Kribi

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Kribi
Le port de pêche.
Le port de pêche.
Administration
Pays Drapeau du Cameroun Cameroun
Région Sud
Département Océan
Démographie
Population 55 401 hab. (est. 2007)
Géographie
Coordonnées 2° 57′ Nord 9° 55′ Est / 2.95, 9.92
Altitude 18 m
Localisation

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Kribi

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Kribi
Chutes de La Lobe, Kribi.

Kribi est une communauté urbaine[1] du Cameroun située dans le département de l'Océan et la région du Sud. C'est une importante station balnéaire connue pour ses plages de sable blanc et son port.

Elle est un point stratégique du trafic maritime dans le Golfe de Guinée et le terminus de l'oléoduc transportant le pétrole brut depuis les champs pétrolifères de la région de Doba au sud-ouest du Tchad.

Les chutes de la Lobé sont également à proximité de la ville (7 km) et il y a une route intérieure, à travers la forêt littorale, jusqu'à Lolodorf.

Emplacement[modifier | modifier le code]

La ville côtière de Kribi est située au bord du golfe de Guinée, au sud du Cameroun, dans le département de l'Océan dont elle est le chef-lieu, à l'embouchure des rivières Kienké et Lobé. Elle est à environ 160 km au sud de Douala, plus grande ville et plus important port du pays.

Organisation administrative[modifier | modifier le code]

La communauté urbaine de Kribi compte deux communes d'arrondissement : Kribi Ier et Kribi IIe.

Kribi Ier 

Outre la ville et ses quartiers, la commune comprend les villages suivants[2]  :

Kribi IIe 

Outre la ville et ses quartiers, la commune comprend les villages suivants[2] :

Population[modifier | modifier le code]

Lors du recensement de 2005, Kribi Ier comptait 29 886 habitants et Kribi IIe 40 679[2].

Infrastructures industrielles[modifier | modifier le code]

Port en eaux profondes[modifier | modifier le code]

La première phase du port en eaux profondes de Kribi a été réceptionnée en avril 2015[3]. À terme, le port sera plus grand que celui de Douala et bénéficiera d'une profondeur maritime plus importante pour accueillir de plus gros navires. Son extension est prévue sur cinq ans[4]. Il est prévu également l'aménagement de terminaux spécifiques, entre autres les terminaux aluminium, hydrocarbures, alumine, minéralier, gaz naturel liquéfié, etc.

Le port en eaux profondes de Kribi de par sa capacité d'accueil et la diversité de ses terminaux est destiné à jouer un rôle majeur dans les projets d'industrialisation futur du Cameroun. Le secrétaire général des services du Premier ministre, Louis-Paul Motaze, président du comité de pilotage du complexe industrialo-portuaire de Kribi, affirme à ce sujet : « le port en eau profonde de Kribi, en permettant l'exportation en grandes masses des produits issus de l'exploitation des gisements miniers du Cameroun (fer, bauxite, gaz naturel notamment) et l'importation des matières premières pour les industries locales, sera un véritable levier de l'industrialisation du Cameroun et de la compétitivité de ses produits »[5].

Centrale à gaz, raffinerie et usine de liquéfaction[modifier | modifier le code]

La construction d'une raffinerie de gaz[6], devant traiter le gaz en provenance de Logbaba et d'une centrale thermique à gaz destinée à produire de l'électricité pour les besoins intérieurs et à commercialiser l'éventuel surplus a été actée au début des années 2000[7]. Le projet a été achevé en 2013, une part des apports de gaz se faisant à partir de la plateforme de Sanaga, au large de Kribi[8], et la capacité de la centrale devait être augmentée de 216 MW à 330 MW. Les négociations tarifaires entre le producteur Perenco, la société nationale des hydrocarbures et l'exploitant de la centrale, Kribi power développement corporation[9] n'ont pu aboutir. Un troisième projet, prévoyant la liquéfaction par la société Golar du gaz de Sanaga dans un ancien méthanier a été conclu en 2015[10], et Gazprom s'est engagé à racheter l'intégralité de la production de gaz naturel liquéfié de la plateforme[11]. Engie, qui devait participer au projet de liquéfaction, a annoncé s'en retirer en juillet 2016, en raison de conditions de marché défavorables[12].

Climat[modifier | modifier le code]

Du fait de sa position équatoriale, Kribi possède une courte saison assez sèche et une longue saison très humide. Le mois le plus chaud, février, a une température moyenne maximale de 32 °C et une température moyenne minimale de 25 °C. Le mois le plus pluvieux est celui de septembre, avec 483 mm de pluie. Vingt-sept des trente jours de septembre sont pluvieux. Le mois le plus sec, décembre, les précipitation s’établissent à 59 mm de pluie. Le mois le plus froid est août, avec une moyenne maximale de 28 °C et une moyenne minimale de 23 °C. L'humidité reste élevée toute l'année.

Tourisme à Kribi[modifier | modifier le code]

Développement du tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme dans le littoral de la province du Sud du Cameroun (Département de l’Océan) se développe depuis le bitumage de la route Edéa-Kribi en 1990 ; il est désormais l'un des principaux secteurs d'activité de la ville.

Ses vastes plages de sable blanc et des paysages naturels comme les chutes de la Lobé (l'un des rares exemples dans le monde où un fleuve se déverse en chutes dans la mer) attirent les touristes, pour la plupart des résidents de Yaoundé et Douala mais aussi des Camerounais de la classe aisée[réf. insuffisante][13]. De nombreux investissements à but touristique et résidentiel, la plupart de petite échelle, parsèment le littoral de Kribi.

Kribi est réputée pour ses restaurants à spécialités «fruits de mer».

Sites touristiques[modifier | modifier le code]

Parmi les sites touristiques de la région de Kribi[14], on compte le village de pêcheurs de Londji, baie au nord de Kribi de haute valeur écologique par la présence de mangroves et par sa proximité aux embouchures du Nyong et de la Lokoundje, le fleuve Lobé et ses chutes, les plages de Grand Batanga, le site éco-touristique d'Ebodjé, station de suivi des tortues marines, le parc national de Campo-Ma’an et les parages habités par les peuples pygmées Bagyeli-Bakola le long des routes de Bipindi-Lolodorf, notamment la colline de Bidjouka. Le projet de la Banque Mondiale « Filières de Compétitivité et Croissance » concerne la zone de Kribi depuis 2011 dans le but de valoriser certaines plages de Kribi et soutenir les activités d'habituation des gorilles dans le parc national de Campo Ma'an. Depuis 2003, il existe aussi un parcours de golf privé de neuf trous.

La plupart des sites touristiques de Kribi sont gérés de façon non formelle par des jeunes locaux qui se lancent dans l'accompagnement des touristes, comme c'est le cas des chutes de la Lobé ou des plages aménagées de Grand Batanga, gérées par les groupes non structurés. Cela permet au voyageur d'avoir un contact direct avec les habitants, sans que l’insécurité soit à l’heure actuelle un problème majeur. En 2013, dans le cadre de la mise en application du projet « Tourisme côtier durable »[15], le Ministère du Tourisme et des Loisirs[16] lance l'initiative d’identifier avec des badges d’accompagnateur touristique local les personnes menant des activités touristiques afin de soutenir leur professionnalisation et reconnaître leur rôle.

Un site web pour la promotion de l'écotourisme dans la zone de Kribi a été mis au point par le Ministère du Tourisme et des Loisirs du Cameroun en collaboration avec l'OMT et l'ONUDI[14] dans le cadre du projet ST-EP pour le développement de l'écotourisme à Kribi [17]de l'OMT.

Tourisme ethnique et peuples pygmées[modifier | modifier le code]

Artisanat Bagyeli.

La région de l'Océan est habitée par des peuples autochtones de chasseurs-cueilleurs dénommés Bagyeli ou Bakola. Le mode de vie et les traditions des Bagyeli est de nos jours l’une des plus importantes curiosités de Kribi. Il existe un fort intérêt envers des produits de tourisme ethnique et les communautés Bagyeli sont généralement ouvertes à la possibilité d’accueillir et accompagner des touristes. Néanmoins, la relation des pygmées bagyeli avec le tourisme n’a pas fourni des bénéfices durables à ce groupe. Leur exposition au tourisme peut entraîner la banalisation de leur culture et l’exploitation de ces communautés. Des initiatives sont néanmoins en place comme la possibilité de visiter des campements de façon responsable et non invasive avec l'ONG FONDAF[18] à Bipindi ou la mise en place d'un circuit dans la forêt des chutes de la Lobé est programmée par le Ministère du Tourisme afin de valoriser leurs connaissances et culture.

Menaces sur l’activité touristique[modifier | modifier le code]

Les travaux de développement des nouveaux axes routiers et des pôles industriels autour du nouveau port en eau profonde pèsent sur la conservation du littoral[19], qui abrite de nombreux écosystèmes fragiles et des espèces fauniques menacées[20], déjà fragilisé et exposé aux effets de l’érosion côtière. Ce changement drastique de l'utilisation des terres pourrait nuire au potentiel de l'activité touristique en dégradant le paysage du littoral et en empêchant le développement d'infrastructures touristiques si les mécanismes de gouvernance environnementale nécessaires ne sont pas en place.

Le développement de la ville, déclenché par son développement industriel, serait à l'origine d'une intensification du phénomène accru de spéculation foncière dans la bande côtière et d'une urbanisation résidentielle non contrôlée. Le développement d’infrastructures de transport, l’extension de l’agriculture et l’urbanisation auraient provoqué déjà une perte du couvert végétal de la bande côtière de la ville de Kribi de 50 % entre 1984 et 2010[21]. Entre autres, l’extension de l’agro-industrie, des infrastructures de transport et des industries extractives seraient la cause d’une fragmentation forestière qui menacent les écosystèmes de la région et les modes de subsistance des peuples pygmées de la zone de Kribi.

Évêché[modifier | modifier le code]

Dominant le port, la cathédrale a été entièrement repeinte en 2002.

Dossiers photographiques[modifier | modifier le code]

Personnalités nées à Kribi[modifier | modifier le code]

Jumelage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Créée par le décret 2008/024 du 17 janvier 2008 (CUK, [lire en ligne], consulté le 6 mars 2016
  2. a, b et c Troisième recensement général de la population et de l'habitat (3e RGPH, 2005), Bureau central des recensements et des études de population du Cameroun (BUCREP), 2010.
  3. Joseph Abena Abena, « Inauguration du port de Kribi : Les autorités simulent l’arrivée de Biya », La Nouvelle expression,‎ (lire en ligne)
  4. « Le port camerounais de Kribi, nouveau gros contrat pour le groupe Bolloré », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. Beaugas-Orain Djoyum, « Port en eau profonde de Kribi et plan ferroviaire national », sur www.investiraucameroun.com,‎ (consulté le 14 février 2013)
  6. Dans le village de Bipaga.
  7. Gabriel Tchatat/PNUD, « Rapport final - Cameroun - Contribution à la préparation du rapport national pour la formulation du livre blanc régional sur l'accès universel aux services énergétiques intégrant le développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique », sur www.se4all.org,‎ , p. 80 ; 87 ; 91
  8. « Central thermique à gaz de Kribi: La construction achevée. », sur www.etudiant-ados.com (consulté le 17 juillet 2016).
  9. Michel Ange Nga, « Energie: Péril sur la centrale à gaz de Kribi », sur newsducamer.com (consulté le 17 juillet 2016).
  10. « Cameroun : 1,3 milliard de dollars pour une usine de liquéfaction de gaz - JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com, Jeune Afrique,‎ (consulté le 17 juillet 2016).
  11. « Cameroun : le russe Gazprom va racheter la production de gaz de Kribi - JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com, Jeune Afrique,‎ (consulté le 17 juillet 2016).
  12. « Le français Engie suspend son projet de liquéfaction du gaz camerounais », sur www.journalducameroun.com,‎ (consulté le 19 juillet 2016).
  13. (en) « The COAST project »,‎ (consulté le 16 mars 2015)
  14. a et b « Visitez la région de Kribi au Cameroun », sur ecotourismekribi.jimdo.com (consulté le 29 février 2016)
  15. (en) « Making waves, the COAST Project – Sustainable Coastal Tourism in Kribi Cameroon, in Progress. Le Projet COAST – Tourisme Côtier Durable à Kribi, activités et progrès » (consulté le 29 février 2016)
  16. « http://www.cameroun-infotourisme.com/english/ » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 29 fév. 2016
  17. (en) « Kribi (South Cameroun) - Developing Ecotourism Products in the coast of Kribi »,‎ (consulté le 29 février 2016)
  18. http://fondaf-bipindi.solidarites.info/
  19. http://www.nkul-beti-camer.com/ekang-media-press.php?cmd=article&Item=2297&TAB=-1&SUB=0&PHPSESSID=bg21ppjdkb9e21n4oclsjrntt2hh9jc8
  20. http://gclme.iwlearn.org/documents-centre/demo-projects/icam/final-report-icam-cameroon-annexes/view
  21. http://www.conama2012.conama.org/web/generico.php?idpaginas=&lang=es&menu=257&id=163&op=view

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Centre ORSTOM de Yaoundé, Dictionnaire des villages de Kribi, coll. « Répertoire géographique du Cameroun » (no 10), (lire en ligne [PDF])
  • Anne Debel et Emmanuelle Pontié, « Kribi  », dans Le Cameroun aujourd'hui, Paris, Éditions du Jaguar, (ISBN 978-2-86950-464-6)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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