Énergie au Cameroun

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Énergie au Cameroun
Image illustrative de l’article Énergie au Cameroun
Le réservoir-barrage de Bamendjing,
vu par satellite.
Bilan énergétique (2014)
Offre d'énergie primaire (TPES) 7,6 M tep
(318,3 PJ)
par agent énergétique pétrole : 22,5 %
gaz naturel : 7,3 %
électricité : 5,7 %
Énergies renouvelables 5,7 %
Consommation totale (TFC) 6,5 M tep
(273,2 PJ)
par habitant 0,3 tep/hab.
(12 GJ/hab.)
par secteur ménages : 69,1 %
industrie : 6 %
transports : 16,5 %
services : 8,3 %
agriculture : 0,1 %
pêche : 0 %
Électricité (2014)
Production 6,92 TWh
par filière hydro : 73,2 %
thermique : 25,7 %
biomasse/déchets : 1 %
Combustibles (2014 - Mtep)
Production pétrole : 3,87
gaz naturel : 0,56
Commerce extérieur (2014 - Mtep)
Importations pétrole : 2,13
Exportations pétrole : 4,15
Sources

Le secteur de l'énergie au Cameroun est caractérisé par une offre insuffisante mais des gisements potentiels de gaz naturel, d'énergie hydroélectrique et autres énergies renouvelables (solaire, biomasse, éolien) importants. Le pétrole, exploité depuis le début des années 1980, et contribuant de façon significative à la balance commerciale (50 % des exportations), a connu son pic de production en 1985.

La production d'énergie primaire était répartie en 2014 entre biomasse (50 %), hydroélectricité (4,5 %) et combustibles fossiles (45,3 %), dont pétrole 39,6 % et gaz naturel 5,7 %.

Avec les importations et exportations, l'énergie primaire consommée dans le pays en 2014 se répartissait en 64,4 % de biomasse, 5,7 % d'hydroélectricité et 30 % de combustibles fossiles (produits pétroliers 22,5 % et gaz 5,3 %).

La production d'électricité se répartissait en 2014 en 73 % d'hydroélectricité, 1 % de biomasse et 26 % de combustibles fossiles (pétrole 12,8 % et gaz nature 12,9 %). La consommation d'électricité par habitant est seulement 9 % de la moyenne mondiale et 4 % de celle de la France. De nombreux projets hydroélectriques en cours de réalisation devraient fortement accroître la production du pays.

Énergies primaires[modifier | modifier le code]

Production nationale d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Production d'énergie primaire au Cameroun par source (ktep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 2013 2014 % 2014 var.
2014/1990
Pétrole 6 927 63,1 5 864 52,6 3 350 39,9 3 039 3 146 3 414 3 867 39,6 -44 %
Gaz naturel 0 0 259 3,1 185 222 383 556 5,7 ns
Total fossiles 6 927 63,1 5 864 52,6 3 609 42,9 3 224 3 368 3 797 4 423 45,3 -36 %
Hydraulique 228 2,1 296 2,7 366 4,4 378 364 364 436 4,5 +91 %
Biomasse-déchets 3 820 34,8 4 985 44,7 4 429 52,7 4 541 4 658 4 776 4 897 50,2 +28 %
Total EnR 4 048 36,9 5 281 47,4 4 795 57,0 4 919 5 022 5 140 5 333 54,7 +32 %
Total 10 975 100 11 145 100 8 405 100 8 144 8 390 8 937 9 756 100 -11 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1]

Pétrole[modifier | modifier le code]

Le pétrole, exploité depuis le début des années 1980, et contribuant de façon significative à la balance commerciale (50 % des exportations[t 1]) a connu son pic de production en 1985[t 2].

En 2014, la production de pétrole brut du Cameroun s'est élevée à 3 867 ktep (+13 %), dont la majeure partie (3 303 ktep, +13 %) a été exportée ; les importations de 1 983 ktep (+4 %) ont contribué à alimenter les raffineries qui ont consommé la totalité de l'approvisionnement disponible (2 548 ktep) pour produire la quasi-totalité des produits pétroliers consommés dans le pays : 1 384 ktep pour la consommation finale (surtout pour les transports : 1 078 ktep) et 233 ktep pour la production d'électricité ; 842 ktep de produits pétroliers ont été exportés (+21 %) et 146 ktep importés[1].

Bois de chauffage[modifier | modifier le code]

Le bois énergie est la première source énergétique utilisée dans le pays, et représentait 72,6 % de la consommation au début des années 2010, contre 20,1 % pour les produits pétroliers (pétrole, essence, GPL) et 7,3 % pour l'électricité[t 3].

Gaz[modifier | modifier le code]

Les réserves prouvées de gaz sont estimées à 157 milliards de m³[t 3]. L'exploitation en est récente, et n'a réellement démarré qu'avec la construction de la centrale au gaz de Kribi, en vue de produire de l'électricité.

En 2014, la production de gaz naturel du Cameroun s'est élevée à 556 ktep, en progression de 45 %, dont la totalité a été utilisée pour la production d'électricité : 206 ktep et pour les besoins propres de l'industrie énergétique (239 ktep), avec 111 ktep de pertes[1].

Consommation intérieure brute d'énergie primaire[modifier | modifier le code]

Après prise en compte des importations et exportations, l'ensemble des ressources primaires consommées dans le pays évolue comme suit :

Consommation intérieure brute d'énergie primaire au Cameroun par source (ktep)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 2013 2014 % 2014 var.
2014/1990
Pétrole 932 18,7 1 029 16,3 1 912 27,4 1 609 1 680 1 753 1 714 22,5 +84 %
Gaz naturel 0 0 259 3,7 185 222 383 556 7,3 ns
Total fossiles 932 18,7 1 029 16,3 2 171 31,2 1 794 1 902 2 136 2 270 29,9 +144 %
Hydraulique 228 4,6 296 4,7 366 5,3 378 364 364 436 5,7 +91 %
Biomasse 3 820 76,7 4 985 79,0 4 429 63,6 4 541 4 658 4 776 4 897 64,4 +28 %
Total EnR 4 048 81,3 5 281 83,7 4 795 68,8 4 919 5 022 5 140 5 333 70,1 +32 %
Total 4 981 100 6 310 100 6 967 100 6 714 6 924 7 276 7 603 100 +53 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[1]

La rubrique "biomasse" comprend presque uniquement le bois.

La consommation intérieure d'énergie primaire par habitant était en 2014 de 0,33 tep, soit seulement 13 % de la moyenne mondiale (0,33 tep) et onze fois moins que la moyenne française (3,67 tep)[2].

Électricité[modifier | modifier le code]

Organisation du secteur électrique[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Principales dates[3] :

  • 1929 : les premières centrales hydroélectriques de Luermann et Malale (privées) sont inaugurées pour fournir l’électricité dans la région de Muyuka, essentiellement dans les domiciles et les usines des colons britanniques.
  • avant la guerre de 1939-45, dans le Cameroun français, les premiers foyers d’électricité de Nkongsamba, Douala et Yaoundé ont été créés par l’Administration et exploités en gérance par des sociétés privées ou directement par elle-même.
  • 1946 : création d'un service public dans la partie britannique pour la fourniture de l’électricité qui a racheté la plupart des centrales privées installées par les colons.
  • 1948 : la société d’économie mixte « Énergie Électrique du Cameroun (ENELCAM) » est créée et chargée d’aménager l’usine hydroélectrique d’Edéa I (22 MW) sur la Sanaga pour l’alimentation électrique de Douala et Edéa en 1953.
  • après l'indépendance, la « Cameroon Electricity Corporation (POWERCAM) » est fondée en 1962 au Cameroun Occidental, et en 1963 la société d’économie mixte « Electricité du Cameroun (EDC) » est créée, avec la majorité du capital social détenue par l’Etat du Cameroun Oriental et les collectivités publiques ; elle prend en charge toutes les distributions publiques d’énergie électrique, ainsi que les moyens de production et de transport subséquents, à l’exception des centrales d’Edéa gérées par ENELCAM.
  • 1974 : création de la « Société Nationale d’Electricité du Cameroun (SONEL) » par fusion des sociétés ENELCAM et EDC ; SONEL a en outre mission de prendre en charge les distributions publiques dans l’ex-Cameroun Occidental ; en 1975, elle absorbe la POWERCAM.
  • mise en service de la centrale hydroélectrique de Songloulou (388 MW).
  • 2001 () : Privatisation de la SONEL au bénéfice de AES-Sirocco Limited, une filiale de AES Corporation qui contrôle 51 % du capital ; l'État du Cameroun conserve 44 % et le personnel reçoit 5%.
  • 2014 () : Le Gouvernement du Cameroun signe l’accord qui octroie à ACTIS 56 % des parts d’AES-SONEL et de ses sœurs KPDC et DPDC. Le , le nouveau nom de l’entreprise est dévoilé : Eneo Cameroon S.A (Eneo).

Organisation actuelle[modifier | modifier le code]

Opérateur historique du secteur de l’électricité au Cameroun, Eneo est une société d’économie mixte au capital détenu à 56 % par le groupe Actis et à 44 % par l’Etat du Cameroun[4].

Le capital-investisseur britannique Actis, qui a racheté en les 56 % détenus par l’américain AES, a formé une équipe dirigeante uniquement composée de Camerounais. Par ailleurs, Eneo n’est plus le seul producteur d’énergie au Cameroun : les centrales à gaz de Kribi et de Dibamba, récupérées par Globeleq, une société auparavant détenue par le même actionnaire qu’Eneo (Actis), sont désormais de véritables producteurs indépendants d’électricité, les deux premiers du pays. Globeleq vient en effet d’être récupérée par la CDC britannique alliée au norvégien Norfund[5]. Les institutions financières de développement Norfund (Norvège) et CDC (Royaume-Uni) ont pris le le contrôle de l'opérateur Globeleq, jusqu'alors détenu par Actis. Le communiqué annonçant leur alliance dans le domaine de la production électrique fixe l'objectif de stimuler la production d’électricité en Afrique en ajoutant au moins 5 000 MW de capacité de production au cours des 10 prochaines années. Globeleq avait acquis en les centrales de Kribi et Dibamba auprès de l'américain AES[6].

Une loi votée en 2006 ouvre à la concurrence la production d’électricité et, pour favoriser l’arrivée de nouveaux acteurs, la capacité installée d’Eneo a été plafonnée à 1 000 MW, déjà quasiment atteints[5].

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

Production d'électricité au Cameroun par source (GWh)
Source 1990 % 2000 % 2010 % 2011 2012 2013 2014 % 2014 var.
2014/1990
Pétrole 41 1,5 38 1,1 1 163 19,7 1 187 1 242 1 259 886 12,8 x21
Gaz naturel 0 0 417 7,1 298 358 617 896 12,9 ns
Total fossiles 41 1,5 38 1,1 1 580 26,8 1 485 1 600 1 876 1 782 25,7 x42
Hydraulique 2 656 98,5 3 442 98,9 4 260 72,2 4 397 4 231 4 231 5 068 73,2 +91 %
Biomasse 0 0 59 1,0 61 64 68 72 1,0 ns
Total EnR 2 656 98,5 3 442 98,9 4 319 73,2 4 458 4 295 4 299 5 140 74,3 +94 %
Total 2 697 100 3 480 100 5 899 100 5 943 5 895 6 175 6 922 100 +157 %
Source des données : Agence internationale de l'énergie[7]

Puissance installée[modifier | modifier le code]

Les capacités de production électrique sont estimées à 1 292 MW en , dont 57 % de centrales hydroélectriques et 43 % de centrales thermiques (gaz 21 %, fioul léger 10 %, fioul lourd 13 %)[8].

Le plan de développement du secteur des énergies prévoyait en 2010 des projets de production et de construction de réseaux qui devraient porter la production à 3 000 MW en 2020. Pour parer au plus pressé, des solutions à court terme ont été retenues : construction d’une centrale thermique à fioul lourd de 86 MW à Yassa, près de la Dibamba, entrée en service en , construction d’une centrale thermique au gaz naturel de 216 MW à Kribi, mise en service en , construction du barrage hydroélectrique de Mekin 15 MW sur le Dja, mise en service en 2015, et réhabilitation des centrales hydroélectriques d’Edéa et Songloulou[t 4].

La puissance installée atteignait 1 033 MW en 2011, avant la construction de la centrale thermique au gaz de Kribi[t 5].

Un accès difficile[modifier | modifier le code]

Douala, la capitale économique, souffre comme toutes les autres villes de la rareté de l'éclairage public.
Prototype de moto transformée en moulin à l'usage des populations privées d'électricité.

Moins de 14 % de ménages ruraux et 57 % en zone urbaine sont connectés à l’électricité selon la Banque mondiale[9]. Il existe d'autres estimations plus optimistes ou pessimistes, mais toutes relèvent la discontinuité du service d'électricité pour les abonnés, en raison des nombreux délestages[t 6],[10]. Seuls 20 % de la population aurait en réalité accès à l'électricité de façon continue[t 7].

Les raisons de ces coupures sont multiples : inadéquation globale entre l'offre et la demande, irrégularité des approvisionnements dus à la période d'étiage, infrastructures de production et de distribution vieillissantes, manque d'investissements en raison de réticences du secteur financier[t 7]. Leurs conséquences sont parfois dramatiques, car elles peuvent engendrer des incendies lors du retour du courant. Les manifestations contre ces coupures sont monnaie courante[11], et peuvent à leur tour occasionner des morts lors de la répression de ces manifestations[12].

Énergie hydroélectrique[modifier | modifier le code]

Les centrales hydroélectriques du Cameroun totalisent une puissance de 747 MW fin 2018, soit 54 % de la capacité de production du pays ; elles ont produit 4,97 TWh en 2018. Le potentiel hydroélectrique du Cameroun est estimé à 23 000 MW, le 3e potentiel énergétique en Afrique au Sud du Sahara après la République démocratique du Congo et l’Éthiopie, dont 75 % dans le bassin du fleuve Sanaga, au nord du pays ; mais seulement 3 % de ce potentiel est exploité. Les prévisions officielles estiment qu'en 2023 l'hydroélectricité représentera 75 % du mix électrique ; afin de réduire les pénuries récurrentes dues aux variations des précipitations et à l'insuffisance des capacités, le gouvernement souhaite porter la part du solaire et de l'éolien à 25 %. La centrale de Memve’ele est achevée depuis 2017, mais l'état d'avancement de la ligne la connectant au réseau n'est qu'à 55 % en . Le réservoir de Lom Pangar, construit en 2016, permet de réguler les variations de débit dans le bassin de la Sanaga, augmentant de 700 GWh la production annuelle des centrales d'Edéa et de Song Loulou ; la centrale de Lom Pangar (30 MW) améliorera l'électrification rurale dans la région orientale après sa mise en service prévue en 2020. Le projet Nachtigal (420 MW), le plus grand projet hydroélectrique indépendant d'Afrique sub-saharienne, augmentera la production électrique du pays de plus de 2 900 GWh, soit 30 %, à sa mise en service en 2023. L'achèvement du projet de Grand Eweng (1 800 MW) est prévu en 2024 ; les projets planifiés de Kpep (485 MW) et de Makay (365 MW) sont prévus pour 2025[13].

Les principales centrales hydroélectriques existantes sont[14] :

  • Édéa (276 MW), inauguré en 1954 sur la Sanaga ; cette centrale comportait à l’origine deux groupes de 11 MW ; elle fut complétée par l’équipement de 1955 à 1958 de la centrale d’Edéa II, puis grâce à l’équipement par étape entre 1966 et 1976 de la centrale d’Edéa III[3] ;
  • Song Loulou (384 MW), inauguré en 1981 sur la Sanaga, à l'amont d'Édéa ;
  • Lagdo (72 MW), inauguré en 1982 à 50 km au sud de la ville de Garoua sur la Bénoué.

La construction du barrage hydraulique de Lom Pangar à 13 kilomètres en amont du confluent avec la Sanaga, dont la mise en service est planifiée fin , devrait contribuer à augmenter de 120 MW la capacité de production des centrales électriques de Song Loulou et d'Édéa[9]. Selon la Banque africaine de développement, ce projet fera passer la puissance garantie des deux centrales de 450 MW à 729 MW ; de plus, une centrale hydroélectrique de 30 MW sera construite au pied du barrage et reliée à l’usine thermique de Bertoua par une ligne de 105 km en 90 KV, qui sera étendue sur 200 km jusqu’aux localités de Batouri et Abong-Mbang, de manière à fiabiliser la performance des systèmes de transport et de distribution et à étendre la fourniture de l’énergie à 150 localités de la région de l’Est[15]. La mise en eau du barrage était presque terminée fin , avec 5 milliards de mètres cubes sur les 6 prévus[16].

D'autres barrages réservoirs, de taille inférieure, ont été construits précédemment dans les années 1970 et 1980 en vue de réguler le débit de la Sanaga et de parer en partie aux problèmes d'étiage : le barrage de Mbakaou, d'une capacité de 2,6 milliards de m³, celui de la Mapé (3,2 milliards de m³) et celui de Bamendjing (1,8 milliard de m³)[t 8].

Concernant le projet de barrage hydroélectrique de Nachtigal-amont, la société NHPC (Nachtigal Hydro Power Company) est créée en par un consortium mené par EDF et l’Etat camerounais dans le but d’exploiter le barrage. La NHPC choisit en un groupement d’entreprises chargées de la construction (le groupe belge BESIX, la société française NGE et l’entreprise marocaine SGTM)[17]. En , EDF, IFC (filiale de la Banque mondiale) et la République du Cameroun ont signé les accords définitifs pour la construction du barrage : EDF va concevoir, construire et exploiter pendant 35 ans un barrage et une usine hydroélectrique de 420 MW sur le fleuve Sanaga au niveau des chutes de Nachtigal, à 65 km au nord-est de Yaoundé. Le projet comprend aussi la construction d’une ligne de transport d’électricité de 50 km jusqu’à Nyom. Il est porté par la société NHPC (Nachtigal Hydro Power Company), constituée par EDF (40 %), IFC (30 %) et l’État du Cameroun (30 %). Nachtigal couvrira 30 % des besoins énergétiques du pays, avec une production annuelle de près de 3 TWh[18].

De nombreux autres projets sont prévus sur le fleuve Sanaga, dont le potentiel dépasse 3 000 MW :

  • projet de barrage de Song Mbengue (950 MW) à 15 km en amont de l’actuel barrage hydro-électrique de Song Loulou[19] ;
  • projet de Song Dong (300 MW), en aval de Lom Pangar[19] ;
  • projet de Kikot (630 MW)[19] ;
  • projet de Grand Eweng (1 200 MW)[19].

Sur le Ntem, le projet de barrage hydroélectrique de Memve'ele d'une puissance de 211 MW devrait à partir de 2018[20] venir en relais de Songloulou pour alimenter Yaoundé[21].

Centrales thermiques[modifier | modifier le code]

Il en existe 39 en 2013. Elles utilisent le gaz (Kribi) ou le fioul[t 3].

Eneo exploite 6 centrales thermiques diesel connectées au réseau, dont 3 à l'arrêt, ainsi que 26 centrales isolées totalisant une puissance de 43 MW[14]. La centrale thermique de Limbé (85 MW) a été mise en service en 2004 à la suite de délestages importants sur le réseau dans les années 2001 à 2003[22].

Globeleq exploite la centrale thermique de Yassa-Dibamba (86 MW : 8 groupes diesel de 10,76 MW chacun pouvant fonctionner au fioul lourd ou au gaz), construite en urgence par AES-SONEL pour pallier un déficit énergétique estimé à environ 120 MW à l’horizon 2012[23], ainsi la centrale de Kribi (216 MW : 13 groupes de 16,6 MW fonctionnant au gaz naturel), construite de 2010 à 2012 à Mpolongwe, localité située à 9 km de la ville de Kribi[24].

Globeleq projette de porter la puissance de la centrale de Kribi à 330 MW en lui ajoutant 7 groupes Wärtsilä au gaz[25].

Solaire[modifier | modifier le code]

Centrale solaire autonome de pompage d'eau (26 kWc) près de Mindif.
Carte de l'irradiation solaire globale horizontale de l'Afrique, SolarGIS 2011.

Le potentiel de l'énergie solaire varie de 4 kWh/m2/jour dans le sud du pays à 6 kWh/m2/jour dans le nord. Eneo Cameroun projette de construire des centrales photovoltaïques en relève de centrales diesel existantes, qui continueraient à fonctionner le soir. Le projet se déroulera en plusieurs phases, dont la première comprendra des centrales solaires dans les communes de Djoum, Lomié, Bertoua, Yokadouma et Ngaoundal ; une deuxième phase s'étendrait aux 25 centrales diesel isolées d'Eneo ; cela permettra d'économiser du combustible et d'améliorer la couverture de la demande ; mais le coût est deux à quatre fois supérieur au tarif moyen de vente du kWh. Par ailleurs, le ministère de l'eau et de l'énergie développe un programme de mini-centrales solaires dans 166 localités à moyen terme[8].

Éolien[modifier | modifier le code]

Des vitesses de vent favorables ont été repérées, supérieures à 2 m/s au nord dans les régions de Kaélé et du Lac Tchad, et jusqu'à 6,6 m/s sur les Monts Bamboutos au sud[8].

Géothermie[modifier | modifier le code]

Des potentiels géothermiques ont été identifiés dans les localités de Meiganga, Tignère, Ekondo Titi et Nwa[8].

Réseaux de transport et distribution[modifier | modifier le code]

La ligne haute tension (90 Kv) Lagdo-Garoua passant au-dessus du village de Mafa Kilda, l'un des 10 000 villages du Cameroun n'ayant pas accès à l'électricité.

La gestion du transport (acheminement de l’électricité via les lignes à haute tension), a été renationalisée en  : la SONATREL (Société nationale de transport d'électricité) a été chargée de la mission de transport jusqu'ici gérée par l'entreprise privée ENEO (Enérgie du Cameroun). Elle devra moderniser et compléter le réseau et améliorer son efficacité, alors que les pertes de transport sont estimées à 40 % en 2018[13].

La distribution est le maillon faible du secteur : le réseau basse et moyenne tensions est vieillissant et saturé, entraînant des coupures fréquentes et des délestages qui peuvent durer plusieurs heures à Douala et à Yaoundé. La vétusté entraîne des pertes élevées : au total 30 % de l’électricité produite, du fait d'un manque d’investissement de l’ex-actionnaire, qui n’a consacré que 7 % de ses investissements à cette activité ; de plus, les vols d’électricité représentent jusqu’à 48 % des raccordements dans certains quartiers[5].

La banque mondiale affecte en 325 millions de dollars pour aider à la modernisation du réseau, et sa prise en charge par une nouvelle société dédiée, la Sonatrel[26].

Consommation d'électricité[modifier | modifier le code]

La consommation d'électricité par habitant au Cameroun était en 2014 de 274 kWh, soit seulement 9 % de la moyenne mondiale (3 030 kWh) et moins de 4 % de la moyenne en France : 6 955 kWh[2].

Elle se répartissait en 2014 entre l'industrie : 55 %, le secteur résidentiel : 21 % et le secteur tertiaire : 23 %[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. p. 19
  2. p. 34
  3. a b et c p. 38
  4. p. 12
  5. p. 68
  6. p. 96
  7. a et b p. 97
  8. p. 40
  • autres références :
  1. a b c d et e (en)Cameroon : Balances for 2014, site Agence internationale de l’énergie, 16 octobre 2016.
  2. a et b (en) [PDF] Agence internationale de l’énergie (AIE - en anglais : International Energy Agency - IEA) Key World Energy Statistics 2016 (voir pages 49 et 51), 16 octobre 2016.
  3. a et b Historique de l’électricité au Cameroun, Eneo.
  4. A propos d’Eneo, Eneo.
  5. a b et c Avec Actis, le camerounais Eneo espère avoir trouvé sa bonne fée, Jeune Afrique, 17 mai 2015.
  6. Norfund et CDC s’allient pour doper la production électrique en Afrique, Jeune Afrique, 3 février 2015.
  7. a et b (en)Cameroon : Electricity and Heat for 2014, Agence internationale de l'énergie, 16 octobre 2016.
  8. a b c et d (en) Cameroon Tribune, « Electricity: The contribution of renewable energy », sur www.cameroonweb.com (consulté le 17 juillet 2016).
  9. a et b Banque Mondiale, « Au Cameroun, le projet de Lom Pangar vise à exploiter le potentiel hydroélectrique de la Sanaga pour accroître la production d’électricité », sur banquemondiale.org, (consulté le 17 juillet 2016)
  10. Paul Gérémie BIKIDIK, « Analyse du secteur de l'énergie électriqe au Cameroun, bilan des actions de plaidoyers et système de tarification de l'électricité », sur www.energiesosfutur.org, (consulté le 17 juillet 2016).
  11. Paskalo, « Vers un soulèvement populaire à Douala au Cameroun à cause des coupures d’électricité », sur CAMERPOST, (consulté le 17 juillet 2016).
  12. Cameroun: Mourir pour avoir l'électricité sur allafrica.com, octobre 2007
  13. a et b (en) [PDF] 2019 Hydropower Status Report (pages 74 et 101), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), 13 mai 2019.
  14. a et b Nos activités - Production, Eneo.
  15. Le Cameroun pose la première pierre du barrage de Lom Pangar, pour valoriser son potentiel hydroélectrique, Banque africaine de développement, 13 août 2012.
  16. Lom Pangar : Les membres de l’Assemblée Générale et du Conseil d’Administration sur le terrain, 28 octobre 2016.
  17. « Cameroun : le chantier du barrage de Nachtigal débutera avant fin 2018 », L'EnerGeek,‎ (lire en ligne, consulté le 3 septembre 2018)
  18. EDF construira bien la centrale hydroélectrique de Nachtigal au Cameroun, L'Usine Nouvelle, 9 novembre 2018.
  19. a b c et d La Sanaga, un potentiel de plus 3 000 mégawatts, Cameroun Liberty, 29 avril 2016.
  20. Africtelegraph, « Cameroun : Bientôt la mise en service du barrage de Memve’ele », Africtelegraph - Toute l'actualité africaine,‎ (lire en ligne, consulté le 3 septembre 2018)
  21. Cameroun - Énergie : Le barrage hydro-électrique de Memve’ele mis en service par le Ministre Basile Atangana Kouna sur camnews24.com, 17 Août 2016
  22. La centrale thermique de Limbé, Eneo.
  23. La centrale thermique de Yassa-Dibamba, Eneo.
  24. Kribi : La première centrale à gaz du Cameroun, Eneo.
  25. (en)Kribi Expansion, Globeleq.
  26. Cameroun: Plus de 200 milliards pour améliorer le réseau électrique sur 237online.com, 19 décembre 2016.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]