Église Saint-Jean de Montmartre

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Église Saint-Jean de Montmartre
Église Saint-Jean l'Évangéliste
Image illustrative de l’article Église Saint-Jean de Montmartre
Présentation
Nom local Église Saint-Jean des Abbesses
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Archidiocèse de Paris
Début de la construction 1894
Fin des travaux 1904
Architecte Anatole de Baudot
Style dominant Néo-gothique, Art nouveau
Protection Logo monument historique Classé MH (2014)[1]
Site web www.saintjeandemontmartre.comVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris
Coordonnées 48° 53′ 02,78″ nord, 2° 20′ 16,38″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Église Saint-Jean de Montmartre Église Saint-Jean l'Évangéliste
Géolocalisation sur la carte : 18e arrondissement de Paris
(Voir situation sur carte : 18e arrondissement de Paris)
Église Saint-Jean de Montmartre Église Saint-Jean l'Évangéliste
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Église Saint-Jean de Montmartre Église Saint-Jean l'Évangéliste

L’église Saint-Jean de Montmartre, également appelée église Saint-Jean l'Évangéliste est une église paroissiale catholique de la Butte Montmartre située au 19, rue des Abbesses, dans le 18e arrondissement.

Après avoir été inscrite au titre des monuments historiques le , l'église a été classée en totalité par arrêté du [2].

Ce site est desservi par la station de métro Abbesses.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Pierre de Montmartre ne suffisait plus pour accueillir les fidèles du fait de l'augmentation de la population dans cet arrondissement. La nouvelle église est construite de 1894 à 1904 par l'architecte Anatole de Baudot. Elle se caractérise notamment par sa structure en béton armé qui, à l'intérieur, n'est pas décorée.

L'architecte fait construire l'église en utilisant le système Cottancin inventé par l'ingénieur Paul Cottancin (1865 - 1928) en 1889. Ils réaliseront ensemble le Théâtre des 7 collines à Tulle.

La construction de l'église commence sans autorisation officielle, à l'initiative du curé de la paroisse, qui rassemble une partie des fonds nécessaires avec l'approbation de son évêque.

La construction de l'église provoqua une réprobation générale malgré le prestige de son architecte et certains prédirent son effondrement prochain. Les travaux commencèrent en 1894 mais un procès fut intenté pour non-conformité avec les règles d’urbanisme à cause de ses planchers de 7 cm d’épaisseur et de ses piliers de 50 cm de diamètre seulement pour 25 mètres de hauteur : le ministère des cultes et l'administration de la ville de Paris font arrêter le chantier entrepris, considérant que l'utilisation de béton armé ne convient pas pour l'intérieur d'une église. Il s’ensuivit une ordonnance de démolition non exécutée et une longue procédure. Le curé parvient toutefois à intéresser des experts réputés en matière d'architecture d'église, qui font autoriser la reprise des travaux[3]. C'est donc à l'initiative du clergé que la solution innovante est mise en œuvre, sans soutien ni de l'administration de la ville ni de la communauté paroissiale. Le chantier put reprendre en 1902 et fut achevé en 1904.

Cette première église en ciment armé est un événement discret. Elle débute la longue carrière de ce matériau dont on était loin de mesurer la portée en ce début de XXe siècle.

Description[modifier | modifier le code]

C’est au pied de la butte Montmartre que le béton armé apparaît pour la première fois au grand jour dans l’art sacré. Cette première église en ciment armé (1894-1904) revêtue de briques et de céramiques (grès flammés et pastillés) est influencée par le style Art nouveau. Cette église dans son temps avoue sa filiation avec ses contemporains, les premières stations de métro et le Grand Palais.[réf. nécessaire]

L’architecte Anatole de Baudot (1834-1915) disciple d'Eugène Viollet-le-Duc et de Henri Labrouste eut l’intuition des formidables possibilités du béton à la fois comme mur porteur que comme cloison. Cet édifice est très significatif de l’évolution des idées à la charnière des deux siècles. Alors qu’Anatole de Baudot est architecte, inspecteur général des monuments historiques et de surcroît titulaire de l’unique chaire d’architecture française du Moyen Âge et de la Renaissance, il utilise le béton avec une maîtrise certaine.

Malgré son originalité, l'église conserve des éléments traditionnels : c'est une basilique à trois nefs recouverte de voûtes en béton armé dont la conception rappelle les nervures des cathédrales gothiques. Toutes les possibilités du béton sont utilisées ici pour réaliser une imitation d'intérieur traditionnel d'église catholique. Contrairement à l'église Notre-Dame-du-Travail, la façade extérieure correspond par son style aux éléments décoratifs de l'intérieur de l'église. Les murs latéraux sont ornés de huit grandes fresques et de vitraux traditionnels. 48 petits vitraux rectangulaires représentant les litanies de la Sainte Vierge éclairent les nefs latérales. Les voûtes du transept sont ornées de vitraux de style art nouveau qui adoucissent la structure d'aspect sévère du fait de l'emploi du béton armé[4].

La façade principale en brique a été décorée par des céramiques architecturales d'Alexandre Bigot.

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Les œuvres d'art[modifier | modifier le code]

Les trois grandes verrières hautes de la nef sont exécutées par le maître-verrier Jac Galland (mort en 1922) d’après des cartons de Ernest-Pascal Blanchard qui se rattachent à l’Art nouveau.
Le vitrail du chevet a été réalisé en 1901 par les frères Destournel et représente la Crucifixion. Au-dessous sont représentés les quatre évangélistes avec leurs symboles habituels.

Les sculptures de bronze et terre vernissée de Pierre Roche (1855-1922) décorent aussi le maître-autel dans le style 1900. Il a aussi réalisé le tympan de l'église représentant saint Jean l'Évangéliste entouré de deux anges.

Des fresques murales ont été restaurées en 1964 par le peintre Jordi Bonàs.

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En 2007, le sculpteur et orfèvre Goudji, créé et réalise une cuve baptismale en pierre de Pontijou, fer forgé, argent et jaspe.

Une visite guidée de l’église est organisée le quatrième dimanche du mois à 16 heures.

L’orgue[modifier | modifier le code]

L'orgue de tribune

L'orgue de Saint-Jean de Montmartre a été construit par Cavaillé-Coll en 1852 pour l'école Sacré-Cœur de la Ferrandière à Lyon. Il a ensuite été transféré et remonté dans l’église Saint-Jean en 1910 par Mutin. Il a été agrandi en 1921, 1931 et 1934 par Gutschenritter. En 1979, Jacques Barbéris effectue le relevage complet de l’instrument. Cet orgue comporte deux claviers de 56 notes et un pédalier de 30 notes. Les transmissions sont mécaniques à balancier, Machine Barker et pneumatique tubulaire. Il y a 28 jeux dont 25 réels. L'état de l'orgue commençait à se détériorer en 1986 et était devenu pratiquement injouable en 2009. La Ville de Paris a nommé le facteur d'orgues Yves Fossaert http://orgues-fossaert.com/ pour restaurer l'instrument. Ce projet, entièrement financé par la Ville de Paris, a commencé en 2009 et a duré quatorze mois.

Réception critique[modifier | modifier le code]

Le R.P. Régamey, codirecteur de la revue L'Art sacré, écrit en 1952 qu’il ne l'apprécie pas du tout : « Et la première église en béton, Saint-Jean-de-Montmartre, formes agressives et veules, selon l’esthétique du fer de cette époque : une de ces églises que Claudel qualifie si bien de hagarde ! ». Cette église d’avant-garde par la mise en œuvre du béton armé et non par les choix esthétiques ouvre la voie aux travaux des frères Perret et de Le Corbusier. L’église Saint-Jean de Montmartre et l'église Saint-Louis de Vincennes constituent deux rares exemples d’églises innovantes conçues avant la Première Guerre mondiale.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (ru) Ekaterina Cheko (Екатерина Шеко), « L'architecture sacrée en France et en Belgique entre les deux guerres : de l'Art déco au modernisme (Сакралная архитектура Франции и Белгии мехду двух великих войн : разварот от арт-десо к модернизму) », 32, Moscou,‎ (lire en ligne) Université orthodoxe Saint Tikhon (en)
  • Dumoulin A, Reconnaître Paris d'église en église, Paris, Massin, 2008.
  • Bernard Marrey, Paul Chemetov, Familièrement inconnues…architectures, Paris 1848-1914, p. 95, Secrétariat d'État à la Culture, Paris, 1976

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]