Ferdinand Ier (duc de Parme)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Ferdinand Ier de Parme)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir Maison de Bourbon-Parme.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ferdinand Ier et Ferdinand.

Ferdinand de Bourbon, né à Parme le mort à Fontevivo le , fut duc de Parme, de Plaisance et de Guastalla sous le nom de Ferdinand Ier de 1765 à 1802.

Famille et enfance[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Philippe Ier, duc de Parme, Plaisance et Guastalla et d'Louise-Élisabeth, fille du Louis XV de France et de la reine née Marie Leszczynska.

Philippe Ier duc de Parme est le fils cadet du roi Philippe V d'Espagne et d'Élisabeth Farnèse, dernière descendante des ducs de Parme, Plaisance et Guastalla de la dynastie Farnèse. Il est devenu duc de Parme, Plaisance et Guastalla en 1748 à la faveur du Traité de paix qui mit fin à la Guerre de succession d'Autriche.

La duchesse, fille du roi de france , s'ennuie fort dans son ducgé provincial et tous les prétextes lui sont bons pour retourner à Versailles au sein de sa famille. Au premier séjour de 1748/1749 pour remercier son père d'avoir contribué à faure de son mari un prince souverain (et si possible obtenir à terme un état plus grand comme le Duché de Luxembourg), succède un second, plus long, en 1757 où elle compte négocier favorablement et avec succès le mariage de ses deux filles : l'aînée, Marie-Isabelle avec le futur empereur Joseph II du Saint-Empire et la cadette Marie-Louise avec le duc de Bourgogne fils aîné du dauphin, et divers avantages pour son pays d'adoption. Elle mourra à Versailles en 1759 sans avoir revu son duché ni ses enfants.

C'est sa sœur aînée Marie-Isabelle, âgée de 16 ans, jeune fille intelligente et pleine de charme, qui servira de mère au jeune prince.

Cependant Marie-Isabelle quitte à son tour le duché dès 1760 pour épouser le futur empereur Joseph II. Elle mourra à Vienne des suites de ses secondes couches deux ans plus tard laissant son mari et son jeune frère inconsolables.

En 1765, la mort du duc Philippe Ier fait accéder Ferdinand au trône de Parme. Le nouveau duc n'a que 14 ans.

La même année, l'empereur Joseph II, cédant aux objuragations de sa mère, l'impératrice douairière Marie-Térèse, cherche à se remarier. Il souhaite épousr Marie-Louise, sœur de Marie-Isabelle et de Ferdinand. L'impératrice-douairière s'entremet auprès du roi d'Espagne, grand-père de la jeune fille mais celle-ci est de longue date promise au prince des Asturies, héritier du trône espagnol et en effet, Marie-Louise, à défaut du duc de Bourgogne décédé en 1761, épouse en 1765 le futur Charles IV d'Espagne.

Sous l'influence de sa mère, Ferdinand a reçu une éducation conforme à l'esprit de la philosophie des Lumières qui s'impose en France. De 1757 à 1769, il a été élevé par l'abbé de Condillac et Auguste de Keralio, tous deux fervents partisans français des idées des philosophes mais mauvais pédagogues. Ferdinand ne trouve un peu de caleur voire d'affection auprès du clergé mais un clergé borné voire superstieux.

Son mariage - Le rapprochement avec l'Autriche[modifier | modifier le code]

La France et l'Espagne mettent tout en œuvre pour organiser le mariage de Ferdinand. Guillaume du Tillot, Premier ministre toujours en exercice, exprime sa préférence pour Marie Béatrice d'Este, fille du duc de Modène Hercule III : à la mort de celui-ci, les deux duchés auraient été réunis entre les mains de Ferdinand et Parme aurait un accès à la mer. Le duc de Choiseul propose Mademoiselle, la princesse d'Orléans, princesse du sang, particulièrement riche, mais l'Espagne repousse cette proposition. Pour sa part, l'empereur Joseph II calcule que si le duché reste sans héritier, il pourrait juridiquement faire retour aux possessions autrichiennes.

La France et l'Espagne tergiversant, la cour de Vienne fait converger les avis de tous en proposant l'archiduchesse Marie-Amélie, fille de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche et du défunt empereur François Ier et sœur de l'empereur Joseph II, veuf inconsolable d'Isabelle, de la reine Marie-Caroline de Naples et de Marie-Antoinette la future reine de France et épouse de Louis XVI.

Le 21 juin 1769, Ferdinand, âgé de 18 ans demande officiellement la main de Marie-Amélie âgée de 23 ans. Une fois obtenue la dispense papale nécessaire en raison de leur proche parenté, le mariage est célébré à Vienne par procuration le 27 juin 1769. Marie-Amélie - qui n'a pas eu l'autorisation d'épouser le duc Charles II Auguste de Palatinat-Deux-Ponts qu'elle aimait - quitte l'Autriche le 1er juillet 1769 et arrive à Mantoue le 16 juillet, accompagnée de son frère l'empereur Joseph. Ferdinand va à leur rencontre accompagné du duc Sforza-Cesarini et du duc Grillo. Au cours d'une cérémonie, l'évêque confirme le mariage le 19 juillet dans le Palazzo Ducale de Colorno ; s'ensuivent fêtes et spectacles. Le couple ducal rejoint Parme le 24 au matin.

Le couple ducal: Ferdinand Ier de Parme et Marie-Amélie d'Autriche (1769)

Le couple ducal eut sept enfants :



Un gouvernement sous contrôle des puissances étrangères[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Le duché est en fait gouverné depuis 1759 par Guillaume Du Tillot, installé par la France. À l'instar des autres monarchies catholiques, le Portugal, la France et l'Espagne, Ferdinand renvoie les jésuites mais, particulièrement pieux, il recule l'échéance jusqu'en 1768.

À son arrivée, Marie-Amélie veut substituer l'influence autrichienne à celles de la France et de l'Espagne. Elle s'oppose ouvertement au Premier ministre et obtient de son mari son renvoi le 14 novembre 1771 malgré l'opposition de la France et de l'Espagne et même de l'Autriche. Mis aux arrêts, l'ex-ministre s'enfuie, se réfugie en Espagne où le roi le reçoit avec amitiés et lui octroie une pension puis retourne en France où il meurt en 1774.

Les deux premières puissances envoient l’Espagnol José Augustin de Llano en qualité de ministre, avec des ordres très sévères pour assainir les caisses du duché, continuellement vides en raison de la vie désordonnée du couple ducal. Très mal accueilli, José de Llano est renvoyé dès octobre 1772.

La France, l'Autriche et l'Espagne rompent alors leurs relations diplomatiques avec Parme. Si une réconciliation a lieu quelques mois plus tard à l'occasion de la naissance du prince héritier, l'influence des puissances tutélaires n'en est pas moins très amoindrie.

Les conséquences de la Révolution française[modifier | modifier le code]

Ferdinand Ierde Parme par Zoffany
Marie-Amélie par Roslin

Les changements apportés par la Révolution française, la guerre qui embrase l'Europe, l'exécution du roi Louis XVI, chef de la Maison de Bourbon et cousin germain du duc et de la reine Marie-Antoinette, soeur de la duchesse dont elle était très proche font des ducs de Parme des ennemis irréductibles des révolutionnaires.

Dans un premier temps, tout en se déclarant neutre, Ferdinand signe un pacte secret avec l'Autriche, le 13 mai 1794.

En 1796, Bonaparte se voit confier l'armée d'Italie qui entre à Plaisance puis à Parme pour enfin gagner Milan le 15 mai, en imposant de lourdes contributions au pays. Le duché subit de continuels passages de troupes qui s'affrontent.

En février 1801, par le traité de Lunéville et le Traité de San Ildefonso, le duc Ferdinand reçoit le Grand-duché de Toscane, mais le traité de Aranjuez le lui reprend en avril de la même année ; Bonaparte crée en lieu et place un royaume d'Étrurie, qu'il confie au fils de Ferdinand, Ludovico (Louis de Bourbon).
Ferdinand est alors sous la surveillance de la France en la personne de Moreau de Saint-Méry, qui lui a été présenté par le comte Francesco Schizzati le 17 mars 1801.

Mourant, Ferdinand désigne son fils Louis, alors en Espagne, pour lui succéder au duché de Parme, avec pour régents le comte Schizzati et le marquis Ventura sous la présidence de sa femme; il décède à Fontevivo le 9 octobre 1802, peut-être par un empoisonnement dont le comte Corrado Marazzini,au service de la France, est suspecté.

La régence ne dure que quelques jours, Moreau de Saint-Méry prenant possession du duché au nom de la France en vertu du Traité d'Aranjuez signé avec le roi d'Espagne. Tandis que le prince Louis renonce à Parme, Plaisance et Guastalla (qui deviennent Français) et reçoit le Royaume d'Etrurie, fondé de toutes pièces par l'empereur des Français, la duchesse douairière trouve refuge en Bohême. Elle mourra à Prague quelques mois plus tard.

Epilogue[modifier | modifier le code]

Napoléon invita le couple royal d'Etrurie à Paris (afin de montrer un roi au peuple). Le timide Louis faisait pâle figure auprès de l'ambitieux Bonaparte qui se fit proclamer empereur quelque mois plus tard. Le roi d'Etrurie était mort prématurément en 1803 laissant le trône à son fils de quatre ans, son épouse assumant la régence. Le Royaume eut une vie brêve car il fut annexé par la France dès 1807.

La chute de l'empire ne permit pas aux Bourbon-Parme de retrouver leurs duchés patrimoniaux car le Congrès de Vienne les confia à titre viager à l'ex-impératrice des Français qui ne mourut qu'en 1847. A titre de dédommagement, le prince de Parme reçurent le minuscule Duché de Lucques, créée pour l'occasion. Malgré leurs efforts, les Bourbon-Parme étaient toujours sous tutelle.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

Autres ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Bernard Mathieu Edit de La Tourelle, Tableau généalogique de la Maison de Bourbon, 1984
  • Adele Vittoria Marchi, Parma e Vienna, édition Artegrafica Silva Parma, 1988