Élections législatives régionales de 2014 en Saxe

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Élections législatives régionales de 2014 en Saxe
126 députés du Landtag
(Majorité absolue : 64 députés)
Type d’élection Élection parlementaire
Corps électoral et résultats
Inscrits 3 376 627
Votants 1 659 497
49,15 %  −3
Votes exprimés 1 637 499
Votes nuls 21 998
SACHSEN CDU 13.06.20130123 - Portrait.jpg CDU – Stanislaw Tillich
Voix 645 414
39,41 %
 −0,8
Députés élus 59  +1
Rico Gebhardt Landtag Sachsen by Stepro IMG 1841 LR50.jpg Linke – Rico Gebhardt
Voix 309 581
18,91 %
 −1,7
Députés élus 27  −2
2016-12-15 Martin Dulig (Landtagsprojekt Sachsen) by Sandro Halank–1.jpg SPD – Martin Dulig
Voix 202 396
12,36 %
 +1,9
Députés élus 18  +4
Frauke-Petry-20130820.jpg AfD – Frauke Petry
Voix 159 611
9,75 %
 +9,8
Députés élus 14  +14
Antje Hermenau by Stepro IMG 1455 LR50.jpg Grünen – Antje Hermenau
Voix 93 857
5,73 %
 −0,7
Députés élus 8  −1
Vainqueur par circonscription
Carte
6e législature du Landtag
Diagramme
Ministre-président
Sortant Élu
Stanislaw Tillich
CDU
Stanislaw Tillich
CDU

Les élections législatives régionales de 2014 en Saxe (en allemand : Landtagswahl in Sachsen 2014) se tiennent le , afin d'élire les 120 députés de la 6e législature du Landtag, pour un mandat de cinq ans. Du fait de la loi électorale, 126 députés sont élus.

Contexte[modifier | modifier le code]

Porté au pouvoir en , le ministre-président Stanislaw Tillich confirme la domination de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) dans la vie politique régionale à l'occasion des élections du .

Ce jour-là, alors qu'elle perdait près de 15 points en Sarre et en Thuringe, la CDU recule de moins d'un point en Saxe et réalisé un score de 40,2 % des suffrages. La forte progression du Parti libéral-démocrate (FDP), qui atteint la barre des 10 %, permet à Tillich de constituer une « coalition noire-jaune » et mettre fin à la « grande coalition » constituée en .

À gauche, Die Linke confirme sa prépondérance avec plus de 20 % des suffrages, en recul de trois points, tandis que le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) reste désespérément faible avec à peine 10,4 % et que l'Alliance 90 / Les Verts (Grünen) confirme son implantation parlementaire avec 6,9 % des voix, en hausse de deux points. Enfin, bien qu'en chute avec 5,6 %, le Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD) réussit pour la première fois de son histoire à conserver sa représentation dans un Landtag.

En cours de législature sont survenues les élections fédérales du 27 septembre 2009 et du 22 septembre 2013. Si lors du premier scrutin, les chrétiens-démocrates ont réalisé une contre-performance avec 35,6 % des voix, principalement au profit des libéraux-démocrates qui engrangent 13,3 %, ils se sont nettement rattrapés quatre ans plus tard avec un résultat de 42,6 % des suffrages. Ce score se fait au détriment du FDP, qui s'effondre à 3,3 %. À gauche, le rapport de force reste inchangé même si le SPD est plus fort à l'occasion de ces élections en recueillant les deux fois 14,6 %.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le Landtag est constitué de 120 députés (en allemand : Mitglied des Landtags, MdL), élus pour une législature de cinq ans au suffrage universel direct et suivant le scrutin proportionnel d'Hondt.

Chaque électeur dispose de deux voix : la première (en allemand : Wahlkreisstimme) lui permet de voter pour un candidat de sa circonscription selon les modalités du scrutin uninominal majoritaire à un tour, le Land comptant un total de 60 circonscriptions ; la seconde voix (en allemand : Landesstimme) lui permet de voter en faveur d'une liste de candidats présentée par un parti au niveau du Land.

Lors du dépouillement, l'intégralité des 120 sièges est répartie à la proportionnelle sur la base des secondes voix uniquement, à condition qu'un parti ait remporté 5 % des voix au niveau du Land ou deux mandats au scrutin uninominal. Si un parti a remporté des mandats au scrutin uninominal, ses sièges sont d'abord pourvus par ceux-ci.

Dans le cas où un parti obtient plus de mandats au scrutin uninominal que la proportionnelle ne lui en attribue, la taille du Landtag est augmentée jusqu'à rétablir la proportionnalité. C'est pourquoi à l'issue des élections de , il y avait 132 députés au total.

Campagne[modifier | modifier le code]

Principales forces[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file Résultats de 2009
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne
Christlich Demokratische Union Deutschlands
Stanislaw Tillich
(Ministre-président)
40,2 % des voix
58 députés
Die Linke Rico Gebhardt 20,6 % des voix
29 députés
Parti social-démocrate d'Allemagne
Sozialdemokratische Partei Deutschlands
Martin Dulig 10,4 % des voix
14 députés
Parti libéral-démocrate
Freie Demokratische Partei
Holger Zastrow 10,0 % des voix
14 députés
Alliance 90 / Les Verts
Bündnis 90/Die Grünen
Antje Hermenau et
Volkmar Zschocke
6,4 % des voix
9 députés
Parti national-démocrate d'Allemagne
Nationaldemokratische Partei Deutschlands
Holger Szymanski 5,6 % des voix
8 députés
Alternative pour l'Allemagne
Alternative für Deutschland
Frauke Petry absent
0 député

Sondages[modifier | modifier le code]

Sondages en vue des élections législatives régionales de 2014 en Saxe[1]
Institut Date CDU SPD Grünen FDP Linke AfD NPD
FgW 28/08/2014 40,5 % 15 % 5,5 % 3 % 19 % 7 % 5 %
Infratest dimap 21/08/2014 40 % 14 % 6,5 % 3,5 % 19 % 7 % 5 %
FgW 21/08/2014 39 % 15 % 6 % 3 % 20 % 7 % 5 %
uniQma 18/08/2014 42 % 13 % 6 % 3 % 18 % 6 % 4 %
IM Field 09/08/2014 43 % 14 % 7 % 3 % 20 % 5 % 3 %
INSA 08/08/2014 40 % 14 % 6 % 5 % 19 % 6 % 4 %
Infratest dimap 10/07/2014 42 % 13 % 7 % 4 % 21 % 7 % 3 %
Forsa 20/06/2014 42 % 15 % 6 % 3 % 18 % 8 % 3 %
uniQma 13/06/2014 43 % 16 % 6 % 3 % 16 % 7 % 3 %
Infratest dimap 30/04/2014 43 % 16 % 6 % 4 % 18 % 6 % 4 %
dimap 29/03/2014 45 % 15 % 6 % 4 % 17 % 6 % 4 %
INSA 08/03/2014 43 % 15 % 5 % 2 % 22 % 7 % 1 %

Résultats[modifier | modifier le code]

Voix et sièges[modifier | modifier le code]

Résultats des élections législatives régionales de 2014 en Saxe[2]
Partis Circonscriptions Sièges proportionnels Total des sièges
Votes  % Sièges +/− Votes  % Sièges Total +/−
Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) 646 729 39,67 59 en augmentation 1 645 414 39,41 0 59 en augmentation 1
Die Linke (Linke) 341 798 20,96 1 en diminution 1 309 581 18,91 26 27 en diminution 2
Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) 215 689 13,23 0 en stagnation 202 396 12,36 18 18 en augmentation 4
Alternative pour l'Allemagne (AfD) 105 024 6,44 0 en stagnation 159 611 9,75 14 14 en augmentation 14
Alliance 90 / Les Verts (Grünen) 102 614 6,29 0 en stagnation 93 857 5,73 8 8 en diminution 1
Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD) 83 717 5,13 0 en stagnation 81 051 4,95 0 0 en diminution 8
Parti libéral-démocrate (FDP) 66 330 4,07 0 en stagnation 61 840 3,78 0 0 en diminution 14
Autres 68 534 4,20 0 en stagnation 83 749 5,11 0 0 en stagnation
Votes valides 1 630 435 98,25 1 637 499 98,67
Votes blancs et nuls 29 062 1,75 21 998 1,33
Total 1 659 497 100 60 en stagnation 1 659 497 100 66 126 en diminution 6
Abstentions 1 717 130 50,85 1 717 130 50,85
Nombre d'inscrits / participation 3 376 627 49,15 3 376 627 49,15

Analyse[modifier | modifier le code]

Alors qu'en 2009, la participation s'était élevée à 52 %, cette fois moins de la moitié des inscrits s'est rendue aux urnes, le taux de participation baissant de trois points (49 %), et atteignant son niveau le plus bas depuis les premières élections libres en 1990[3].

Ces élections ont de plus été marquées par une grande stabilité en termes de voix pour presque tous les partis : la CDU (-0,8 points), la Linke (-1,7 points), le SPD (+2 points), les Grünen (-0,7 points) et le NPD (-0,6 points) ne voyant leur score varier qu'à la marge. Néanmoins pour ce dernier, le passage sous la barre des 5 % prive le parti de la représentation parlementaire acquise en 2004[3].

Le FDP est le grand perdant de ces élections, son score diminuant de plus de six points, mais atteignant néanmoins un niveau supérieur à celui obtenu en et (respectivement 1,8 % et 1,1 %). Face à cela l'AfD apparaît comme la grande gagnante, décrochant près de 10 % des suffrages exprimés, mais perdant néanmoins un point par rapport aux élections européennes quelques mois auparavant. Le succès des eurosceptiques ne s'est pas entièrement construit sur l'effondrement des libéraux comme il pourrait être aisé de le penser, l'AfD prenant tout autant d'électeurs à la Linke qu'au FDP et même le double à la CDU. Les Grünen, parti le plus europhile de l'échiquier politique allemand, semblent être les seuls épargnés par la montée eurosceptique[3].

Conséquences[modifier | modifier le code]

La CDU arrivée en tête du scrutin doit former une grande coalition avec le SPD, ses anciens alliés du FDP ayant échoué à conserver leur représentation parlementaire[4], et Tillich ayant exclu la formation d'une coalition avec l'AfD[5]. La formation d'une grande coalition est l'option préférée par près de 54 % des électeurs de Saxe, 14 % seulement d'entre eux souhaitant une coalition entre la CDU et l'AfD[3]. Tillich entame son troisième mandat le suivant et forme un nouveau gouvernement, avec les sociaux-démocrates.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) « Sonntagsfrage – Sachsen (Wahlumfrage, Wahlumfragen) », sur wahlrecht.de (consulté le 9 octobre 2017).
  2. (de) « Landtagswahl 2014 », sur www.statistik.sachsen.de (consulté le 11 octobre 2017).
  3. a, b, c et d (de) « Landtagswahl Sachsen 2014 », sur wahl.tagesschau.de, (consulté le 28 décembre 2015).
  4. (en) « German anti-euro party enters state parliament in Saxony elections », sur DW.COM, (consulté le 28 décembre 2015).
  5. (en) « Merkel's conservatives set to hold Saxony, eurosceptics make breakthrough », sur Reuters UK, (consulté le 28 décembre 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]