Énergie en Angola

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Le secteur de l'énergie en Angola est vital pour l'économie du pays, producteur majeur de pétrole (au 16e rang mondial en 2018) et membre de l'OPEP.

Secteur pétrolier[modifier | modifier le code]

Réserves[modifier | modifier le code]

Les réserves de pétrole de l'Angola sont estimées par BP à 1 100 Mt (millions de tonnes) fin 2018 (8,4 milliards de barils), soit 0,5 % du total mondial[1].

L'essentiel du territoire angolais est formé d'un socle cristallin avec une couverture sédimentaire limitée. Le potentiel pétrolier est donc concentré dans des bassins sédimentaires le long de la côte, en grande majorité offshore[2]. L'USGS recense plusieurs systèmes pétroliers[3] dans deux bassins. Le principal, partagé avec le Congo-Brazzaville, est le bassin correspondant à l'embouchure du fleuve Congo et son système pétrolier le plus riche a pour piège des formations de turbidite. Il procure à l'Angola les richesses pétrolières au large de la l'enclave de Cabinda et des environs de Soyo. Le deuxième bassin correspond également à l'embouchure d'un fleuve, le Kwanza, il se situe à hauteur de Luanda.

Historique[modifier | modifier le code]

Les premiers travaux d'exploration ont été menés par la compagnie belge Fina dans les années 1950 (alors que l'Angola est encore une colonie) le long du littoral, et dévoilent quelques modestes gisements. En 1966 Elf et ses partenaires procèdent au premier forage offshore[4].

Système de concessions[modifier | modifier le code]

Les attributions de concessions offshore en Angola se font suivant un découpage en blocs d'exploration numérotés. Le bloc 0 comprend la zone à faible profondeur au large de Cabinda. Les blocs 1 à 13 sont situés le long du littoral, du nord au sud du pays. Les blocs 14 à 30 forment la deuxième ligne plus éloignée de la côte, également du nord au sud. Enfin les blocs en offshore ultra-profond sont numérotés à partir de 31.

Production[modifier | modifier le code]

La production de pétrole de l'Angola, qui est presque totalement offshore, s'élève en 2018 à 2,05 million de barils par jour, au 16e rang mondial avec 2,2 % de la production mondiale[1].

Le bloc zéro, dont l'opérateur est Chevron, fut longtemps le plus productif, cependant sa production a culminé en 1999. Les blocs situés en eaux plus profondes, à commencer par la bloc 14 (situé dans le prolongement du bloc zéro et également exploité par Chevron), ont pris le relais[5].

Blocs les plus productifs[5] :
Bloc Opérateur Principaux gisements
0 Chevron
14 Chevron Complexe Benguela-Belize-Lobito-Tomboco
17 Total
15 Chevron
18 BP Greater Plutonio
31 BP
32 Total Kaombo

Exportations[modifier | modifier le code]

Un des FPSO au large de l'Angola.

La production de Chevron et ses partenaires dans les blocks 0 et 14 est exportée par un terminal nommé Malongo, situé dans le port de Cabinda. Pour le reste, les gisements sont exploités par des plates-formes de type FPSO qui chargent directement les pétroliers, ainsi le pétrole est directement exporté sans transiter par le littoral[6].

Le pétrole constitue la quasi-totalité des exportations de l'Angola : en 2015, selon la Banque mondiale[7], les exportations du pays se chiffraient à 33 milliards de dollars dont 31,4 étaient représentés par le pétrole, le reste étant essentiellement des diamants. La Chine est devenue le principal client du pétrole angolais, absorbant en 2015 45 % du brut exporté par le pays. Les autres acheteurs importants sont l'Inde, l'Espagne, les USA et la France[8].

Sonangol, la compagnie pétrolière nationale, a formé une coentreprise avec l'armateur suédois Stena, qui exploite une importante flotte de pétroliers assurant une partie des exportations du pays.

Valorisation du gaz naturel[modifier | modifier le code]

Le gaz associé produit par les gisements de pétrole angolais fut longtemps gaspillé par destruction en torchère, faute d'infrastructure pour l'utiliser. Cette pratique culmine à la fin des années 1990, où selon des estimations basées sur les mesures par satellite, environ 7 km3 de gaz naturel étaient annuellement détruits de cette manière[9]. Des mesures ont cependant été prises pour réduire ce gaspillage. Depuis 2013, il existe un terminal d'exportation de gaz naturel liquéfié à Soyo. Il a été construit par un consortium de compagnies pétrolières (Sonangol, Chevron, Total, BP, Eni), qui apportent le gaz de leurs gisements respectifs[10]. Les GPL produits en association avec le gaz naturel sont prioritairement destinés au marché intérieur. Pour le reste, d'importantes quantités de gaz sont réinjectées dans les gisements de pétrole pour y maintenir la pression, et les plates-formes pétrolières en utilisent une petite quantité pour leur propres besoins en énergie.

Consommation intérieure[modifier | modifier le code]

Biomasse traditionnelle[modifier | modifier le code]

Comme ailleurs en Afrique subsaharienne, l'essentiel de la population, particulièrement de la population rurale, a peu ou pas accès aux formes modernes d'énergie et fait appel à la biomasse traditionnelle (c'est-à-dire le bois, le charbon de bois, les résidus de récolte et le fumier) pour l'essentiel de ses besoins[11]. Cette utilisation se fait généralement en autoconsommation ou en cycle très court et est donc difficile à mesurer, mais elle représente au moins la moitié de l'énergie primaire consommée dans le pays[6].

Secteur électrique[modifier | modifier le code]

En 2015, l'Angola produisait un peu moins de 10 TWh d'électricité[12]. Si cette production a doublé en six ans, le niveau de consommation par habitant reste extrêmement bas, et seulement 30 % de la population a accès à l'électricité[13].

La production est partagée entre l'hydroélectricité et les centrales thermiques fonctionnant au pétrole.

Hydroélectricité[modifier | modifier le code]

Les centrales hydroélectriques de l'Angola totalisent une puissance de 3 083 MW fin 2018 ; elles ont produit 13,5 TWh en 2018, au 3e rang africain derrière le Mozambique (14,4 TWh) et la Zambie (13,65 TWh).

En 2018, 668 MW ont été mis en service, dont deux nouvelles turbines de la centrale de Laúca, qui devient ainsi la centrale angolaise la plus puissante avec 1 336 MW provisoires, devant atteindre 2 070 MW ; à son achèvement en 2020. La centrale en construction de Caculo Cabaça (2 172 MW) devrait être achevée en 2024.

Ces deux projets contribuent pour plus du tiers à l'objectif de 9,9 GW d'ici 2025. Le gouvernement s'est engagé à porter le taux d'électrification à 60 % et a entrepris une évaluation environnementale stratégique sur son potentiel hydroélectrique de 18 GW[14].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a et b (en) [PDF] BP Statistical Review of World Energy 2019 - 68th edition, BP, 11 juin 2019.
  2. MTC Media, « EI Sourcebook », sur EI Sourcebook (consulté le 14 janvier 2018)
  3. USGs, « Angola - Assessment Results Summary - Allocated Resources », (consulté le 14 janvier 2018)
  4. ASPO newsletter 36, décembre 2003
  5. a et b « Graphique de production Sonangol » (consulté le 28 janvier 2018)
  6. a et b « Angola - International - Analysis - U.S. Energy Information Administration (EIA) » (consulté le 13 janvier 2018)
  7. « World Bank - WITS » (consulté le 13 janvier 2018)
  8. « Export destinations of Crude Petroleum from Angola (2015) », sur The Observatory of Economic Complexity (consulté le 15 janvier 2018)
  9. (en) Christopher D. Elvidge, Daniel Ziskin, Kimberly E. Baugh, Benjamin T. Tuttle, Tilottama Ghosh, Dee W. Pack et Edward H. Erwin, « A Fifteen Year Record of Global Natural Gas Flaring Derived from Satellite Data », Energies, vol. 2, no 3,‎ , p. 595–622 (ISSN 1996-1073, DOI 10.3390/en20300595).
  10. « Angola LNG Project, Soyo - Hydrocarbons Technology », sur Hydrocarbons Technology (consulté le 12 janvier 2018)
  11. (en) Stephen Karekezi, « Poverty and energy in Africa—A brief review », Energy Policy, vol. 30, nos 11-12,‎ , p. 915–919 (ISSN 0301-4215, DOI 10.1016/S0301-4215(02)00047-2)
  12. « IEA - Report » (consulté le 12 janvier 2018)
  13. « 30 percent of Angolan population has access to electricity », sur ANGOP (consulté le 12 janvier 2018)
  14. (en) [PDF] 2019 Hydropower Status Report (pages 48, 72 et 101), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), 13 mai 2019.