Aileen Wuornos

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Aileen Wuornos
Aileen Wuornos
La Demoiselle de la Mort
Information
Nom de naissance Aileen Carol Pittman
Surnom La Demoiselle de la Mort
Sandra Kretsch
Suzann Lynn Blahovec
Lee Blahovec
Cammie Marsh Greene
Lori Kristine Grody
Aileen Carol Wuornos
Naissance
Rochester, Michigan, États-Unis
Décès (à 46 ans)
Starke, Floride, États-Unis
Cause du décès Injection létale
Condamnation
Sentence Peine capitale
Meurtres
Nombre de victimes 7
Période 1989 - 1990
Pays États-Unis
États Floride
Arrestation

Aileen Carol Wuornos est née le à Rochester et est décédée le à Starke en Floride. Elle fut condamnée à la peine de mort par injection létale pour avoir assassiné au moins sept hommes en Floride entre novembre 1989 et novembre 1990. Selon elle, ces derniers l'auraient violée ou auraient tenté de le faire alors qu'elle exerçait son activité de prostituée. Elle a été reconnue coupable et condamnée à mort pour six des meurtres, un des corps n'ayant jamais été retrouvé, et fut exécutée par injection létale le à la prison d'État de Floride, à Starke dans le comté de Bradford.

On lui avait donné le surnom de « La Demoiselle de la Mort ».

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Enfance[modifier | modifier le code]

Aileen Carol Wuornos est née sous le nom de Susanne Carol Pittman à Rochester, Michigan. Elle avait un frère aîné prénommé Keith, né en . Sa mère, Diane Pratt, avait 15 ans lorsqu'elle épousa Leo Dale Pittman le . Moins de deux ans après cette union et deux mois avant la naissance de Wuornos, Pratt divorça. Pittman était un pédophile, violeur d'enfants, qui a passé la majeure partie de sa vie à aller et sortir de prison. Wuornos n'a jamais rencontré son père car, quand elle est née, il était en prison pour viol et tentative de meurtre sur un petit garçon de huit ans. Leo Pittman sera étranglé par un codétenu en 1969. En janvier 1960, Pratt a abandonné ses enfants, les laissant avec leurs grands-parents maternels d'origine finlandaises[1], Lauri et Britta Wuornos à Troy (Michigan). Keith et Aileen ont été adoptés légalement le 18 mars 1960 par la famille Wuornos et ont pris leur patronyme.

Dès son plus jeune âge, Aileen Wuornos eut des relations sexuelles avec de multiples partenaires dont son propre frère. À l'âge de treize ans, elle est tombée enceinte, déclarant que la grossesse était la conséquence d'un viol par un inconnu. Elle donna naissance, le 23 mars 1971, à un garçon à la Maison des Mères Célibataires de Détroit. L'enfant a été immédiatement placé afin d'être adopté. Le 7 juillet 1971, Britta Wuornos décéda d'une cirrhose du foie après que Aileen et son frère eurent été mis sous tutelle. Lorsqu'elle eut atteint ses quinze ans, son grand-père la jeta de la maison et Aileen Wuornos commença à subvenir à ses besoins comme prostituée.

Premiers délits[modifier | modifier le code]

Le , elle a été interpellée dans le comté de Jefferson au Colorado, pour conduite en état d'ivresse, comportement contraire aux bonnes mœurs et tir au pistolet de calibre 22 à partir d'un véhicule se déplaçant. Elle fut condamnée par défaut puisqu'elle ne comparut pas au tribunal.

En 1976, elle fit de l'auto-stop jusqu'en Floride, où elle rencontra Lewis Gratz Fell (28 juin 1907 — 6 janvier 2000), âgé alors de 69 ans et président d'un yacht-club. Ils se marièrent la même année, l'annonce de leur union sera même publiée dans les pages du journal local. Cependant Aileen Wuornos continuait à être régulièrement impliquée dans des altercations au bar local et fut finalement envoyée en prison pour violence. Elle frappa également Fell avec sa propre canne, ce qui l'a conduit à demander une Injonction à son encontre, à la suite duquel elle est retournée dans le Michigan.

Le , elle fut arrêtée dans le Comté d'Antrim (Michigan) pour voie de fait et trouble à l'ordre public après avoir provoqué un esclandre dans un bar et après qu'elle a lancé une boule de billard à la tête d'un barman. Trois jours plus tard, le , son frère Keith mourait d'un cancer de la gorge. Aileen bénéficia des 10 000 $ de son assurance-vie qu'elle dilapida en quelques semaines[réf. nécessaire]. Wuornos et Fell divorcèrent le 21 juillet après neuf semaines de mariage.

Le , elle fut arrêtée à Edgewater en Floride pour l'attaque à main armée d'un commerce de proximité. Elle fut condamnée à une peine de prison ferme le 4 mai 1982 et fut libérée le .

Le , Aileen Carol Wuornos est de nouveau arrêtée après avoir tenté de déposer des chèques contrefaits dans une banque de Key West. Le 30 novembre 1985, elle est suspectée du vol d'un revolver et de munitions dans le comté de Pasco.

Le , elle est arrêtée à Miami pour vol de véhicule, résistance à l'arrestation et obstruction à l'enquête par production de fausses informations (elle avait déclaré se nommer Lori Grody qui était en fait le nom de sa tante). La police de Miami découvrit un revolver de calibre .38 ainsi qu'une boîte de munitions dans la voiture volée.

Le , des shérifs adjoints du comté de Volusia ont retenu et interrogé Aileen Carol Wuornos après qu'un compagnon masculin l'a accusée d'avoir sorti une arme à feu dans sa voiture et de lui avoir réclamé 200 $. Un pistolet de calibre .22 et une boîte de munitions furent retrouvés sous le siège passager que Wuornos occupait.

Durant la même période, Aileen Carol Wuornos rencontra Tyria Moore, une femme de ménage dans un hôtel, dans un bar gay de Daytona. Elles s'installèrent ensemble, Aileen assurant le quotidien par ses revenus provenant de la prostitution. Le 4 juillet 1987, la police de Daytona retint les deux femmes pour un interrogatoire à la suite d'un nouvel incident dans un bar où elles étaient accusées de coups et blessures avec une bouteille de bière.

Le , elle a accusé un conducteur de bus de Daytona d'agression. Elle déclara qu'il l'avait poussée hors du bus après une altercation. Moore fut enregistrée comme témoin de l'incident.

Meurtres[modifier | modifier le code]

  1. Richard Mallory, 51 ans – le 30 novembre 1989 : la première victime de Aileen Carol Wuornos était propriétaire d'un magasin de composants électroniques à Clearwater, un homme déjà reconnu coupable de viol pour lequel elle déclara l'avoir tué en état de légitime défense. Un shérif-adjoint du Comté de Volusia découvrit le véhicule abandonné de Mallory le 1er décembre 1989. Le cadavre de Mallory ne fut retrouvé que le 13 décembre dans un secteur boisé à plusieurs miles de distance. Le corps comportait plusieurs impacts dont deux au poumon gauche ont été considérés comme à l'origine de la mort.
  2. Charles « Dick » Humphreys, 56 ans — le 19 mai 1990 : Humphreys était un commandant en retraite de l'U.S. Air Force, un ancien enquêteur de mauvais traitements aux enfants pour le compte de l'État de Floride et un ancien chef de la police. Son corps fut retrouvé le 12 septembre 1990 dans le comté de Marion. Il était entièrement dévêtu et avait reçu six balles au niveau de la tête et du torse. Sa voiture fut retrouvée dans le comté de Suwannee.
  3. David Spears, 43 ans : Spears était un ouvrier du bâtiment de Winter Garden dont le corps fut retrouvé dénudé le 1er juin 1990 en bordure de l'autoroute 19 dans le comté de Citrus. Il avait reçu six balles.
  4. Charles Carskaddon, 40 ans — le 31 mai 1990 : Carskaddon était un ouvrier de rodéo à temps partiel. Son corps fut découvert le 6 juin 1990 dans le comté de Pasco. Il avait reçu neuf balles d'une arme de petit calibre.
  5. Peter Siems, 65 ans : Siems quittait la ville de Jupiter, voyageant vers le New Jersey en juin 1990. Sa voiture a été retrouvée le 4 juillet 1990 à Orange Springs. Tyria Moore et Aileen Wuornos ont été identifiées comme les personnes qui ont quitté le véhicule là où il a été trouvé. Une empreinte palmaire de Wuornos a été mise en évidence sur la poignée de porte intérieure. Le corps de Peter Siems ne fut jamais retrouvé.
  6. Troy Burress, 50 ans – le 30 juillet 1990 : Burress était un vendeur de saucisses d'Ocala. Il a été porté disparu le 31 juillet 1990 mais son cadavre n'a été retrouvé que le 4 août 1990 dans un secteur boisé en bordure de la route d'État 19 dans le comté de Marion. Il portait deux impacts de balles.
  7. Walter Jeno Antonio, 62 ans — le 19 novembre 1990 : le corps en partie dénudé d'Antonio a été retrouvé le même jour près d'une route d'exploitation forestière dans le comté de Dixie. Il avait été tué de quatre balles. Sa voiture fut retrouvée, cinq jours plus tard, dans le comté de Brevard.

Affaire judiciaire[modifier | modifier le code]

Interpellation et procès[modifier | modifier le code]

Aileen Wuornos et Tyria Moore avaient abandonné la voiture de Peter Siems, après avoir été impliquées dans un accident de la circulation, le 4 juillet 1990 ; c'est à cette occasion que la police scientifique retrouva une empreinte palmaire de Wuornos au niveau d'une des poignées de porte. Les témoins de l'accident, qui avaient vu les passagères fuir du véhicule, se firent connaître auprès de la police et fournirent des descriptions des fugitives ce qui aboutit à une campagne médiatique afin de les localiser. La police avait également retrouvé des objets personnels des victimes dans des monts de piété, ces derniers étaient recouverts d'empreintes digitales correspondant à celles retrouvées dans les voitures des victimes ainsi que dans le rapport de police établi lors de la seconde interpellation de Wuornos de 1976.

Le 9 janvier 1991, Aileen Carol Wuornos fut arrêtée la première, lors d'une interpellation spectaculaire, dans un bar de motards, « The Last Resort » dans le comté de Volusia. La police localisa Moore, le lendemain à Scranton en Pennsylvanie. Celle-ci accepta d'obtenir les aveux de Wuornos en échange d'une procédure d'immunité judiciaire complète sur le ou les crimes dans lesquels elle aurait été impliquée. La police ramena Moore en Floride, où elle fut logée dans un motel. Suivant les instructions de la police, Moore téléphona à Wuornos à plusieurs reprises, lui demandant notamment son aide et qu'elle la disculpe. Trois jours plus tard, le 16 janvier 1991, Wuornos avoua les meurtres. Elle prétendit que les hommes avaient tenté de la violer et qu'elle avait agi par auto-défense.

Le 14 janvier 1992 débuta le procès concernant le meurtre de Richard Mallory. Bien que des délits antérieurs ne puissent normalement pas être évoqués lors d'un procès criminel, utilisant la jurisprudence Williams de l'état de Floride, l'accusation put néanmoins produire des preuves liées aux autres crimes afin de démontrer que le même modus operandi avait été suivi pour tous ces meurtres. Wuornos a été reconnue coupable du meurtre de Richard Mallory, le 27 janvier 1992 grâce au témoignage à charge de Moore. Lors de la sentence, les psychiatres, présentés par la défense, ont déclaré que Wuornos était instable mentalement et qu'ils avaient diagnostiqués des troubles de la personnalité avec des désordres mentaux assimilés à la schizophrénie. Aileen Wuornos fut une première fois condamnée à la peine capitale le 31 janvier 1992.

Le 31 mars 1992, Wuornos plaida coupable pour les meurtres de Charles Humphreys, Troy Burress et David Spears, déclarant qu'elle souhaitait « être droite vis-à-vis de Dieu ». Lors de sa déposition devant la Cour, elle déclara, « Je voulais vous rappeler que Richard Mallory m'a vraiment violée comme je l'avais précédemment déclaré. Mais les autres ne le firent pas. Ils ont seulement commencé à le faire ». Le 15 mai 1992, Aileen Wuornos fut de nouveau condamnée trois fois à la peine capitale.

En juin 1992, Wuornos plaida à nouveau coupable pour le meurtre de Charles Carskaddon et fut condamnée à la peine de mort pour la cinquième fois au mois de novembre 1992. La défense tenta durant le procès de prouver que Mallory avait essayé de commettre un viol dans un autre État, et qu'il avait été remis en liberté conditionnelle avec une grande mansuétude par l'institution de remise de peine de l'état du Maryland alors que celle-ci aurait du veiller à la prévention de nouvelles agressions sexuelles par ce dernier. La défense obtint et présenta les rapports de cette institution démontrant que, de 1958 à 1962, Mallory fut soumis à un traitement chimiothérapeuthique et mis sous observation à la suite de présomptions d'agressions dans l'intention de violer, et qu'au total il suivit huit années de traitement en contrepartie de sa liberté conditionnelle. Le juge refusa que ces éléments soient retenus par la Cour comme des preuves et rejeta la requête de Wuornos qui demandait un second procès.

En février 1993, Wuornos plaida coupable pour le meurtre de Walter Jeno Antonio et fut condamnée, une sixième fois, à la peine capitale. Aucune charge ne fut retenue contre elle pour le meurtre de Peter Siems puisqu'on ne retrouva jamais le corps de la victime.

Wuornos raconta plusieurs versions incohérentes à propos des meurtres. Elle affirma initialement que les sept hommes l'avaient violée alors qu'elle effectuait son activité de prostituée, puis elle se rétracta sur ses déclarations d'auto-défense. Durant un entretien accordé au documentariste Nick Broomfield, alors qu'elle pensait que les caméras et micros étaient débranchés, elle déclara à ce dernier qu'il s'agissait bien d'auto-défense et qu'elle ne devrait pas être présente dans le couloir de la mort, où elle séjournait depuis deux ans à ce moment, et qu'elle souhaitait mourir.

Exécution[modifier | modifier le code]

L'appel de Wuornos auprès de la Cour Suprême des États-Unis fut rejeté en 1996. En 2001, elle annonça qu'elle ne ferait plus appel de sa condamnation à la peine capitale. Elle fit une requête auprès de la Cour Suprême de Floride pour se séparer de son conseil juridique et pour arrêter tous les appels, déclarant, « J'ai tué ces hommes, je les ai volés alors qu'ils étaient froid comme la glace. Et je le referais de nouveau. Il n'y a aucune raison de me garder en vie ou quoi que ce soit, car je tuerai encore. J'ai de la haine qui suinte de tous mes pores… j'en ai assez d'entendre cette chose, "elle est folle". J'ai été examinée tellement de fois. Je suis compétente, saine et j'essaie de dire la vérité. Je suis celle qui déteste le plus fortement la vie humaine et je tuerais de nouveau. » La défense a soutenu qu'elle n'était pas en état pour eux d'honorer une telle requête.

Le Gouverneur de Floride, Jeb Bush, mandata 3 psychiatres afin d'avoir un entretien de 15 minutes avec Wuornos. Les questions auxquelles devaient répondre ces experts ont permis de conclure que la condamnée comprenait qu'elle allait mourir et pour quels crimes elle allait être exécutée. Tous 3 la jugèrent apte mentalement à être exécutée.

Wuornos accusa, lors de la dernière interview accordée au journaliste Nick Broomfield le 8 octobre 2002, les gardiennes de la prison d'avoir abusé d'elle. Elle les accusa de souiller sa nourriture, en crachant dedans, en lui servant des pommes de terres cuites dans de la saleté ou de la nourriture mélangée avec de l'urine. Elle s'est plainte également d'avoir surpris des conversations « tendant à la pousser à bout pour qu'elle se suicide avant son exécution » et « souhaitant me violer avant l'exécution. » Elle s'est plainte également de fouilles en étant dénudée, de se faire passer, à chaque fois qu'elle devait quitter sa cellule, les menottes si fermement que ses poignets en étaient meurtris, de coups de pied lancés contre la porte de sa cellule, de fréquents contrôles des fenêtres par les gardiennes, de pression basse de l'eau, de moisissures sur son matelas et de « miaulement de chat… avec le dégout et une pure haine à mon encontre. » Wuornos menaçait de faire la grève des douches ou des plateaux-repas quand certains fonctionnaires étaient de service. « En attendant, mon estomac gargouille et je prends des douches au lavabo de ma cellule. » Son avocat déclara que « Madame Wuornos souhaitait seulement avoir un traitement approprié, un traitement humain jusqu'au jour de son exécution, » et « si ses allégations ne correspondaient pas à la réalité, celle-ci était vraisemblablement sujette à des hallucinations qui font qu'elle croit vraiment en ce qu'elle a écrit. »

Durant la dernière période de son appel elle a accordé une série d'entretiens à Nick Broomfield. Dans le dernier d'entre eux, peu de temps avant son exécution, elle prétendit que son esprit était contrôlé par la « pression sonique » afin de la faire paraître folle ; elle a décrit sa mort imminente comme un voyage avec des anges à bord d'un vaisseau spatial. Lorsque Broomfield a essayé de la faire revenir sur ses déclarations précédentes relatives aux meurtres de ses victimes à la suite de réactions d'auto-défense, Wuornos devint livide, le maudit et mit fin à l'entretien. Elle commença ses invectives à Broomfield en disant, « Vous m'avez cassée, toi, la société, les flics et le système. Une femme violée va être exécutée et servir à écrire des livres, à faire des films et de la merde. » Ses derniers mots adressés à la caméra furent « Merci beaucoup, la société, pour expédier mon cul par voie ferrée. » Broomfield rencontra plus tard Dawn Botkins, un ami d'enfance de Wuornos, qui lui dit, « Elle est désolée, Nick. Ce n'est pas à toi qu'elle a fait un doigt d'honneur. Elle a fait un doigt d'honneur aux média et également aux avocats. Elle savait que si elle en disait plus, cela pourrait faire une différence pour son exécution imminente, aussi elle décida de ne pas le faire. »

Aileen Wuornos a été exécutée par injection létale le 9 octobre 2002 à la prison d'État de Floride. Elle fut la 10e femme à être exécutée aux États-Unis, depuis que la Cour Suprême a rétabli la peine capitale pour les femmes en 1976, et la 2e exécutée en Floride. Elle refusa son dernier repas et pris, à la place, une tasse de café. Sa dernière déclaration avant son exécution fut « Oui, je voudrais juste dire que je navigue avec la roche, et je reviendrai, comme la Fête de l'Indépendance avec Jésus. Le 6 juin, comme dans le film. Grand bateau ravitailleur et tout, je reviendrai, je reviendrai. »

Après l'exécution[modifier | modifier le code]

Après son exécution, Aileen Wuornos fut incinérée. Ses cendres furent rapportées par Dawn Botkins dans son Michigan natal et il les dispersa sous un arbre. Elle avait demandé que la chanson de Natalie Merchant, l'ancienne chanteuse du groupe 10,000 Maniacs, « Carnival » soit jouée lors de ses obsèques. Lorsqu'on lui demanda pourquoi sa chanson passait en bande-son lors de la diffusion du générique de fin du documentaire de Nick Broomfield Aileen: Life and Death of a Serial Killer, Natalie Merchant commenta : « Quand le réalisateur Nick Broomfield m'a envoyé une cassette de son film, je fus si troublée par le sujet traité que je n'ai même pas osé la regarder. Aileen Wuornos était une torturée, a mené une vie de torturée qui dépasse mes pires cauchemars. Je n'étais pas d'accord jusqu'à ce que l'on m'ait dit qu'Aileen avait passé tant d'heures à écouter mon album "Tigerlily" dans le couloir de la mort et qu'elle avait demandé que la chanson "Carnival" soit jouée à ses obsèques que j'ai accordé l'autorisation pour l'utilisation de la chanson dans le film. C'est très étrange de penser aux endroits où va ma musique une fois que je l'ai composée. Si elle a pu lui apporter du réconfort, je dois être reconnaissante. »

Broomfield déclara plus tard : « Je pense que cette colère s'est développée en elle. Et qu'elle subsistait par la prostitution. Je pense qu'elle a fait beaucoup de rencontres terribles sur les routes. Et je pense que cette colère s'est répandue. Et finalement elle a éclaté. Avec une violence incroyable. C'était sa façon de survivre... Je pense qu'Aileen a vraiment cru qu'elle avait tué pour se défendre. Je pense que quelqu'un qui est profondément psychotique ne peut faire la différence entre quelque chose qui menace réellement sa vie et un désagrément mineur ; si vous disiez une chose avec laquelle elle n'était pas d'accord, elle pouvait entrer dans une colère noire à ce sujet. Et je pense que c'est pourquoi les choses se sont déroulées ainsi. En même temps, quand elle n'était pas dans ces humeurs extrêmes, il y avait une humanité incroyable en elle. »

Débat et droit des prostituées[modifier | modifier le code]

Loin de la seule chronique médiatique et judiciaire qui a valu à Aileen Wuornos d'être étiquetée « première serial killer lesbienne » par le FBI et la presse populaire américaine[2], le cas de Wuornos attire l'attention sur la situation de vulnérabilité des travailleuses sexuelles.

Wuornos a toujours affirmé qu'elle avait agi en situation de légitime défense face à des clients violents et que l'assassinat de seulement sept hommes sur les milliers de clients qu'elle avait eu illustrait bien ce fait. Plus généralement, le cas d'Aileen Wuornos soulève le problème des agressions (viol, vol et passage à tabac) dont sont régulièrement victimes les prostituées (notamment dans les pays qui nient ou répriment l'existence du travail sexuel), comme n'ont pas manqué de le rappeler les différentes associations de travailleuses du sexe pendant son procès[3].

Lynda Hart dans Fatal Women, Lesbian Sexuality and the Mark of Aggression, raconte comment Wuornos sera à la fois construite par la presse américaine comme « serial killer », « femme fatale » et un danger féministe à écarter[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Biographie d'Aileen Wuornos sur serialkillercalendar.com
  2. Queer Zones, Politique des identités sexuelles, des représentations et des savoirs, Paris, Balland, coll. « Le Rayon », 2001, p.27
  3. Ibid
  4. Lynda Hart Fatal Women, Lesbian Sexuality and the Mark of Aggression, Londres, Routledge, 1994, chapitre 8 pp. 155-160.

À propos de la vie d'Aileen Wuornos[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • (en) Women Who Kill: Profiles of Female Serial Killers, Carol Anne Davis, 2007 (Allison & Busby publishing)
  • (en) Monster: My True Story, Aileen Wuornos & Christopher Berry-Dee, 2006 (John Blake Publishing LTD)
  • (en) The Female Homicide Offender: Serial Murder and the Case of Aileen Wuornos, Stacey L. Shipley, Bruce A. Arrigo, 2003 (Prentice Hall)
  • (en) Dead Ends : The Pursuit, Conviction and Execution of Female Serial Killer Aileen Wuornos, the Damsel of Death, Michael Reynolds, 1992 réédité en 2003 (St. Martin's True Crime Library)
  • (en) The Female Homicide Offender: Serial Murder and the Case of Aileen Wuornos, Stacey L. Shipley, Bruce A. Arrigo, 2003 (Prentice Hall)
  • (en) Lethal Intent : The Shocking True Story of One of America's Most Notorious Female Serial Killers, Sue Russell, 2002 (Pinnacle Books)
  • (en) Deadlier Than The Male: Stories of Female Serial Killers, Terry Manners, 1995 (Pan Books)
  • (en) On a Killing Day: The Bizarre Story of Convicted Murderer Aileen "Lee" Wuornos", Dolores & Robert Nolin Kennedy, 1992 (Warner Books)

Documentaires[modifier | modifier le code]

Le documentariste Nick Broomfield a réalisé 3 documentaires sur Aileen Wuornos :

  • Aileen Wuornos: The Selling of a Serial Killer (1994)
  • Aileen: Life and Death of a Serial Killer (2003)
  • Aileen: Aileen with his brother (1992)

Wuornos a été le sujet d'un épisode de la série télévisée « Biographie ».

Films[modifier | modifier le code]

  • Jean Smart fit un portrait de Wuornos en 1992 dans le téléfilm « Overkill: The Aileen Wuornos Story ».

Opéra[modifier | modifier le code]

Une unique représentation d'un opéra relatant la vie d'Aileen Wuornos eut lieu, le 22 juin 2001, à San Francisco au Yerba Buena Center for the Arts. Cet opéra, dont le titre est Wuornos, a été écrit par la compositrice et librettiste Carla Lucero, était dirigé par Mary Chun, et produit par le Jon Sims Center for the Performing Arts.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]