisé "Listes Destexhe" - inspiré de la N-VA (la revendication confédéraliste en moins). Début , il annonce le ralliement des conseillers communaux MR Aymeric de Lamotte et Victoria de Vigneral, de l'ex-échevine Sophie François, du député wallon indépendant André-Pierre Puget ainsi que de l'expert en terrorisme Claude Moniquet.

Le , les "Listes Destexhe" changent de nom pour devenir "Libéraux Démocrates"[33].

En janvier 2022, il rejoint l’équipe de campagne d’Éric Zemmour[34] et "est en charge de la coordination du courrier et d'autres missions''[35],[36].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Santé, médicaments et développement : Les soins primaires à l'épreuve des faits, Paris, Fondation Liberté sans frontières, , 271 p.
  • L'Humanitaire impossible, ou, Deux siècles d'ambiguïté, Paris, Éditions Dalloz Sirey, coll. « Le temps du monde », , 236 p. (ISBN 978-2-200-21414-2)
  • Rwanda, Paris, Éditions Complexe, , 124 p. (ISBN 978-2-87027-538-2)
  • Amérique centrale, Paris, Éditions Complexe, coll. « Questions au XXe siècle », , 276 p. (ISBN 978-2-87027-274-9)
  • La Folie du Net. Mieux vaut en être, Bruxelles, Luc Pire,
  • Qui a tué nos paras ?, Bruxelles, Luc Pire, , 110 p. (ISBN 978-2-930088-33-4)
  • Corée du Nord, voyage en dynastie totalitaire, Paris, L'Harmattan, , 105 p. (ISBN 978-2-7475-1323-4)
  • L'École de l'échec : comment la reformer ? Du pédagogisme à la gouvernance, Marcinelles, Belgique, Éditions Cortex, coll. « La Noria », (ISBN 978-2-8040-1932-7)
  • Hainaut : enfin une stratégie gagnante ?, Marcinelles, Belgique, Éditions Cortex, coll. « Quartier libre », (ISBN 978-2-8040-2628-8)
  • 7 défis pour 2007 - Oser la vérité, Bruxelles, , (dir.), Luc Pire/Labor, , 144 p. (ISBN 978-2-507-00105-6)
  • Démocratie Ou Particratie ? 120 Propositions pour refonder le système belge, Marcinelles, Belgique, Éditions Cortex, coll. « Quartier libre », (ISBN 978-2-8040-2633-2)
  • Le Mouvement flamand expliqué aux francophones, Bruxelles, Luc Pire, , 144 p. (ISBN 978-2-507-00105-6)
  • Comment l'État gaspille votre argent, Roeselare, Belgique, avec Rudy Aernoudt, Roularta Books, (ISBN 978-90-8679-169-9)
  • 50 dates-clés de l'Histoire de Belgique, Bruxelles, Luc Pire, , 176 p. (ISBN 978-2-507-00161-2)
  • Lettre aux progressistes qui flirtent avec l'islam réac, Cuesmes, Belgique, avec Claude Demelenne, Éditions du Cerisier, (ISBN 978-2-87267-132-8)
  • Syndicats : enquête sur le plus puissant lobby du pays, Bruxelles, Belgique, La Renaissance du Livre, (ISBN 978-2-507-05013-9)
  • L’Avenir de nos Régions. Croissance ou déclin ?, Bruxelles, Belgique, Filipson Éditions,
  • Immigration et intégration : Avant qu'il ne soit trop tard..., Bruxelles, Belgique, Dynamedia Editions, 2018, 251 p. (ISBN 978-2-9601681-9-8)

Références[modifier | modifier le code]

  1. lalibre.be, « Alain Destexhe: "Il faut un courant libéral-conservateur au sein du MR" », sur www.lalibre.be (consulté le )
  2. lesoir.be, « Alain Destexhe quitte le MR et lance un nouveau parti, une «N-VA francophone» », sur www.lesoir.be (consulté le )
  3. a et b DH.be, « Destexhe quitte le MR et lance une "N-VA francophone": "Nos compatriotes musulmans doivent renoncer à une partie de l’héritage de l’islam" », sur www.dhnet.be (consulté le )
  4. a et b « Alain Destexhe travaille-t-il toujours pour MSF ? », sur www.msf-azg.be (consulté le )
  5. « DPG Media Privacy Gate », sur myprivacy.dpgmedia.be (consulté le )
  6. « Alain Destexhe, la politique en solitaire | | Wilfriedmag », (consulté le )
  7. Le Vif/L'Express du 15/09/2017
  8. « Union interparlementaire », sur www.ipu.org
  9. « PACE website », sur www.assembly.coe.int
  10. « Azérigate: Alain Destexhe démissionne de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe », RTBF Info,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. Thierry Denoël, « Alain Destexhe : un rapport complaisant sur l'Azerbaidjan ? », sur Le Vif, (consulté le )
  12. « Alain Destexhe privé d'accès au Conseil de l'Europe », sur L'Echo, (consulté le )
  13. Azerbaïdjan : Alain Destexhe s’est mal conduit mais n’a pas été corrompu, lesoir.be, 23 avril 2018
  14. Thierry Denoël Journaliste au Vif/L'Express, « Destexhe - Azerbaïdjan : le Sénat a fermé les yeux », sur www.levif.be, (consulté le )
  15. « Alain Destexhe n’est plus autorisé à entrer au Conseil de l’Europe », sur Le Soir (consulté le )
  16. « Azerigate : une perquisition a eu lieu jeudi au domicile d'Alain Destexhe », sur RTBF Info, (consulté le )
  17. « Paris Cinéma : Blog 2016 – Le Festival est Paris », sur www.pariscinema.org
  18. « flawless youth », sur flawless youth
  19. Destexhe explique le Mouvement flamand aux francophones, dhnet.be, 18 mai 2011
  20. publie un livre brûlot sur les syndicats, lesoir.be, 29 avril 2013
  21. Prijs van de Vrijheid voor Alain Destexhe
  22. « The Beloit Residencies: Weissberg Chair in International Studies - Beloit College », sur www.beloit.edu
  23. « Destexhe au Délégué aux droits de l'enfant: "Je n'accepte pas vos leçons de morale!" », sur lalibre.be
  24. « Le Président de la commission jeunesse tacle Alain Destexhe », sur lalibre.be
  25. « Bruxelles, Orange mécanique ? »
  26. Milquet conteste les chiffres sur la sécurité à Bruxelles présentés par Destexhe
  27. « La criminalité est-elle en train d'exploser à Bruxelles ? »,
  28. « La défaite d'Atatürk : des députées voilées au Parlement turc »
  29. « Suite à ses dérapages, Alain Destexhe a été exclu de la liste MR à Ixelles », la libre,‎ (lire en ligne, consulté le )
  30. « Alain Destexhe »
  31. « Destexhe appelle le MR à se "droitiser" », sur www.7sur7.be,
  32. « Alain Destexhe : « En Belgique, l'immigration est subie et l'intégration, ratée » », sur FIGARO, (consulté le )
  33. « Alain Destexhe, le postier de Zemmour », sur moustique.be, (consulté le )
  34. « L'ex-sénateur et député bruxellois Destexhe rejoint l'équipe de campagne de Zemmour » Accès libre, sur rtbf.be, (consulté le )
  35. « L'ex-sénateur et député bruxellois Destexhe rejoint l'équipe de campagne de Zemmour », sur RTBF (consulté le )
  36. « L’ex-sénateur belge Alain Destexhe rejoint l’équipe d’Eric Zemmour », sur parismatch.be, (consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]