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Louise-Élisabeth de France

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Louise-Élisabeth de France
Description de cette image, également commentée ci-après
Madame Infante, duchesse de Parme par Jean-Marc Nattier, 1761.

Titre

Duchesse de Parme et Plaisance 


(11 ans, 1 mois et 18 jours)

Prédécesseur Élisabeth-Christine de Brunswick-Wolfenbüttel
Successeur Marie-Amélie d'Autriche
Biographie
Titulature Fille de France
Infante d'Espagne
Duchesse de Parme et Plaisance 
Dynastie Maison de Bourbon
Surnom Madame Première
Madame
Madame Infante
Babette
Naissance
Château de Versailles (France)
Décès (à 32 ans)
Château de Versailles (France)
Sépulture Nécropole de Saint-Denis
Père Louis XV
Mère Marie Leszczyńska
Conjoint Philippe Ier de Parme
Enfants Isabelle de Bourbon-Parme
Ferdinand Ier de Parme Duc de Parme et Plaisance
Marie-Louise de Bourbon-Parme
Religion Catholicisme

Signature

Signature de Louise-Élisabeth de France

Description de cette image, également commentée ci-après

Louise-Élisabeth de France, dite Madame Première puis Madame Infante, née à Versailles le et décédée en la même ville le , est une princesse française membre de la maison de Bourbon. Elle est la première des huit filles qu'eurent le roi de France Louis XV et son épouse la reine Marie Leszczyńska. Première-née de sa fratrie et sœur jumelle de Madame Henriette, elle est de fait fille de France, infante d'Espagne puis duchesse de Parme et Plaisance par un mariage avec Philippe Ier, duc de Parme et de Plaisance, fils du roi d'Espagne Philippe V. Ils fondent ensemble la maison de Bourbon-Parme, et aujourd'hui encore régnante[1].

Louise-Élisabeth de France est née au château de Versailles le . Sœur jumelle de Madame Henriette, elle est la première enfant née de l'union du jeune roi de France Louis XV, alors seulement âgé de dix-sept ans, et de son épouse la reine Marie Leszczyńska, fille cadette du roi de Pologne, Stanislas Leszczyński[2]. Elle est ondoyée le jour de sa naissance, et est tout d'abord appelée « Madame Première ». Ce n'est que lors de son baptême, qui a lieu dans la chapelle royale de Versailles le , qu'elle est finalement prénommée Louise-Élisabeth[3]. Elle reçoit alors pour parrain le duc de Chartres et pour marraine la princesse douairière de Conti.

À la naissance des jumelles, le roi Louis XV, qui a alors 17 ans, se serait exclamé : « On avait dit que je ne pouvais pas avoir d'enfant, eh bien j'ai fait coup double ». L'année suivante naît une troisième fille. En 1729 naît enfin le fils tant désiré : Louis, le dauphin. Ensuite succèdent un petit duc d'Anjou, qui meurt à 3 ans, et cinq autres filles. La princesse est surnommée « Madame », en sa qualité de fille aînée du roi, et affectueusement « Babette », par ce dernier[4].

En 1736, l'éducation des filles cadettes du roi est confiée à l'abbesse de la prestigieuse abbaye de Fontevraud, tandis que les aînées restent avec leur frère à Versailles. Madame est élevée dans l’aile des Princes, au château de Versailles, avec sa jumelle Henriette, sa sœur Adélaïde et son frère Louis. La jeune fille se montre vite intelligente, autonome, et fière. Elle est très aimée de son père, à qui elle ressemble beaucoup, bien qu’elle n’ait pas hérité de la beauté du « Bien-Aimé ».

Louise-Élisabeth de France et sa sœur jumelle Henriette de France (vers 1737), par Pierre Gobert.

Afin de se réconcilier avec l'Espagne, toujours outrée par la rupture des fiançailles du roi avec l'infante Marie-Anne-Victoire en 1725, Louis XV promet sa fille aînée à l'infant Philippe d'Espagne, un des fils cadets de Philippe V d'Espagne, tandis que le dauphin Louis doit épouser la sœur de l'infant. La nouvelle est officiellement annoncée en février 1739. La cour est surprise de cette alliance, car l’infant n’a guère de chance de monter sur le trône espagnol. La jeune Louise-Élisabeth, qui a tout juste 12 ans, se marie par procuration le . À la suite de ce mariage, elle se fait alors appeler « Madame Infante ». Les cérémonies fastueuses du mariage qui sont organisées à Paris sont passées à la postérité.

Le , elle doit alors quitter Versailles. Les adieux de Louise-Élisabeth à sa famille sont déchirants. En larmes, elle quitte sa sœur jumelle sur ces mots : « C’est pour toujours, mon Dieu, c’est pour toujours ! ». C’est en territoire espagnol, à Alcalá de Henares, à 30 km de Madrid, que Madame Infante peut rencontrer son époux, jeune homme de 19 ans guère brillant mais avec qui elle s’entend bien. Leur mariage a lieu le . Ils ont trois enfants qu'elle éduque selon la philosophie des Lumières en leur donnant pour précepteurs les Français Gabriel Bonnot de Mably et Étienne Bonnot de Condillac :

L'Espagne puis Parme

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La famille de Philippe de Parme par Giuseppe Baldrighi, 1757.

Bien que le duc de Luynes écrive dans ses mémoires, à propos de Louise-Élisabeth : « Elle réussit fort bien dans ce pays. On est extrêmement content de son maintien et de sa figure », il semble qu’elle se soit vite lassée de la cour madrilène, où le protocole est encore plus pesant qu’au château de Versailles et où règnent l’ennui et l’inaction. Sa belle-mère, Élisabeth Farnèse, une femme au caractère difficile, tente d’exercer son emprise sur elle. Madame Infante s’emploie alors, avec ambition et énergie, à conquérir quelque territoire pour son époux afin de lui échapper.

Louis XV s'engage dans la guerre de Succession d'Autriche où la France tente avec l'Espagne de ravir à l'Autriche certains duchés qu'elle détient en Italie. En cas de conquête, certains territoires retourneraient à Philippe Ier dans leur intégralité. Par le traité d'Aix-la-Chapelle, l’infant obtient définitivement le duché de Parme et Plaisance qu'a possédé la famille Farnèse dont sa mère est la dernière descendante.

Prétextant le devoir de remercier son père, Madame Infante en profite pour revenir à la cour de France, le avant de se rendre à Parme. Le roi éprouve « une joie parfaite, noble et aisée de se voir ainsi avec sa famille », selon le duc de Croÿ. Il écrit également que « l’infante rapportait un très grand accent gascon qui faisait, avec sa vivacité, un plaisant effet ». Le marquis de Choiseul, lui, dit qu'elle « est infiniment mieux que lorsqu’elle est partie de France […] Sa figure est très agréable, elle a les plus beaux yeux du monde ; le regard perçant annonce l’esprit ».

Fine politique, au cours de son séjour, elle se rapproche de Madame de Pompadour, l’appui de cette femme à la faveur éclatante pouvant se révéler judicieux pour elle, s’aliénant le parti dévot, où figurent sa mère et ses frères et sœurs. Madame Infante, bien plus heureuse à Versailles, avec sa fille Isabelle qui l’a suivie, qu’auprès de son époux qu'elle n'aime pas, ne se résout à se rendre à Parme qu’en . Elle y apporte la culture française et y impose le style versaillais dans son palais de Colorno.

Retours en France

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La duchesse de Parme et Plaisance, Louise-Élisabeth de France, et sa fille, la princesse Isabelle de Parme par Jean-Marc Nattier, 1750.

En 1752, sa sœur jumelle, qu’elle aime beaucoup, Madame Henriette, meurt. Louise-Élisabeth, après avoir mis au monde deux enfants en janvier et décembre de l'année précédente, revient en France en septembre pour se recueillir sur sa tombe. Louis XV est extrêmement ému de revoir sa fille. Alors qu’il est prévu que Madame Infante ne reste à la cour que quelques semaines, elle y passe une année, assistant au triomphe de Madame de Pompadour, au grand dam du dauphin et de ses sœurs qui la détestent profondément.

Revenue dans le duché de Parme, Louise-Élisabeth, qui s’y ennuie, se met en quête d’un trône beaucoup plus avantageux. Une seconde guerre européenne éclate, opposant les Bourbons (France, Espagne, Parme, Naples et Sicile) et l'Autriche à la Prusse et à l'Angleterre, de 1756 à 1763, d'où son nom : guerre de Sept Ans. La duchesse de Parme s’allie avec l’impératrice Marie-Thérèse, qui lui promet les Pays-Bas. Elle regagne la France début , espérant obtenir le soutien de son père et marier sa fille aînée avec l’archiduc d’Autriche Joseph. Ce premier mariage a lieu en . La duchesse de Parme songe au duc de Bourgogne, petit-fils aîné du roi, pour sa fille cadette. Les défaites s’enchaînant aux Pays-Bas, l'infante perd peu à peu ses illusions. La mort de Ferdinand VI, sans héritier, rapproche Louise-Élisabeth et son époux du trône espagnol. Mais le frère cadet du défunt monarque, roi de Naples et de Sicile, devient Charles III d'Espagne, laissant son royaume italien à son fils cadet âgé seulement de 8 ans mais promis à une archiduchesse d'Autriche.

Louise-Élisabeth se prend d’amitié pour l'abbé de Bernis, un abbé qu’elle a connu à Parme. Choiseul, volontiers calomniateur, écrit dans ses Mémoires que « Bernis aimait à caresser les seins généreux de la fille aînée de Louis XV ». La rumeur d'une liaison disparaît lorsque l'abbé démissionne. Toujours à Versailles, la santé de Madame Infante se fait de plus en plus chancelante. Marie Leszczynska écrit : « Ma pauvre infante est bien malade d’une grosse fièvre […] je suis très inquiète ». Au début du mois de , la petite vérole se déclare. Le mal, contre lequel les médecins sont impuissants, l’emporte rapidement. Louise-Élisabeth meurt le à Versailles. Elle est inhumée le à Saint-Denis, auprès de Madame Henriette.

Références

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  1. « Généalogie de Philippe Ier de BOURBON PARME (2) », sur Geneanet (consulté le )
  2. « Généalogie de Louise Élisabeth de FRANCE "Madame infante" », sur Geneanet (consulté le )
  3. « Fondation de Louise-Élisabeth de France. », sur FranceArchives (consulté le )
  4. (en) Casimir Stryienski, The Daughters of Louis XV (Mesdames de France), Brentano's, , 361 p. (lire en ligne), p. 91.
  5. (fr) Généalogie ascendante jusqu'au quatrième degré inclusivement de tous les Rois et Princes de maisons souveraines de l'Europe actuellement vivans [« Généalogie jusqu'au quatrième degré inclus de tous les Rois et Princes des maisons souveraines d'Europe vivants actuellement »], Bourdeaux, Frédéric Guillaume Birnstiel, (lire en ligne), p. 12.

Bibliographie

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  • Thérèse-Louis Latour, Princesses, Dames et Salonnières du règne de Louis XV, Société d'édition, , 252 p. (lire en ligne).
  • Jean-Jacques Lévêque, Versailles : le palais de la Monarchie, le musée de la Nation, ACR, , 192 p. (EAN 9782867701313).
  • Morgan Peyrat, Madame Infante à la cour de Parme. Pouvoir féminin, relations familiales et ambitions dynastiques (1748-1760), Rennes, Presses universitaires de Rennes et Centre de recherche du Château de Versailles, (ISBN 978-2-7535-9777-8, DOI https://doi-org/10.4000/13jax)
  • Ernest Sanger, Isabelle de Bourbon-Parme : la Princesse et la Mort, Bruxelles, Éditions Racine, , 383 p. (EAN 9782873862763).

Articles connexes

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Liens externes

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