Œdipe (Voltaire)

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Œdipe
Image illustrative de l'article Œdipe (Voltaire)
2ème édition, 1719

Auteur François Marie Arouet dit Voltaire
Pays Drapeau de la France France
Genre Tragédie
Éditeur P. Ribou, P. Huet, J. Mazuel et Ant. Urb. Coustelier
Date de parution 1719
Lieu de parution Paris
Nombre de pages 4 ff. non chiff. et 131 pp.
Date de la 1re représentation

Œdipe est la première pièce de théâtre de Voltaire.

La pièce est écrite en alexandrins et fut représentée pour la première fois le à la Comédie-Française. Dans son adaptation d’Œdipe roi, une tragédie athénienne de Sophocle, Voltaire a tenté de rendre plus rationnelles l'intrigue ainsi que les motivations de ses personnages[1]. Dans une lettre de 1719, il a indiqué qu'il trouvait peu vraisemblable qu’on n’eût pas enquêté plus tôt sur l'assassinat de Laïus et que Œdipe mît si longtemps à comprendre un oracle pourtant bien clair[2]. Voltaire ajoute une intrigue secondaire : l'amour de Philoctète pour Jocaste[2] et par ailleurs réduit l'importance du thème de l'inceste[3]. Toutefois chez Voltaire le sujet prend un tour nouveau car Œdipe ne se sent pas coupable et accuse au contraire la barbarie des dieux[4].

Voltaire l'acheva en 1717 au cours de ses onze mois de prison. La première eut lieu le 18 novembre 1718 à la Comédie-Française, au cours de sa première période d'exil à Châtenay-Malabry. Quinault-Dufresne jouait Œdipe, et Charlotte Desmares, Jocaste. Le Régent y était présent et il félicita Voltaire pour son succès. Une rumeur courait depuis longtemps sur une relation incestueuse qu'il aurait eue avec sa fille ainée, Marie-Louise-Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry. Voltaire avait été arrêté et envoyé à la Bastille en mai 1717 après avoir dit à un indicateur de police que la duchesse était enceinte et se tenait enfermée dans son château de La Muette en attendant d'accoucher[5]. Les rumeurs d'une relation incestueuse de Philippe avec sa fille avaient rendu la pièce controversée longtemps avant qu'elle fût jouée[6]. Ironiquement, à cette première assistait également la duchesse de Berry, qui avait fait une entrée royale escortée par les dames de sa cour et ses propres gardes. Le bruit s'étant répandu qu'elle était de nouveau enceinte, la fille du Régent ne put plus cacher son état et sa grossesse très visible inspira aux satiristes des commentaires malveillants, disant que les spectateurs ne verraient pas seulement Œdipe (le Régent) et Jocaste (la duchesse de Berry), mais peut-être assisteraient aussi à la naissance d'Etéocle, d'autant plus qu’affectée par la chaleur la princesse se sentit mal pendant la représentation ; heureusement l'ouverture d'une fenêtre lui permit de revenir à elle[7]. La présence de cette princesse à la réputation sulfureuse contribua ainsi à la réussite de la pièce devant le public[8]. Elle eut 45 représentations et la chaleur avec laquelle elle fut reçue marqua pour Voltaire le début de son succès dans sa carrière théâtrale. Il constitue, selon Jean-Pierre Vernant et Pierre Vidal-Naquet le plus grand succès dramatique du XVIIIe siècle en France. Succès relancé le 7 mai 1723 avec Le Couvreur et Quinault-Dufresne et la pièce est restée au répertoire de la Comédie-Française jusqu'en 1852.

Dans sa lettre du 7 janvier 1730 au père Porée, Voltaire avoue que, quand il a écrit la pièce, « j'étais plein de la lecture des anciens et de vos leçons, et je connaissais fort peu le théâtre de Paris. »

Œdipe est le premier écrit où Arouet prend le nom de Voltaire. Il corrigea cette tragédie lors de son embastillement en 1717, elle parut lors de son premier exil à Châtenay-Malabry et fut accueillie avec une extrême faveur. Elle marque le commencement du succès de l'auteur dans la carrière théâtrale.

La pièce eut, dans sa nouveauté, 45 représentations. Quinault-Dufresne jouait Œdipe, et Mlle Desmares, Jocaste. Elle fut reprise le , avec Mlle Le Couvreur et Quinault-Dufresne et restera au répertoire de la Comédie-Française jusqu'en 1852.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Banham, Martin, ed. 1998. The Cambridge Guide to Theatre. Cambridge: Cambridge UP. ISBN 0-521-43437-8.
  • Burian, Peter. 1997. "Tragedy Adapted for Stages and Screens: the Renaissance to the Present." The Cambridge Companion to Greek Tragedy. Ed. P. E. Easterling. Cambridge Companions to Literature ser. Cambridge: Cambridge UP. 228-283. ISBN 0-521-42351-1.
  • Vernant, Jean-Pierre, and Pierre Vidal-Naquet. Mythe et Tragédie en Grèce Ancienne (Librairie François Maspero, 1972) et Mythe et Tragédie en Grèce Ancienne Deux (Editions La Découverte, 1986).

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Oedipus (Voltaire) » (voir la liste des auteurs).

  1. Burian (1997, 240, 245).
  2. a et b Burian (1997, 245).
  3. Burian (1997, 246).
  4. René Pomeau et Jean Ehrard, Littérature française: De Fénelon à Voltaire, Atthaud 1989, p. 162
  5. Jean-Michel Raynaud, Voltaire soi-disant, Presses Universitaires de Lille, 1983, vol.1, p.289
  6. Jay Caplan, In the King's Wake : Post-Absolutist Culture in France. University of Chicago Press, 1994, p.50-51.
  7. Édouard de Barthélémy, Les filles du Régent , Paris, Firmin Didot frères, 1874, vol. 1, p. 227.
  8. Philippe Erlanger, Le Régent, 1985, p.241. La duchesse de Berry donna naissance à une fille mort-née le 2 avril 1719. Sa santé ayant été ruinée par cet accouchement pénible elle mourut le 21 juillet 1719 au château de La Muette. L'autopsie révéla qu'elle était déjà enceinte de deux mois.

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