La Princesse de Babylone

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La Princesse de Babylone est un conte philosophique, écrit par Voltaire en 1768.

Ce conte met en scène deux amants : Amazan le berger et Formosante, princesse de Babylone. Comme dans Candide, les amants séparés se recherchent dans l'Asie et l'Europe. À travers leurs mésaventures, et grâce à l'humour, Voltaire fait passer ses idées et critiques sur la religion, la condition humaine et les différentes sociétés de son temps. De ce point de vue, ce conte s'inscrit pleinement dans la philosophie des Lumières.

Résumé[modifier | modifier le code]

Formosante est la princesse de Babylone. Son père veut trouver un époux digne d’elle en donnant un défi . Toute la noblesse de l’époque défile au palais : le pharaon d’Égypte et son bœuf Apis, le roi des Indes, le grand khan des Scythes... et un bel inconnu. Il s’appelle Amazan. Il a été élevé par des bergers. Porté par des licornes et escorté d’un phœnix, il vient du pays des Gangarides, contrée utopique, un modèle de justice, de paix et d'égalité. Amazan tombe éperdument amoureux de la princesse, et le coup de foudre est réciproque.

Amazan retourne chez lui après avoir appris la mort de son père. Une fois chez lui, un merle lui apprend qu'il a vu la princesse Formosante embrasser le roi d'Egypte. C'est avec désespoir qu'il décide de fuir son pays natal pour parcourir le monde en quête de distraction à son malheur. C'est seulement quelques heures après son départ que Formosante arrive chez lui et apprend son départ et la raison de celui-ci. Elle aussi se trouve au comble du désespoir car la situation n'était qu'un malentendu car si elle avait embrassé le roi d'Egypte c'était uniquement dans le but de le fuir car il l'obligeait à partager son lit. Avec l'aide du phénix, qui avait ressuscité, Formosante part à la recherche de son bien-aimé. Au cours de ses voyages, la princesse apprendra qu'Amazan lui aura été toujours fidèle, repoussant les "faveurs" des plus belles filles de la terre. Mais lors de son voyage à Paris, Amazan trompera Formosante avec une fille d'affaire. Formosante le surprendra, mais lui pardonnera après que celui-ci l'a sauvée des griffes de l'Inquisition espagnole.

Ce conte philosophique est une critique acerbe des régimes politiques, dont Voltaire pointe les défaillances et les manques, mais aussi des religions, notamment la religion catholique, dont le pape, appelé le "vieux des sept montagnes", exige des rites ridicules ("Vous ferez trois génuflexions et vous baiserez les pieds du Vieux des sept montagnes"). Enfin, ce conte peut être considéré comme un apologue démontrant que l'infidélité est inévitable car même Amazan, jeune homme réputé parfait, succombe à la faute.

Le pays des Gangarides[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un lieu utopique, comme on en retrouve souvent dans les ouvrages du XVIIIe siècle. Dans cet endroit parfait, chacun est en paix avec son prochain et lui-même. Par le pacifisme ce peuple guérit même un roi des Indes venu envahir le pays. Ce dernier en ressort " soigné " et pacifiste.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

« Mlle de la Mole avait le secret de voler des livres dans la bibliothèque de son père, sans qu'il y parût. La présence de Julien rendait inutile sa course de ce matin, ce qui la contraria d'autant plus qu'elle venait chercher le second volume de La Princesse de Babylone de Voltaire, digne complément d'une éducation monarchique et religieuse, chef-d'œuvre du Sacré-Cœur ! Cette pauvre fille, à dix-neuf ans, avait déjà besoin du piquant de l'esprit pour s'intéresser à un roman. »

— Stendhal, Le Rouge et le Noir, 1830

Bibliophilie[modifier | modifier le code]

  • La Princesse de Babylone, bois et burins de Louis Latapie, Henri Jonquières et Cie, 1924.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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