Zizi Lambrino

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Zizi Lambrino, de son vrai nom Jeanne Marie Valentine Lambrino (en roumain : Ioana Marioara Valentina Lambrino), est née le 3 octobre 1898 à Roman, en Roumanie, et est décédée le 11 mars 1953 à Paris, en France. Elle est la première épouse (morganatique) du roi Carol II de Roumanie, avec lequel elle a eu un fils.

Famille[modifier | modifier le code]

Zizi est la fille du colonel puis général roumain Constantin Lambrino et de son épouse Euphrosine Alcaz.

Le 31 août 1918, Zizi épouse morganatiquement, à Odessa, en Ukraine, le futur Carol II de Roumanie (1893-1953), fils aîné et héritier du roi Ferdinand Ier de Roumanie (1865-1927) et de son épouse la princesse Marie de Saxe-Cobourg-Gotha (1875-1938).

Non reconnue par la famille royale de Roumanie, l’union est finalement dissoute par le parlement roumain en 1919.

Du mariage de Zizi et de Carol naît un enfant, jamais reconnu par son père :

  • Mircea Grégoire Carol Lambrino (1920-2006), auto-intitulé « prince de Roumanie », qui épouse, en premières noces, la Française Henriette Nagavitzine (1925), avant d’en divorcer et de se remarier à l’Américaine Jeanne Williams (1930-1998), puis de s’unir en troisièmes noces à la Britannique Antonia Colville (1939-2007).

Biographie[modifier | modifier le code]

Rencontre avec Carol[modifier | modifier le code]

Le prince Carol, héritier du trône de Roumanie, vers 1918.

Fille du colonel Constantin Lambrino, Zizi passe son adolescence en France, où elle est éduquée dans une école catholique[1].

De retour dans son pays, elle rencontre le futur Carol II de Roumanie en 1918, dans la ville moldave de Iassy, où la famille royale et le gouvernement roumains ont trouvé refuge après l’invasion du pays par les forces allemandes. D’après le journaliste A. L. Easterman, l’héritier du trône tombe alors violemment amoureux de la jeune fille et cela malgré l’opposition de la famille royale, qui refuse de le voir fréquenter une roturière[2].

Mariage avec l'héritier du trône roumain[modifier | modifier le code]

Désireux de poursuivre sa relation avec Zizi, Carol déserte l’armée et s’enfuit avec la jeune femme de l’autre côté de la frontière roumaine, à Odessa, en Ukraine[1],[3].

Les deux amants se marient alors dans une église orthodoxe, le 31 août 1918[3], ce qui soulève la colère de la famille royale et du gouvernement roumains. Le pays est en effet en guerre avec les puissances centrales et la fuite et la mésalliance de l’héritier du trône risquent d’affaiblir la position de la couronne[4].

De retour en Roumanie, Carol est arrêté et emprisonné durant deux mois et demi dans un monastère de Bistrita tandis que Zizi cherche en vain à rendre officielle la nouvelle de son mariage[5]. Pendant plusieurs semaines, le prince héritier refuse de mettre un terme à son mariage. En août 1919, il renonce même à ses droits successoraux lorsque la justice roumaine annule son mariage, déclaré illégal et inconstitutionnel[6],[7].

Rupture du mariage[modifier | modifier le code]

Après plusieurs semaines, Carol finit cependant par accepter de se séparer de Zizi : il semble en effet que des jeunes femmes aient été envoyées auprès de lui pour lui faire oublier la compagnie de son épouse et que le stratagème ait fonctionné[8]

Le 8 janvier 1920, Zizi accouche d’un fils, nommé Mircea Grégoire Carol Lambrino[N 1]. Pourtant, un mois plus tard, Carol lui annonce qu’il souhaite mettre fin à leur mariage pour redevenir héritier du trône de Roumanie. En guise de compensation, la mère et l’enfant doivent partir vivre en France et Zizi se voit promettre le versement d'une pension[9].

Exil, problèmes financiers et décès[modifier | modifier le code]

Tandis que Carol est envoyé à l’étranger pour un tour du monde de huit mois, Zizi s’installe à Paris, où sa situation financière devient rapidement difficile. Ayant besoin d’argent pour élever son fils, la jeune femme devient ainsi danseuse[5].

Cependant, en 1926, Zizi profite du passage, dans la capitale française, de son ex-mari, alors divorcé de sa seconde épouse et exilé, pour porter plainte contre lui et lui demander dix millions de francs de dommages et intérêts[10].

Après la Seconde Guerre mondiale et l’abolition de la monarchie en Roumanie, la situation pécuniaire de Zizi et de son fils s’aggrave encore, sans que Carol n’intervienne pour les aider. Finalement, Zizi meurt dans la misère le 11 mars 1953, sans que son fils ait assez d’argent pour lui assurer des funérailles décentes[5].

Reconnaissance posthume du mariage[modifier | modifier le code]

En 1955, la justice portugaise reconnaît la légitimité du mariage de Zizi avec Carol de Roumanie et autorise leur fils Paul à porter le nom de Hohenzollern et à hériter la moitié des biens de son père, mort à Estoril le 4 avril 1953. Deux ans plus tard, en 1957, un tribunal français reconnaît à son tour la légalité du mariage. Enfin, en octobre 2003, une cour roumaine statue finalement sur la légitimité de l’union de Zizi, sans que l’ex-roi Michel Ier de Roumanie réussisse à faire casser la décision[5].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. N'ayant pas été reconnu officiellement par son père, l'enfant reçoit le nom de famille de sa mère. Ses prénoms rappellent en revanche ses liens avec la famille royale de Roumanie : Mircea fait en effet référence au plus jeune frère de Carol, le prince Mircea de Roumanie (1913-1916), et Carol renvoie naturellement au père de l'enfant.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Julia Gelardi, Born to Rule: Granddaughters of Victoria, Queens of Europe, Headline Review, 2006, p. 277.
  2. A. L. Easterman, King Carol, Hitler and Lupescu, Victor Gollancz Ltd., Londres, 1942, p. 33.
  3. a et b A. L. Easterman, op. cit., p. 33-34.
  4. Julia Gelardi, op. cit., p. 277-278.
  5. a, b, c et d « Obituaries: HRH Prince Carol of Romania » dans The Telegraph du 9 février 2006.
  6. Julia Gelardi, op. cit., p. 285.
  7. A. L. Easterman, op. cit., p. 34.
  8. A. L. Easterman, op. cit., p. 34-35.
  9. Julia Gelardi, op. cit., p. 285-286.
  10. « Zizi sues Prince Carol » sur Royal Musing (d’après un article du New York Times de 1926).