Accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie

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L’Accord sur la conservation des oiseaux d’eau migrateurs d’Afrique-Eurasie (AEWA) est un traité international indépendant développé sous les auspices du Programme des Nations unies pour l'environnement et de la convention de Bonn. Il a été conclu le 16 juin 1995 à la Haye mais n'est entré en vigueur que quatre ans plus tard (le 1er novembre 1999) après que le minimum exigé de sept pays africains et de sept pays eurasiens, l'aient ratifié.

Objectifs et moyens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : protection des oiseaux.
Différents couloirs de migration[1]
  •      Europe Afrique occidentale
  •      Afrique, Méditerranée et Mer noire
  •      Ouest Asie et Afrique

L'accord concerne aujourd'hui 254 espèces d'oiseaux migrateurs écologiquement dépendants de zones humides le long de leurs itinéraires de migration pour au moins une partie de leur cycle annuel[2]. L'accord prévoit une action coordonnée et concertée des états le long des routes migratoires des oiseaux d'eau. Cet accord protège de nombreuses espèces plongeuses, des grèbes, des pélicans, des cormorans, des hérons, des cigognes, des Rallidae, des ibis, des spatules, des flamants, des canards, des cygnes, des oies, des grues, des Limicoles, des Laridae, des sternes et même le Manchot du Cap. Tous ces oiseaux ne nécessitent pas forcément une protection active et tous les oiseaux d'eau migrateurs ne sont pas répertoriés dans cette liste. L'accord est applicable sur 119 pays qui sont situés en Europe, une partie de l'Asie, du Canada, du Moyen-Orient et de l'Afrique. Parmi les moyens utilisés pour la protection de ces espèces, on compte notamment la conservation des habitats (à ce titre, l’AEWA est un accord complémentaire à la Convention de Ramsar), le contrôle des activités humaines, le recherche et le comptage, l'éducation et l'information des populations.

Priorités[modifier | modifier le code]

L'accord vise notamment (depuis les années 1990[3]) un réduction des « cinq principales causes d’empoisonnement (des oiseaux) : les insecticides, les rodonticides, les appâts empoisonnés, les produits pharmaceutiques vétérinaires, les munitions au plomb et les plombs de pêche ».

Comme l'OMS, depuis 2014, la CMS promeut l'approche holistique « One Health » [4] et demande aussi une meilleure étude et prise en compte des dangers de l'utilisation des pesticides (néonicotinoïdes notamment) pour les oiseaux[5].

L'AEWA et la convention sur les oiseaux migrateurs visaient notamment l'interdiction (avant l'an 2000, délai qui n'a pu être atteint) de l'utilisation des munitions au plomb (cause de saturnisme aviaire) au profit de l'utilisation de munitions non-toxiques pour la chasse[6],[7],[8]. Les «  Lignes directrices pour prévenir les risques d’empoisonnement des oiseaux migrateurs » (y compris par les médicaments vétérinaires qui tuent ou empoisonnent de nombreux oiseaux nécrophages), adoptées en 2014 par la Conférence des Parties réitèrent les objectifs de 1995-1999 et demandent notamment de travailler « avec les industries fabriquant des munitions en plomb et des plombs de pêche, afin d’encourager la traduction et la diffusion large des Lignes directrices au sein de leurs réseaux ainsi que vers les utilisateurs finaux et d’autres utilisateurs » ; La recommandation V du Groupe de travail[9] de la CMS sur la réduction du risque d’empoisonnement (du 27 au 31 mai 2013) est :

« Supprimer progressivement les munitions au plomb dans tous les habitats (zones humides et milieux terrestres) et les remplacer par des alternatives non toxiques au cours des trois prochaines années, et demander aux Parties de présenter des rapports à la Conférence des Parties (CoP12) en 2017 ; collaborer avec les acteurs dans la mise en œuvre ; promouvoir l’utilisation des alternatives sûres auprès des utilisateurs de munitions et assainir les sites pollués par le plomb, le cas échéant »[5] ;

Histoire de l'accord[modifier | modifier le code]

La première modification de l'accord (appelé MOP1), la Réunion des Parties, date de 1999, le nombre des espèces migratrices concerné par l’Accord était alors de 170. La seconde modification de 2002 (MOP2) à 235. En 2005, 51 pays sont signataires sur 117 pays concernés par ces migrations. À partir de 2005 à la suite de la troisième Réunion des parties (MPO3), le projet du PNUE-FEM devrait permettre aux pays moins développés de recevoir une aide technique permettant de mieux répondre aux exigences de l'accord. Le 1er novembre 2007, 59 sont signataires sur 119.

Statuts[modifier | modifier le code]

Des avis sont émis sur le statut à accorder aux espèces d'oiseaux d'eau migrateurs. Le critère principal est l'importance des populations. Les différentes catégories de statuts sont les suivantes[10] :

  • Colonne A
    • A1 : populations très menacées (moins de 10 000 individus).
    • A2 : populations menacées (entre 10 000 et 25 000 individus).
    • A3 : populations menacées (entre 25 000 et 100 000 individus mais aire de répartition restreinte et/ou déclin de la population).
  • Colonne B
    • B1 : populations très vulnérables (entre 25 000 et 100 000 individus).
    • B2 : populations vulnérables (plus de 100 000 individus mais aire de répartition restreinte et/ou déclin de la population).
  • Colonne C

Plus de 100 000 individus.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • ATEN, Ministère de l'environnement Accueillir les oiseaux d'eau, Coll. Aménagement écologique, 1991,
  • AEWA (2014) Rapport sur la mise en œuvre de l'AEWA pour la période 2012-2014
  • Mondain-Monval J.-Y., Defos Du Rau P., Siblet J.-P., Mouronval J.-B. & Lamarque F.- 2015 - Rapport sur la mise en œuvre de l’AEWA pour la période 2012-2014 - AEWA

Notes[modifier | modifier le code]

  1. d'après Thompson D. and Byrkjedal, Shorebirds. Colin Baxter, 2001
  2. (en) « Species | AEWA », sur aewa.eaudeweb.ro (consulté le 5 décembre 2017)
  3. AEWA (1999) Resolution 1.14 Phasing out of lead shot in wetlands. First meeting of the parties to the Agreement on the Conservation of African - Eurasian Migratory Waterbirds (AEWA) , 6 – 9 November 1999, Cape Town, South Africa.
  4. Cf. aussi Résolution XI.12 de la Convention de Ramsar «Les zones humides et la santé : adopter une approche par écosystème»
  5. a et b 11ème SESSION DE LA CONFÉRENCE DES PARTIES Quito, Équateur, 4-9 novembre 2014 Point 23.1.2 de l’ordre du jour EXAMEN ET LIGNES DIRECTRICES POUR PRÉVENIR LES RISQUES D’EMPOISONNEMENT DES OISEAUX MIGRATEURS ; voir notamment p 51 Recommandations pour prévenir les risques liés aux munitions au plomb et aux plombs de pêche
  6. AEWA (2001) Proceedings of the non - toxic shot workshop. Bucarest, Romania : AEWA
  7. AEWA. (2002). Resolution 2.2 Phasing out of lead shot for hunting in wetlands. Second meeting of the parties to the Agreement on the Conservation of African - Eurasian Migratory Waterbirds (AEWA), 25 – 27 September 2002, Bonn, Germany.
  8. AEWA (2008) Resolution 4.1 Phasing out of lead shot for hunting in wetlands. Fourth meeting of the parties to the Agreement on the Conservation of African - Eurasian Migratory Waterbirds (AEWA), 15 – 19 September 2008, Antananarivo, Madagascar.
  9. La résolution 10.26 de l'AEWA, intitulée « Réduire le risque d’empoisonnement des oiseaux migrateurs » a établi un groupe de travail intersession sous l’égide du Conseil scientifique. Il doit d’évaluer l’étendue et la gravité des risques d’empoisonnement et de recommander des réponses adéquates à ce problème.
  10. AEWA, Status of the populations of migratory waterbirds, p 2