Abbaye d'Amay

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Ancienne abbaye d'Amay
Image illustrative de l’article Abbaye d'Amay
Portail de l'ancienne abbaye d'Amay
Présentation
Nom local Institut du patrimoine wallon
Culte Catholique
Type Le prieuré à Oleye (1239) est délaissé pour l'abbaye à Jehay (1244)
Rattachement Ordre de Cîteaux
Début de la construction 1244
Fin des travaux Démantelée fin XVIIIe siècle
Style dominant Style Renaissance
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Liège Province de Liège
Ville Oleye puis Amay (section Jehay)
Coordonnées 50° 34′ 17″ nord, 5° 17′ 44″ estGoogle earth

Géolocalisation sur la carte : Province de Liège

(Voir situation sur carte : Province de Liège)
Ancienne abbaye d'Amay

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Ancienne abbaye d'Amay

L'abbaye d’Amay (historiquement connue comme abbaye de la Paix-Dieu), était une abbaye de moniales cisterciennes fondée en 1244 dans la section Jehay, au sein de la Province de Liège, en Belgique, après une fondation comme prieuré à Oleye en 1239.

L’abbaye s'est développée lentement, et les moniales furent tout au plus une trentaine aux meilleurs moments de son histoire. L'abbaye possédait un quartier pour l’abbesse et un autre pour des hôtes. L’église de l’abbaye a dû être reconstruite vers 1313. Vers 1600, un incendie l'a détruite avec le dortoir attenant et le cloître. La dernière reconstruction, de style Renaissance mosane, est datée entre 1730 et 1767. À la Révolution française, bâtiments et terres sont vendus comme biens nationaux et la communauté est dispersée. Les moniales ne reviendront jamais dans leur abbaye de la Paix-Dieu.

Durant les XIXe et XXe siècles, le site de l’abbaye a abrité une importante exploitation agricole comprenant un moulin daté 1660. Les autres bâtiments, inutilisés, ont été vandalisés ou se sont dégradés. Des fouilles archéologiques furent organisées à partir de 1997, puis la Région wallonne a installé à cet endroit une administration.

À partir de 2007, le site abrite l’Institut du patrimoine wallon et la Maison du tourisme Hesbaye-Meuse. Depuis 2012, la bière d'abbaye intitulée La Paix Dieu est brassée dans l'enceinte de l'abbaye par période de pleine lune.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

L’abbaye d’Amay est située à Jehay, section rattachée à la commune d'Amay, en Belgique, à 11 km au nord-est de Huy, dans la Province de Liège.

Origine[modifier | modifier le code]

Vers 1239, des moniales cisterciennes de l’abbaye Saint-Benoît de Liège fondent un prieuré à Oleye, sur des terres offertes par Arnould de Corswarem. Cependant, comme ce lieu ne permettait l’implantation d’une abbaye, suivant les critères de l’ordre cistercien, les moniales déménagent pour s’installer en 1244 à Jehay, c'est-à-dire à l’endroit où se trouve encore l’abbaye.

Le nom de la Paix-Dieu viendrait d’une réconciliation spectaculaire qui aurait eu lieu entre Arnould de Corswarem et son frère, au moment de s’engager dans un duel fratricide. Arnould, désarmé, aurait demandé à son frère la paix au nom de Dieu. Ce qui lui fut accordé. Ayant la vie sauve grâce au nom de Dieu, Arnould se donna totalement à Lui en devenant frère mineur franciscain et en laissant son héritage pour la fondation d’un monastère de moniales cisterciennes.

Histoire[modifier | modifier le code]

L’abbaye se développe lentement, ne possédant, en 1257, qu’un moulin et quelque 450 hectares autour de deux granges à Bodegnée et Oleye. Les moniales n’y sont jamais nombreuses, tout au plus une trentaine aux meilleurs moments de son histoire. Au contraire des moines qui exploitaient eux-mêmes leurs terres, moulins, forges et autres ateliers les moniales dépendaient d’une importante main-d’œuvre paysanne et ouvrière, ce qui rendait difficile le contrôle de vastes domaines.

Comme dans les abbayes occupées par des moines, les abbayes de dames avaient le quartier de l’abbesse et celui des hôtes. Une particularité résidait cependant dans le quartier de l’aumônier (la maison du pater à Amay), réservé aux prêtres (souvent des moines) qui étaient au service strictement spirituel et liturgique de la communauté, sans aucune autorité canonique sur les moniales.

Peu de choses sont connues de l’histoire de la Paix-Dieu, sinon que l’église de l’abbaye a dû déjà être reconstruite vers 1313 et qu’un incendie, vers 1600, l’a détruite avec le dortoir y attenant, et le cloître. Les bâtiments que l’on voit aujourd’hui, de style Renaissance mosane, datent de la dernière reconstruction, entre 1730 et 1767. À la Révolution française, bâtiments et terres sont vendus comme biens nationaux et la communauté est dispersée. Les moniales ne reviendront jamais dans leur abbaye de la Paix-Dieu.

L’abbaye survit comme ferme durant les XIXe et XXe siècles. Le moulin (un bâtiment datant de 1660) reste en activité. Les bâtiments inutiles sont vandalisés ou se dégradent.

Reconversion de la Paix-Dieu[modifier | modifier le code]

En 1954, le site de la Paix-Dieu, situé à droite de la route Tongres-Jehay-Ampsin, à mi-chemin de ces deux derniers villages, abrite une importante exploitation agricole.

La ferme et l’ensemble des bâtiments sont repris par la Région wallonne en 1993. Des fouilles archéologiques y sont organisées à partir de 1997. Un travail intensif de restauration se met en route. Dès que possible la Région wallonne y installe son Centre de perfectionnement aux métiers du patrimoine (en 1999) suivie de son administration (en 2001). L’église, le quartier de l’abbesse et les abords du site font ensuite l’objet d’une seconde phase de restauration.

Depuis 2007 l’Institut du patrimoine wallon a installé ses quartiers dans l’ancienne abbaye. Des stages de jeunes et classes d’éveil au patrimoine y sont organisés ainsi que des stages pour adultes et un Master inter universitaire. La Paix-Dieu abrite également la Maison du tourisme Hesbaye-Meuse.

Depuis le , l'Institut du Patrimoine Wallon est dissolu. Le SPW (la DGO4)a fusionné avec l'ex IPW et s'appelle maintenant l'AWaP - L'Agence Wallonne du Patrimoine. https://agencewallonnedupatrimoine.be/

Éléments d'architecture[modifier | modifier le code]

En 1954, le site montre encore les éléments suivants :

  • une petite tour carrée et un porche, vestiges de l'ancien cloître. Elle est située sur une petite éminence ;
  • un porche monumental s'appuyant sur deux tours carrées (XVIIIe siècle), donnant accès à la cour de la ferme abbatiale ;
  • une cour rectangulaire entourée de bâtiments, lesquels sont munis de frontons, pour les ailes à gauche et à droite, mais agrémenté d'une niche contenant une statue s'agissant de l'aile du fond ;
  • le bâtiment du fond de la cour est percé d'un autre porche donnant accès à une seconde cour, où s'élève l'église abbatiale désaffectée ;
  • une tour ronde à lanterne relièe par un mur à la ferme ;
  • un petit pavillon (XVIIIe siècle) s'élevant à front de chaussée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Émile Poumon, Abbayes de Belgique, Office de Publicité, S.A., éditeurs, Bruxelles, 1954, p. 92 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]