Énergie en Algérie

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Énergie en Algérie
Image illustrative de l'article Énergie en Algérie
Centrale Electrique d'Achouat, Taher, wilaya de Jijel
Bilan énergétique (2014)
Offre d'énergie primaire (TPES) 51,7 M tep
(2 163,4 PJ)
par agent énergétique gaz naturel : 62,4 %
pétrole : 37,3 %
charbon : 0,3 %
électricité : 0 %
Énergies renouvelables 0 %
Consommation totale (TFC) 31,3 M tep
(1 311,9 PJ)
par habitant 0,8 tep/hab.
(33,7 GJ/hab.)
par secteur ménages : 29,5 %
industrie : 17,4 %
transports : 46,4 %
services : 6,1 %
agriculture : 0,6 %
Électricité (2014)
Production 64,24 TWh
par filière thermique : 99,6 %
hydro : 0,4 %
Combustibles (2014 - Mtep)
Production pétrole : 72,98
gaz naturel : 70,19
Commerce extérieur (2014 - Mtep)
Importations électricité : 0,06
pétrole : 3,42
charbon : 0,17
Exportations électricité : 0,08
pétrole : 55,38
gaz naturel : 37,94
Sources
Agence internationale de l'énergie[1]

Le secteur économique de l'énergie en Algérie occupe une place prédominante dans l'économie de l'Algérie : les hydrocarbures à eux seuls représentent 30 % du PIB, 60 % des recettes du budget et 95 % des recettes d'exportation.

L'Algérie est en 2015 le 18e producteur de pétrole, le 10e producteur de gaz naturel et le 6e exportateur de gaz naturel au monde.

La production et la consommation d'énergie, y compris dans le secteur de l'électricité, sont tirées des hydrocarbures à plus de 99 %.

Cependant, l’État algérien commence à envisager des solutions écologiques en investissant dans les énergies nouvelles et renouvelables. Selon le Programme algérien de développement des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique (PENREE) de 2012, l’Algérie vise une puissance installée d’origine renouvelable de 22 000 MW d’ici 2030. Mais trois ans après ce plan, les réalisations se font attendre : le rapport annuel du Global Wind Energy Council sur l'éolien ne mentionne même pas l'Algérie, et celui de l'Agence internationale de l'énergie sur le solaire annonce seulement que l'Algérie a installé 300 MW.

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Énergie en Algérie[2]
Population Consommation
énergie primaire
Production Exportation
nette
Consommation
électricité
Émissions
de CO2
Année Million Mtep Mtep Mtep TWh Mt CO2éq
1990 25,91 22,19 100,10 77,34 13,69 51,16
2000 31,18 26,99 142,21 114,96 21,21 61,49
2008 34,81 37,27 162,03 123,63 32,90 88,10
2009 35,40 40,76 153,04 111,64 30,61 94,41
2010 36,04 40,09 150,51 109,41 36,58 95,77
2011 36,72 41,82 145,83 103,26 41,18 102,11
2012 37,44 45,97 143,76 97,13 46,28 110,67
2013 38,19 47,58 137,67 89,19 48,78 113,88
2014 38,93 51,67 143,20 89,74 53,05 122,93
variation
1990-2014
+50,3 % +132,9 % +43,0 % +16,0 % +287,5 % +140,3 %

Les hydrocarbures représentent 30 % du PIB, 60 % des recettes du budget et 95 % des recettes d'exportation[3].

L’Algérie tire du gaz et du pétrole 98 % de ses revenus en devises et 60 % de ses recettes budgétaires ; elle voit fondre ces ressources avec la baisse du prix du baril depuis 2014. Les recettes ne devraient plus être que de 22 milliards de dollars en 2016, contre 58 milliards en 2014. En outre, le développement des gaz de schiste aux États-Unis a réduit l’un des principaux débouchés d’exportation du pays. L’État compte réaliser quelque 20 milliards de dollars d’économies en 2016 en taillant dans les multiples subventions à la consommation, ce qui va se traduire par une hausse généralisée des prix des produits de première nécessité ainsi que de ceux du gaz, de l’électricité et des carburants[4].

Production d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Production d'énergie primaire en Algérie par source (Mtep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2013 2014 % 2014 var.
2014/1990
Pétrole 61,24 61,2 72,32 50,8 78,50 52,1 68,73 72,98 51,0 +19 %
Gaz naturel 38,84 38,8 69,85 49,1 71,96 47,8 68,89 70,19 49,0 +81 %
Total fossiles 100,08 99,98 142,16 99,96 150,46 99,96 137,62 143,17 99,98 +43 %
Hydraulique 0,012 0,01 0,005 0,004 0,015 0,01 0,028 0,022 0,02 +83 %
Biomasse-déchets 0,011 0,01 0,054 0,04 0,052 0,03 0,022 0,006 0,004 -45 %
Total EnR 0,023 0,02 0,059 0,04 0,067 0,04 0,05 0,028 0,02 +22 %
Total 100,11 100 142,22 100 150,52 100 137,67 143,20 100 +43 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1]

Pétrole[modifier | modifier le code]

Carte des régions pétrolifères d'Afrique du nord

L’Algérie est un pays membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et du Forum des pays exportateurs de gaz[5].

Réserves de pétrole[modifier | modifier le code]

Les réserves prouvées de pétrole[n 1] de l'Algérie étaient estimées par BP à 1,5 milliards de tonnes fin 2015 (12,2 milliards de barils), soit 21 années de production au rythme de 2015. Ces réserves classaient l'Algérie au 17e rang mondial avec 0,7 % du total mondial, et au 4e rang en Afrique derrière la Libye, le Nigeria et l'Angola[b 1].

Pétrole - réserves prouvées (millions de barils)[b 1]
Années 1995 2005 2014 2015
Réserves prouvées 10 000 12 300 12 200 12 200

Selon certains experts, les perspectives des réserves de Sonatrach ne peuvent se comprendre en l'absence de véritables indicateurs tels que les coûts internes, le vecteur prix international et les énergies substituables face au nouveau modèle de consommation énergétique qui se dessine horizon 2020 au niveau mondial[6]. La révision répétitive de la loi sur les hydrocarbures démontre que le pays ne dispose pas d'une stratégie énergétique nationale vu l’instabilité de la juridiction pétrolière, qui verse uniquement dans le sens de l’augmentation de la production des hydrocarbures[7].

Production de pétrole[modifier | modifier le code]

En 2015, l'Algérie a produit 68,5 Mt (millions de tonnes) de pétrole, soit 1,59 Mb/j (millions de barils par jour), en baisse de 0,4 % en 2015 et de 20,3 % depuis 2005. Elle se classe au 18e rang mondial avec 1,6 % de la production mondiale et au 3e rang en Afrique derrière le Nigeria (2,6 %) et l'Angola (2,0 %)[b 2].

Production pétrolière (milliers de barils par jour)[b 2]
Année 2005 2010 2014 2015
Production 1 990 1 689 1 589 1 586

Consommation de pétrole[modifier | modifier le code]

En 2015, l'Algérie a consommé 19,3 Mt (millions de tonnes) de pétrole, soit 422 kb/j (milliers de barils par jour), en hausse de 5,8 % en 2015 et de 69,5 % depuis 2005. Elle représente 0,4 % de la consommation mondiale. Sa consommation n'absorbe que 26,6 % de sa production[b 3].

Exportations de pétrole[modifier | modifier le code]

L’Algérie était en 2010 au 11e rang mondial des pays exportateurs de pétrole, avec 1 891 kb/j[8].

Pétrole - importations et exportations[1] (ktep)
Année 1990 2000 2010 2011 2012 2013 2014
Importations pétrole brut 339 313 324 208 299 148 298
Importations produits pétroliers 134 7 970 2 158 4 639 5 400 2 122
Exportations pétrole brut 33 604 39 843 40 881 40 163 38 663 35 131 29 713
Exportations produits pétroliers 18 221 22 868 21 516 20 954 19 185 19 484 25 668

Organisation du secteur[modifier | modifier le code]

La Sonatrach est le groupement pétrolier algérien chargé de la production, le transport, la transformation et la commercialisation des hydrocarbures. Elle a été classée 1re société en Afrique et 12e plus grand groupe pétrolier au monde par le Petroleum Intelligence Weekly (Année 2011)[9].

Pétrochimie et raffinage[modifier | modifier le code]

Le choix de la pétrochimie par l'Algérie s’impose de façon croissante comme une option majeure de politique industrielle. L’État a mis en place des mesures d’accompagnement en faveur des investisseurs dans le but de mobiliser les capitaux nécessaires pour le financement des programmes de développement[10].

L'ENIP filiale du Groupe Sonatrach est la Société Nationale de la Pétrochimie, spécialisée dans la transformation chimique des hydrocarbures liquides ou gazeux ainsi que leurs dérivés pour la production de produits pétrochimiques[11].

Le Groupe ASMIDAL issu de la restructuration de Sonatrach est spécialisé dans la production, la commercialisation et le développement des engrais, de l’ammoniac et dérivés[12]. Une filiale de ce groupe, la Somias SPA est spécialisée dans les activités de conception, réalisation et montage de tous travaux de maintenances d'équipements et ouvrages industriels, a été privatisée. En effet,le groupe écossais John Wood Group PLC a acquis 55 % du capital de la société[13].

L'Algérie dispose de cinq raffineries de pétrole :

Et afin d’augmenter ses capacités de raffinage l'Algérie prévoit d'investir 10 milliards de dollars pour la construction de cinq nouvelles raffineries[14].

Gaz naturel[modifier | modifier le code]

L'Agence internationale de l'énergie classait l'Algérie au 10e rang mondial des producteurs de gaz naturel en 2015 avec 2,3 % de la production mondiale et au 6e rang mondial des exportateurs de gaz naturel avec 5,3 % du total mondial[k 1].

Gaz naturel - production et exportations[1] (Mtep)
Année 1990 2000 2010 2013 2014
Production 38,84 69,83 71,95 68,89 70,19
Exportations 26,67 53,00 48,64 40,29 37,94

Réserves de gaz naturel[modifier | modifier le code]

Les réserves prouvées de gaz naturel de l'Algérie étaient estimées par BP à 4 500 milliards de m3 fin 2015 (159,1 trillions US de pieds cubes), soit 54 années de production au rythme de 2015. Ces réserves classaient l'Algérie au 10e rang mondial avec 2,4 % du total mondial, et au 2e rang en Afrique derrière le Nigeria[b 4].

Production de gaz naturel[modifier | modifier le code]

En 2015, l'Algérie a produit 83,0 milliards de m3 de gaz naturel, soit 74,7 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole), en baisse de 0,4 % (-6 % depuis 2005). Elle se classe au 9e rang mondial avec 2,3 % de la production mondiale et au 1er rang en Afrique[b 5].

Consommation de gaz naturel[modifier | modifier le code]

En 2015, l'Algérie a consommé 39,0 milliards de m3 de gaz naturel, soit 35,1 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole), en progression de 4,1 % en 2015 et de 68 % depuis 2005. Elle se classe au 27e rang mondial avec 1,1 % de la consommation mondiale. Sa consommation absorbe 47 % de sa production[b 6].

Importations et exportations de gaz naturel[modifier | modifier le code]

En 2015, les exportations de gaz naturel de l'Algérie par gazoduc ont atteint 25,0 Mds m3, destinées surtout à l'Espagne : 12,0 Mds m3 et à l'Italie : 6,6 Mds m3. Ses exportations par voie maritime sous forme de GNL ont atteint 16,2 Mds m3, destinées surtout à la France : 4,3 Mds m3, à la Turquie : 3,8 Mds m3 et à l'Espagne : 3,7 Mds m3[b 7].

Organisation du secteur[modifier | modifier le code]

La Sonelgaz est le groupement algérien chargé de la production, le transport et de la distribution de l'électricité et du gaz dans le pays. En 2002, la loi no 02-01 du 05 février 2002 relative à l'électricité et la distribution du gaz par canalisations, ouvre les activités de production de l’électricité à la concurrence, conformément à l'article 06 de la dite loi, mettant ainsi fin à son monopole dans ce domaine. La société a pu garder uniquement la gestion du réseau de transport de l'électricité conformément à l'article 29 de la même loi[15]. Un ancien dirigeant du secteur prévoit que Sonelgaz aura besoin de 85 milliards de m³ de gaz en 2030 pour la seule production électrique, ce qui ne laissera plus rien pour l'exportation[16].

Gaz de schiste[modifier | modifier le code]

L'Algérie va se lancer dans l'exploitation du gaz de schiste, bien que beaucoup d'algériens s'opposent à cette exploitation prétendant que le gaz schiste présente un grand danger pour l'environnement.L’évaluation par Sonatrach du potentiel de gaz de schiste a été achevée, il a été évalué à près de 17 000 milliards de m3, quatre fois plus que ses réserves de gaz conventionnel[17].Selon le groupe pétrolier Sonatrach le lancement de la production de gaz de schiste est prévue en 2020 et que la capacité de production serait de 30 milliards de m3 par an dès les premiers forages[18].

Consommation d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

La consommation totale d'énergie primaire en Algérie atteignait 51,67 Mtep en 2014, soit 1,33 tep par habitant, 30 % au-dessous de la moyenne mondiale : 1,89 tep, mais deux fois plus élevée que la moyenne africaine : 0,67 tep[k 2] (France : 3,67 ; Maroc : 0,56)[k 3].

Consommation intérieure brute d'énergie primaire en Algérie par source (Mtep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2013 2014 % 2014 var.
2014/1990
Charbon 0,69 3,1 0,52 1,9 0,34 0,9 0,21 0,15 0,3 -78 %
Pétrole 9,32 42,0 9,59 35,5 16,39 40,9 18,74 19,25 37,3 +107 %
Gaz naturel 12,17 54,9 16,84 62,4 23,32 58,1 28,59 32,25 62,4 +165 %
Total fossiles 22,17 99,9 26,95 99,8 40,05 99,8 47,54 51,66 99,98 +133 %
Hydraulique 0,012 0,05 0,005 0,02 0,015 0,04 0,028 0,022 0,04 +83 %
Biomasse-déchets 0,011 0,05 0,054 0,20 0,052 0,13 0,022 0,006 0,01 -45 %
Total EnR 0,023 0,10 0,059 0,22 0,67 0,17 0,05 0,028 0,05 +22 %
Solde exp.électricité -0,008 -0,04 -0,008 -0,03 -0,006 0,01 -0,008 -0,016 -0,03 +100 %
Total 22,19 100 27,00 100 40,11 100 47,58 51,67 100 +133 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1]

Électricité[modifier | modifier le code]

Central énergétique de Djen Djen (Taher)

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

Production d'électricité en par source (TWh)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2013 2014 % 2014 var.
2014/1990
Pétrole 0,87 5,4 0,77 3,0 0,96 2,1 3,97 1,16 1,8 +33 %
Gaz naturel 15,10 93,7 24,6 96,7 44,6 97,5 55,59 62,83 97,8 +316 %
Total fossiles 15,97 99,2 25,36 99,8 45,56 99,6 59,56 63,99 99,6 +301 %
Hydraulique 0,135 0,8 0,054 0,2 0,17 0,4 0,33 0,25 0,4 +88 %
Total 16,10 100 25,41 100 45,73 100 59,89 64,24 100 +299 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[19].

Exportations/importations d'électricité[modifier | modifier le code]

Électricité - importations et exportations[19] (GWh)
Année 1990 2000 2010 2011 2012 2013 2014
Importations 205 223 736 657 936 295 686
Exportations 303 319 803 799 985 384 877

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Selon le Programme algérien de développement des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique (PENREE) de 2012, l’Algérie vise une puissance installée d’origine renouvelable de 22 000 MW d’ici 2030[20]. Mais deux ans plus tard, les réalisations se faisaient toujours attendre : les statistiques 2014 de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) étaient à zéro pour l'éolien et le solaire[19].

Pour 2015, le rapport annuel de l'AIE sur le solaire mentionne l'Algérie, annonçant qu'elle a installé 270 MWc au cours de l'année, portant sa puissance solaire totale à 300 MWc[21], mais celui de GWEC (Global Wind Energy Council) sur l'éolien ne mentionne pas l'Algérie[22].

Le gouvernement algérien a adopté fin février 2015 son programme de développement des énergies renouvelables 2015-2030. Une première phase du programme, démarrée en 2011, avait permis la réalisation de projets pilotes et d'études sur le potentiel national. Le nouveau programme précise les objectifs d'installations d'ici à 2030 :

Le total s'élève ainsi à 22 GW, dont plus de 4,5 GW doivent être réalisés d'ici à 2020. En raison de leurs coûts encore élevés, les centrales hélio-thermodynamiques ne seront véritablement développées qu'à partir de 2021. Ce programme doit permettre à l'Algérie de produire 27 % de son électricité à partir des énergies renouvelables d'ici à 2030, afin d'épargner ses réserves en gaz. La réalisation du programme est ouverte aux investissements publics et privés, nationaux comme étrangers. Des tarifs d'achat garantis sur 20 ans ont été mis en place pour les filières photovoltaïque et éolienne. Les projets des autres filières seront financés à hauteur de 50 % à 90 %, taux variable selon la technologie et la filière, par le fonds national des énergies renouvelables et cogénération (FNERC), alimenté par un prélèvement de 1 % sur la redevance pétrolière[23].

Le groupe Sonelgaz s'est investi dans le domaine des énergies nouvelles et renouvelables. Dans son programme de développement des énergies renouvelables, le groupe prévoit la réalisation de 67 projets de centrales électron-solaires, dont 27 centrales photovoltaïques, 27 centrales hybrides, 6 centrales solaires thermiques et 7 centrales éoliennes. Les plus puissantes centrales solaires seront de type solaire thermique, avec une capacité maximale de 400 MW pour l'une d'entre elles. Pour une question d'efficacité optimale, elles seront toutes installées dans les régions du sud, notamment dans les wilayas d'Adrar, d'El Oued et de Béchar[24].

Énergie solaire[modifier | modifier le code]

Énergie solaire en Algérie.

Le 9 décembre 2011, la société algérienne de l’électricité et du gaz Sonelgaz et Desertec Industry Initiative ont signé à Bruxelles un accord de coopération visant au renforcement des échanges d’expertise technique, à l’examen des voies et moyens pour l’accès aux marchés extérieurs et à la promotion commune du développement des énergies renouvelables en Algérie et à l’international[25].

Pour que l'Algérie préserve les réserves énergétiques actuelles (pétrole et gaz), le pays a opté pour le développement et l’exploitation de l'énergie solaire. Afin de concrétiser son programme d'exploitation de l'énergie solaire, l'Algérie a chargé la Sonelgaz de construire la centrale électrique mixte de Hassi R'Mel, mise en service en 2011 à Tilghemt dans la wilaya de laghouat dans le sud du pays, d'une capacité de 150 mégawatts (30 MW solaire thermodynamique + 120 MW gaz)[26]. C'est la société New Energy Algeria (NEA), qui est chargée du secteur des énergies nouvelles et renouvelables[27].

La première usine privée algérienne de fabrication de panneaux solaires est opérationnelle à partir du mois de mars 2012 avec un taux d’intégration nationale de 90 %[28].

Énergie éolienne[modifier | modifier le code]

Énergie Éolienne dans un paysage rural.

Un autre domaine des énergies renouvelables est à développer et promouvoir en Algérie, c'est l'énergie éolienne. Un projet portant sur la réalisation d’une ferme éolienne à Adrar a été attribué au consortium algéro-français, Cegelec[29]. Ainsi le fabricant français d'éoliennes Vergnet a remporté un appel d'offres international auprès de la Compagnie d'Engineering de l'électricité et du gaz (CEEG), une filiale du groupe Sonelgaz, concernant l'installation du premier parc éolien à Adrar au sud-ouest du pays. Ce complexe éolien aura une puissance de 10 MW et devrait être mis en service courant 2012[30].Mais après plus d’une année et demi de retard pour le lancement de cette ferme éolienne, elle n'a été mise en service que le 03 juillet 2014, alors que d'autres projets programmés dans le plan du gouvernement sont en attente de concrétisation[31].

Énergie hydraulique en projet[modifier | modifier le code]

Il existe un projet de coopération entre l'Algérie et le Canada concernant les ressources renouvelables. En effet, Abdelkader Ouali (le ministre des ressources en eau et de l'environnement) et Isabelle Roy (l'ambassadrice du Canada a Alger) ont eu une audience au siège du ministère pour traiter de la collaboration sur plusieurs projets liés à l'eau. L'enjeu est de former les Algériens (grâce à l'aide des canadiens)[32].

Énergie nucléaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Programme nucléaire de l'Algérie.

Pour que l'Algérie diversifie ses sources d’énergie afin de faire face à l’après-pétrole, l’énergie nucléaire est la seule source énergétique qui pourrait remplacer le pétrole et le gaz, sa matière première est abondante dans le pays, il suffit de la valoriser[33].

Depuis de longues années, l'Algérie a beaucoup investi dans le nucléaire. Elle dispose de deux réacteurs nucléaires : le réacteur nucléaire de Draria sur les hauteurs d’Alger d’une capacité de 3 mégawatts (MW) et construit par les Argentins en 1984, et le réacteur d'Aïn Oussara à 250 km au sud d’Alger construit par les Chinois, d’une capacité de 15 MW. Ces deux réacteurs sont régulièrement inspectés par l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dont l’Algérie est membre[34].

Selon certaines sources, l’Algérie dispose d’une réserve de 26 000 tonnes d’uranium et compte se doter d’une centrale nucléaire tous les cinq ans après sa première centrale dont l’acquisition est prévue probablement en 2020[34].

Consommation d'électricité[modifier | modifier le code]

La consommation d'électricité par habitant atteignait 1 363 kWh en 2014, soit seulement 45 % de la moyenne mondiale : 3 030 kWh, mais 2,4 fois la moyenne africaine : 568 kWh[k 2] (France : 6 955 kWh ; Maroc : 912 kWh)[k 3].

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Émissions de gaz à effet de serre[modifier | modifier le code]

Les émissions de CO2 liées à l'énergie étaient en 2014 de 122,93 Mt CO2, soit 3,16 tonnes par habitant, inférieure de 29 % à la moyenne mondiale : 4,47 tonnes, mais 3,3 fois la moyenne africaine : 0,96 tonnes[k 2] (France : 4,32 ; Maroc : 1.57)[k 3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. y compris condensats et liquides de gaz naturel.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b p. 6
  2. a et b p. 8-10
  3. p. 9-11
  4. p. 20
  5. p. 22-24
  6. p. 23-25
  7. p. 28
  1. p. 13
  2. a, b et c p. 48-49
  3. a, b et c p. 51-55
  • Autres
  1. a, b, c, d et e (en)Algeria : Balances for 2014, Agence internationale de l'énergie, 16 octobre 2016.
  2. (en)Algeria : Indicators for 2014, Agence internationale de l'énergie, 16 octobre 2016.
  3. (en)The World Factbook - Algeria - Economy - Overview, CIA, 24 juin 2015.
  4. En Algérie, le tour de vis budgétaire risque de susciter une crise sociale, Les Échos, 30 décembre 2015.
  5. Classement des pays producteurs et exportateurs de pétrole , Les fonds souverains, 22 juin 2011
  6. Débat sur les hydrocarbures en Algérie Abderrahmane MEBTOUL, Les Afriques, 27 août 2010
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